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Recherches faites avec IA ainsi que les tableaux qui ont été générés sur mes indications
Historique Voir ICI Un capitaine du 309e d’artillerie, 1940 Tenue avec Képi bleu, vareuse kaki et losanges écarlates : la tenue d’un officier de l’artillerie des divisions cuirassées pendant la campagne de France
Dans une vitrine du musée de l’Artillerie de Draguignan consacrée à la campagne de 1939-1940, un mannequin porte la tenue complète d’un capitaine du 309e régiment d’artillerie. Rien de spectaculaire à première vue : un képi sombre, une vareuse kaki, un ceinturon de cuir. Pourtant, chaque détail de cet ensemble raconte quelque chose, du grade de l’officier à l’arme qu’il servait, et jusqu’à la division très particulière dans laquelle son régiment a combattu.
Le régiment : l’artillerie de la 2e division cuirassée
Le cartel parle d’un « régiment d’artillerie divisionnaire », et c’est exact : le 309e était l’artillerie organique d’une division, celle de la 2e division cuirassée (2e DCr). Les documents de l’époque le désignent plus précisément comme 309e RATTT, pour « régiment d’artillerie tractée tout terrain ».
La 2e DCr est formée le 16 janvier 1940 à partir de la 2e brigade cuirassée, et le 309e lui est rattaché dès sa création. Il aligne au départ deux groupes d’obusiers de 105 courts. Une batterie antichar divisionnaire équipée de canons de 47 mm, la 10e, lui est également rattachée. Un troisième groupe a existé un temps, puisque le 319e RATTT, artillerie de la 3e DCr, a été formé en partie à partir du III/309e.
Le principe est nouveau : une division de chars lourds B1 bis et de chars H39 ne peut pas attendre une artillerie hippomobile. Les pièces sont donc tractées par des véhicules à moteur capables de suivre en terrain varié. Sur un forum de collectionneurs, on le décrit encore comme un beau régiment « à traction tout terrain ».
Mai-juin 1940 : une division jetée dans la bataille
La 2e DCr combat tout au long de mai et juin 1940. Elle est d’abord engagée face à la percée allemande de la Meuse, puis sur les fronts de l’Aisne et de la Somme. Comme les autres divisions cuirassées, elle souffre d’être employée par morceaux plutôt que d’un seul bloc, ce qui la prive de sa force de choc.
Début juin, rattachée au IXe corps, elle participe avec la 31e division d’infanterie alpine et des éléments de la 51e division écossaise (Highland) à l’attaque du 4 juin 1940 contre la tête de pont allemande d’Abbeville
. L’offensive échoue : les Franco-Britanniques y perdent environ un millier de fantassins et une cinquantaine de chars et blindés, certains chars français s’étant engagés sur un champ de mines. La division doit ensuite se replier vers le centre de la France ; elle est dissoute en juillet-août 1940. Son dernier poste de commandement se trouve à Saint-Pierre-Chérignat, au nord-est de Limoges. Dans la même vitrine, une éphéméride de bureau reste ouverte à la date du vendredi 21 juin 1940, quatre jours avant l’entrée en vigueur de l’armistice : une manière discrète de rappeler où s’arrête l’histoire de cette tenue.
Lecture de la tenue
Le képi
Le képi est bleu foncé, la couleur traditionnelle de l’artillerie. Son bandeau porte le numéro « 309 » brodé en fil doré, et le haut est entouré de trois galons dorés : c’est la marque du grade de capitaine, que l’on retrouve normalement aux manches. Une jugulaire dorée est tenue par deux petits boutons sur les côtés, et la visière est en cuir noir verni. Le képi reste en 1940 la coiffure de sortie et de service courant des officiers ; au combat, il est remplacé par le casque Adrian modèle 1926.
La vareuse kaki
La vareuse est en drap kaki, la teinte adoptée par l’armée de Terre dans les années 1930 à la place du bleu horizon. Elle a un col ouvert rabattu, une rangée de boutons dorés et des pattes d’épaule boutonnées. Les poches de poitrine et de basque ont des rabats en accolade, découpés en trois pointes, un détail typique des vareuses d’officier de l’entre-deux-guerres. Taillée sur mesure chez un tailleur, comme c’était l’usage pour les officiers, elle pouvait varier légèrement d’un modèle à l’autre.
Les losanges de col
Les deux écussons en losange cousus sur le col sont la carte d’identité du porteur. Leur fond écarlate désigne l’artillerie, le numéro 309 le régiment, et les soutaches bleu foncé en forme de chevron, à la pointe supérieure, précisent la catégorie du porteur. Ce système d’écussons losangés, propre à l’armée française de la fin des années 1930, permettait de reconnaître d’un coup d’œil l’arme et l’unité d’un militaire. On aperçoit d’ailleurs, au pied du mannequin, quelques losanges de rechange exposés dans la vitrine.
Le cordon de l’épaule gauche
Un cordon tressé passe sous l’épaule gauche. Sa place correspond à celle d’une fourragère, décoration collective accordée à une unité citée à l’ordre de l’armée et portée par tous ses membres. Sa couleur, jaune moucheté de vert autant qu’on peut en juger derrière la vitre, évoquerait la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire. Le 309e étant de création récente, il pourrait s’agir d’une fourragère héritée d’une unité antérieure de l’officier : le cartel ne le précise pas, et ce point mériterait d’être vérifié auprès du musée.
L’insigne de poitrine
Sur la poitrine pend, accroché à un bouton par une languette, un insigne métallique doré construit autour d’une roue dentée, avec une petite partie émaillée de rouge et de blanc. La roue dentée est le symbole habituel des unités motorisées, ce qui convient bien à un régiment d’artillerie tractée. Les insignes de régiment se généralisent justement dans l’armée française à la fin des années 1930, et un collectionneur signale que le 309e a adopté un nouvel insigne en 1939.
Le ceinturon et la sacoche
La tenue se complète d’un ceinturon d’officier en cuir brun à boucle en laiton et d’une sacoche en cuir, sans doute un porte-cartes. Pour un officier d’artillerie, la carte est un outil de travail essentiel : c’est avec elle que l’on prépare les tirs, calcule les distances et choisit les positions de batterie.
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