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La poterne des Quatre-Mares ou poterne Garnier-des-Prés Percée dans l' enceinte de la fin du IIIe siècle cette poterne est du XIIIe siècle
Les murailles romaines de Sens L’enceinte d’Agedincum, de la fin du IIIe siècle aux boulevards du XIXe Le centre de Sens a la forme d’une amande, et cette forme a dix-sept siècles. Elle est celle de la muraille que la ville s’est donnée à la fin du IIIe siècle, l’une des plus vastes de la Gaule, bâtie sur les débris de ses propres monuments. Le mur a protégé Julien en 356, servi de rempart à la cité des archevêques pendant tout le Moyen Âge, puis disparu presque entièrement au XIXe siècle. En le démolissant, les Sénonais ont retrouvé dans ses fondations la ville romaine Présentation
Sur le boulevard du 14-Juillet, une étroite porte voûtée perce le rempart de Sens et ouvre sur un passage en escalier qui monte vers la vieille ville. C’est la poterne Garnier-des-Prés, appelée aussi poterne des Quatre-Mares. Avec le pan de muraille qui l’encadre et la maison adossée à l’intérieur, elle forme le plus ancien ensemble monumental de la ville : une enceinte romaine, une porte médiévale et un hôtel urbain réunis en un seul lieu.
Une poterne est une petite porte de rempart, réservée aux piétons, à la différence des grandes portes charretières. Plus facile à défendre et à condamner, elle servait aux allées et venues quotidiennes ou aux sorties discrètes.
À la fin du IIIe siècle, après les invasions germaniques qui ont franchi le Rhin, les villes de Gaule s’entourent de murailles. Sens, l’antique Agedincum, élève alors une enceinte en ovale d’environ 850 m sur 400 m, longue de près de 2,9 km. C’est l’une des plus vastes de Gaule. Elle comptait une trentaine de tours, dont quatre seulement subsistent, parmi lesquelles celle de la poterne.
Votre photo montre très bien les deux maçonneries romaines superposées :
La poterne de Garnier des Prés
Au début du XIIIe siècle, vers 1208 selon plusieurs sources locales, Garnier des Prés, riche bourgeois de Sens, seigneur de Noslon et bailli du roi, fait restaurer, et peut-être reconstruire, cette poterne étroite et délabrée. Il fait aussi bâtir à côté une grande maison de pierre, dont la belle salle basse s’adosse à la face intérieure du rempart. D’autres sources datent les travaux de la poterne de 1260 ; je n’ai pas pu départager ces deux dates.
L’ouvrage visible aujourd’hui est un avant-corps rectangulaire en pierre de taille, plaqué contre la muraille. Deux puissants piliers encadrent la porte en plein cintre ; à leur sommet, des consoles portent un parapet arrondi, et un grand arc lancé entre eux ménage, contre le mur, une fente ouverte vers le bas. C’est un mâchicoulis sur arc : depuis le haut, les défenseurs pouvaient lâcher pierres et projectiles sur quiconque forçait la porte, sans se montrer. Je n’ai pas trouvé de source qui date précisément ce couronnement ; ce type de mâchicoulis sur arc se répand surtout à partir de la fin du XIIIe siècle.
Sous la voûte, plusieurs arcs en retrait se succèdent jusqu’à la porte de bois à deux vantaux. De l’autre côté, une ruelle pavée en pente, bordée de murs en moellons et en silex, rejoint la ville haute. Elle montre combien le sol intérieur de la cité s’est élevé par rapport à l’extérieur au fil des siècles.
Le nom des Quatre-Mares
En 1248, les Cordeliers (franciscains) installés près de la poterne reçoivent Saint Louis. La maison de Garnier des Prés passe ensuite à la famille Quatremares, d’où le second nom de la poterne. Une tradition locale explique autrement ce nom : une école gratuite pour les filles aurait été tenue là par quatre sœurs prénommées Marie, les « quatre Maries ». Les sources la donnent elles-mêmes pour une légende.
De la mairie à l’intercommunalité
La plaque fixée à droite de la poterne indique aujourd’hui les horaires d’accueil du Grand Sénonais, l’intercommunalité : l’ancienne maison de Garnier des Prés a retrouvé une fonction publique, comme au temps où elle abritait la mairie. Les parements clairs de l’avant-corps témoignent d’une restauration récente.
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