Pompe essence Satam 1925 Bi-Jaugeur Desmarais Frères Palavas 2026









Pompe essence Bi-Jaugeur Satam  1925 Desmarais Frères Palavas 2026

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La pompe bi-jaugeur Desmarais Frères : quand faire le plein se comptait à vue Deux grands bocaux de verre, un cadran gradué jusqu'à 50 litres et une manivelle : cette pompe à essence à double jaugeur, à la peinture bleue fatiguée, porte encore la plaque de son propriétaire, le pétrolier Desmarais Frères. Elle raconte les débuts de la distribution de carburant en France, au temps où l'on voyait littéralement son essence avant de la payer.
Avant la pompe, le bidon
Aux premiers temps de l'automobile, il n'existe pas de station-service. L'essence s'achète chez l'épicier ou le droguiste, en bidons de 5 ou 10 litres, et se verse dans le réservoir à travers un entonnoir garni d'une peau de chamois pour filtrer les impuretés. Il faut attendre le début des années 1920 pour voir apparaître en France les premières véritables pompes, puis, à partir de 1922 environ, les pompes à jaugeur et à bi-jaugeur qui permettent enfin un mesurage précis et visible du carburant délivré.
Le principe : deux bocaux qui travaillent en alternance
Le cœur de la machine, ce sont ses deux cylindres de verre, chacun d'une contenance de 5 litres. Au centre de chaque bocal, un tube métallique sert de jauge et de conduit. Le pompiste actionne la manivelle : l'essence est aspirée depuis la cuve et remplit le premier bocal. Une fois les 5 litres atteints, il ouvre le robinet et le contenu s'écoule par gravité vers le pistolet et le réservoir du client, pendant que le second bocal se remplit à son tour. Les deux verres travaillent ainsi en alternance, ce qui accélère le service.
L'intérêt est double. Pour le client, la transparence est totale : il voit la quantité exacte et la limpidité du produit. Pour le pompiste, le cadran circulaire visible au centre de la pompe, gradué de 5 en 5 jusqu'à 50 litres, totalise les bocaux délivrés et évite les erreurs de comptage.
Ce que l'on observe sur cet exemplaire
  • Les deux bocaux en verre avec leurs tubes jaugeurs métalliques et leurs têtes de raccordement en laiton, apparemment complets.
  • Le cadran de comptage en aluminium, gradué de 5 à 50, avec sa fenêtre et son aiguille centrale.
  • Le corps de pompe en fonte, avec son cylindre et ses tirants, encore recouvert d'une peinture bleu-vert d'origine largement écaillée.
  • La manivelle à poignée bois, et un levier de commande à poignée claire pour la sélection du bocal.
  • Un filtre à couvercle boulonné dont le marquage en relief, partiellement lisible, commence par « FILTRE SAT… ».
  • Une plaque de propriété en laiton fixée entre les deux bocaux, au nom de la compagnie Desmarais Frères.
Une plaque qui change tout : « Propriété de Desmarais Frères »
Au sommet de la pompe, entre les deux bocaux, une petite plaque en laiton porte l'inscription : « Propriété de DESMARAIS Frères, 42, rue des Mathurins, Paris », suivie d'un numéro d'inventaire, « CZ N° 3056 ». Cette plaque ne désigne pas le fabricant de la pompe, mais son propriétaire. À cette époque, il était fréquent que la compagnie pétrolière reste propriétaire de l'appareil et le mette à disposition du garagiste ou de l'épicier qui vendait son carburant. Le numéro permettait à la compagnie de suivre son parc de pompes.
Desmarais Frères, le premier grand pétrolier français
Fondée en 1861 par les frères Charles et Henri Desmarais, la maison commence par le raffinage des huiles végétales avant de se tourner vers le pétrole. Dès 1886, elle lance « Automobiline », l'une des toutes premières essences destinées aux automobiles, ainsi que le pétrole lampant « Oriflamme ».
En 1922, Desmarais Frères installe son propre réseau de pompes pour distribuer l'Automobiline, juste après l'apparition des premières pompes en France. Au milieu des années 1920, elle fait partie des trois dernières compagnies pétrolières françaises indépendantes et devient le principal actionnaire privé de la Compagnie française des pétroles (CFP), créée en 1924.

Azur, le carburant bleu de Desmarais Frères

Pendant près de quarante ans, le nom Azur a fleuri sur les pompes, les plaques émaillées et les bidons de France. Derrière cette marque se cache l'un des tout premiers pétroliers français, et un carburant original, mélangé à l'alcool, bien avant le superéthanol d'aujourd'hui.

Une marque née chez un pionnier

Azur est la marque de Desmarais Frères, maison fondée en 1861 par Charles et Henri Desmarais. D'abord spécialisée dans le raffinage des huiles végétales, la société se tourne vers le pétrole et lance dès 1886 l'Automobiline, l'une des premières essences pour automobiles, ainsi que le pétrole lampant Oriflamme. En 1922, elle installe son propre réseau de pompes, et elle compte au milieu des années 1920 parmi les trois dernières compagnies pétrolières françaises indépendantes.

1932 : naissance d'Azur

En 1932, Desmarais Frères dépose sous le nom d'Azur un carburant jusque-là vendu sous l'appellation « Déesse ». Sa particularité tient à sa composition : un mélange à parts à peu près égales d'alcool, de benzol et d'essence. Ce type de mélange, dit « ternaire », s'inscrit dans la politique française de l'entre-deux-guerres, qui cherchait à écouler l'alcool produit par l'agriculture, notamment à partir de la betterave, et à réduire la dépendance au pétrole importé.

Le carburant présente aussi des avantages techniques : l'alcool et le benzol relèvent l'indice d'octane et permettent aux moteurs de supporter des taux de compression plus élevés sans cliqueter. Azur se présente ainsi comme un carburant de qualité supérieure.

Le temps du succès

Porté par un réseau de stations et une communication soignée, Azur s'impose comme l'une des marques familières des routes françaises. Il domine une large part du marché des carburants jusqu'aux années 1950. La marque se décline aussi sur les huiles et les lubrifiants, et ses plaques émaillées, bidons, globes de pompe et objets publicitaires, généralement aux tons bleus évoquant son nom, sont aujourd'hui recherchés par les collectionneurs.

Le déclin et la disparition

  • Années 1950 : l'interdiction des mélanges carburants contenant de l'alcool fait perdre à Azur ce qui faisait son originalité. La marque continue d'exister, mais comme un carburant parmi d'autres.

  • 1965 : Desmarais Frères est absorbée par la Compagnie française des pétroles (CFP), dont elle était depuis les années 1920 le principal actionnaire privé. La CFP deviendra Total.

  • 1970 : Total retire la marque Azur de ses stations, qui passent sous ses propres couleurs.

Un nom qui parle aux collectionneurs

Pour les amateurs d'automobilia, Azur reste attaché à l'âge d'or des pompes à bocaux et des premiers distributeurs. Plusieurs de ces pompes portent encore une plaque « Propriété de Desmarais Frères, 42, rue des Mathurins, Paris » : à l'époque, la compagnie restait propriétaire de ses appareils et les confiait aux garagistes qui vendaient ses carburants. Ce sont autant de témoins du premier grand pétrolier français, dont l'héritage se retrouve aujourd'hui dans TotalEnergies.

Curieusement, le principe d'Azur, un carburant enrichi en alcool d'origine agricole, revient au goût du jour avec le SP95-E10 et le superéthanol E85 : une idée des années 1930 qui a trouvé une seconde vie près d'un siècle plus tard.


 
En 1932, la société dépose la marque Azur, un carburant composé à parts égales d'alcool, de benzol et d'essence, qui connaîtra un grand succès jusqu'aux années 1950. En 1965, Desmarais Frères est absorbée par la CFP, future Total, qui fera disparaître la marque Azur de ses stations en 1970.
Cette pompe a donc fait partie du réseau de l'un des pionniers de la distribution d'essence en France, et sa plaque en fait un témoin direct de cette histoire.
Et le fabricant ?
Le constructeur de la pompe reste à confirmer. Le couvercle du filtre porte un marquage en relief partiellement lisible commençant par « FILTRE SAT… », et l'architecture générale (base en fonte, deux bocaux de 5 litres, cadran de 50 litres) correspond aux bi-jaugeurs de SATAM, le grand fabricant installé boulevard de la Paix à La Courneuve, dont le modèle M04 date des années 1930-1935.
 

Voici un petit topo sur SATAM, une grande marque française de pompes à essence.

Le nom et l’origine. SATAM signifie Société Anonyme pour Tous Appareillages Mécaniques. L’entreprise était installée à La Courneuve, en région parisienne. Elle comptait parmi les pionniers européens des équipements de distribution de carburant. Elle a été fondée dans les années 1920, au moment où les stations-service se développaient en France. t

Les premières pompes (années 1920-30). Ces pompes étaient manuelles et fonctionnaient avec des cylindres en verre gradués. Sur le modèle bicylindre, chaque cylindre contenait 5 litres. Le pompiste les remplissait avec un levier depuis la cuve enterrée, puis l’essence descendait par gravité dans le réservoir de la voiture. Un modèle très connu des collectionneurs a des portes de protection qui s’ouvrent comme des ailes, d’où son surnom d’« Iron Maiden ».

L’après-guerre. SATAM est passée aux pompes électriques avec compteur, dites « volucompteurs ». La série « Panoramic » en fait partie. On en trouve encore, par exemple une Panoramic R11 dont la plaque constructeur indique 1963. Ces pompes portaient les couleurs des pétroliers de l’époque : Total, BP, Shell, Esso, Antar, Azur, etc. SATAM fabriquait l’appareil, et le pétrolier fournissait la peinture et le globe lumineux.

La suite de l’histoire. Dans les années 1980-90, l’entreprise a été intégrée à des regroupements du secteur. Sa branche distribution a fini dans le giron de Tokheim, un groupe américain, autour de 1996.

Côté collection. Les SATAM sont parmi les pompes anciennes les plus recherchées en France. Les prix varient beaucoup selon l’époque, l’état et la restauration. 

 
D'autres constructeurs français, comme Gex, Themis, Aster, Boutillon ou Conti, ont toutefois produit des pompes très proches. Une plaque constructeur, si elle existe ailleurs sur l'appareil, permettrait de trancher.
Un objet de collection recherché
Dans sa version complète, avec colonne, globe lumineux aux couleurs d'un pétrolier, tuyau et pistolet, un bi-jaugeur dépasse souvent 2,80 m de haut et figure régulièrement dans les grandes ventes d'automobilia. Ici, il s'agit de la partie mécanique seule, sans colonne ni habillage : une base idéale pour une restauration, d'autant que les bocaux en verre, pièces les plus fragiles et les plus difficiles à remplacer, sont présents.
Posée à côté d'une moto ancienne à moteur JAP, cette pompe rappelle qu'avant les distributeurs électriques et les compteurs à défilement, faire le plein était un geste lent, manuel et presque cérémoniel, que l'on suivait des yeux à travers le verre.
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