De Dion-Bouton 1898 vis-à-vis Talmont St Hilaire









De Dion-Bouton 1898  vis-à-vis Talmont St Hilaire
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De Dion-Bouton vis-à-vis la voiturette du marquis de Dion et de son chauffeur Zélélé
Autour de 1900cn est l'un des plus grands constructeurs d'automobiles du monde, et sa petite voiture à quatre places face à face, le vis-à-vis, se vend par milliers. Le Musée Automobile de Vendée en expose un exemplaire, mis en scène avec deux mannequins : le marquis de Dion aux commandes et son chauffeur Zélélé à ses côtés.
Le vis-à-vis De Dion-Bouton du musée, vu de profil. Les passagers de la banquette avant tournent le dos à la route et font face au conducteur, assis à l'arrière.

 
Le marquis et Zélélé
La mise en scène réunit deux personnages célèbres de l'automobile naissante. Jules-Albert de Dion, comte puis marquis à la mort de son père en 1901, ne se contente pas de construire des voitures. Il cofonde l'Automobile Club de France en 1895, lance le Salon de l'automobile de Paris en 1898, puis le journal L'Auto-Vélo en 1900, d'où naîtra le Tour de France en 1903. Conseiller général de Carquefou à partir de 1899, il est député de Nantes de 1902 à 1923, puis sénateur de la Loire-Inférieure jusqu'en 1940. Il meurt à Paris le 19 août 1946.
Son chauffeur, Michel Zélélé, était originaire d'Abyssinie, l'actuelle Éthiopie. Il a brièvement couru en 1906 et 1907, ce qui fait de lui l'un des premiers pilotes noirs engagés dans de grandes compétitions automobiles internationales. Les sources consultées pour cet article n'en disent guère plus ; un chapitre lui est consacré dans un ouvrage des Presses universitaires de Rennes.
Un marquis, un fabricant de jouets et la vapeur
Jules-Albert de Dion naît en 1856 à Nantes, dans une famille noble. En 1881, il remarque dans une vitrine une petite machine à vapeur et en recherche les auteurs : Georges Bouton et Charles Trépardoux, qui fabriquent des jouets scientifiques. Les trois hommes s'associent en 1883 et construisent des véhicules à vapeur.
En 1894, de Dion arrive premier du concours Paris-Rouen sur un véhicule à vapeur, mais le premier prix lui échappe car l'engin exige un chauffeur pour alimenter la chaudière en plus du conducteur. La même année, Trépardoux quitte la société, opposé au passage au moteur à pétrole. En 1895, Bouton met au point un monocylindre de 137 cm³ qui tourne beaucoup plus vite que les moteurs de l'époque : 3 500 tr/min aux essais, 2 000 en usage courant.
Ce petit moteur anime d'abord des tricycles, puis il est vendu à d'autres constructeurs : plus de 150 marques l'utiliseront. La société dépose aussi en 1893 le brevet du pont De Dion, un essieu arrière qui sépare la transmission de la force motrice et le guidage des roues, et qui allège ainsi les masses non suspendues.
Le vis-à-vis
La voiturette vis-à-vis est produite de 1899 à 1902, à 2 970 exemplaires selon une source. Sur un empattement de 1,55 m seulement, elle transporte quatre personnes en deux banquettes face à face. Le moteur monocylindre est logé à l'arrière, sous le siège. La boîte n'a que deux rapports, commandés par un levier sur la colonne de direction. Le pont De Dion, en option sur le premier modèle, le Type D, est monté en série sur les Types E, G et L.
La puissance augmente d'un type à l'autre : 3 CV ¾ pour le Type D, avec un moteur de 402 cm³, et 4,5 CV pour le Type G. En 1900, De Dion-Bouton produit 400 voitures et 3 200 moteurs ; en 1904, son usine de Puteaux emploie 1 300 ouvriers et sort plus de 2 000 voitures par an.
le mannequin du marquis de Dion tient la barre de direction ; celui de Zélélé porte casquette, lunettes et long manteau de chauffeur. le panneau avant ajouré et, en dessous, le radiateur à tubes à ailettes.
L'exemplaire du musée
La fiche du musée présente la voiture comme un Type G de 1898. Cette date est à prendre avec réserve : les spécialistes et les maisons de vente situent le Type G entre 1900 et 1902, et le vis-à-vis lui-même n'apparaît qu'en 1899. La fiche indique aussi une cylindrée de 1 000 cm³, nettement supérieure à celle des moteurs de 3 à 5 CV montés sur ces voiturettes.
La voiture porte un dais à franges tenu par quatre montants en laiton, avec des rideaux aux angles, et des lanternes en laiton. Les roues à rayons métalliques sont chaussées de pneumatiques. À côté d'elle, le musée expose une boîte à acétylène en laiton, le générateur de gaz qui alimentait les phares.
Fiche technique
Modèle
De Dion-Bouton Type G
Carrosserie
Vis-à-vis, avec dais à franges
Moteur
Monocylindre transversal, à l'arrière
Allumage
Par pile et rupteur
Boîte de vitesses
2 rapports
Transmission
Aux roues arrière, avec pont De Dion
Freins
Mécaniques
Vitesse
25 km/h
D'après la fiche du musée. La cylindrée et la puissance n'y sont pas reprises : la première paraît trop élevée, la seconde est peu lisible sur la photo.
 
 
 
   


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