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Tableau Générés par l IA sur mes indications
La Morgan Monotrace de 1926 ou une automobile qui ne roulait que sur deux roues
Ni tout à fait moto, ni vraiment voiture : avec son radiateur d’automobile, son volant, ses deux sièges en tandem et… ses deux seules roues motrice et directrice, la Monotrace est l’une des curiosités les plus étonnantes des Années folles. Le musée de l’Automobile de Vendée en expose un exemplaire de 1926, bleu à roues rouges.
Une « motocyclette carrossée »
Au début des années 1920, la France se passionne pour le cyclecar, cette voiturette légère et peu taxée qui met l’automobile à la portée du plus grand nombre. La Monotrace pousse la logique jusqu’au bout : elle supprime tout simplement deux roues. Son nom dit tout – une seule trace au sol –, et son principe est celui d’une motocyclette habillée d’une caisse d’automobile, dans laquelle on s’assoit au lieu de l’enfourcher.
Le pilote prend place à l’avant, le passager derrière lui. On y trouve un plancher, une porte, un pare-brise, un tableau de bord et un volant qui commande directement la fourche avant. Le moteur, lui, est relégué à l’arrière, sous le siège du passager, tandis que le radiateur trône à l’avant comme sur une vraie voiture.
D’Oberndorf à Saint-Étienne
L’idée vient d’Allemagne. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le fabricant d’armes Mauser, à Oberndorf-sur-le-Neckar, doit se reconvertir et se tourne vers les véhicules. L’« Einspurauto » (littéralement « auto à voie unique »), dont la conception est attribuée à Gustav Winkler, est présentée au Salon de Berlin en 1921 et entre en production en 1923.
En France, le véhicule est construit sous licence à partir de 1924 par les Ateliers du Rond-Point, à Saint-Étienne – un atelier plus qu’une usine, de l’aveu des cyclecaristes de l’époque. En 1926, l’année de l’exemplaire vendéen, la fabrication passe aux Établissements Monotrace S.A., à Courbevoie, sous la direction de l’ingénieur Joseph-Auguste Roten. Au Salon de Paris d’octobre 1925, la Monotrace est proposée à 8 900 francs. Une version de livraison s’ajoute au catalogue en 1926, une monoplace de sport en 1929, et la production cesse en 1930. Les estimations publiées tournent autour de trois cents exemplaires seulement ; les survivantes sont très rares.
Et « Morgan » ? La marque a été commercialisée sous le nom Morgan-Monotrace, mais elle n’a aucun lien avec le célèbre constructeur anglais de tricycles de Malvern. L’origine exacte de ce nom reste mal établie, les sources se contredisant sur ce point.
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Le secret : deux roulettes escamotables
Comment tenir debout à l’arrêt dans un véhicule fermé d’où l’on ne peut pas poser le pied à terre ? La réponse se voit sous la caisse : deux roulettes latérales, une de chaque côté. Au repos, l’engin repose dessus. Dès que la vitesse est suffisante, le pilote les relève au moyen d’un levier et la Monotrace file alors en équilibre, comme une moto. Le cartel du musée précise que ces roulettes sont orientables et articulées, ce qui permet de les laisser au sol à basse vitesse et pendant les manœuvres.
La conduite demandait donc un vrai coup de main : il fallait pencher en virage comme à moto, tout en tournant un volant, et ne surtout pas oublier de redescendre les roulettes avant de s’arrêter.
Vingt-quatre heures au Bol d’Or
Malgré son allure fragile, la Monotrace a couru. Le cartel du musée rappelle qu’on en vit participer « avec succès » au Bol d’Or 1928. Le témoignage d’un ancien président du syndicat des cyclecaristes, publié en 1977, confirme qu’une Monotrace a bien terminé un Bol d’Or dans les années 1920 – une épreuve de vingt-quatre heures alors disputée par un seul pilote.
L’exemplaire de Talmont-Saint-Hilaire
La Monotrace du musée, datée de 1926, est présentée calée sur des béquilles, dans une livrée bleue rehaussée de roues à rayons rouges. On reconnaît sa calandre nickelée coiffée du bouchon de radiateur, son gros phare unique monté dans l’axe, son pare-brise aux vitres jaunies par le temps et ses deux sièges en tandem. À l’arrière, sous la caisse, la petite roue stabilisatrice et son garde-boue noir rappellent le principe qui fait toute l’originalité de la machine.
Fiche technique
Les indications du cartel et celles des autres sources ne concordent pas toujours ; elles sont présentées côte à côte.
À noter : les « CV » des cartels sont des chevaux fiscaux, d’où l’écart avec la puissance réelle. Quant au terme « tricyclecar », il est trompeur : en marche, la Monotrace ne roule bien que sur deux roues.
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