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La Ford Vedette 1951 est une voiure avec V8 à l’américaine, fabriqué à Poissy
Des rondeurs venues tout droit de Detroit, une calandre à dents chromées et, sous le capot, un huit-cylindres en V : dans la France de l’après-guerre, la Ford Vedette ne ressemblait à aucune autre. L’exemplaire gris exposé à Talmont-Saint-Hilaire, daté de 1951, montre la voiture dans sa première forme, celle du « dos rond ».
Un projet né à Detroit
L’histoire de la Vedette commence aux États-Unis. Au début des années 1940, Edsel Ford et le styliste Bob Gregorie étudient une Ford « légère », plus compacte que les modèles habituels de la marque. Après la guerre, la maison mère renonce à la produire en Amérique et confie le projet à sa filiale française, Ford SAF. Dessinée à Detroit, proche d’allure des Mercury contemporaines, la voiture est dévoilée au Salon de Paris d’octobre 1948 et fait sensation.
Elle sort de l’usine de Poissy, dans les Yvelines. Les débuts sont pourtant difficiles : l’usine n’a pas retrouvé tous ses moyens après la guerre et dépend de sous-traitants pour des éléments essentiels, ce qui pèse sur la qualité des premières séries et sur les ventes.
La seule française à moteur V8
Son principal argument se trouve sous le capot : un V8 de 2 158 cm³ à soupapes latérales, hérité des Matford d’avant-guerre. Aucune autre voiture française de l’époque n’offre un huit-cylindres en V. Le moteur est avant tout souple et silencieux ; avec une soixantaine de chevaux pour près de 1 200 kg, la Vedette privilégie le confort à la performance, et le musée la crédite de 110 km/h.
Le châssis est plus novateur qu’il n’y paraît : les roues avant indépendantes reposent sur des jambes de suspension conçues par l’ingénieur Earle MacPherson, un principe que l’on retrouve aujourd’hui sur la plupart des automobiles. Le freinage est hydraulique et la boîte compte trois rapports.
Le « dos rond » et ses portes antagonistes
La première Vedette se reconnaît à sa silhouette en deux volumes : le toit plonge sans rupture vers le pare-chocs arrière, ce qui lui vaut le surnom de « dos rond ». Les portes arrière s’ouvrent à contresens, dites antagonistes, pour faciliter l’accès à la banquette. Face à la Citroën Traction, dont la ligne remonte à 1934, la Ford paraît venir d’un autre continent, ce qui est exactement le cas.
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Fiche technique
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