Einheitsdiesel Leichter Geländegängiger Einheits-Lastkraftwagen 2,5 t









Einheitsdiesel Leichter geländegängiger Einheits-Lastkraftwagen 2,5 t,
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L'Einheitsdiesel est le  camion tout-terrain standardisé 6×6 de la Wehrmacht
Identification
Le véhicule photographié est un camion allemand « Einheitsdiesel » (nom officiel complet : leichter geländegängiger Einheits-Lastkraftwagen 2,5 t, soit « camion tout-terrain standardisé léger de 2,5 tonnes »), construit pour la Wehrmacht entre 1937 et 1940. Il s'agit ici de la version cargo à cabine découverte et caisse arrière métallique, dite Pritschenwagen.
Plusieurs éléments visibles sur les photographies confirment cette identification :
  • la configuration à 6 roues motrices (6×6) avec suspension indépendante aux essieux avant et arrière, caractéristique reconnaissable entre toutes de l'Einheitsdiesel ;
  • la calandre étroite et verticale, le capot moteur cranté et la cabine ouverte à pare-brise rabattable, typiques du modèle ;
  • la plaque de charge rivée sur le flanc de la caisse, portant les mentions « Eigengewicht 4700 kg », « Nutzlast 2425 kg oder 25 Personen » et « Anhängerlast 3500 kg » — des valeurs qui correspondent exactement aux données constructeur du Pritschenwagen ;
  • l'immatriculation militaire « WH-149119 » (WH = Wehrmacht Heer, l'armée de terre), le nom personnel « Gerda » peint sur le pare-brise (une pratique courante chez les équipages de la Wehrmacht) et le numéro tactique « 13 » ainsi que le fanion jaune peint sur la calandre et la caisse, marquages d'unité typiques de l'époque.
Le véhicule porte une livrée de camouflage tricolore (jaune sable Dunkelgelb RAL 7028, vert olive Olivgrün RAL 6003 et brun rougeâtre Rotbraun RAL 8017), un schéma introduit par un ordre de l'Inspection des armes blindées daté du 18 février 1943, qui remplace le gris foncé uniforme utilisé jusqu'alors.
Deux précisions importantes s'imposent cependant quant à la façon dont ce camouflage était réellement appliqué sur le terrain :
— Une application sans motif prédéfini. Les peintures Olivgrün et Rotbraun n'étaient pas appliquées en usine selon un patron précis : elles étaient livrées aux unités sous forme de pâte concentrée, que chaque équipage diluait lui-même avant de l'appliquer au pistolet basse pression, au pinceau, au chiffon ou même à l'éponge, sans gabarit ni consigne stricte de motif. Il n'existait donc pas de « schéma type » reproductible à l'identique d'un véhicule à l'autre.
— Un rendu diffus, jamais net. Contrairement à une image d'Épinal faite de larges taches aux contours francs, le résultat obtenu sur le terrain était le plus souvent flou et dégradé : les trois couleurs se fondent progressivement les unes dans les autres plutôt que de former des zones nettement séparées, un effet encore accentué avec le temps par l'usure, la poussière et les repeints partiels. C'est précisément cet aspect diffus, en fondu, que l'on observe sur les photographies du véhicule présenté ici, et non un motif à taches bien délimitées.
Il s'agit très probablement d'un exemplaire restauré, conservé aujourd'hui en collection privée ou associative (à en juger par le cadre — cour d'usine désaffectée — les photographies semblent prises en Europe de l'Est).

NB
Le camouflage tricolore d'avant-guerre (1927-1938)  utilisait une palette assez proche : Erdgelb-matt (jaune terre), Grün-matt (vert) et Braun-matt (brun)
Donc les couleurs peuvent prêter à confusion. Mais ce schéma était :

  • appliqué en usine, selon un patron fixe ;
  • avec des contours nets, anguleux, presque géométriques — de larges à-plats aux limites franches, un peu comme un motif « éclaté » (proche de l'esprit des toiles de tente Splittertarn), pas des taches organiques.

Par contre ici  les zones sable/vert/brun sur le capot et les ailes se fondent progressivement les unes dans les autres, sans ligne de démarcation nette — un flou et un dégradé qui ne collent pas du tout à une application au patron fait en usine. C'est au contraire exactement la signature d'une peinture en pâte diluée, appliquée à la main sur le terrain, comme le voulait le règlement de février 1943.

Autre indice à l'appui de 1943 plutôt que 1937 : la caisse arrière apparaît nettement plus unie (vert olive dominant, peu ou pas de camouflage tricolore), ce qui est typique d'un véhicule dont seule la cabine/le capot ont reçu un traitement plus poussé en unité — une pratique courante à partir de 1943, quand le temps et la peinture disponible manquaient pour traiter l'ensemble du véhicule de façon homogène.

Donc : les couleurs peuvent faire illusion, mais la texture et l'application (diffuses, sans contours nets) pointent bien vers le schéma de 1943, pas vers le motif géométrique d'avant-guerre.


 
Genèse et développement
Au moment de sa création en 1935, la Wehrmacht hérite de la Reichswehr un parc automobile extrêmement hétérogène, composé pour l'essentiel de véhicules civils réquisitionnés et militarisés a posteriori. Cette diversité de marques et de modèles complique considérablement la maintenance et l'approvisionnement en pièces détachées sur le terrain.
Dès 1934, le Heereswaffenamt (Office des armements de l'armée de terre, HWA) lance donc un programme de standardisation (« Einheits-Programm ») visant à doter l'armée de châssis unifiés, tout-terrain, à quatre roues motrices indépendantes pour les voitures et à six roues motrices pour les camions légers. Le projet prévoyait initialement plusieurs catégories — véhicules légers, moyens et lourds — mais seul le camion léger de la classe 2,5 tonnes, à trois essieux, fut finalement produit en série : l'Einheitsdiesel.
La conception du châssis fut confiée principalement à Henschel, tandis que le moteur diesel — développé conjointement par MAN, Henschel et Humboldt-Deutz — fut normalisé sous la désignation HWA 526 D. Afin d'atteindre les cadences de production nécessaires, la fabrication du véhicule fut ensuite répartie, à l'identique, entre plusieurs grands constructeurs allemands.
Constructeurs et production
La production en série débute en 1937 et se poursuit jusqu'en 1940, date à laquelle le programme est abandonné : le véhicule, bien que robuste, s'avère coûteux et complexe à fabriquer, et sa charge utile de 2,5 tonnes est jugée modeste au regard de son poids à vide proche de 5 tonnes. Au total, entre 12 000 et 17 000 exemplaires environ auraient été construits selon les sources, par les firmes suivantes :
Büssing-NAG
1938–1940 — environ 3 200 véhicules
Borgward
1938–1940 — 2 463 véhicules
MAN
1937–1940 — 1 795 véhicules
Henschel
1937–1940 — environ 1 500 véhicules
Magirus
1937–1940 — 1 410 véhicules
FAUN
1938–1940 — environ 700 véhicules
Krupp
1937–1940 — environ 700 véhicules

 
Malgré l'arrêt de sa production dès 1940, l'Einheitsdiesel resta en service sur tous les fronts jusqu'à la fin de la guerre, notamment en URSS où sa motricité intégrale et sa garde au sol élevée en faisaient un véhicule particulièrement apprécié pour affronter la boue et la neige.
Emploi et variantes
Conçu à l'origine comme camion de transport de troupes et de matériel, l'Einheitsdiesel fut décliné en de très nombreuses versions spécialisées, en particulier pour les unités de transmissions et d'observation. Sa capacité de traction de 3,5 tonnes lui permit également de servir occasionnellement de tracteur d'artillerie légère (obusier de 10,5 cm leFH 18, canon antichar de 7,5 cm PaK 40, lance-mines lourd de 15 cm sIG).
  • Pritschenwagen — version cargo à caisse métallique, pour le transport de troupes et de fret (photographié ici) ;
  • Nachrichten-Kfz. — fourgon pour les transmissions ;
  • Kfz. 61 — véhicule d'exploitation téléphonique ou radio ;
  • Kfz. 62 — véhicules de renseignement (radiogoniométrie, écoute, repérage au son, imprimerie de campagne) ;
  • Kfz. 63 — véhicule de mesures et poste avancé d'alerte ;
  • Kfz. 64 — véhicule topographique ;
  • Kfz. 68 — véhicule radio avec mât d'antenne ;
  • Kfz. 76 / Kfz. 77 — véhicules d'observation et de téléphonie de campagne ;
  • diverses versions de dépannage, d'échelle pivotante (Magirus) ou de cuisine roulante, souvent issues de transformations réalisées en unité.
Caractéristiques techniques
Désignation officielle
leichter geländegängiger Einheits-Lkw 2,5 t (« Einheitsdiesel », type HWA 526 D)
Configuration
6×6, roues motrices indépendantes aux deux essieux arrière et à l'essieu avant
Moteur
HWA 526 D — diesel 6 cylindres, 6 234 cm³, refroidissement liquide
Puissance
80 ch à 2 400 tr/min
Circuit électrique
12 volts (24 volts pour le démarreur)
Boîte de vitesses
4 rapports avant + boîte de transfert à 2 gammes avec différentiel
Châssis
longerons en U, suspension indépendante à l'avant et à l'arrière
Freins
servofreins pneumatiques (Bosch ou Knorr) sur les quatre roues ; frein à main mécanique sur la transmission
Empattement
3 650 mm
Voie arrière (entre essieux)
1 100 mm
Longueur totale
5 250 mm
Largeur
2 200 mm
Hauteur
2 400 mm
Garde au sol
250 mm
Poids à vide
≈ 5 000 kg (variable selon la carrosserie)
Poids en charge
≈ 7 500 kg
Charge utile
2 425 kg, ou 25 hommes en configuration transport de troupes
Capacité de traction remorquée
3 500 kg
Vitesse maximale
70 km/h
Pneumatiques
210-18, tout-terrain, roues simples à l'essieu arrière
Réservoir de carburant
100 + 15 litres (réservoir auxiliaire sous le siège passager)
Consommation
≈ 30 l/100 km sur route ; ≈ 45 l/100 km en tout-terrain
Capacité du circuit de refroidissement
28 litres
Équipage (Pritschenwagen)
1 conducteur + 1 passager, plus la charge transportée
Photographies du véhicule présenté
 
Vue de trois quarts avant droit : bâche montée, plaque « WH-149119 », marquage « 4.atü » sur le garde-boue et flèche jaune d'unité.

 
Vue de trois quarts avant gauche, à l'arrêt devant un ancien bâtiment industriel ; on distingue le numéro tactique « 13 » et le pictogramme d'arrimage peints sur la caisse.

 
Vue de face : cabine ouverte, pare-brise rabattable, calandre étroite caractéristique et roue de secours latérale.
 
 
 
 
 
   


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