
Article fait par :Claude Balmefrezol
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Les Couleurs RLM Reichsluftfahrtministerium
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Chronologie
Avr. 1933
Création du RLM
Hermann Göring est nommé ministre. Le ministère absorbe toutes les structures d'aviation civile et militaire existantes. 1933–35
Premières couleurs codifiées — Mise en place des premiers codes (RLM 01 à RLM 28) pour les peintures de base, teintes vives pour les avions d'entraînement, gris pour les intérieurs.
1er mars 1935
Naissance officielle de la Luftwaffe — L'armée de l'air est proclamée publiquement, en violation du traité de Versailles. Le système RLM devient son référentiel chromatique officiel.
1936–39
Schémas préguerre — Triochromie RLM 61/62/63 (brun foncé, vert, gris clair) adoptée pour les appareils de combat. Premières opérations en Espagne (guerre civile).
1939–41
Début de guerre — Schéma dominant : RLM 70/71 (vert-noir / vert foncé) sur les surfaces supérieures, RLM 65 (bleu clair) en dessous. Campagnes de Pologne, France, Bataille d'Angleterre.
8 nov. 1941
Publication de la L.Dv. 521/1 — Document fondateur standardisant officiellement toutes les teintes et schémas de camouflage. Introduction des RLM 74, 75 et 76 pour les chasseurs.
1941–43
Expansion des théâtres — Front de l'Est, Méditerranée, Afrique du Nord. Nouvelles teintes tropicales : RLM 78 (bleu ciel), RLM 79 (jaune sable), RLM 80 (vert olive).
Août 1944
Sammelmitteilung Nr. 2 — Réorganisation majeure. Abandon progressif des RLM 70, 71, 74 (manque de chrome). Introduction des RLM 81 et 82 pour les chasseurs de fin de guerre.
1944–45
Période de chaos — Pénuries de matières premières, variations entre fabricants, mélanges de restes de peinture. Les schémas deviennent impossibles à normaliser rigoureusement.
Mai 1945
Fin du RLM La capitulation de l'Allemagne met fin à l'institution, mais le système de numérotation survit comme référence historique mondiale.
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Le système de nuancier de la Kriegsmarine (1939–1945)
En introduction il faut avoir en tete que les navires sont de grands objets qui ont des formes distinctives, qui révèlent beaucoup sur leur fonction prévue. Et à mesure qu’un navire se déplace, il se démarque de l’océan, créant ainsi une attraction visuelle.
Aussi le camouflage naval n'est pas conçu pour cacher complètement un navire, mais vise à "rendre difficiles les applications des éléments d'interprétation d'image". Il doit donc créér la confusion quant à la course, la vitesse, l'angle cible, armes, et autres caractéristiques. La création de cette confusion était particulièrement importante avant l'utilisation généralisée du radar. Cependant, les navires sont toujours observés et des mesures sont prises pour les rendre moins visibles à l'œil humain.
Le camouflage naval se divise en trois grandes catégories:
Trompeur
Les techniques de camouflage trompeuses sont conçues pour créer de la confusion quant au cours, à la vitesse et aux caractéristiques. Un exemple de schéma trompeur est une fausse vague d'arc pour donner l'impression de vitesse élevée à tout moment ou des mesures pour faire ressembler un type de navire à un autre.
Perturbateur
Cette catégorie de camouflage est conçue pour briser ou modifier la silhouette d'un navire. Les motifs et les tonalités sont conçus pour se résoudre à distance à une faible réflectivité moyenne. Les schémas perturbateurs obscurcissent les détails et créent ainsi la confusion comme l'identité du navire ainsi que la confusion quant à l'angle, la portée et le parcours cibles. Les schémas d'éblouissement et d'éclat sont des exemples de perturbateurs camouflage. Les mesures perturbatrices USN ont également contre-embrisé les dessous des surfaces horizontales en gris pâle ou blanc pour réduire l'auto-ombre.
Dissimulation
Le camouflage de dissimulation est conçu pour dissimuler le navire à l'observation. Les surfaces verticales sont peintes pour s'harmoniser avec l'horizon et les surfaces horizontales pour se fondre dans la mer. Pratiquement tous les navires de guerre modernes sont peints sous une forme ou une autre de schéma de dissimulation.
Revenons à la Kiregmarine
C 'est un système antérieur au RAL
Le premier point à comprendre est fondamental : la flotte allemande adopta un format unique pour ses couleurs, consistant en des noms de couleurs associés à des codes à deux chiffres, comme Hellgrau 50 ou Dunkelgrau 51. Malgré l'introduction du standard RAL en Allemagne en 1927, certains équivalents proches des couleurs navales existaient dans ce référentiel, mais ils n'en constituent pas de véritables analogues.
La raison de cette indépendance est historique : les peintures navales allemandes étant antérieures à la fondation du RAL, elles ne pouvaient pas avoir d'équivalent RAL exact. Les codes RAL qui furent ultérieurement rapprochés des peintures navales dans les règlements de peinture n'étaient que des approximations, pas des correspondances directes.
La Kriegsmarine régulait les couleurs et schémas de peinture de ses navires en fonction de nombreux facteurs, notamment la localisation géographique, le type de mission et la présence ou l'absence de couverture aérienne. Ces directives étaient diffusées à travers les Allgemeinen Baubestimmungen (Règlements généraux de construction). Malheureusement, la majorité de ces documents furent détruits pendant la guerre ou perdus par la suite
La structure du nuancier naval : noms et codes
Le système de peinture de la Kriegsmarine se déclinait en plusieurs grandes familles fonctionnelles, chacune avec son propre préfixe descriptif.
Les Deckfarben (couleurs de pont/superstructure) — l'épine dorsale du système, numérotées de 50 à 57 environ : La liste officielle comprenait notamment : Deckfarbe hellgrau (gris clair) portant le numéro 50 avec l'équivalent RAL 7001, et Deckfarbe dunkelgrau (gris sombre) portant le numéro 51. Ces deux couleurs formaient la base de la quasi-totalité des schémas standards.
Les Schiffstarnfarben (couleurs de camouflage naval) — numérotées de 30 à 39, avec des préfixes indiquant le théâtre d'emploi (S pour haute mer, K pour côtier) : La liste incluait : Schiffstarnfarbe weiss (blanc, n°30), Schiffstarnfarbe hellgrau (gris clair, n°31-1, haute mer), Schiffstarnfarbe nebelgrau (gris brume, n°32-1), Schiffstarnfarbe blaugrau mittel (gris-bleu moyen, n°32-2), Schiffstarnfarbe blaugrau dunkel (gris-bleu sombre, n°32-3), Schiffstarnfarbe dunkelblau (bleu sombre, n°33-3, équivalent RAL 5004), ainsi que des verts et bruns pour le service côtier.
Les Schiffsbodenfarben (peintures de coque immergée) — pour les œuvres vives : Elles comprenaient notamment la Schiffsbodenfarbe III rot (rouge antifouling, équivalent RAL 8013), la Schiffsbodenfarbe III grau (gris de coque, équivalent RAL 7016) et la Schiffsbodenfarbe III grün (vert).
Les Deckfarben pour marquages spéciaux — couleurs de reconnaissance aérienne : Deckfarbe Gelb (jaune) et Deckfarbe Rot (rouge) pour les toits de tourelles.
Les grandes couleurs emblématiques
Les deux teintes centrales du système naval allemand méritent une attention particulière.
Le Hellgrau 50 (gris clair) était la couleur des superstructures mâts, passerelles, cheminées, superstructures en général.
Au fil de l'hiver 1939, le Hellgrau 50 devint progressivement aussi courant que le Dunkelgrau 51. De nombreux U-boote achevés en 1940 arboraient cette teinte gris clair. C'est un gris très légèrement argenté, proche mais pas identique au RAL 7001.
Le Dunkelgrau 51 (gris sombre) habillait les coques au-dessus de la flottaison. Plus sombre, il présentait selon les sources et les lots une légère nuance bleutée. Des études ont montré que le Hellgrau 50 et le Dunkelgrau 51 utilisés dans le schéma baltique variaient sensiblement par rapport aux teintes standard, au point qu'ils semblent parfois appartenir à des codes différents.
Le Dunkelgrau 52 était une troisième teinte de gris plus sombre encore, utilisée ponctuellement pour les effets de fausse vague et les zones de raccourcissement optique aux proues et poupes.
Le Schlickgrau 58 — un gris légèrement verdâtre — était utilisé sur certains U-boote en particulier. Parmi les autres teintes utilisées figure le Schlickgrau 58, de même que le Blaugrau 58/1 et le Dunkelgrau 52, bien moins répandus. Trois peintures de camouflage résistantes au pétrole n'avaient aucun équivalent RAL.
Les grands schémas de camouflage
Le schéma standard 50/51 (1939–1942)
Ce sytème est vieux de quarante ans car il ne fut pas inventé en 1939. C'est en 1896 que le schéma de couleur le plus connu de la marine allemande, composé de deux nuances de gris, fit son apparition pour la première fois. Il fut utilisé pendant la Première Guerre mondiale, puis hérité par la Kriegsmarine. Cette continuité sur presque un demi-siècle dit beaucoup sur la confiance que la marine allemande accordait à ce bicolore sobre et efficace.
Le schéma de paix standard pour les grands navires de guerre était en fait basé sur une spécification datant de 1896. Les instructions de peinture précisaient les couleurs suivantes : Deckfarben für Außen (couleurs de finition extérieure), Dunkelgrau (gris sombre) 51 et Hellgrau (gris clair) 50.
Les deux couleurs fondamentales : nature et répartition
Le Hellgrau 50 (gris clair) est la couleur des superstructures tout ce qui s'élève au-dessus du pont principal : la passerelle, les cheminées, les mâts, les affûts, les tourelles d'artillerie (flancs verticaux), les passerelles, les structures secondaires. C'est un gris légèrement argenté, d'une luminosité modérée, proche du RAL 7001 sans en être l'exact équivalent. Avant décembre 1939, le schéma complet du Bismarck comportait : coque en Dunkelgrau 51, superstructures en Hellgrau 50, ponts de passerelle en linoléum, ponts en bois en teck verni, ponts en acier et ligne de flottaison en Schiffsbodenfarbe III Grau, coque immergée en Schiffsbodenfarbe III Rot.
Le Dunkelgrau 51 (gris sombre) habille la coque au-dessus de la flottaison la partie verticale du navire visible au niveau de la mer. Plus dense, potentiellement avec une légère nuance bleutée selon les lots de fabrication, il tranchait nettement avec le gris clair des superstructures, créant le contraste bicolore si caractéristique.
La logique de cette répartition haut/bas est optique et fonctionnelle : une coque sombre se fond mieux dans l'obscurité de la mer vue depuis un autre navire ou un sous-marin en périscope, tandis que des superstructures claires sont moins lisibles dans le ciel changeant de l'Atlantique Nord.
Les surfaces secondaires : un schéma complet
Le 50/51 ne se résumait pas à deux gris. Un navire de guerre allemand de cette époque présentait en réalité une palette plus nuancée :Les ponts en bois de teck gardaient leur aspect naturel, verni transparent. Les ponts en acier recevaient un vernis noir. La ligne de flottaison (boot-topping) et certaines zones de pont métallique étaient peintes en Schiffsbodenfarbe III Grau (le gris de fond de cale). La coque immergée portait le rouge antifouling (Schiffsbodenfarbe III Rot), protégeant l'acier des organismes marins. Les chapeaux de cheminée étaient noirs. Les hélices en bronze brunâtre restaient non peintes.
La couleur du pont dépendait du revêtement : acier vernis noir, tandis que pour le bois vernis transparent.
Les marquages de reconnaissance aérienne sur le schéma 50/51
Un aspect fondamental du schéma de début de guerre souvent mal compris : les marquages aériens qui s'ajoutaient au bicolore de base.
La croix gammée sur fond rouge. Aucun autre marquage n'apparut jusqu'en avril 1940, date à laquelle la croix gammée sur cercle blanc sur fond rouge fut introduite. Ce marquage était placé sur une large bande rouge s'étendant de bord à bord sur le gaillard d'avant. Sur les grands navires, il était peint directement sur le pont, tandis que de nombreuses petites unités posaient simplement un drapeau. Au port, la croix gammée était recouverte d'une bâche pour la dissimuler des raids aériens alliés
Les toits de tourelles colorés. C'est le point le plus débattu de tout le schéma 50/51. Les toits de tourelles étaient peints en couleurs vives sur les grands navires. Plusieurs navires eurent des toits de tourelles jaunes de février 1940 jusqu'environ avril 1942. Le Scharnhorst aurait eu des toits de tourelles bleus lors de son célèbre passage dans la Manche. Le rouge fut également utilisé sur les toits de tourelles, mais il semblerait avoir été limité aux navires opérant en mer Baltique.Ces couleurs vives n'avaient rien à voir avec le camouflage leur rôle était exactement inverse. Elles permettaient à la Luftwaffe d'identifier visuellement les navires alliés et d'éviter les tirs fratricides lors des opérations combinées.
L'évolution du schéma en temps de guerre
Le schéma 50/51 "pur" de la spécification de 1896 ne dura en pratique que quelques semaines de guerre avant d'être modifié. En décembre 1939, un motif de camouflage fut appliqué sur les superstructures et les tourelles, en utilisant Dunkelgrau 51 et Dunkelgrau 2 (une variante encore plus sombre). Cet ajout de panneaux sombres sur les superstructures claires constitue la première adaptation tactique du schéma standard.
Lors de son raid atlantique de 1939, l'Admiral Graf Spee était peint selon le schéma standard 50/51, mais des taches irrégulières de différentes nuances de gris sombre avaient été appliquées sur ses superstructures et ses canons. Cette improvisation de terrain illustre parfaitement comment les équipages et commandants adaptaient le schéma officiel à leurs besoins opérationnels sans attendre des directives centralisées.
Le camouflage du Bismarck est le mieux documenté. Le Bismarck se présenta dans le Korsfjord en Norvège le 21 mai 1941 dans son schéma baltique à bandes. Ces bandes noires et blanches furent recouvertes de peinture dans le Korsfjord le 21 mai 1941. Les croix gammées sur les ponts et les toits des tourelles principales et secondaires furent recouvertes le 22 mai. Il quitta alors vers l'Atlantique dans un schéma proche du 50/51 standard.
Le Scharnhorst porta le jaune sur ses tourelles, puis le bleu lors de l'opération Cerberus (percée dans la Manche, février 1942). Le Scharnhorst aurait eu des toits de tourelles bleus lors de son célèbre passage dans la Manche.Pour les U-boote, le schéma variait considérablement entre unités. U-30 en Dunkelgrau 51 avant guerre, puis Hellgrau 50 en novembre 1939. U-47 en Dunkelgrau 51 de décembre 1938 à juillet 1940, puis Schlickgrau 58 d'août 1940 à mars 1941. U-69 en Hellgrau 50 dès septembre 1940.
La fin du schéma 50/51 "pur"
Avec l'invasion de la Norvège, les navires allemands naviguaient dans le schéma bicolore 50/51 d'avant-guerre. Mais dès la fin 1940, les modifications se multiplient. Le schéma baltique (bandes noires et blanches) s'impose sur les grands bâtiments de la Baltique en 1941, abandonné dès 1942. Les premiers camouflages irréguliers apparaissent. Et c'est avec le mémorandum Dechend de 1942 que s'ouvre définitivement l'ère des schémas nordiques et arctiques la fin du bicolore classique comme schéma universel.
Le camouflage splinter des fjords de la Kriegsmarine (1942)
Le terme "splinter" (éclat, en allemand Splittermuster) désigne un type de camouflage constitué de formes géométriques angulaires aux contours nets, sans dégradés ni bords adoucis. Le camouflage splinter gagna en popularité au sein de la Kriegsmarine, caractérisé par des nuances de gris contrastées et des figures géométriques, particulièrement aux latitudes nordiques.
Là où le camouflage baltique visait à perturber la télémétrie par des bandes noires et blanches horizontales, le splinter nordique poursuivait un but radicalement différent : les schémas perturbateurs (disruptive) sont conçus pour briser ou altérer la silhouette d'un navire. Les motifs et les tons sont calculés pour se résoudre à distance en une réflectivité faible et moyenne, obscurcissant les détails et créant une confusion quant à l'identité du navire, son angle de cible, sa distance et son cap
Les origines du splinter norvégien : la leçon de 1940
Tout commence avec l'échec cinglant de la campagne de Norvège d'avril 1940. Après les désastreuses actions de surface avec les unités de la Royal Navy au cours desquelles la plupart des destroyers allemands furent perdus, les unités survivantes furent peintes dans des motifs sombres de noir ou de gris foncé appliqués directement sur le schéma bicolore standard 50/51, créant ainsi un dessin à trois couleurs.
Cette réaction de terrain, dictée par l'urgence opérationnelle, constitue la première forme de camouflage splinter dans les fjords. Elle n'était pas encore codifiée ni standardisée — chaque équipage adaptait le schéma à sa situation. Les destroyers opérant dans les fjords norvégiens utilisaient un motif de type dazzle ou rayé, appliqué en bandes larges pour les faire se fondre dans l'arrière-plan de falaises rocheuses et enneigées.
L'exemple le plus documenté et le plus important du camouflage splinter des fjords reste le Tirpitz lors de son séjour dans le Fættenfjord, à l'est de Trondheim, en 1942. Le Tirpitz en juin 1942 dans le Fættenfjord près de Trondheim, Norvège, arborait un camouflage perturbateur splinter clair/gris sombre. Ce schéma était l'un des nombreux que porta le Tirpitz au cours de sa carrière.
Ce qui rend ce schéma particulièrement remarquable est sa palette de couleurs surprenante : contrairement aux gris standards 50/51, le Tirpitz dans le Fættenfjord en juin 1942 portait sur ses superstructures des teintes de Hellgrau (gris clair), Hellgrün (vert clair), Dunkelgrün (vert sombre), Deckfarbe Ockergelb (jaune ocre) et Hellbraun (brun clair),
L'introduction de verts, d'ocres et de bruns marque une rupture fondamentale avec la tradition des gris navals. La logique est environnementale : les fjords norvégiens en été sont bordés de forêts de conifères, de mousses et de rochers couverts de lichens — des teintes vertes, brunes et ocres. Un navire peint dans ces couleurs, vu depuis un avion de reconnaissance en plongée ou depuis les falaises, se fondait bien mieux dans ce paysage végétal que dans les gris neutres conçus pour la haute mer.
La structure du motif splinter
Le camouflage splinter des fjords se caractérise par plusieurs traits distinctifs que l'on peut identifier sur les photos d'époque.
Les panneaux sont angulaires et nets. Contrairement aux motifs dazzle à courbes ou aux démarcations adoucies des schémas de haute mer, le splinter nordique présente des frontières rectilignes franches entre zones de couleurs différentes. Ces arêtes vives brisent les lignes naturellement lisses de la coque et des superstructures, rendant difficile pour un observateur de reconstruire mentalement la forme réelle du navire.
Les zones de couleur sont larges. Il ne s'agit pas de petits motifs répétitifs, mais de grands panneaux irréguliers — plusieurs mètres de côté à l'échelle réelle — qui couvrent des sections entières de la coque ou de la superstructure. Cette grande échelle est nécessaire pour que l'effet optique soit perceptible à la distance d'observation typique (plusieurs kilomètres pour un avion de reconnaissance, plusieurs centaines de mètres pour un sous-marin en périscope).
L'asymétrie est délibérée. Les deux flancs du navire pouvaient recevoir des motifs différents, maximisant la confusion d'un observateur qui tentait d'identifier le navire ou d'estimer son cap.
En 1942, les destroyers de la Kriegsmarine commencèrent à utiliser un schéma de camouflage à trois couleurs — principalement gris, avec des bandes d'une teinte plus sombre, les extrémités avant et arrière peintes en blanc pour donner l'impression d'une coque plus courte. Ce camouflage semble être apparu sur des navires servant dans l'Arctique, et des combinaisons similaires furent observées sur plusieurs destroyers basés en Norvège en 1942.
Les objectifs tactiques précis
Le camouflage splinter des fjords répondait à des menaces opérationnelles concrètes et identifiables.
Contre la reconnaissance aérienne britannique, les appareils de la RAF survolaient régulièrement les fjords pour localiser et photographier les unités de la Kriegsmarine. Un navire en gris standard, vu d'en haut, présentait une silhouette très lisible sur fond d'eau sombre. Le splinter multicolore brisait cette lisibilité et rendait plus difficile l'interprétation des clichés aériens obliques.
Contre les sous-marins britanniques, qui tentaient d'infiltrer les fjords pour attaquer les navires au mouillage. Vue au périscope, la silhouette d'un cuirassé est inévitable sur la ligne d'horizon — mais le splinter compliquait l'estimation précise du cap et de la distance nécessaire pour calculer une solution de tir torpille. Les fausses perspectives, les fausses ombres créées par les formes et couleurs bizarres contribuaient toutes à rendre difficile l'estimation du cap du navire et même de savoir quelle extrémité était la proue.
Contre les commandos et raiders, qui pouvaient observer les navires depuis les berges. Le splinter vert et brun se fondait mieux dans l'environnement forestier des fjords que le gris standard visible depuis la terre ferme.
Mais ce type de camouflage a ses limites
Le splinter des fjords, malgré sa sophistication visuelle, présentait des limites que la Kriegsmarine reconnut assez rapidement. Appliqué à la main par des équipages sur des surfaces de plusieurs centaines de mètres carrés, il était irrégulier d'un navire à l'autre. L'introduction de verts et d'ocres, si efficace en été, devenait contre-productive en hiver — le navire se distinguait alors nettement sur fond de neige. Un gris ardoise sombre ou acier fut utilisé sur toutes les surfaces verticales, remplaçant le schéma 50/51. Le Bismarck fut peint dans cette couleur après son passage par la Norvège vers l'Atlantique Nord. La Kriegsmarine revint progressivement vers des schémas plus simples à partir de 1943, tandis que le camouflage gaussien et le "profil de montagne" prenaient le relais pour les grands bâtiments sédentaires dans les fjords.Le splinter des fjords de 1942 reste néanmoins une des expériences les plus originales du camouflage naval de la Seconde Guerre mondiale — un moment rare où la nécessité opérationnelle força la Kriegsmarine à abandonner ses gris traditionnels pour inventer une palette entièrement nouvelle, inspirée non plus de la mer, mais de la forêt boréale et des falaises de granit de la Norvège.
Le schéma baltique (1941)
C'est le plus spectaculaire et le plus connu. Le schéma à bandes parallèles noires et blanches, ou en chevrons sur fond 50/51 mais pourquoi un nouveau camouflage en 1941 ?
Fin 1940, la Kriegsmarine est confrontée à un problème tactique précis en mer Baltique. Ses grands cuirassés et croiseurs Bismarck, Tirpitz, Scharnhorst, Gneisenau, Prinz Eugen, Lützow, Deutschland partagent des silhouettes très proches. Ce système de marquage était destiné à perturber la télémétrie ennemie et aussi à brouiller l'identité d'un navire, car de nombreux navires allemands avaient des silhouettes similaires.
À cela s'ajoutait un constat embarrassant relevé par les officiers de la flotte : il avait été estimé que les superstructures gris clair étaient trop visibles et qu'en conditions d'éclairage vif elles apparaissaient presque blanches. En plein soleil baltique, un cuirassé en 50/51 standard était lisible à des distances beaucoup trop grandes.
La solution adoptée au printemps 1941 fut radicale : un camouflage à bandes noires et blanches angulaires, combinant deux effets optiques distincts l'un perturbateur, l'autre trompeur sur un même navire.
Les navires concernés
Ce système de marquage était réservé aux cuirassés et croiseurs et n'apparaissait que sur les navires stationnés en mer Baltique. Le Bismarck, le Prinz Eugen, le Nürnberg, le Leipzig, le Lützow, l'Emden et le Deutschland portèrent tous ce schéma.Le Tirpitz, qui rejoignit la Baltique peu après, ne reçut jamais ces bandes noires et blanches si caractéristiques.
La structure du schéma : deux mécanismes en un
Le schéma baltique est en réalité la superposition de deux stratégies optiques différentes appliquées simultanément à un même navire.
Premier mécanisme — les bandes diagonales (effet perturbateur). Le navire reçut un camouflage baltique noir et blanc sur sa coque et sa superstructure grâce à des bandes angulaires particulières qui dissimulaient sa forme vue depuis un navire ennemi.Ces bandes, appliquées en diagonale, brisaient les grandes lignes horizontales de la coque et des superstructures — les repères visuels que tout artilleur ou torpilleur ennemi utilisait instinctivement pour calculer le cap, la distance et la vitesse.
Le Bismarck en camouflage baltique montrait à la fois des éléments d'un schéma trompeur et d'un schéma perturbateur. Les bandes noires et blanches sur la coque se prolongeaient sur la superstructure. Ces bandes constituaient une mesure perturbatrice, conçue pour compliquer la détermination du cap et de la vitesse du navire.
Second mécanisme — les proues et poupes sombres avec fausses vagues (effet trompeur). Les bandes noires et blanches étaient généralement combinées à une section en gris sombre à la proue et à la poupe pour créer un effet de raccourcissement, avec une fausse vague d'étrave ajoutée en blanc ou gris clair.
Les deux schémas travaillaient ensemble pour compliquer la détermination de l'angle de cible. Le Bismarck disposait à la fois d'une fausse vague et d'un sillage avec une poupe et une proue plus sombres dans un schéma trompeur, qui tentait de tromber l'observateur sur la vitesse et la taille du navire.
La logique des extrémités sombres mérite une explication : peindre la proue et la poupe en gris très sombre (Dunkelgrau 52) créait l'illusion optique d'un navire "raccourci", car l'œil humain a tendance à ignorer ou confondre avec l'obscurité environnante les zones sombres d'une silhouette. Un cuirassé de 251 mètres paraissait ainsi sensiblement plus court, compliquant l'estimation de son déplacement et de sa classe.
Les couleurs exactes du schéma baltique
Les navires comme le Bismarck, le Prinz Eugen et le Lützow portaient des bandes noires et blanches par-dessus leurs superstructures en Hellgrau 50 et leurs coques en Dunkelgrau 51, avec des zones en gris sombre à leurs proues et poupes.
Pour le Bismarck spécifiquement, les couleurs utilisées pour le schéma baltique lors de la modélisation sont les suivantes : RAL 7000 sur la coque entre les fausses panneaux de proue et de poupe, RAL 7037 pour les fausses panneaux de proue et de poupe ainsi que pour les toits et flancs inclinés des tourelles de 38 cm. Le blanc standard servait de couleur de fausse vague et de partie claire des bandes, le noir standard constituait les autres bandes.
Le cuirassé fut peint avec ce schéma de camouflage durant l'hiver 1940-1941 à Hambourg. Cela comprenait trois bandes diagonales noires et blanches sur la coque et la superstructure, les extrémités du navire en gris sombre et de fausses vagues blanches.
Le rôle des marquages aériens dans le schéma baltique
Le schéma baltique s'accompagnait de marquages d'identification aérienne spécifiques, indispensables puisque les bandes rendaient les navires difficiles à identifier même par la Luftwaffe alliée. Pour la reconnaissance aérienne, des croix gammées sur des bannières rouges étaient peintes sur le pont arrière et les rambades, et le gris sombre était appliqué sur le dessus des batteries principale et secondaire
La couleur des toits de tourelles durant le schéma baltique fait l'objet d'un débat historique : plusieurs sources confirment que le Prinz Eugen, naviguant aux côtés du Bismarck et peint dans le même schéma, avait les toits de ses tourelles peints en rouge vif (RAL 3010) pour faciliter l'identification aérienne. En raison de cela, on supposa pendant des années que le Bismarck présentait la même particularité ; des affirmations concurrentes soutinrent également que ces tourelles étaient peintes en jaune (RAL 1003). Des examens plus récents de l'épave — ainsi que le démenti catégorique de survivants — ont contribué à réfuter majoritairement ces hypothèses.
L'abandon du schéma avant l'Atlantique
Un fait révélateur de la nature même du schéma baltique : il n'était applicable qu'en Baltique. Dès qu'un navire devait quitter les eaux protégées pour l'Atlantique, le camouflage était systématiquement recouvert. Le 21 mai 1941, la flotille atteignit Bergen et mouilla dans le Grimstadfjord, où les équipages des navires recouvrirent le camouflage baltique avec le gris standard "de bord" porté par les navires de guerre allemands opérant dans l'Atlantique.
Cette procédure s'explique par la logique même du schéma : les bandes noires et blanches étaient conçues pour perturber la télémétrie dans les conditions spécifiques de la Baltique — eaux calmes, visibilité souvent excellente, nombreux navires identiques. En plein Atlantique Nord, avec ses brumes et ses états de mer difficiles, ces bandes auraient au contraire rendu le navire beaucoup plus visible.
L'abolition du schéma en 1942
Le schéma à bandes parallèles fut aboli en 1942. Plusieurs raisons expliquent cet abandon. La perte du Bismarck en mai 1941, malgré (ou à cause du) camouflage, avait montré les limites du dispositif. La supériorité aérienne alliée croissante rendait les marquages d'identification aérienne de plus en plus dangereux à porter. Et la concentration des grands bâtiments dans les fjords norvégiens avait rendu obsolète la problématique spécifiquement baltique.
Les schémas norvégiens et arctiques (1942–1944)
Le contexte stratégique : pourquoi la Norvège ?
Après le choc de la perte du Bismarck en mai 1941, la Kriegsmarine renonce à exposer ses grands bâtiments de surface dans l'Atlantique. Hitler impose alors une logique défensive : les cuirassés et croiseurs lourds sont regroupés dans les fjords norvégiens, où ils jouent le rôle d'une "flotte en être" (Fleet in Being) — trop menaçants pour être ignorés, contraignant la Royal Navy à immobiliser d'importantes forces pour les surveiller.
Le Tirpitz mouilla l'ancre dans le Fættenfjord à l'extrémité est de Trondheim le 16 janvier 1942, où elle fut découverte huit jours plus tard par un pilote de l'Aéronavale britannique qui confondit d'abord cette énorme unité avec une île.Ce fait révélateur illustre l'enjeu du camouflage dans ces eaux : les fjords nordiques offraient des cachettes naturelles exceptionnelles, mais encore fallait-il rendre les navires invisibles depuis les airs et les sous-marins.
La révolution Dechend : l'origine intellectuelle des schémas nordiques
En 1942, le Korvettenkapitän Dechend, qui avait servi sur l'Admiral Hipper jusqu'en novembre 1941, rédigea un mémorandum résumant son expérience avec la flotte. Dans ce document, il ne se contenta pas de compiler des schémas de camouflage, il les critiqua et formula des suggestions pratiques. Dechend recommanda notamment de mélanger des couleurs standards pour créer de nouvelles nuances — une pratique strictement interdite par les instructions officielles de peinture.Les esquisses numérotées "Bild 1-12" présentaient ses suggestions de couleurs et de motifs. Après la publication de ce document, le commandant de la flotte, l'amiral Schniewind, donna l'ordre de tester ces idées dans la flotte. D'après les photos disponibles, le Scharnhorst porta un schéma inspiré du "Bild 7", le Lützow l'un inspiré du "Bild 8" et l'un des schémas de le Tirpitz fut influencé par le "Bild 9".
Ce mémorandum marqua la fin du contrôle centralisé rigide : désormais, les commandants locaux pouvaient adapter le camouflage à leur environnement immédiat.
Les couleurs nordiques : des bleu-gris spécifiques
Les couleurs norvégiennes sont basées sur ce mémorandum Dechend de 1942. Le capitaine Dechend prescrivit l'utilisation d'outremer assombri avec de l'ombre brûlée et coupé avec du vermillon pour créer des bleu-gris déclinés en versions sombre, moyenne et claire.
es teintes très différentes des gris neutres du schéma standard 50/51 répondaient à une logique précise : les fjords norvégiens baignent dans une lumière froide, bleutée, très différente de la lumière de la mer du Nord ou de la Baltique. L'eau y est sombre et les falaises couvertes de roche gris-bleu ou de neige. Un navire en gris neutre se détachait trop nettement ; un bleu-gris profond se fondait bien mieux dans ce paysage particulier.
Les différents types de schémas nordiques
Le camouflage splinter des fjords (1942) était le plus répandu au début de la période norvégienne. Le Tirpitz dans le Fættenfjord en juin 1942 arborait un camouflage perturbateur splinter clair/sombre en différentes nuances de gris. Des panneaux géométriques anguleux de gris clair et gris sombre brisaient la silhouette du navire vu de l'air ou depuis les hauteurs des fjords.
Le camouflage gaussien (1942) introduisit une logique nouvelle : un camouflage gaussien apparut en 1942, avec de longues bandes divergeant ou réfractant à partir d'un point central. Des camouflages de dissimulation, variables selon la localisation et la saison, furent développés pour le Tirpitz cachée dans les fjords.
Le "profil de montagne" du Scharnhorst (été 1943) est l'un des schémas les plus fascinants. Le Scharnhorst fut repeint avec un schéma dit "profil de montagne" pendant l'été 1943, probablement en juillet — la même chose arriva à cette époque au Lützow et à la Tirpitz.
Ce schéma, retrouvé sur l'épave du Scharnhorst au cap Nord, consistait en des bandes ondulées évoquant les lignes d'un relief montagneux ou des vagues de mer, rendant difficile l'estimation de la distance et du cap du navire.
Le camouflage de dissimulation totale de la Tirpitz représente le stade le plus sophistiqué. Embossée à Kåfjord dans l'Altafjord, la Tirpitz bénéficiait en plus des peintures d'un arsenal de moyens passifs de dissimulation : le Tirpitz était protégée par de multiples batteries anti-aériennes ainsi que des filets anti-torpilles et anti-sous-marins. Des filets de camouflage la couvraient entièrement, des arbres et branchages étaient fixés à ses superstructures, et ses couleurs étaient adaptées pour se confondre avec la végétation et la roche des berges.
Les grands navires et leurs schémas successifs
Le Tirpitz fut le navire qui connut le plus grand nombre de livrées différentes pendant sa présence en Norvège. Avant sa commission et avant son arrivée en Norvège, le Tirpitz opérait dans le schéma standard gris clair 50 / gris moyen 51 avec des toits de tourelles et des canons en gris sombre. Le Tirpitz ne porta jamais les rayures noires et blanches communément portées par les navires en mer Baltique.
À partir de début 1942, ses schémas s'adaptèrent progressivement à l'environnement norvégien, passant par plusieurs variantes de splinter puis de camouflage gaussien, jusqu'au grand schéma de dissimulation de 1943-1944 qui la fit presque disparaître dans le paysage du Kåfjord.
Les moyens de dissimulation complémentaires
La peinture seule ne suffisait pas dans les fjords. Le Tirpitz, en particulier, bénéficiait d'un système de dissimulation multi-couches. Des filets de camouflage tendus sur toute sa longueur la rendaient quasiment invisible depuis les airs. Des arbustes et branchages frais coupés dans la végétation des berges étaient régulièrement renouvelés et fixés aux superstructures pour briser sa silhouette angulaire. Le Tirpitz était protégée par de multiples batteries anti-aériennes ainsi que des filets anti-torpilles et anti-sous-marins.Des générateurs de fumée artificiels pouvaient en quelques minutes couvrir l'ensemble du fjord d'un écran opaque en cas d'alerte aérienne.
Mais les débats persistent car ces schémas nordiques restent parmi les plus controversés de toute l'histoire du camouflage naval. Les historiens débattent encore des couleurs exactes : certains témoignages de résistants norvégiens décrivent le Scharnhorst dans ses derniers mois comme étant en tons de gris, tandis que d'autres sources suggèrent des bleus. Il n'existait pas de "couleurs norvégiennes" officiellement codifiées — ce que l'on appelle ainsi correspond aux peintures listées sous "couleurs de camouflage pour zones côtières" dans les règlements de 1944, publiés après le naufrage du Scharnhorst lui-même.
C'est toute la tragédie des archives navales allemandes : la majorité des documents précis furent détruits dans les bombardements ou délibérément supprimés en 1945. Ce que nous savons de ces livrées fascinantes repose largement sur des photographies en noir et blanc, des témoignages de survivants et les quelques épaves accessibles — dont celle du Scharnhorst au cap Nord, dont le schéma "profil de montagne" est désormais attesté par les plongées sur l'épave.
Les U-boote : gris pour les uns, motifs pour les autres
Il aurait été utile que les règlements de peinture précisent lesquelles des peintures de la Kriegsmarine devaient être utilisées sur les coques supérieures des sous-marins — mais c'est précisément ce qui manque dans les sources disponibles.
Les U-boote en opération étaient généralement peints en Hellgrau 50 ou Dunkelgrau 51, parfois en Schlickgrau 58 légèrement verdâtre. Une fausse silhouette était parfois peinte en gris sombre sur le Hellgrau 50, comme sur le grand U-boot de Type XB U 119. Le Dunkelgrau RAL 7016 était parfois étendu sur certaines zones de la coque et du kiosque.
Les marquages de reconnaissance aérienne : le cas controversé des tourelles
L'un des sujets les plus débattus dans l'histoire navale concerne la couleur exacte des tourelles du Bismarck lors de son dernier voyage. Multiple sources confirment que le Prinz Eugen, naviguant aux côtés du Bismarck et peint dans le même schéma, avait ses toits de tourelles peints en rouge vif (RAL 3010) pour faciliter l'identification aérienne. En conséquence, on supposa pendant des années que le Bismarck présentait la même particularité ; des affirmations concurrentes soutinrent également que ces tourelles étaient peintes en jaune (RAL 1003). Des examens récents de l'épave ont surtout contribué à réfuter ces hypothèses.
Le problème des sources : une documentation lacunaire
Lorsqu'on écrit sur le camouflage naval, de sérieux problèmes surgissent. L'information est généralement lacunaire et se trouve, quand elle existe, dispersée en fragments dans divers ouvrages. C'est comme assembler un puzzle dont manquent un grand nombre de pièces. Les systèmes de camouflage de l'US Navy sont bien documentés et les formules de peinture et les échantillons d'origine existent dans la plupart des cas. Ce n'est pas le cas de certaines autres grandes marines de la Seconde Guerre mondiale. Dans le cas de la Kriegsmarine, la situation est encore pire parce que l'Allemagne a perdu la guerre.
De nombreux documents et règlements qui auraient pu aider à analyser les couleurs de la Kriegsmarine furent détruits par les bombardements alliés. D'autres furent délibérément détruits à la fin de la guerre. Heureusement, quelques documents furent capturés par les Alliés et survécurent. Parmi eux figuraient trois cartes de couleur — TL-F1 à TL-F3 — utilisées aux chantiers navals de Wilhelmshaven en 1944.
Les couleurs du livre de référence ATDK (Jung, Abendroth, Kelling) sont basées sur l'examen de cartes de couleurs retournées aux archives fédérales allemandes par les Russes dans les années 1990. Shipcamouflage Une partie de la documentation avait donc traversé la guerre en URSS avant d'être restituée — ce qui illustre bien le caractère précaire de la connaissance actuelle des couleurs navales allemandes.
Jai demandé à l IA de me faire un point sur les sites vous l' avez dans le tableau ci dessous ( voir et à etudier avant usage )
Sites de référence pour les couleurs RAL et RLMPour le RALLe site officiel RAL — ral.de — la source primaire. On y trouve les trois familles (Classic, Design, Effect), les nuanciers téléchargeables et les informations historiques sur le système. CouleursRAL.fr — couleursral.fr — la référence francophone la plus complète. Chaque couleur dispose de sa fiche avec nom, code, valeurs HEX/RGB/CMJN et aperçu visuel. Idéal pour les recherches sur les teintes militaires d'époque. RALcolor.com — ralcolor.com — nuancier visuel simple et rapide, bon pour une consultation rapide avec aperçu des teintes. Pour les couleurs RLMEmmas Planes — emmasplanes.com/index.php/paints/rlm-colors — probablement la ressource RLM la plus rigoureuse du web. Histoire complète du système, liste exhaustive de toutes les couleurs incluant les plus rares, contexte historique et relation avec le système RAL. En anglais. Verde9.com — verde9.com/en/luftwaffe-rlm-colours — excellente présentation avec des échantillons de couleur pour chaque code RLM, et des correspondances avec les peintures Tamiya et Humbrol. Bon pour le modélisme. Luftwaffe SIG — luftwaffesig.uk/wwii-colour-system — synthèse claire et bien organisée des réglementations successives (L.Dv. 521, Sammelmitteilung 1 et 2), avec l'évolution des schémas par période et par type d'appareil. Encyclopaedia Romana (Chicago) — penelope.uchicago.edu/~grout/encyclopaedia_romana/luftwaffe/colors.html — article académique très documenté sur les couleurs de la Luftwaffe, avec une discussion critique des sources et des divergences entre éditeurs. En anglais. Pour la conversion entre systèmes (RLM ↔ RAL ↔ Humbrol ↔ Tamiya ↔ Vallejo…)ModelShade — modelshade.com — convertisseur en ligne qui accepte les codes RAL et RLM en entrée et propose les correspondances dans toutes les grandes marques de peinture pour maquettes (Tamiya, Humbrol, Vallejo, AK Interactive, Mr. Hobby…). Paint4Models — paint4models.com — grande base de conversion multimarques, inclut RAL, RLM, FS595 (américain) et BS381c (britannique). Utile pour les comparaisons entre systèmes nationaux. FineScale Modeler — tableau RLM PDF — finescale.com — tableau de correspondance RLM vers toutes les grandes marques, téléchargeable en PDF. Pour les couleurs navales KriegsmarineSovereign Hobbies — sovereignhobbies.co.uk/pages/german-navy — les fiches de couleurs par navire (Bismarck, Tirpitz, Scharnhorst…) avec les codes KM officiels et leurs correspondances dans la gamme Colourcoats. Référence incontournable pour le modélisme naval allemand. Ship Camouflage / Snyder & Short — shipcamouflage.com — les travaux de Snyder & Short sur les couleurs Kriegsmarine, avec les fiches chromatiques basées sur les cartes de couleurs originales retrouvées dans les archives de Wilhelmshaven. SMMLonline — Kriegsmarine Camouflage series — smmlonline.com/articles/kriegsmarinecamo/kreigsmarine.html — la série d'articles de référence sur le camouflage de la Kriegsmarine, avec les schémas par type de navire et par période. |