
Article fait par :Claude Balmefrezol et le IA
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Prusse Infanterie Evolution Uniformes 1804 1900
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Les troupes prussiennes à Iéna en 1806 portent encore l’« ancien système » de Frédéric II : habit bleu foncé, parements colorés par régiment, culotte et guêtres, tricorne ou chapeau cuirassé, avec quelques débuts de réformes (kollet) déjà visibles.
Les régiments d'infanterie prussienne en 1806 se distinguent par des parements (col, revers, manches, retroussis) de couleurs spécifiques par unité, sur un habit bleu foncé, avec retroussis rouges pour tous et galons blancs ou passepoils souvent blancs. Les insignes incluent des pompons de pompon de couleur variable (centres distinctifs), boutons jaunes ou blancs selon rang, et lacets spécifiques (fins, zigzags, lignes colorées). Les Doepler plates (1805-1806) documentent ces variations précises, avec des écarts mineurs dans les représentations modernes. Infanterie de ligne Habit long bleu foncé, revers fermés, parements et collets de couleur distinctive (souvent rouge, jaune ou blanc selon le régiment), passepoils blancs, boutons en métal blanc ou jaune uniformisés. Culotte généralement blanche (ou gris clair), parfois surculotte en toile, guêtres noires (service) ou blanches (tenue de parade) montant au-dessous du genou. Coiffure encore fréquemment le tricorne à plumet ou le chapeau « cuirassé » à renforts métalliques sur l’avant, la grenadière portant parfois la haute mitre héritée du règne précédent, même si son usage régresse déjà. Garde et grenadiers La Garde et Grenadiergarde portent parements souvent rouges ou blancs, avec lacets d'or pour officiers et pompons élaborés (noir ou or). Les mitres grenadiers persistent pour certaines unités d'élite, avec plaques métalliques et plumets blancs/noirs Uniformes en transition (réforme 1806) Un règlement de 1806 commence à introduire le kollet plus court (habit à basques réduites) et des coupes un peu modernisées, mais nombre de régiments n’en sont pas encore dotés lors de la campagne d’Iéna.Le kollet est une tunique courte ajustée, souvent double boutonnée à deux rangées de boutons, avec des basques très courtes parfois presque inexistantes devant, ce qui la rend très cintrée et moderne pour l'époque. On l'appelle parfois "Spencer" en anglais pour sa ressemblance avec ce vêtement civil court Les tentatives de standardisation des couleurs, galonset coiffures restent partielles : l’armée prussienne souffre alors d’un mélange de pièces anciennes et de nouveaux effets, accentuant l’hétérogénéité en campagne |
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Après la défaite de Iena-Auerstedt en 1806, les réformes militaires prussiennes initiées par Scharnhorst, Gneisenau et Boyen incluent une modernisation des uniformes dès 1807-1808, remplaçant l'ancien habit long par le kollet bleu foncé plus court et pratique, avec basques réduites.
Ces réformes posent les bases de l'uniforme prussien du XIXe siècle : bleu dominant, shako, simplicité tactique, influençant l'armée allemande unifiée ; conservateurs freinent certaines innovations post-1815 Les coiffures évoluent du tricorne vers le shako réglementaire en toile cirée pour tous les fusiliers et mousquetaires tandis que grenadiers conservent temporairement mitres ou bonnets avant transition complète. Cette simplification vise l'uniformité, la mobilité et la production de masse, imposée par les traités limitant l'armée à 42 000 hommes (Krümpersystem).
L'accroissement du nombre de soldat à 300 000 hommes introduit dans les régiments de Landwehr et volontaires des tenues grises ou bleues et des capotes, pantalons rayés, complétées par des shakos ou des toques Les régiments d'élite gardent le kollet bleu. En 1815, uniformisation accrue : shako pour tous les nouveaux régiments, bottes et équipements inspirés français pour mobilité Changements 1807-1812 Kollet bleu foncé : Introduit fin 1807, coupe à taille courte, col haut montant, revers simples, passepoils blancs standardisés ; culotte grise ou bleu clair, guêtres noires permanentes. Coiffure : Après la défaite de 1806, les coiffures prussiennes évoluent rapidement vers plus de simplicité et d'uniformité . On abandonne le tricorne et le Kaskett (chapeau cuirassé bicorne) au profit du shako cylindrique réglementaire adopté en 1808 pour l'infanterie de ligne, inspiré des modèles français et autrichiens. Ce shako noir ou gris, à visière et plaque frontale (aigle ou chiffre), porte une cocarde noire/blanche et pompons/plumets colorés par unité ; les grenadiers conservent brièvement mitres ou bonnets avant de devoir contraints et forcés de la abandonner La Landwehr (1813) adopte souvent des toques ou shakos improvisés en feutre gris. Shako fusiliers/mousquetaires : Introduit 1808, haut cylindrique (22-25 cm), bandeau de laque, jugulaires en cuir ; variantes "à raquettes" (flancs plats décorés) pour élite jusqu'en 1811, puis simplifié ; pompons verts/rouges/jaunes par compagnie. Grenadiers : Mitres hautes (mitre à fronton métallique, sac noir à plumet blanc) en déclin dès 1807, remplacées par shakos à raquette blanche ; uniforme complet d'ici 1813. Jäger (chasseurs) : Shako vert ou noir avec panache vert, tuft ou pompon ; couvre-chef distinctif pour tirailleurs légers Landweh Shako cylindrique noir (ou gris pour Landwehr), cocarde noire/blanche, pompons ou plumets colorés par bataillon ; abandon progressif du chapeau cuirassé. Couleurs : Suppression partielle des parements régimentaires voyants pour plus d'homogénéité ; fusiliers (Jäger) en vert clair distinctif avec revers rouges. Drapeaux : Chaque bataillon de mousquetaires reçoit 2 couleurs (aigle noire) dès novembre 1807 ; grenadiers en fusionnent sans drapeaux initiaux. 1813-1815 (guerre de libération) L'expansion à 300 000 hommes introduit Landwehr et volontaires en tenues grises ou bleues hâtives (capotes, pantalons rayés), complétées par shakos ou toques ; élite garde le kollet bleu. En 1815, uniformisation accrue : shako pour tous les nouveaux régiments, bottes et équipements inspirés français pour mobilité.
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À Waterloo en 1815, les uniformes prussiens reflètent les réformes post-1806 |
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En 1831, les uniformes prussiens conservent l'héritage des réformes post-1806, avec le Waffenrock ou tunique bleue foncé à col haut montant comme pièce centrale pour l'infanterie, complété par pantalon blanc ou gris clair et bottes noires |
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En 1843, les uniformes prussiens marquent l'introduction officielle du Pickelhaube qui est un casque à pointe en cuir verni noir sous Frédéric-Guillaume IV, remplaçant progressivement le shako pour l'infanterie et la cavalerie lourde, |
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En 1848, au cœur des révolutions européennes, l'armée prussienne sous Frédéric-Guillaume IV conserve le même uniforme depuis 1843, avec le Pickelhaube casque à pointe en cuir verni noir pour l'infanterie et la cavalerie lourde, associé au Waffenrock bleu foncé à col montant et parements colorés par arme ou régiment. Ces tenues, portées par les troupes déployées pour réprimer les insurrections de Berlin et ailleurs, privilégient protection (chinscales en laiton) et l'uniformité, avec culotte blanche/grise et bottes hautes ; les shakos persistent pour certaines unités secondaires ou Landwehr. L'aspect martial du Pickelhaube symbolise alors l'autorité restaurée face aux barricades libérales. En 1848, l'armement standard de l'infanterie prussienne repose sur le fusil Dreyse Zündnadelgewehr modèle 1841 (fusil à aiguille), adopté officiellement cette année-là après essais secrets dès 1841, marquant la première arme à chargement par la culasse à percussion généralisée en Europe. Ce fusil mono-coup calibre 15,4 mm (cartouche papier combustible avec amorce centrale percée par une aiguille en acier) offre une cadence de 6-8 tirs/min en position couchée, une portée utile de 400 m et une précision accrue grâce au canon rayé surpassant les fusils à chargement par la bouche. Utilisé lors de la répression des révoltes de 1848 (Berlin, Bade), il reste en service jusqu'en 1871 malgré ses défauts (encrassement, étanchéité imparfaite).
Caractéristiques techniques Masse : 4,75 kg ; longueur : 1,47 m ; canon : 91 cm rayé. Munition : Cartouche papier (4,8 g poudre noire, balle ovoïde plomb 31 g sous-calibrée 13,6 mm), vitesse initiale 295-305 m/s. Accessoires : Baïonnette-triangulaire, hausse curseur mobile ; variantes carabine Jäger 1849/1854 et mousqueton cavalerie 1857. Déclinaisons et contexte Artillerie et cavalerie utilisent des versions raccourcies (fusil fusilier 1860, mousqueton 1857), tandis que la Garde teste des prototypes avancés ; ce système pose les bases de la supériorité prussienne en 1866 (Sadowa) et 1870. Remplacé par le Mauser 1871 (métallique), le Dreyse équipe encore 450 000 exemplaires en 1848 |
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En 1864, lors de la guerre des Duchés (Schleswig-Holstein), l'armée prussienne de Guillaume Ier commandée par Moltke l'Ancien déploie environ 38 000 hommes alliés à 27 000 Autrichiens contre 38 000 Danoi |
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À Sadowa (Königgrätz) le 3 juillet 1866, l'armée prussienne de Guillaume Ier et Moltke l'Ancien (285 000 hommes en trois armées) écrase 215 000 Autrichiens et Saxons de Benedek lors de la guerre austro-prussienne, grâce à la supériorité du fusil Dreyse à aiguille, des chemins de fer pour la mobilité et une stratégie d'encerclement. Cette bataille décisive (9 000 pertes prussiennes contre 45 000 autrichiennes) exclut l'Autriche de l'Allemagne du Nord et prepare la voie vers l'Empire de 1871
L'infanterie prussienne de 1866, lors de la bataille de Sadowa (Königgrätz), forme l'épine dorsale des trois armées (1re, 2e, Elbe) totalisant 221 000 hommes, organisée en 9 corps d'armée réguliers plus la Garde, chacun avec 2 divisions de 4 régiments à 3 bataillons.
Équipée du fusil Dreyse Zündnadelgewehr M1841 (à aiguille, chargement culasse, cadence 6-8 tirs/min couchés), elle surpasse les fusils à piston autrichiens (2-3 tirs/min), permettant tirs en ligne malgré fumées. Les Uniformes sont standardisés : Waffenrock bleu foncé à col rouge, Pickelhaube cuir laqué noir (pointe laiton), culotte grise, guêtres ; Jäger (fusiliers) en vert clair distinctif. Organisation tactique
Division : 12 000 hommes (2 brigades de 2 régiments, 3 bataillons de 1 000 fusiliers + grenadiers) ; réserve Jäger par corps. Régiment : Numérotés 1-88 (ex. IR 27 attaque Swiepwald) ; autonomie tactique accrue sous Moltke. Garde : Élite (1er-4e régts), mitrailleuses Gatling prototypes testées. Armement complémentaire Baïonnette S55 à quillon ; sabre-briquet modèle 1848 ; gibernes en cuir noir pour 60 cartouches papier. Chaque bataillon : 2 drapeaux (aigle noire), tambours à parements. |
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En 1870, lors de la guerre franco-prussienne, l'armée prussienne (enforcée par États allemands du Nord et du Sud mobilise jusqu'à 1,4 million d'hommes sous Guillaume Ier et Moltke l'Ancien, organisée en 11 armées numérotées (I à IV principales à Sedan) totalisant 462 000 fantassins, 56 000 cavaliers et 1 580 canons, surpassant les 230 000 Français.
Cette force moderne excelle par logistique ferroviaire avec 1 600 trains/jour, télégraphe et supériorité du Dreyse Zündnadelgewehr, Cette armée accule l' Empereur à capituler à Sedan le 1er septembre : 200 000 Prussiens y encerclent 120 000 Français Cela entraine la chute du IIe Empire. Les Uniformes bleu foncé stabilisés (Pickelhaube cuir laqué, Waffenrock à col rouge), elle intègre Landwehr et contingents bavarois/wurtembergeois. Organisation Corps d'armée : 4 divisions (12 000 hommes chacune : 3 brigades d'infanterie, Jäger, cavalerie légère), artillerie de corps (72 canons Krupp C64 acier). Régiment : 3 bataillons (1 000 hommes), fusiliers autonomes ; Garde (élite) en pointe à Saint-Privat. Cavalerie : Divisions indépendantes (uhlans, cuirassiers casqués, hussards) pour reconnaissance/poursuite. Armement clé Dreyse M1841/Fusil fusilier M1860 (aiguille, culasse), Krupp canons (portée 3,5 km), mitrailleuses nord-est (Gatling-like) dès Metz ; baïonnettes S55. |
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En 1888, l'armée prussienne, cœur de l'armée impériale allemande sous Guillaume II qui vient d' être couronné Kaiser compte environ 850 000 hommes en temps de paix soit 545 000 hommes sous les drapeaux et 305 000 réservistes. |