Fusil de Tula Modèle 1808-1809 Moscou









 
Fusil de Tula Modèle  1808-1809  Moscou 
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Le fusil d’infanterie russe modèle 1808-1809 et le fantassin de 1812 Cette reconstitution  Présente un fusil de Toula , sa baïonnette à douille et l’équipement du soldat qui affronta la Grande Armée
Le Fusil d'infanterie russe Modèle 1808 (souvent associé aux années 1808-1809 pour ses variantes de cavalerie et dragons) est le fusil à silex standard de l'Armée impériale russe pendant les guerres napoléoniennes, notamment lors de la campagne de Russie de 1812.
Produit massivement par la célèbre manufacture de l'Arsenal de Tula, ce modèle marque une tentative majeure de modernisation et de standardisation de l'armement russe
Bien que l'essentiel de la production vienne de l'
Arsenal de Tula, la manufacture d'Izhevsk fut également mise à contribution dès 1810 pour soutenir l'effort de guerre. Bon nombre de ces fusils ont par la suite été convertis à la percussion (système à capsule) à partir de 1844 et ont même repris du service pendant la guerre de Crimée.


 
Au premier plan de cette salle, un mannequin en habit vert sombre, coiffé d’un shako noir à cordons blancs, porte l’arme au pied. Il représente un fantassin de ligne de l’armée impériale russe à l’époque des guerres contre Napoléon. Il tient une réplique du fusil d’infanterie modèle 1808, souvent appelé « modèle 1809 » parce que sa fabrication en série débuta cette année-là. C’est l’arme avec laquelle l’infanterie russe combattit à Borodino en 1812, puis jusqu’à Paris en 1814.
Le fantassin russe en tenue de campagne, fusil modèle 1808 au pied, baïonnette au canon.

 
 
 
Un fusil né du besoin d’unifier l’armement
Au début du XIX siècle, l’armée russe souffrait d’un armement très disparate. Les régiments utilisaient à la fois des fusils russes anciens et récents, des armes prussiennes prises au XVIII? siècle, des fusils suédois capturés en 1809, ainsi que des achats massifs à l’Angleterre et à l’Autriche. Certains régiments alignaient des fusils de 17, voire 28 calibres différents, ce qui compliquait terriblement le ravitaillement en munitions.
Pour y remédier, la Russie adopta en 1808 un nouveau fusil d’infanterie au calibre unifié de 7 lignes (0,7 pouce, soit 17,78 mm). Il s’inspirait étroitement du fusil français modèle 1777, le célèbre « Charleville », qui servait de référence à la plupart des armées européennes.
La quasi-totalité de ces fusils sortit de la manufacture d’armes de Toula, d’où le surnom de « fusil de Toula ». Les manufactures de Sestroretsk, près de Saint-Pétersbourg, et d’Ijevsk, ouverte en 1807, participèrent aussi à l’effort. La production resta pourtant insuffisante, et l’uniformisation complète de l’armement ne fut atteinte que bien après 1812.
La "Famille" des Modèles 1808 et 1809
À la suite du modèle d'infanterie de 1808, la Russie décline l'arme en 1809 pour les autres corps d'armée afin d'alléger l'équipement des troupes montées :
 
Modèle
Destination
Particularités
M1808 Infanterie
Fantassins (Ligne et Grenadiers)
Version longue standard, équipée d'une baïonnette à douille.
M1809 Dragon
Dragons (Cavalerie pouvant combattre à pied)
Plus court et plus léger, avec des garnitures adaptées.
M1809 Hussard
Cavalerie légère
Canon encore raccourci, charge de poudre réduite.
Pistolet M1809
Cavalerie (Cuirassiers, Cosaques, Hussards)
Le célèbre pistolet de cavalerie assorti à la gamme, arborant souvent le monogramme du Tsar Alexandre Ier (« A I »).

 
Fiche technique
Caractéristique
Fusil d’infanterie russe modèle 1808
Pays
Empire russe
Adoption
1808 (fabrication en série à partir de 1809)
Modèle d’inspiration
Fusil français modèle 1777 (Charleville)
Mise à feu
Platine à silex
Calibre
7 lignes, soit 17,78 mm
Canon
Lisse, chargement par la bouche
Garnitures
Laiton (capucines, pontet)
Longueur
Environ 1,45 m sans baïonnette
Masse
Environ 4,5 kg
Cadence de tir
2 à 3 coups par minute pour un soldat entraîné
Principale manufacture
Toula

 
Le fonctionnement d’un fusil à silex
Le mécanisme visible sur le côté droit de l’arme est une platine à silex. Le soldat déchirait avec les dents une cartouche en papier contenant la poudre et la balle de plomb. Il versait un peu de poudre dans le bassinet, refermait la batterie, puis versait le reste dans le canon avant d’y enfoncer la balle avec la baguette.
En pressant la détente, le chien, qui serre un éclat de silex, s’abattait sur la batterie en acier. L’étincelle enflammait la poudre du bassinet, et le feu passait par la lumière jusqu’à la charge principale. Ce système restait sensible à la pluie et aux ratés, et un bon soldat ne tirait que deux à trois coups par minute.
Avec un canon lisse et une balle sphérique, la précision était faible au-delà de 100 à 150 mètres. Le fusil s’utilisait donc surtout en feux de salve, tirés par des rangs serrés, avant de conclure à la baïonnette.
La platine à silex et les garnitures en laiton ; on distingue aussi la capote roulée en bandoulière et les guêtres de toile.

 
 
La baïonnette à douille
Le fusil porte une baïonnette à douille : une lame triangulaire reliée par un coude à un manchon qui s’enfile sur le canon. Ce système permettait de tirer avec la baïonnette montée, contrairement aux anciennes baïonnettes « à bouchon » qui obstruaient le canon.
Sa lame mesurait environ 45 cm, pour une longueur totale d’environ 52 cm. Elle était fixée par une bague de verrouillage tournante, inspirée du modèle français. Fait remarquable, l’infanterie russe n’avait pas de fourreau : la baïonnette restait en permanence au bout du fusil, en marche comme au combat.

 
Cette pratique reflète l’héritage du maréchal Souvorov, dont la maxime résumait la doctrine russe : la balle est folle, la baïonnette est un brave. L’assaut à la baïonnette restait l’un des points forts de l’infanterie russe, réputée pour sa ténacité au corps-à-corps.
La baïonnette à douille montée : lame triangulaire, coude et manchon verrouillé autour du canon.

 
 
 
L’uniforme et l’équipement du fantassin
Le soldat porte un habit vert sombre, couleur traditionnelle de l’infanterie russe depuis Pierre le Grand. Le col et les parements sont passepoilés de rouge, et chaque parement porte un rabat à trois boutons de laiton. L’épaulette de couleur sur l’épaule gauche servait à distinguer les régiments au sein d’une même division.
Sur la tête, le shako (en russe kiver) de cuir noir verni porte des cordons blancs et un pompon. Ce type de coiffure remplaça progressivement, à partir de 1807-1812, les anciens chapeaux et bonnets.
Le soldat porte en bandoulière sa capote grise roulée, une tenue typique de l’infanterie russe en campagne : elle protégeait du froid la nuit et servait de couverture. Les pantalons de toile blanche à guêtres boutonnées correspondent à la tenue d’été. Dans le dos, le havresac de cuir noir contenait les effets personnels, tandis que la giberne portée sur la hanche renfermait les cartouches.
Vue de trois quarts : shako à cordons, havresac de cuir, giberne et épaulette jaune. En arrière-plan, un soldat et un camion de l’époque de la Première Guerre mondiale.

 
 
 
Le fusil dans la campagne de 1812
Lors de l’invasion de la Russie par Napoléon en juin 1812, ce fusil équipait une partie croissante de l’infanterie de ligne russe, aux côtés de nombreux modèles plus anciens ou étrangers. À Smolensk puis à Borodino, le 7 septembre 1812, les deux infanteries s’affrontèrent avec des armes très proches, puisque le fusil russe dérivait du modèle français.
L’armée russe combina feux de salve en colonne, tirailleurs en avant des lignes et charges à la baïonnette, dans la tradition de Souvorov. Le modèle 1808 accompagna ensuite les troupes russes à travers l’Allemagne et la France, jusqu’à l’entrée des Alliés à Paris en mars 1814.
Une réplique pour comprendre
L’arme présentée ici est une réplique, comme l’indiquent son état de conservation et l’éclat de ses métaux. Ce type de reconstitution permet aux musées de montrer un équipement complet, monté sur un mannequin, sans exposer des pièces originales fragiles. Elle restitue fidèlement la silhouette de l’arme : canon long, garnitures en laiton, platine à silex et baïonnette à douille fixée en permanence.
Placé à côté d’un soldat du début du XX? siècle, ce fantassin de 1812 montre le chemin parcouru en à peine un siècle : du fusil à silex à canon lisse au fusil à répétition, de l’habit coloré à la tenue de campagne kaki.
. [1, 2]
 

 
???? Caractéristiques techniques (Modèle d'Infanterie 1808)
  • Type : Fusil d'infanterie à âme lisse, chargement par la bouche.
  • Système de mise à feu : Platine à silex (fortement copiée sur le modèle français An IX / 1777 modifié).
  • Calibre : 17,7 mm (0,70 pouce).
  • Dimensions : Longueur totale de 143,5 cm pour un canon de 104,8 cm.
  • Poids : Environ 4,4 kg.
  • Marquages : On retrouve généralement l'inscription en cyrillique « ???? » (Tula) ainsi que l'année de fabrication sur la platine, accompagnée de l'Aigle Impériale russe sur la queue de culasse. [1, 2]
 

 
?? La "Famille" des Modèles 1808 et 1809
À la suite du modèle d'infanterie de 1808, la Russie décline l'arme en 1809 pour les autres corps d'armée afin d'alléger l'équipement des troupes montées : [1, 2]
 
Modèle Destination Particularités
M1808 Infanterie Fantassins (Ligne et Grenadiers) Version longue standard, équipée d'une baïonnette à douille.
M1809 Dragon Dragons (Cavalerie pouvant combattre à pied) Plus court et plus léger, avec des garnitures adaptées.
M1809 Hussard Cavalerie légère Canon encore raccourci, charge de poudre réduite.
Pistolet M1809 Cavalerie (Cuirassiers, Cosaques, Hussards) Le célèbre pistolet de cavalerie assorti à la gamme, arborant souvent le monogramme du Tsar Alexandre Ier (« A I »).
 
???? Contexte historique
Avant 1808, l'armée russe souffrait d'une grande diversité de calibres et de modèles (comme les modèles 1798 ou 1805), ce qui posait d'immenses problèmes logistiques d'approvisionnement en munitions. Face à la menace de la Grande Armée de Napoléon, le Tsar Alexandre Ier ordonna la production de cette nouvelle arme. [1, 2]
Bien que l'essentiel de la production vienne de l'Arsenal de Tula, la manufacture d'Izhevsk fut également mise à contribution dès 1810 pour soutenir l'effort de guerre. Bon nombre de ces fusils ont par la suite été convertis à la percussion (système à capsule) à partir de 1844 et ont même repris du service pendant la guerre de Crimée
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