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La Delaugère et Clayette Type V est le dernier modèle d'une marque d'Orléanse
Delaugère et Clayette est l'une de ces marques de province que l'automobile française a comptées par dizaines avant 1914. Installée à Orléans, elle a construit environ 3 000 véhicules en près de trente ans. Le torpédo Type V exposé à Talmont-Saint-Hilaire date des dernières années de la marque, juste avant sa reprise par Panhard.
Des carrossiers d'Orléans
L'entreprise naît dans la carrosserie hippomobile. Jean-Pierre Delaugère (1810-1868) et son fils Henri s'établissent en 1855 et fondent en 1864 la maison « Delaugère Père et Fils », rue d'Illiers à Orléans. Après la mort du père, Henri s'associe à son frère Émile en 1872, puis la société devient « Delaugère et Cie » en 1890 avec l'arrivée de Félix, fils aîné d'Henri. Ses voitures à cheval lui valent une solide réputation.
À la fin des années 1890, les Delaugère se lancent dans le moteur. Ils présentent un tricycle au premier Salon de l'automobile de Paris, en 1898, et obtiennent une médaille d'argent au Salon de 1900.
L'arrivée des Clayette
En 1901, Charles Victor Clayette, ingénieur installé à Meung-sur-Loire, commence à fournir des moteurs. Son fils Maurice rejoint l'affaire en 1903 et dirige la construction d'une usine moderne, faubourg Madeleine, sur un terrain de 22 000 m². En 1906, la société devient « Delaugère, Clayette Frères et Cie » avec l'entrée d'Henri Clayette, lui aussi ingénieur, et son capital passe de 450 000 à 1 500 000 francs.
La marque, dont l'emblème est une Jeanne d'Arc à cheval, expose à Madrid en 1907 et reçoit une médaille d'or à Londres en 1908, année où elle ouvre une succursale avenue Kléber à Paris. En 1912, l'usine emploie 350 ouvriers et sort deux voitures par jour. Elle construit aussi des camions, primés aux concours militaires de 1912 et 1913, et adopte en 1913 le moteur sans soupapes Mustad-Fischer, sous licence. Pendant la guerre, elle livre quinze camions par mois en 1916 et fabrique des obus.
Le Type V
Après 1918, la marque renonce à la variété de ses catalogues d'avant-guerre et cherche à standardiser. Les frères Clayette quittent l'entreprise après la mort de leur père, en 1922, et l'usine cesse la même année de fabriquer ses propres moteurs. Elle se fournit désormais chez Ballot.
Le Type V est la petite voiture qui doit relancer la production. Il reçoit un quatre-cylindres Ballot 4G5 à soupapes latérales de 1 690 cm³, qui développe 22 ch à 2 400 tr/min pour une puissance fiscale de 10 CV, avec allumage par magnéto et boîte à quatre rapports. Plus de 300 châssis sont produits entre 1923 et 1925, avec trois carrosseries standardisées : berline, torpédo et boulangère. Son prix reste toutefois trop élevé face aux Citroën et aux Renault de la même époque.
L'exemplaire du musée
La fiche du musée présente la voiture comme un Type V de 1926, en torpédo quatre places. Elle indique une cylindrée de 2 150 cm³, différente de celle du moteur Ballot donnée plus haut ; la puissance fiscale de 10 CV concorde. La caisse est bleue, les ailes sont noires et les roues sont à voile plein. La conduite est à droite.
La fin de la marque
En 1925, en grande difficulté, Félix Delaugère cède le contrôle à Panhard et Levassor. La production des Delaugère et Clayette s'arrête en 1926 et l'usine devient un sous-traitant de Panhard. Félix vend ses parts en 1928 et meurt en 1934 ; le nom de la marque est alors retiré de l'usine.
Les ateliers d'Orléans assemblent ensuite des Panhard, dont la Dynamic de 1936, puis les Dyna Z et PL17. Passés sous le contrôle de Citroën, ils sont abandonnés et démolis en 1973. Vingt-six Delaugère et Clayette subsistent aujourd'hui, et un club entretient la mémoire de la marque.
Fiche technique
Modèle : Delaugère et Clayette Type V
Année : 1926
Carrosserie : Torpédo 4 places
Moteur : 4 cylindres en ligne
Cylindrée : 2 150 cm³
Puissance fiscale : 10 CV
Boîte de vitesses : 4 rapports et marche arrière
Transmission : Aux roues arrière
Freins : Mécaniques
Vitesse : 70 km/h
D'après la fiche du musée. La cylindrée indiquée, 2 150 cm³, diffère de celle du moteur Ballot 4G5 cité par une autre source (1 690 cm³).
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