Rome Rione Celio Fontaine Meta Sudans
Rione Celio R XIX
Regiones Quattuordecim Regio IV Templum Pacis
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| De nos jours |
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| Remise en place de la fontaine |
En face de l'Arc de Constantin se trouvent les restes des fondations d'une fontaine monumentale appelée Soudans Meta, Le nom de cette fontaine vient de la traduction qui veut dire la Pierre qui transpire
En effet cette fontaine se présentait avait une forme conique Cette forme possède de multiples petits canaux pour faire sortir l’eau ce qui faisant penser que la pierre transpirait .
La forme conique de cette fontaine peut rappeler la forme pyramidale, de la pyramide de Cestius qui a été aussi appelée Meta Romuli.
La Meta Sudans était donc une fontaine monumentale de la Rome antique, jadis située au pied du Colisée, devant l'arc de Constantin. Plus précisément, elle se trouvait au point de rencontre des limites des régions II, III, IV, X et peut-être I de Rome c'était donc un véritable carrefour administratif, pas seulement géographique.
La structure occupait une zone urbanistique très importante, à l'un des sommets de la frontière sacrée de la ville de Romulus (le pomerium), au croisement de deux routes liées au parcours triomphal, et au point de convergence de quatre des quatorze régions dans lesquelles Auguste avait divisé Rome en 7 av. J.-C.
On peut comprendre la Meta Sudans comme la fontaine du Colisée, implantée à proximité immédiate du grand édifice public, au point le plus bas de toute la zone, à l'intersection de deux routes importantes de Rome.
Origine et construction
Il y a en réalité deux phases :
Une première fontaine augustéenne, plus ancienne et plus modeste, mise au jour lors de fouilles récentes.
Le contexte de la découverte
Entre 2002 et 2003, lors des fouilles menées sur la Piazza del Colosseo par l'Université de Rome « La Sapienza » (sous la direction de Clementina Panella), juste sous la fontaine d'époque flavienne (la Meta Sudans « classique »), les archéologues ont mis au jour les vestiges d'un monument très similaire mais plus petit : une fontaine d'époque augustéenne.
Ce qu'on a retrouvé
Un ensemble monumental exceptionnel construit à l'époque d'Auguste, situé face au probable sanctuaire des Curiae Veteres.
Ce complexe fut ensuite restauré à l'époque de Claude.
Plusieurs blocs en marbre de Luni (le marbre de Carrare) ont été retrouvés, appartenant à la décoration architecturale du fronton du monument.
La fontaine augustéenne mesurait environ 9 mètres de haut pour 5 mètres de diamètre, contre 17 mètres de haut et 7 mètres de diamètre pour la version flavienne qui lui succéda — elle était donc nettement plus modeste dans ses proportions, mais de conception très semblable (même forme conique).
Sa signification
Cette fontaine plus ancienne n'était pas un simple point d'eau isolé : elle était associée à un compitum (un carrefour sacré, souvent doté d'un petit sanctuaire dédié aux Lares Compitales, les divinités protectrices des carrefours). Cela s'inscrit dans la politique augustéenne de réorganisation religieuse et administrative de Rome — on sait qu'Auguste a précisément restructuré Rome en quatorze régions et multiplié les compita dans toute la ville.
Une reconstitution en bois de cette fontaine augustéenne a même été réalisée et exposée en 2004, lors d'une journée d'étude consacrée au « Progetto Meta Sudans ».
Chronologie complète du site, donc :
Époque augustéenne (fin Ier s. av. J.-C.) : première fontaine, associée à un compitum
Époque de Claude : restauration de cet ensemble
Incendie de Rome (64 apr. J.-C.) : destruction probable
Époque flavienne (fin Ier s. apr. J.-C.) : construction de la grande Meta Sudans, à plus grande échelle, sur les vestiges de la précédente
La fontaine flavienne, la plus connue, construite à la fin du Ier siècle après J.-C. par les empereurs Flaviens, à l'époque de l'édification de l'Arc de Titus et du Colisée. Selon certaines sources, elle aurait été bâtie par Domitien. Turismo Roma
Fait notable : la fontaine flavienne remplace un segment de la Domus Aurea de Néron, rasée après sa damnatio memoriae. Quant à l'arc de Constantin, il n'apparaît dans le paysage, à quelques mètres de la fontaine, que deux siècles et demi plus tard, Constantin voulant associer son règne à celui de la dynastie flavienne
| Monuments similaires préservés |
Cuicul (Djemila, Algérie) — la mieux conservée des deux
C'est la plus proche cousine architecturale de la Meta Sudans. D'après les sources archéologiques : Cuicul comptait plusieurs fontaines publiques, dont l'une avait un design très similaire à la Meta Sudans, la fontaine romaine disparue près du Colisée — un conduit intérieur amenait l'eau au sommet, d'où elle glissait le long de la surface conique.
Points clés :
- Datation : Cante la situe à l'époque sévérienne (donc début du IIIe siècle), soit plus d'un siècle après la version flavienne de Rome — ce qui montre la longévité du modèle.
- Contexte urbain : Cuicul était une colonie fondée sous Nerva (96-98 apr. J.-C.) pour des vétérans de légions romaines, perchée à 900 m d'altitude en Numidie — un contexte très différent de Rome, mais où les élites municipales reproduisaient fidèlement les codes architecturaux de la capitale pour affirmer leur romanité.
- État de conservation : c'est l'un des sites les mieux préservés d'Afrique du Nord, ce qui en fait aujourd'hui la meilleure référence visuelle pour imaginer à quoi pouvait ressembler une fontaine à meta, puisque celle de Rome a disparu.
Thugga (Dougga, Tunisie) — plus tardive, moins bien documentée sur ce point précis
Cante situe sa fontaine entre le IIe et le IIIe siècle. Thugga est un cas urbain particulier : ville d'origine numide et libyco-punique, elle a conservé un urbanisme largement autochtone tout en se couvrant progressivement d'une parure monumentale « à la romaine » — un bel exemple de romanisation qui n'efface pas le substrat local. Le site conserve d'ailleurs un réseau hydraulique et plusieurs nymphées, mais je n'ai pas trouvé de description technique aussi détaillée de sa fontaine à meta que pour celle de Cuicul — les sources disponibles en ligne se concentrent surtout sur les autres monuments du site (capitole, théâtre, cirque).
Ce que cette diffusion nous apprend
Le point le plus intéressant, souligné par Cante : dans tous les cas connus, ces fontaines à haute meta marquent des carrefours routiers importants, et fonctionnent comme des éléments de repère urbain particulièrement visibles dans le paysage de la ville romaine. Le motif a même une valeur purement symbolique et évocatrice : on le retrouve sur des monnaies de Nicopolis et de Corinthe représentant ce type de fontaine, alors même qu'aucune fontaine à meta n'y est archéologiquement attestée — l'image seule suffisait à évoquer l'Urbs, Rome elle-même, et son prestige impérial.
Autrement dit : ce n'était pas juste un modèle architectural qui voyageait, c'était un signe de statut et d'appartenance au monde romain — exactement le genre de "kit visuel" qu'une élite provinciale ambitieuse voulait absolument reproduire chez elle.
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DESCRIPTION
Cette fontaine a de nos jours disparue mais elle est bien connue car sa destruction totale ne date que des années 1930
Voici comment cela devrait apparaître
Nous possédons une pièce de monnaie de l'époque républicaine, avec la marque le S C saluant une délibération du Sénat et illustrant la Sudans Meta. Ce qui prouve que la fontaine existait déjà à l'époque républicaine, mais c’est Titus qui lui donnera son aspect actuel après restauration
Forme et fonctionnement
Le nom vient de deux mots latins :
Meta (« borne ») : à cause de sa forme conique rappelant les bornes que les chars devaient contourner en bout de piste dans les cirques.
Sudans (« suintant »/« transpirant ») : l'eau coulait le long du cône et non jaillissait depuis le sommet, avant d'être recueillie dans un bassin circulaire.
Dimensions et matériaux (les sources varient légèrement) : un cône d'environ 17 à 18 mètres de haut, l'eau coulant le sommet le long de la colonne pour être recueillie dans un bassin circulaire de 16 mètres de diamètre, orné de statues de bronze ; le cône était revêtu de marbre. Un parallèle archéologique existe : une fontaine du même type, de taille bien plus modeste mais en excellent état, se trouve à Cuicul (aujourd'hui Djémila, en Algérie).
La fontaine est donc constituée d'une base surmontée par un cône contenant les canalisations Le tout était posé dans un bassin cylindrique. La base possédait avec six niches,
Dans chaque niche devait se trouver des statues de divinité ou nymphe, La présence d'un thyrse, et statues féminines semble dédier cette fontaine au culte de Dionysos et les Bacchantes.
Dans le cône devait se trouver un second réservoir, bien entendu inférieure à celle du bas, à l'intérieur duquel l'eau est recueillie pour l'écoulement dans le fond de la cuve.
Le cône devait avoir une hauteur de 17 m. avec à son sommet une sculpture représentant peut être une fleur à quatre pétales, ou seulement des feuilles d’acanthe. D’aucuns ont parlé, d’un pigne de pin mais rien den vient confirmer cela. Cette décoration confirme donc l’identification d’une fontaine dionysiaque.
La fontaine a été en briques et recouvertes de marbre blanc. Par la suite des décors en bronze ont peu être rajouté ainsi que des marbre d’autre couleur.
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HISTOIRE
La fontaine a été reconstruite sur une ancienne construction républicaine lors de la construction de cette zone qui va abriter le Colisée sous les Flaviens
Cette fontaine, marque aussi la limité entre les trois régions de la ville républicaine et par la suite les cinq régions créées par la réorganisation administrative d'Auguste.
Pour certains elle marquerait aussi le pomerium de Romulus.
Dans tous les cas, c’était un point de repère pour les processions triomphales, qui remonte la vallée entre le Palatin et Celio pour ensuite tourner, vers la Via Sacra.( ce qui causera sa destruction sous Mussolini)
La tradition dit aussi que les gladiateurs libérés de leurs obligations vont boire et se laver après les combats du cirque, remerciant les dieux de la fontaine pour leur liberté trouvée ou retrouvée.
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L'empereur Constantin (306-337), en construisant son arc de triomphe, restaure la fontaine de en refaisant le bassin en marbre,
La fontaine resta en usage jusqu'au Ve siècle après J.-C., quand l'ensablement de la vallée du Colisée commença à obstruer les canaux d'évacuation des eaux. Mais attention ce terme peut prêter à confusion, alors précisons.
Il ne s'agit pas de sable au sens propre (comme dans un désert), mais d'un phénomène d'exhaussement progressif du sol par accumulation de sédiments, de limon et de débris au fil des siècles. En français plus technique, on parle parfois d'« alluvionnement » ou d'« interrimento » (le terme italien souvent utilisé par les archéologues).
Concrètement, plusieurs facteurs expliquent ce phénomène dans la vallée du Colisée :
Les crues du Tibre : Rome antique subissait régulièrement des inondations qui déposaient des couches de limon dans les zones basses de la ville, dont cette vallée entre le Palatin, le Caelius et l'Esquilin.
L'accumulation de débris urbains : gravats, déchets de construction, effondrements de bâtiments abandonnés après la fin de l'Empire romain d'Occident.
L'abandon de l'entretien des infrastructures : sans entretien régulier (nettoyage des égouts, curage des canaux), les niveaux de sol montent naturellement avec le temps dans une ville aussi densément occupée depuis si longtemps.
Ce processus a été si important qu'à Rome, le niveau du sol antique se trouve aujourd'hui plusieurs mètres sous le niveau actuel dans de nombreux quartiers c'est d'ailleurs pour cette raison que les archéologues doivent creuser en profondeur pour retrouver les vestiges antiques, y compris ceux de la Meta Sudans.
Dans le cas précis de la fontaine, cet exhaussement progressif du terrain a fini par recouvrir et obstruer les canalisations d'évacuation d'eau situées à sa base, ce qui a contribué à son arrêt de fonctionnement bien avant sa destruction physique au XXe siècle.
Par la suite Nous ne savons pas grand-chose de son destin Dans l Orto deli Passionisti di S. Giovanni e Paolo datant du Ve Siècle a été retrouvé un gros tuyau qui semblait être une partie du conduit de Mesa et en 1743, on a découvert l'entrée d'aqueduc qui a devait alimenter la fontaine, et les thermes de Titus Vespasien,
Elle aurait cessée définitivement de fonctionner à partir du siège de Rome en 537, lorsque les Ostrogoths s'en prirent aux aqueducs de Rome
Les sources permettent d'éclaircir précisément ce qui s'est passé,
Ce qui s'est réellement passé, dans le détail :
En 537, lors du siège de Rome, les Ostrogoths de Vitigès endommagent les canaux pour couper l'approvisionnement en eau des habitants donc ils ont coupé » ou « endommag" », plutôt que « murer » à proprement parler.
Mais il y a bien un épisode de maçonnerie dans cette histoire, décrit par l'historien byzantin Procope : à l'endroit où deux aqueducs (l'Aqua Claudia et l'Aqua Marcia) se rapprochaient puis s'écartaient à nouveau, créant une sorte d'enceinte naturelle, les Barbares murèrent les arches inférieures avec des pierres et de la boue, en formant ainsi une sorte de fortin où ils postèrent une garnison de 7 000 hommes pour empêcher tout ravitaillement de la ville.
Donc, deux actions distinctes se sont mêlées :
La coupure de l'alimentation en eau : les Goths brisent/endommagent les conduits en amont de la ville pour assécher Rome.
Le « murage » : c'est un usage tactique et localisé — ils bouchent certaines arches basses de l'aqueduc non pas pour couper l'eau, mais pour transformer la structure en poste fortifié verrouillant une route stratégique vers la Campanie.
Fait amusant et symétrique : les Romains eux-mêmes ont ensuite muré des tronçons de leurs propres aqueducs pour empêcher les Goths de s'y infiltrer et de pénétrer dans la ville par ce biais — c'est d'ailleurs ainsi que Bélisaire avait pris Naples un peu plus tôt, en envoyant des hommes par un aqueduc à sec.
Donc on assiste à une coupure et dégradation des canaux en amont pour l'aspect « siège de la ville », et murage ponctuel de certaines arches pour l'aspect « fortification tactique ».
Ses ruines, réduites au noyau de brique, survécurent jusqu'au XXe siècle : elles furent détruites en 1933-1936
En 1936, ce qui restait de la fontaine et du piédestal et la base du Colosse ont été démolis jusqu'à la base, lors du percement de la Via dei Forii Imperiale pour faciliter les défilés fascistes, en même temps que les vestiges de la base de la statue colossale de Néron
Ce nos jours le site a été mis en valeur afin de resituer la fontaine et le colosse des fouilles opnt mis à jours les fondations et le système de canalisation d'eau.
Un pavage circulaire au sol marque aujourd'hui son emplacement, et les fondations ont depuis été fouillées et mises en valeur dans un espace paysager
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