Schwerer Panzerpähwagen Sd.Kfz.231 (8-Rad) Moscou









 

Schwerer Panzerpähwagen Sd.Kfz.231 (8-Rad) Moscou
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Tableaux générés par IA sur mes indications
Merci Hubert pour ton indication sur le 232 

 

Historique Voir ICI
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 Historique de la production de l'engin d'origine
Genèse : le besoin d'une automitrailleuse lourde tout-terrain 
Interdite par le traité de Versailles de développer des véhicules blindés, l'Allemagne contourne la limitation dans les années 1920 avec quelques automitrailleuses de police, puis relance ouvertement le programme après 1930.
Le Waffenprüfamt 6 (Wa Prüf 6), bureau technique automobile de la Heereswaffenamt, explore alors deux voies

Waffenprüfamt 6 (Wa Prüf 6) — « Département automobile et motorisation »

  • C'est l'un des 12 départements techniques de l'Amtsgruppe für Entwicklung und Prüfung (« Groupe pour le développement et l'expérimentation », abrégé Wa Prüf), lui-même une branche du Heereswaffenamt (HWA, l'Office des armements de l'armée de terre allemande, fondé en 1919 sous le nom de Reichswaffenamt).
  • Chaque numéro correspondait à une spécialité technique : Wa Prüf 1 (balistique/munitions), 2 (infanterie), 4 (artillerie), 6 (motorisation), 7 (transmissions), 10 (DCA), etc.
  • Wa Prüf 6 est donc le bureau chargé de définir les cahiers des charges, de superviser le développement et de valider les prototypes de tous les véhicules à moteur de l'armée : voitures, camions, tracteurs d'artillerie, semi-chenillés (Sd.Kfz.6 à 11) et automitrailleuses — dont le programme du Sd.Kfz.231 (8-Rad).
  • Il était dirigé pendant les années 1930-40 par l'ingénieur en chef Ernst Kniepkamp, figure centrale de la motorisation de la Wehrmacht (également impliqué dans le développement des trains de roulement à roues entrelacées des semi-chenillés et de certains chars).
  • Concrètement, c'est ce service qui a rédigé en 1935 les spécifications techniques imposées à Büssing-NAG pour le futur Sd.Kfz.231 (8-Rad) : quatre essieux tous moteurs/tous directeurs, postes de conduite avant et arrière, empattements précis, vitesse maximale de 90 km/h — avant de suivre les essais du châssis « Typ GS » à partir d'octobre 1935.

des automitrailleuses légères 4x4 (aboutissant aux Kfz.13/14 puis aux Sd.Kfz.221/222)
des automitrailleuses lourdes tout-terrain.
Une première tentative très ambitieuse (châssis 8x8, voire 10x10, amphibies : Mannschaftstransportwagen I, Zehnradwagen) est abandonnée dès 1929 pour cause de coût et de complexité  plus du double du prix d'un futur Sd.Kfz.231 (8-Rad).
La solution transitoire adoptée est le Sd.Kfz.231 (6-Rad) : une caisse blindée montée sur un châssis de camion civil 6x4 (Daimler-Benz G3, Büssing-NAG G31p ou Magirus M206).

Sd.Kfz.231 (6-Rad) — la version « 6 roues » (1932-1937)

  • Première automitrailleuse lourde allemande de l'entre-deux-guerres, appelée à l'origine Gepanzerter Kraftwagen 67 (Gp.Kfw.67).
  • Simple caisse blindée montée sur un châssis de camion civil 6x4 (Daimler-Benz G3, Büssing-NAG G31p ou Magirus M206).
  • 151 exemplaires construits jusqu'au milieu des années 1930.
  • Capacités tout-terrain médiocres → jugée inadaptée à la doctrine allemande de reconnaissance, d'où le lancement du programme 8-Rad.
  • Engagée en Pologne (1939) et en France (1940), retirée du service actif en 1941.

Bon marché et simple à produire (151 exemplaires construits jusqu'au milieu des années 1930), ce véhicule souffre néanmoins de capacités tout-terrain très limitées, jugées incompatibles avec la doctrine allemande de reconnaissance, qui exige une autonomie totale vis-à-vis des routes.
Développement et prototype (1935-1937)
En 1935, la Heereswaffenamt commande donc à Büssing-NAG un châssis entièrement nouveau, à quatre essieux tous moteurs et tous directeurs, avec un poste de conduite à l'avant et un second à l'arrière pour permettre un dégagement rapide en cas de contact avec l'ennemi.
  • Nom complet : Heereswaffenamt, littéralement « Office des armements de l'armée de terre ». Fondé le 8 novembre 1919 sous le nom de Reichswaffenamt (RWA), puis rebaptisé Heereswaffenamt le 5 mai 1922.
  • Rôle : c'est l'organisme central du Reichsheer puis de la Wehrmacht chargé de la recherche, du développement, des essais et de l'homologation de tout le matériel militaire terrestre — armes, munitions, véhicules, équipements — avant leur adoption en service et leur mise en production.
  • Structure : le HWA se divisait en plusieurs grands groupes, dont le plus connu est l'Amtsgruppe für Entwicklung und Prüfung (« Groupe développement et essais »), abrégé Wa Prüf, lui-même subdivisé en 12 départements techniques spécialisés (balistique, infanterie, artillerie, motorisation, transmissions, DCA, etc. — c'est là que se trouve le Wa Prüf 6 évoqué précédemment).
  • Heeres-Abnahmestelle (« Abnahme ») : une branche du HWA chargée de la réception et du contrôle qualité du matériel livré par l'industrie. Elle comptait environ 25 000 hommes en 1940, répartis dans les usines pour inspecter la production selon des cahiers des charges techniques appelés Technische Lieferbedingungen (TL).
  • Rôle historique notable : dans les années 1920, sous couvert d'activités « civiles » ou via des accords secrets (notamment avec l'URSS, au centre d'essais de Kazan), le HWA a permis à l'Allemagne de contourner les clauses de désarmement du traité de Versailles et de relancer discrètement le développement de blindés — c'est dans ce contexte qu'est né le programme des Panzerspähwagen, dont le Sd.Kfz.231.
  • Fin : en 1942-1944, le HWA perd progressivement de son autonomie au profit du ministère de l'Armement de Speer, dans le cadre de la rationalisation de l'effort de guerre allemand.
Büssing-NAG choisit de concevoir ce châssis  désigné en interne « Typ GS » — entièrement à neuf plutôt que d'adapter un châssis de camion existant, ce qui explique notamment la position du moteur à l'arrière (inhabituelle pour un camion, logique pour un véhicule de combat).
Le développement de la caisse blindée est confié à Deutsche Werke (Kiel). Les premiers essais du châssis, encore muni d'une fausse superstructure, débutent le 30 octobre 1935 ; le prototype complet, alors appelé Achtradwagen (« véhicule à huit roues ») puis Vs.Kfz.623 (Versuchskonstruktion, « construction expérimentale »), est présenté à Adolf Hitler lors d'une démonstration. Il se distingue des futurs véhicules de série par une tourelle encore proche de celle du 6-Rad et par un poste de conduite arrière situé sur le capot moteur, rapidement supprimé car redondant avec les portes latérales.
Le véhicule entre en service à la toute fin de 1936 ou au tout début de 1937, sous la désignation officielle schwerer Panzerspähwagen Sd.Kfz.233 (pour la version sans radio) — un premier système de numérotation vite abandonné. Le 7 septembre 1940, les véhicules sont définitivement renommés Sd.Kfz.231 (8-Rad) et Sd.Kfz.232 (8-Rad) (Fu), noms qu'ils conserveront jusqu'à la fin de la guerre.
Les cinq séries de production (1937-1943)
La production, assurée par un montage en chaîne dispersé — châssis par Büssing-NAG à Brunswick, tôles de blindage par Deutsche Edelstahlwerke, Werk Hannover puis Gebr. Böhler & Co (Kapfenberg), assemblage final chez Deutsche Werke (Kiel) et Schichau-Werke (Elbing) — s'étale sur cinq séries successives. Le Sd.Kfz.231 (8-Rad) proprement dit (sans radio) n'est fabriqué que sur les trois premières séries ; sa production cesse en juillet 1941 au profit du seul Sd.Kfz.232, plus polyvalent.
 
Série
Période
Châssis livrés
Principales évolutions
Erste Serie (1e série)
Fin 1936/1937 – avril 1939
179 châssis (dont 100 Sd.Kfz.263 ; le reste réparti entre 231 et 232)
Support antiaérien pivotant, protections des indicateurs de direction (1938), passage à la MG 34 (mars 1938)
Zweite Serie (2e série)
Mai 1939 – janvier 1941
99 châssis (46 Sd.Kfz.231 + 53 Sd.Kfz.232)
Projecteur de conduite nocturne Notek (1940) ; blindage additionnel Zusatzpanzer en "V" boulonné à l'avant (juillet 1940) — c'est le modèle reproduit par la réplique
Dritte Serie (3e série)
Février 1941 – mai 1942 (231 : arrêté juillet 1941)
169 châssis (31 Sd.Kfz.231, le reste 232/263)
Nouveau masque de canon, blindage de la grille arrière, passage au canon KwK 38
Vierte / Fünfte Serie
1942 – octobre 1943
Uniquement Sd.Kfz.232, 233 et 263 (947 châssis "GS" au total, toutes séries confondues)
Plus de Sd.Kfz.231 produit ; ces séries donnent aussi le Sd.Kfz.233 armé d'un canon court de 7,5 cm
 
Au total, la production du seul Sd.Kfz.231 (8-Rad), sans radio, est estimée à 110-115 exemplaires  un chiffre modeste comparé aux 947 châssis "GS" produits toutes versions confondues (231, 232, 233, 263), ce qui en fait la variante la plus rare de la famille.
Fin de production et devenir du modèle

 
La production du Sd.Kfz.231 (8-Rad) s'arrête en juillet 1941, remplacée sur les chaînes par le seul Sd.Kfz.232, jugé plus utile grâce à sa liaison radio. La production de la famille "8-Rad" dans son ensemble (231/232/233/263) se poursuit jusqu'en septembre-octobre 1943, date à laquelle Büssing-NAG lui substitue la nouvelle génération Sd.Kfz.234, à moteur Diesel Tatra et ailes monobloc, qui reprend l'architecture générale sans lien de conception direct (le premier prototype du Sd.Kfz.234 fut néanmoins testé avec une tourelle récupérée sur un Sd.Kfz.231).
Les exemplaires survivants du Sd.Kfz.231 (8-Rad) restent cependant en service jusqu'aux tout derniers jours du conflit : au moins un véhicule est ainsi engagé et perdu dans la banlieue de Berlin en mai 1945.
Aujourd'hui, un seul châssis original (un Sd.Kfz.263) a survécu au monde
  • le Sd.Kfz.263 (8-Rad) est la version poste de commandement/radio lourde (Panzerfunkwagen) de la famille — pas un véhicule de combat comme le 231/232, mais un véhicule de liaison pour l'état-major du bataillon de reconnaissance.
  • Différences principales par rapport au 231/232 :
    • tourelle et canon supprimés — remplacés par une superstructure fixe surélevée pour loger davantage d'équipement radio ;
    • armement réduit à une seule mitrailleuse (MG 13 puis MG 34) montée sur rotule à l'avant ;
    • antenne-cadre identique à celle du 232, complétée par un mât télescopique (Kurbelmast P) pouvant monter jusqu'à 9 m pour une portée radio bien supérieure ;
    • blindage allégé (8 mm sur les nouvelles parois) pour compenser le poids de l'électronique — 8,1 t au total, donc plus léger qu'un 231/232.
  • Pourquoi c'est le seul survivant au monde : contrairement au 231/232 (véhicules de combat en première ligne, donc très exposés et généralement détruits ou ferraillés), le Sd.Kfz.263 était un véhicule d'état-major, plus en retrait, ce qui explique sa meilleure chance de survie jusqu'à la capture.
  • Son parcours : capturé par les Britanniques à la fin de la guerre, transféré ensuite aux États-Unis, puis rapatrié en Allemagne où il rejoint la collection de la Wehrtechnische Studiensammlung (WTS) de Coblence — un centre d'étude technique de la Bundeswehr, pas un musée public classique. Il y est aujourd'hui exposé sans moteur, en configuration statique.
  • Pourquoi ce détail compte pour la réplique : c'est bien ce châssis Sd.Kfz.263 (et non un vrai 231) qui a servi de base d'étude et de référence dimensionnelle pour les constructeurs de répliques modernes — faute d'aucun 231 ou 232 « pur » ayant survécu, c'est le seul exemplaire physique existant permettant de relever des cotes réelles.
 
; capturé par les Britanniques puis transféré aux États-Unis avant de rejoindre la collection de la Wehrtechnische Studiensammlung de Coblence, en Allemagne, où il est aujourd'hui exposé sans moteur. C'est précisément l'absence de tout exemplaire roulant qui a motivé la construction de répliques comme celle présentée dans cette fiche.
Le véhicule d'origine : caractéristiques techniques
Le Sd.Kfz.231 (8-Rad) est l'automitrailleuse lourde de reconnaissance à huit roues motrices et directrices de la Wehrmacht. Elle équipait les compagnies de reconnaissance blindée (Panzerspähwagen-Kompanie) des bataillons de reconnaissance (Aufklärungs-Abteilung) des divisions blindées.
 
Équipage
4 hommes
Poids en ordre de combat
≈ 8,3 t (réplique : environ 8 t)
Armement
Canon de 20 mm KwK 30/38 + 1 mitrailleuse coaxiale MG 34
Blindage
14,5 mm (avant) / 10 mm (flancs) / 8 mm (arrière) / 5,5 mm (toit et plancher)
Motorisation d'origine
Büssing-NAG L8V-GS, 150 ch
Particularité de la 2? série
Blindage additionnel en "V" boulonné sur l'avant (retour d'expérience de la campagne de France), formant souvent un coffre à bagages

Le Sd.Kfz.232 est un Sd.Kfz.231 identique (même caisse, même tourelle, même armement de 20 mm + MG) mais équipé d'un poste radio à moyenne portée, avec sa grande antenne-cadre caractéristique (la structure en losange montée sur la tourelle) — remplacée à partir de 1942 par une antenne fouet plus discrète (« Sternantenne »).
Seules différences notables liées à cette radio :Poids +200 kg (8,5 t contre 8,3 t),
hauteur augmentée (2,90 m contre 2,35 m) à cause de l'antenne-cadre,
dotation en munitions de la MG légèrement réduite (1 500 cartouches au lieu de 2 100) pour faire de la place à l'équipement radio.
À partir de juillet 1941, le 232 remplace même totalement le 231 sur les chaînes de production  l'armée jugeant qu'un véhicule radio est plus utile qu'un modèle « sourd »

 

Un modèle « sourd » = un véhicule sans aucun poste radio embarqué. C'était le cas du Sd.Kfz.231 d'origine : pour communiquer, son équipage devait s'arrêter et utiliser des moyens optiques (fanions, panneaux) ou attendre le contact visuel avec un autre véhicule ou un officier de liaison — donc pas de compte-rendu en temps réel à la compagnie ou au bataillon pendant la mission de reconnaissance.

Le Sd.Kfz.232, lui, embarquait une vraie liaison radio moyenne portée, ce qui lui permettait de transmettre ses observations (positions ennemies, état des routes, etc.) pendant même qu'il progressait, sans devoir rentrer physiquement faire son rapport.

Or la mission même d'un bataillon de reconnaissance, c'est justement de renseigner vite — un éclaireur qui repère l'ennemi mais ne peut pas le signaler avant d'être rentré au PC perd une bonne partie de son utilité. D'où la décision de l'armée, à partir de juillet 1941, de ne plus produire que la version radio (232) : un véhicule capable de communiquer en continu valait mieux, à coût de fabrication comparable, qu'un véhicule « aveugle et muet » une fois isolé sur le terrain.


 

La réplique reprend l'architecture générale et la géométrie de caisse du modèle de 2e série, mais repose sur une base mécanique entièrement soviétique : quatre essieux avant de camion ZIL-157 (pour la transmission intégrale et la direction sur les quatre essieux), moteur, boîte de vitesses et boîte de transfert de ZIL-131, éléments de MAZ, jantes de GAZ-51 chaussées de pneus tchèques. Elle est fonctionnelle et roulante (elle a notamment servi de dépanneuse pour tracter un Humber Heavy Utility en panne et de tracteur pour un Nebelwerfer de 15 cm lors des rassemblements « Motory Voïny »).
 Analyse des marquages appliqués sur la réplique
Les marquages peints reproduisent une livrée réelle de la Wehrmacht de la période « Barbarossa » (été-automne 1941, front de l'Est), et non une invention libre. Chaque symbole correspond à un usage réglementaire précis :
La lettre « G » — marque de rattachement au Panzergruppe Guderian

marque du Panzergruppe Guderian :

  • Principe général : à partir de la campagne de France (mai-juin 1940), la Wehrmacht a pris l'habitude d'identifier les grandes unités blindées (groupes puis armées blindées) par une simple lettre peinte sur les véhicules, en plus des marquages habituels de division et de régiment/bataillon. C'était une identification de très haut niveau (niveau corps/armée), pas de bataillon.
  • Origine du système : le cas le plus documenté est celui du Panzergruppe von Kleist, marqué d'un grand « K » lors de la percée des Ardennes en mai 1940. D'autres groupes blindés ont ensuite adopté le même principe avec leur propre initiale.
  • Le « G » de Guderian : il désigne le Panzergruppe Guderian, nom officieux donné au XIX. Armeekorps que Heinz Guderian commandait depuis la campagne de Pologne (1939), puis qui devient formellement :
    • Panzergruppe Guderian le 5 juin 1940 (formé après la percée de la Meuse à Sedan),
    • Panzergruppe 2 le 16 novembre 1940,
    • 2. Panzerarmee le 5 octobre 1941.
  • Persistance du « G » : fait notable, la lettre est restée utilisée en 1941 même après le changement de nom officiel en Panzergruppe 2 — d'où sa présence sur des véhicules pendant Barbarossa. Un exemple bien documenté (photo d'un Sd.Kfz.231 8-Rad) montre ce « G » sur un véhicule de la 24. Panzer-Division, alors décrite comme appartenant à la « 2. Panzerarmee Guderian » — la lettre continuait donc de fonctionner comme un repère d'identité pour l'ensemble des divisions placées sous ce commandement, quelle que soit leur numérotation propre.
  • Fonction pratique : sur le terrain, ce marquage à trois niveaux (division / bataillon / groupe blindé) permettait à la police de circulation, à la logistique et aux officiers de liaison de rattacher rapidement un véhicule isolé à sa grande unité, dans une zone d'opération où plusieurs corps blindés pouvaient converger.
  • Sur la réplique étudiée : le « G » peint sur la plaque avant, combiné à l'insigne d'Aufklärungs-Abteilung et à celui de la 3. Panzer-Division (variante « front de l'Est »), reconstitue une livrée cohérente avec l'organigramme réel de l'été 1941 : la 3. Panzer-Division faisait bien partie du Panzergruppe 2 pendant Barbarossa.

 
La grande lettre blanche « G » peinte sur la plaque avant et sur l'aile est la marque de rattachement au 2e Groupe blindé (Panzergruppe 2), officieusement appelé « Panzergruppe Guderian » d'après son chef, le Generaloberst Heinz Guderian. À partir de la campagne de France (juin 1940), puis durant Barbarossa, les grandes unités blindées de la Wehrmacht apposaient sur leurs véhicules la ou les initiales de leur chef de groupe blindé (par exemple « K » pour le Panzergruppe von Kleist) ; le « G » identifie donc tous les véhicules subordonnés au commandement de Guderian, quelle que soit la division.
 Le symbole en trapèze sur cercle avec la lettre « A » — bataillon de reconnaissance
  • « bataillon de reconnaissance » (Aufklärung = reconnaissance/renseignement, Abteilung = bataillon/détachement).
  • Rôle doctrinal : unité chargée de précéder le gros de la division en éclaireur — repérer les positions ennemies, trouver les meilleurs axes de progression, signaler les points d'appui adverses. Doctrine explicite de l'époque : « la patrouille doit seulement observer et rendre compte ; elle ne combat que si la mission l'exige » (rapport de la 1. Panzer-Division, janvier 1940). Elle n'était donc pas censée engager le combat frontalement, l'armement et le blindage étant secondaires face à la mobilité.
  • Composition type (avant-guerre/1939-40) : un bataillon organique de division blindée comprenait généralement 2 compagnies d'automitrailleuses, avec dans chaque compagnie un peloton lourd (3 Sd.Kfz.231 + 3 Sd.Kfz.232) et des pelotons légers (Sd.Kfz.221/222), complétés par des side-cars (Zündapp, BMW) et des Kübelwagen/Schwimmwagen.
  • Rattachement :
    • 1 bataillon par Panzer-Division (≈ 6 Sd.Kfz.231/232 lourds) ;
    • 1 bataillon (plus réduit) par division d'infanterie motorisée (≈ 3 véhicules lourds) ;
    • régiments de reconnaissance plus étoffés pour les Leichte-Divisionen (2., 3., 4.) en 1939 ;
    • organisation propre pour la Waffen-SS (SS-Aufklärungs-Abteilung, formellement identique dans la pratique).
  • Numérotation : chaque Aufklärungs-Abteilung portait le numéro de sa division (ex. Aufklärungs-Abteilung 3 → 3. Panzer-Division, Aufklärungs-Abteilung 5 → 2. Panzer-Division ou 5. leichte-Division selon la période), ce qui permettait — combiné au symbole tactique triangle/cercle + lettre « A » — d'identifier précisément l'unité sur un véhicule.
  • Évolution :
    • 1942 : fusion générale avec les Kradschützen-Abteilungen (bataillons de motocyclistes), jugée redondante puisque les deux faisaient de la reconnaissance ;
    • 1943 : la fusion est défaite, faute d'efficacité (les motos ne suivaient pas le rythme des automitrailleuses) — retour à des bataillons de reconnaissance indépendants, mais rebaptisés compagnies « à roues » (Radfahr-/Panzerspähwagen-Kompanie) du fait de la montée en puissance des unités blindées à semi-chenillés dans le rôle de reconnaissance ;
    • Fin de guerre : le Sd.Kfz.231 est largement supplanté par le Sd.Kfz.234, mais le principe du bataillon de reconnaissance organique subsiste jusqu'en 1945.
  • Sur la réplique étudiée : le symbole tactique (trapèze sur cercle porté par deux jambages, lettre « A ») correspondant à ce type d'unité, combiné au chiffre 3, désigne l'Aufklärungs-Abteilung 3 — bataillon de reconnaissance organique de la 3. Panzer-Division.

 

Ce pictogramme tactique (un trapèze surmonté ou associé à un cercle porté par deux "jambes", avec la lettre A) est le signe tactique réglementaire d'un Aufklärungs-Abteilung  un bataillon de reconnaissance motorisé, tel qu'organique aux divisions blindées. Le « A » renvoie explicitement à « Aufklärung » (reconnaissance). C'est ce même symbole, décliné avec ou sans numéro de bataillon, qui identifiait les Sd.Kfz.231/232 (8-Rad) engagés au sein des compagnies de Panzerspähwagen.
L'insigne jaune en forme de fourche/trident — insigne divisionnaire
Le symbole jaune à trois branches (une sorte d'Y inversé prolongé de deux traits verticaux sur la droite) correspond à l'insigne tactique de la 3. Panzer-Division en usage sur le front de l'Est à partir de juin 1941. Cette division utilisait successivement plusieurs variantes de son emblème (un « E » couché en 1939-1940, puis cet Y inversé à partir de Barbarossa, puis trois barres verticales à Koursk en 1943) ; la variante peinte ici est précisément celle du front de l'Est de 1941.
 Autres éléments
  • Plaque d'immatriculation WH-1407173 : préfixe « WH » = Wehrmacht Heer (véhicule de l'armée de terre), conforme au système d'immatriculation militaire allemand.
  • Marquage « 23 » (ou « G-23 ») sur la tourelle : numéro individuel du véhicule au sein de son unité.
  • Pelle, barres de désembourbage (Entfesselungsstange) et antenne fouet latérale : équipements standard, non des marques d'identité mais de dotation individuelle.
Synthèse des marquages
Marquage
Signification
Niveau d'unité désigné
Lettre « G » blanche
Panzergruppe Guderian (2. Panzergruppe)
Groupe blindé (niveau armée/corps)
Trapèze/cercle + « A »
Aufklärungs-Abteilung (bataillon de reconnaissance)
Bataillon
Fourche/trident jaune
Insigne de la 3. Panzer-Division (variante « front de l'Est », 1941)
Division
« 23 » sur tourelle
Numéro tactique individuel du véhicule
Véhicule
 
Identification de l'unité représentée
En recoupant ces trois niveaux de marquage, la réplique reconstitue la livrée d'une automitrailleuse du :
Aufklärungs-Abteilung 3, bataillon de reconnaissance organique de la 3. Panzer-Division, engagée au sein du Panzergruppe 2 (« Panzergruppe Guderian ») lors de l'invasion de l'Union soviétique (Opération Barbarossa), à partir de juin 1941.
Éléments de contexte sur cette chaîne de commandement :
  • La 3. Panzer-Division, l'une des trois premières divisions blindées allemandes (créée le 15 octobre 1935 à Wünsdorf), a combattu en Pologne (1939), en Belgique et en France (1940), puis sur le front de l'Est de juin à décembre 1941 au sein du Panzergruppe 2.
  • Le Panzergruppe Guderian (renommé Panzergruppe 2 le 16 novembre 1940, puis 2. Panzerarmee le 5 octobre 1941) a été formé le 5 juin 1940 à partir du XIX. Armeekorps, corps blindé que le général Heinz Guderian commandait depuis la campagne de Pologne. C'est ce même corps qui perça les Ardennes et le front de Sedan en mai 1940.
  • Durant Barbarossa, le Panzergruppe 2 constituait la pointe blindée sud du Heeresgruppe Mitte (Groupe d'armées Centre) et a notamment participé aux encerclements de Minsk, Smolensk et Kiev avant de foncer sur Moscou.
La cohérence entre les trois symboles (« G » de groupe blindé, insigne de bataillon de reconnaissance, insigne de la 3. Panzer-Division « front de l'Est ») correspond exactement à l'organigramme réel de l'été-automne 1941 : c'est une livrée historiquement plausible et cohérente, et non une combinaison arbitraire
1. Identification générale
Type d'origine
Schwerer Panzerspähwagen Sd.Kfz.231 (8-Rad) — 2e série (production mai 1939 – février 1941)
Nature de l'objet photographié
Réplique roulante (et non un véhicule d'époque restauré) — un seul Sd.Kfz.231/232/263 (8-Rad) original a survécu au monde (Coblence, base châssis Sd.Kfz.263)
Surnom
 Krakozyabra », argot russe pour "chose bizarre/chimère")
Constructeur de la réplique
Atelier de Vadim Elistratov (Moscou), pour le club militaro-historique « ??ponir »
Période de construction
Automne 2017 – essais routiers en septembre 2018
Première présentation publique
Festival « Moscou est avec nous », Borodino, octobre 2018
Plaque d'immatriculation factice
WH-1407173 (WH = Wehrmacht Heer, préfixe standard des véhicules de l'armée de terre allemande)
Lieux d'exposition successifs
Slöt « Moteurs de la Guerre » (Motory Voïny) 2019 ; parc militaro-patriotique « Patriot » ; Musée d'État de la Technique Militaire ; exposition « Motory Voïny » (localisation actuelle, depuis fin 2023)


 
   


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