3 Limes Germanicus Superior Hessen Wp 3-15 Taunusstein Zugmantel. Orien









Limes Germanicus Superior Hessen Limeswachturms Wp 3-15 Taunusstein Zugmantel.  Orien
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Merci à Carole Raddato pour les photographies

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Voir Article en Anglais de Carole Raddato

Article écrit avec aide IA sur mes indications


 

 

 

 

 

Le limes de Germanie supérieure et de Rhétie

En allemand, on l’appelle Obergermanisch-Raetischer Limes : c’est la frontière fortifiée que Rome a tenue entre le Rhin et le Danube. Elle mesure environ 550 km, de Rheinbrohl sur le Rhin (en amont de Coblence) jusqu’à Eining sur le Danube (près de Kelheim, en Bavière). C’est le plus long monument archéologique d’Europe. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2005, au sein des « Frontières de l’Empire romain ».

Deux provinces, deux limes

La frontière suivait le découpage administratif. La jonction entre les deux tronçons se trouve dans le Rotenbachtal, près de Schwäbisch Gmünd (Bade-Wurtemberg).

Limes Germanicus Superior (environ 380 km)
Il dépendait de la province de Germanie supérieure (capitale : Mogontiacum, l’actuelle Mayence). Depuis Rheinbrohl, il traverse le Westerwald et le Taunus. Il dessine ensuite le saillant de la Wetterau, puis s’appuie sur le Main, qui sert de frontière fluviale. Il franchit enfin l’Odenwald et rejoint le Wurtemberg. Sa partie la plus spectaculaire est une ligne rigoureusement droite d’environ 80 km entre Walldürn et Welzheim.
L’obstacle se composait d’une palissade de bois, doublée plus tard d’un fossé et d’un talus.

  • Sites emblématiques : la tour reconstituée de Rheinbrohl, le fort du Zugmantel (Taunus) et la Saalburg, fort entièrement reconstruit au début du XXe siècle.

Limes Raeticus (environ 165 km)
Il dépendait de la province de Rhétie (capitale : Augusta Vindelicum, l’actuelle Augsbourg). Il file vers l’est à travers le Jura souabe et la Franconie jusqu’au Danube.
Sa particularité : la palissade y a été remplacée par un véritable mur de pierre, épais d’environ 1 m et haut de 2 à 3 m. Les habitants l’ont surnommé plus tard la Teufelsmauer, le « mur du diable ».

  • Sites emblématiques : Aalen, le plus grand fort de cavalerie au nord des Alpes, qui abritait une aile de mille cavaliers (ala milliaria). On peut citer aussi Weißenburg, Ruffenhofen et Eining (Abusina), au point d’arrivée sur le Danube.

Chronologie

  • Vers 83 apr. J.-C. : Domitien, en guerre contre les Chattes, pose les premiers jalons dans le Taunus et la Wetterau.
  • Sous Hadrien (vers 120) : une palissade continue matérialise la frontière.
  • Vers 150-160, sous Antonin le Pieux : la ligne est avancée vers l’est. C’est le « limes antérieur », avec son grand tracé rectiligne.
  • Fin IIe-début IIIe siècle : construction du fossé et du talus en Germanie supérieure et du mur de pierre en Rhétie.
  • Vers 259-260 : c’est la Limesfall. Sous la pression des Alamans et dans la crise du IIIe siècle, Rome abandonne la ligne et se replie sur le Rhin et le Danube.

Fonctionnement

Le limes n’était pas un rempart conçu pour arrêter une armée. C’était une frontière contrôlée : il servait à surveiller les passages, à canaliser le commerce et à percevoir les droits de douane. On y compte environ 900 tours de guet et plus d’une centaine de forts et de fortins. Les tours restaient en contact visuel les unes avec les autres et pouvaient donner l’alerte aux garnisons des forts situés en retrait.

La tour de guet du Zugmantel  Sur le Limes Germanicus Superior , le poste 3/15 gardait la route de Mayence  Dans les forêts du Taunus, au nord de Wiesbaden, une tour de pierre coiffée d’ardoise se dresse au bord d’une levée de terre et d’une ligne de pieux. Reconstruite au début des années 1970 à quelques mètres des vestiges d’un poste de garde romain, elle rend lisible, d’un seul coup d’œil, ce que fut la frontière de l’Empire face à la Germanie libre.
 
La tour reconstruite du poste 3/15, avec sa galerie de bois en encorbellement. À droite, à l’arrière-plan, la palissade restituée.

 
 
 
Un verrou sur une route plus ancienne que Rome
Le site se trouve à environ un kilomètre au nord-est d’Orlen, un village de la commune de Taunusstein, en Hesse, vers 455 mètres d’altitude. C’est là que le limes est franchi par la Hühnerstraße, l’actuelle route fédérale B 417. Cet itinéraire, déjà fréquenté avant l’arrivée des Romains, reliait la capitale de la province de Germanie supérieure, Mogontiacum (Mayence), au bassin de Limbourg et à la vallée de la Lahn, en passant par Aquae Mattiacorum (Wiesbaden).
Postés directement sur la ligne frontière, les soldats de la tour contrôlaient ce passage. Les archéologues désignent le poste par le sigle « Wp 3/15 » : Wachtposten, poste de garde, numéro 15 du tronçon 3 du limes. À 350 mètres environ en arrière se tenaient le fort du Zugmantel et sa garnison.
1966 : la route met la tour au jour
Le poste a été découvert en 1966, lors de la rectification du tracé de la B 417, puis fouillé. Les archéologues ont dégagé les restes, conservés sur 0,65 mètre de hauteur, d’une tour de pierre carrée de 6,3 mètres de côté, bâtie en schiste vert. Elle était entourée d’un petit fossé à profil en V, large de 0,8 mètre et profond de 0,4 mètre. À l’arrière, une fosse à déchets contenait des fragments de céramique.
La tour a manifestement péri dans un incendie. L’intérieur portait de fortes traces de feu, le sol était presque entièrement formé d’argile brûlée et de charbon de bois, et les pierres des murs, rougies par la chaleur, étaient devenues friables. Le fossé lui-même était comblé de charbon. Cette destruction remonte sans doute aux environs de 260, à l’époque où Rome abandonne cette frontière.
À gauche, la façade avec sa porte de plain-pied et la plaque du parc naturel Rhin-Taunus.  À droite, la galerie de ronde portée par des aisseliers de bois, sous un toit à quatre pans.

 
 
Trois niveaux pour une poignée d’hommes
Le panneau installé au pied de la tour résume ce que l’on sait de ces édifices. Les tours de pierre du limes comptaient un niveau bas, qui servait de réserve, surmonté de deux étages : le logement des soldats, puis la salle de guet, entourée d’une galerie. On entrait par le premier étage, à l’aide d’une échelle. Des fragments d’encadrements de portes et de fenêtres montrent que l’on soignait l’architecture, et des restes d’enduit prouvent que les murs étaient crépis de clair, avec de faux joints peints en rouge.
Chaque tour abritait un petit détachement, jusqu’à huit hommes. Placées à portée de vue les unes des autres, elles permettaient de surveiller la ligne et de donner l’alerte par des signaux de fumée. Le limes n’était pas une muraille infranchissable : il marquait la limite de l’Empire, canalisait la circulation des personnes et des marchandises vers des points de passage contrôlés, comme celui-ci, et protégeait les campagnes de l’arrière.
Une reconstruction des années 1970
La tour actuelle a été élevée en 1971-1972 par le parc naturel Rhin-Taunus, grâce à des dons privés. Elle ne se trouve pas exactement sur les fondations antiques, mais quelques mètres plus à l’est. Le panneau le dit sans détour : elle ne correspond plus tout à fait à l’état actuel de la recherche. On le vérifie sur place en la comparant au dessin de restitution : la maçonnerie est laissée nue, là où l’original était enduit, et la porte s’ouvre au niveau du sol, là où l’on montait par une échelle.
À côté de la tour, une cinquantaine de mètres de frontière ont été restitués dans leur dernier état : la palissade de troncs appointés, le fossé et la levée de terre. Le tout donne l’échelle réelle de l’ouvrage.
La frontière restituée : à droite la palissade, au centre le fossé, à gauche la levée de terre, dominée par la tour.

 

 

Le limes, 550 kilomètres de frontière

 

Le limes de Germanie supérieure et de Rhétie courait sur près de 550 kilomètres, de Rheinbrohl, sur le Rhin, à Hienheim, sur le Danube. Il alignait environ 900 tours de guet et 120 forts, petits et grands. Son aspect a changé au fil du temps : vers 100, de simples tours de bois le long d’un chemin de ronde ; une trentaine d’années plus tard, une palissade continue ; dans la seconde moitié du II? siècle, des tours de pierre remplaçant les tours de bois vieillissantes ; enfin, à la fin du siècle, un fossé et une levée de terre. Il est inscrit depuis juillet 2005 au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le fort voisin et son village
Le fort du Zugmantel a été fondé vers 90 de notre ère. C’est d’abord un petit ouvrage de terre et de bois de 0,7 hectare, tenu par le Numerus Treverorum, une unité d’environ 160 hommes recrutée chez les Trévires. Agrandi vers 120, reconstruit en pierre vers le milieu du II? siècle, il atteint en 223 sa plus grande étendue : 124,5 mètres sur 171, soit 2,1 hectares, pour la Cohors I Treverorum equitata, une cohorte en partie montée d’environ 500 hommes. Il est occupé jusque vers 260.
Autour du fort s’est développé un village civil, avec ses sanctuaires, sa nécropole, des thermes près de la source de l’Aar et deux amphithéâtres de bois, dont il reste de légères dépressions dans le terrain. Les grandes fouilles datent des environs de 1900 ; les principales découvertes sont conservées au musée de Wiesbaden et au musée de la Saalburg. Aujourd’hui, le fort ne se devine plus que par le bourrelet de son enceinte, sous la forêt.
Le panneau d’information « Poste de garde 3/15, original et reconstruction », rédigé en allemand, anglais, français et espagnol, avec le dessin de restitution d’une tour de pierre.

 
 
 
Repères chronologiques
Vers 90 apr. J.-C.
Premier fort du Zugmantel, en terre et bois, pour le Numerus Treverorum.
Vers 100
Sur le limes, premières tours de guet en bois.
2? moitié du II? s.
Les tours de bois cèdent la place à des tours de pierre ; à la fin du siècle, la palissade est doublée d’un fossé et d’une levée de terre.
223
Dernier agrandissement du fort : 2,1 hectares pour la Cohors I Treverorum equitata.
Vers 260
Le fort est abandonné ; la tour 3/15 est détruite par le feu, sans doute à la même époque.
1966
Les vestiges de la tour sont découverts et fouillés lors des travaux de la B 417.
1971 – 1972
Reconstruction de la tour par le parc naturel Rhin-Taunus.
Juillet 2005
Le limes de Germanie supérieure et de Rhétie est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

 

   


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