Rome Rione Campo Marzio Ara Pacis Augustae Res Gestae Divi Augusti









Rome Rione Campo Marzio  Ara Pacis Augustae  Res Gestae Divi Augusti
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Rione Campo Marzio IV
Regiones Quattuordecim        Regio IX Circus Flaminius

 


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Les Res Gestae Divi Augusti  « Actes du divin Auguste » sont le bilan politique et militaire qu’Auguste avait fait préparer avant sa mort, en 14 apr. J.-C. Le texte énumère ses victoires, ses charges, ses dépenses publiques, ses constructions et les bienfaits qu’il affirme avoir apportés au peuple romain.
L’original, aujourd’hui perdu, était destiné à être placé près du mausolée d’Auguste. La version la mieux conservée se trouve à Ankara, sur le Monumentum Ancyranum.
Le Monumentum Ancyranum est le nom donné à la copie presque complète des Res Gestae Divi Augusti conservée à Ankara, l’ancienne Ancyra, en Turquie.
Le monument
L’inscription se trouve sur le temple d’Auguste et de Rome, situé dans le quartier d’Ulus, près de la mosquée Hac? Bayram. Le temple fut construit après l’intégration de la Galatie dans l’Empire romain, vers 25–20 av. J.-C., puis consacré au culte d’Auguste et de la déesse Roma
Après la mort d’Auguste, en 14 apr. J.-C., son testament politique fut gravé sur les murs du temple :
  • le texte latin se trouve à l’intérieur du pronaos, c’est-à-dire le vestibule à colonnade ;
  • une traduction grecque fut gravée sur le mur extérieur de la cella, la partie centrale du temple
Pourquoi Ankara ?
Ancyra était la capitale de la province romaine de Galatie. La gravure du texte dans cette ville permettait de diffuser le message politique d’Auguste dans une région où le grec était largement utilisé, tout en conservant la version officielle en latin.
Le texte n’était donc pas une simple épitaphe. C’était une œuvre de propagande impériale destinée à montrer :
  • les victoires d’Auguste ;
  • son rôle dans la fin des guerres civiles ;
  • ses dépenses et ses distributions au peuple ;
  • ses constructions ;
  • les territoires soumis ou intégrés à Rome ;
  • les honneurs qui lui avaient été accordés.
Importance historique
L’original romain des Res Gestae, probablement gravé sur des plaques de bronze placées devant le mausolée d’Auguste, a disparu. La copie d’Ankara est donc essentielle, car elle conserve la plus grande partie du texte latin et sa traduction grecque
Le nom Monumentum Ancyranum est moderne : les chercheurs l’emploient pour désigner à la fois l’inscription et, par extension, le temple qui la porte. Le texte est aussi connu sous le titre français Actes du divin Auguste ou Actions accomplies par le divin Auguste.
Rapport avec Mussolini
Mussolini connaissait la valeur symbolique de ce document. En faisant graver les Res Gestae à Rome, près de l’Ara Pacis, il reprenait un modèle antique de communication politique : un dirigeant expose lui-même ses réalisations sur un monument public.
La copie d’Ankara est donc le modèle antique ; l’inscription installée par Mussolini à Rome est une réutilisation fasciste de ce modèle, destinée à présenter Mussolini comme un nouvel Auguste.

 
L’intervention de Mussolini
Dans les années 1930, Mussolini entreprit de réaménager la zone du mausolée d’Auguste et de faire reconstruire l’Ara Pacis, autel de la paix consacré en 9 av. J.-C.
Le nouveau pavillon, conçu par Vittorio Ballio Morpurgo, fut inauguré en 1938, dans le cadre des cérémonies du bimillénaire de la naissance d’Auguste.
La version latine des Res Gestae fut gravée sur le mur extérieur en travertin du pavillon, avec des lettres de bronze. L’inscription était organisée en sept panneaux
Il ne s’agissait donc pas d’une fresque peinte, mais d’une restitution monumentale d’un texte antique, intégrée à l’architecture fasciste.
Pourquoi Mussolini l’a-t-il fait ?
La raison principale était politique : Mussolini voulait établir une continuité symbolique entre Auguste et le fascisme.
Auguste
Mussolini
Met fin aux guerres civiles
Prétend avoir restauré l’ordre après les crises politiques
Réorganise l’État romain
Se présente comme le fondateur d’un nouvel État italien
Lance de grands travaux
Met en scène ses projets urbains et architecturaux
Étend la puissance de Rome
Justifie l’impérialisme et l’expansion italienne
Est présenté comme un chef providentiel
Se fait appeler Duce
Mussolini se représentait comme un nouvel Auguste, capable de restaurer la grandeur romaine et de conduire l’Italie vers une nouvelle puissance impériale. Des chercheurs soulignent qu’il avait compris la force de propagande d’un texte conçu dès l’Antiquité pour être exposé publiquement et monumentalement.
Le contexte urbain
Le régime fasciste fit dégager les abords du mausolée d’Auguste, détruisant une partie du tissu urbain existant afin de créer un ensemble monumental plus spectaculaire. Une autre inscription, datée de 1940, célébrait explicitement l’action de Mussolini : elle indiquait que le Duce avait fait dégager et embellir le lieu où reposaient les cendres d’Auguste.
Le message était clair : le fascisme prétendait avoir « libéré » les monuments antiques de constructions plus récentes, tout comme il affirmait libérer et régénérer l’Italie moderne.
Que reste-t-il aujourd’hui ?
Le pavillon fasciste a été remplacé par le musée moderne de l’Ara Pacis conçu par Richard Meier, construit entre 1995 et 2006. Toutefois, le mur en travertin portant les Res Gestae a été conservé et demeure visible.
Res Gestae Divi Augusti  Les Hauts Faits du divin Auguste
Voici le  texte latin intégral et traduction française

 
 
Présentation
Les Res Gestae Divi Augusti (« Les Hauts Faits du divin Auguste ») sont le testament politique que le premier empereur romain rédigea lui-même, à la première personne, peu avant sa mort en l'an 14 apr. J.-C. Selon sa volonté, ce bilan de son règne devait être gravé sur deux piliers de bronze et placé devant son Mausolée, dans le Champ de Mars ; ces tables romaines ont aujourd'hui disparu. Le texte nous est parvenu grâce à des copies gravées dans les provinces, la plus complète étant celle du temple de Rome et d'Auguste à Ancyre (l'actuelle Ankara, Turquie), redécouverte en 1555 et connue sous le nom de Monumentum Ancyranum.
En 1938, à l'occasion du Bimillénaire de la naissance d'Auguste, le régime fasciste italien fit regraver l'intégralité du texte, reconstitué d'après la copie d'Ankara, sur un mur construit à cet effet près du Mausolée d'Auguste, à Rome  c'est ce mur, aujourd'hui intégré au Musée de l'Ara Pacis, que montre la photographie ci-dessus.
Le texte latin ci-dessous suit l'édition de référence disponible dans le domaine public (The Latin Library, d'après l'editio princeps). La traduction française qui l'accompagne a été réalisée directement à partir du latin pour cet article.
Titre du monument
Rerum gestarum divi Augusti, quibus orbem terrarum imperio populi Romani subiecit, et impensarum quas in rem publicam populumque Romanum fecit, incisarum in duabus aheneis pilis, quae sunt Romae positae, exemplar subiectum.
« Ci-dessous est reproduit le texte des hauts faits du divin Auguste, par lesquels il soumit le monde entier à l'empire du peuple romain, et des dépenses qu'il fit pour la République et le peuple romain, gravé sur deux piliers de bronze qui sont dressés à Rome. »
Texte et traduction, chapitre par chapitre
Chapitre 1
Annos undeviginti natus exercitum privato consilio et privata impensa comparavi, per quem rem publicam a dominatione factionis oppressam in libertatem vindicavi. Ob quae senatus decretis honorificis in ordinem suum me adlegit, C. Pansa et A. Hirtio consulibus, consularem locum sententiae dicendae tribuens, et imperium mihi dedit. Res publica ne quid detrimenti caperet, me propraetore simul cum consulibus providere iussit. Populus autem eodem anno me consulem, cum cos. uterque bello cecidisset, et triumvirum rei publicae constituendae creavit.
À l'âge de dix-neuf ans, sur ma propre initiative et à mes frais, je levai une armée, grâce à laquelle je rendis la liberté à la République opprimée par la domination d'une faction. Pour cela, le Sénat m'admit dans son ordre par des décrets honorifiques, sous le consulat de Caius Pansa et Aulus Hirtius, en m'accordant le rang consulaire pour donner mon avis, et il me conféra l'imperium. Il m'ordonna, en qualité de propréteur, de veiller avec les consuls à ce que la République ne subisse aucun dommage. La même année, le peuple, les deux consuls étant morts à la guerre, me nomma consul et triumvir chargé d'organiser l'État.
Chapitre 2
Qui parentem meum trucidaverunt, eos in exilium expuli iudiciis legitimis ultus eorum facinus, et postea bellum inferentis rei publicae vici bis acie.
Ceux qui assassinèrent mon père, je les chassai en exil par des jugements légitimes, vengeant ainsi leur crime, et par la suite, comme ils portaient la guerre contre la République, je les vainquis deux fois en bataille rangée.
Chapitre 3
Bella terra et mari civilia externaque toto in orbe terrarum saepe gessi, victorque omnibus veniam petentibus civibus peperci. Externas gentes, quibus tuto ignosci potuit, conservare quam excidere malui. Millia civium Romanorum sub sacramento meo fuerunt circiter quingenta. Ex quibus deduxi in colonias aut remisi in municipia sua stipendis emeritis millia aliquanto plura quam trecenta, et iis omnibus agros adsignavi aut pecuniam pro praemiis militiae dedi. Naves cepi sescentas praeter eas, si quae minores quam triremes fuerunt.
Je menai souvent, sur terre et sur mer, des guerres civiles et étrangères dans le monde entier, et vainqueur, j'épargnai tous les citoyens qui demandaient grâce. Les peuples étrangers qu'on pouvait pardonner sans danger, je préférai les conserver plutôt que les détruire. Environ cinq cent mille citoyens romains prêtèrent serment sous mes ordres. J'en établis dans des colonies ou renvoyai dans leurs municipes, leur service achevé, un peu plus de trois cent mille, et à tous je donnai des terres ou de l'argent en récompense de leur service militaire. Je pris six cents navires, sans compter ceux plus petits que les trirèmes.
Chapitre 4
Bis ovans triumphavi, tris egi curulis triumphos et appellatus sum viciens et semel imperator. Cum autem pluris triumphos mihi senatus decrevisset, iis supersedi. Laurum de fascibus deposui in Capitolio, votis quae quoque bello nuncupaveram solutis. Ob res a me aut per legatos meos auspicis meis terra marique prospere gestas quinquagiens et quinquiens decrevit senatus supplicandum esse dis immortalibus. Dies autem, per quos ex senatus consulto supplicatum est, fuere DCCCLXXXX. In triumphis meis ducti sunt ante currum meum reges aut regum liberi novem. Consul fueram terdeciens, cum scribebam haec, et agebam septimum et tricensimum tribuniciae potestatis.
Je triomphai deux fois par ovation, je célébrai trois triomphes curules, et je fus salué vingt et une fois imperator. Alors que le Sénat m'avait décerné davantage de triomphes, j'y renonçai. Je déposai le laurier de mes faisceaux au Capitole, après avoir acquitté les vœux que j'avais faits pour chaque guerre. Pour les succès que j'avais remportés, moi-même ou par mes légats, sous mes auspices, sur terre et sur mer, le Sénat décréta cinquante-cinq fois des actions de grâces aux dieux immortels. Le nombre de jours pendant lesquels on rendit grâces par décret du Sénat fut de huit cent quatre-vingt-dix. Dans mes triomphes furent conduits devant mon char neuf rois ou enfants de rois. J'avais été consul treize fois lorsque j'écrivis ceci, et j'exerçais pour la trente-septième fois la puissance tribunicienne.
Chapitre 5
Dictaturam et apsenti et praesenti mihi delatam et a populo et a senatu, M. Marcello et L. Arruntio consulibus non accepi. Non recusavi in summa frumenti penuria curationem annonae, quam ita administravi, ut intra paucos dies metu et periclo praesenti populum universum liberarem impensa et cura mea. Consulatum quoque tum annuum et perpetuum mihi delatum non recepi.
La dictature qui me fut offerte, en mon absence comme en ma présence, tant par le peuple que par le Sénat, sous le consulat de Marcus Marcellus et Lucius Arruntius, je ne l'acceptai pas. Je ne refusai pas, lors d'une grave pénurie de blé, la charge de l'approvisionnement, que j'administrai de telle sorte qu'en quelques jours je délivrai, à mes frais et par mes soins, tout le peuple de la crainte et du péril présents. Le consulat annuel et perpétuel qui me fut alors offert, je ne l'acceptai pas non plus.
Chapitre 6
Consulibus M. Vinicio et Q. Lucretio et postea P. Lentulo et Cn. Lentulo et tertium Paullo Fabio Maximo et Q. Tuberone senatu populoque Romano consentientibus ut curator legum et morum summa potestate solus crearer, nullum magistratum contra morem maiorum delatum recepi. Quae tum per me geri senatus voluit, per tribuniciam potestatem perfeci, cuius potestatis conlegam et ipse ultro quinquiens a senatu depoposci et accepi.
Sous le consulat de Marcus Vinicius et Quintus Lucretius, puis sous celui de Publius Lentulus et Cnaeus Lentulus, et une troisième fois sous celui de Paulus Fabius Maximus et Quintus Tubero, alors que le Sénat et le peuple romain s'accordaient à vouloir que je fusse créé seul curateur des lois et des mœurs avec un pouvoir suprême, je n'acceptai aucune magistrature offerte contrairement à la coutume des ancêtres. Ce que le Sénat voulait alors accomplir par moi, je l'exécutai grâce à la puissance tribunicienne, et pour l'exercice de cette puissance, je demandai moi-même et obtins du Sénat, à cinq reprises, un collègue.
Chapitre 7
Triumvirum rei publicae constituendae fui per continuos annos decem. Princeps senatus fui usque ad eum diem quo scripseram haec per annos quadraginta. Pontifex maximus, augur, XV virum sacris faciundis, VII virum epulonum, frater arvalis, sodalis Titius, fetialis fui.
Je fus triumvir chargé d'organiser l'État pendant dix années consécutives. Je fus prince du Sénat jusqu'au jour où j'écrivis ceci, pendant quarante ans. Je fus grand pontife, augure, quindécemvir chargé des cérémonies sacrées, septemvir des banquets sacrés, frère arvale, compagnon titien, fécial.
Chapitre 8
Patriciorum numerum auxi consul quintum iussu populi et senatus. Senatum ter legi, et in consulatu sexto censum populi conlega M. Agrippa egi. Lustrum post annum alterum et quadragensimum feci, quo lustro civium Romanorum censa sunt capita quadragiens centum millia et sexaginta tria millia. Tum iterum consulari cum imperio lustrum solus feci C. Censonno et C. Asinio cos., quo lustro censa sunt civium Romanorum capita quadragiens centum millia et ducenta triginta tria millia. Et tertium consulari cum imperio lustrum conlega Tib. Caesare filio meo feci Sex. Pompeio et Sex. Appuleio cos., quo lustro censa sunt civium Romanorum capitum quadragiens centum millia et nongenta triginta et septem millia. Legibus novis me auctore latis multa exempla maiorum exolescentia iam ex nostro saeculo reduxi et ipse multarum rerum exempla imitanda posteris tradidi.
J'augmentai le nombre des patriciens, étant consul pour la cinquième fois, sur l'ordre du peuple et du Sénat. Je révisai trois fois la liste du Sénat. Lors de mon sixième consulat, je fis le recensement du peuple avec mon collègue Marcus Agrippa. Je célébrai le lustre après un intervalle de quarante-deux ans ; lors de ce lustre furent recensées quatre millions soixante-trois mille têtes de citoyens romains. Puis je fis de nouveau seul le lustre, avec l'imperium consulaire, sous le consulat de Caius Censorinus et Caius Asinius ; lors de ce lustre furent recensées quatre millions deux cent trente-trois mille têtes de citoyens romains. Et une troisième fois, je fis le lustre avec l'imperium consulaire, avec mon collègue Tibère César, mon fils, sous le consulat de Sextus Pompée et Sextus Appuleius ; lors de ce lustre furent recensées quatre millions neuf cent trente-sept mille têtes de citoyens romains. Par des lois nouvelles proposées sur mon initiative, je fis revivre bien des exemples de nos ancêtres qui tombaient déjà en désuétude à notre époque, et je transmis moi-même à la postérité, dans bien des domaines, des exemples à imiter.
Chapitre 9
Vota pro valetudine mea suscipi per consules et sacerdotes quinto quoque anno senatus decrevit. Ex iis votis saepe fecerunt vivo me ludos aliquotiens sacerdotum quattuor amplissima collegia, aliquotiens consules. Privatim etiam et municipatim universi cives unanimiter continenter apud omnia pulvinaria pro valetudine mea supplicaverunt.
Le Sénat décréta que des vœux pour ma santé seraient formulés tous les cinq ans par les consuls et les prêtres. En vertu de ces vœux, on célébra souvent, de mon vivant, des jeux, tantôt les quatre grands collèges de prêtres, tantôt les consuls. De même, à titre privé et dans les municipes, tous les citoyens, d'un commun accord, adressèrent sans cesse des prières pour ma santé auprès de tous les autels des dieux.
Chapitre 10
Nomen meum senatus consulto inclusum est in saliare carmen, et sacrosanctus in perpetum ut essem et, quoad viverem, tribunicia potestas mihi esset, per legem sanctum est. Pontifex maximus ne fierem in vivi conlegae mei locum, populo id sacerdotium deferente mihi quod pater meus habuerat, recusavi. Quod sacerdotium aliquod post annos, eo mortuo qui civilis motus occasione occupaverat, cuncta ex Italia ad comitia mea confluente multitudine, quanta Romae nunquam fertur ante id tempus fuisse, recepi, P. Sulpicio C. Valgio consulibus.
Mon nom fut inclus, par décret du Sénat, dans le chant des Saliens, et il fut établi par une loi que je serais à jamais inviolable et que j'aurais, tant que je vivrais, la puissance tribunicienne. Je refusai de devenir grand pontife à la place de mon collègue encore vivant, alors que le peuple m'offrait ce sacerdoce qu'avait détenu mon père. Ce sacerdoce, je le reçus quelques années plus tard, après la mort de celui qui l'avait occupé à la faveur des troubles civils, une foule affluant de toute l'Italie à mes comices, telle qu'on ne rapporte pas qu'il y en eut jamais de semblable à Rome auparavant, sous le consulat de Publius Sulpicius et Caius Valgius.
Chapitre 11
Aram Fortunae Reducis ante aedes Honoris et Virtutis ad portam Capenam pro reditu meo senatus consacravit, in qua pontifices et virgines Vestales anniversarium sacrificium facere iussit eo die quo, consulibus Q. Lucretio et M. Vinicio, in urbem ex Syria redieram, et diem Augustalia ex cognomine nostro appellavit.
Le Sénat consacra, pour mon retour, un autel à la Fortune du Retour devant les temples de l'Honneur et de la Vertu, près de la porte Capène, où il ordonna aux pontifes et aux vierges Vestales de faire un sacrifice annuel, au jour où j'étais rentré à Rome de Syrie, sous le consulat de Quintus Lucretius et Marcus Vinicius, et il appela ce jour les Augustalia, d'après notre surnom.
Chapitre 12
Ex senatus auctoritate pars praetorum et tribunorum plebi cum consule Q. Lucretio et principibus viris obviam mihi missa est in Campaniam, qui honos ad hoc tempus nemimi praeter me est decretus. Cum ex Hispania Galliaque, rebus in iis provincis prospere gestis, Romam redi, Ti. Nerone P. Qintilio consulibus, aram Pacis Augustae senatus pro reditu meo consacrandam censuit ad campum Martium, in qua magistratus et sacerdotes virginesque Vestales anniversarium sacrificium facere iussit.
Sur l'autorité du Sénat, une partie des préteurs et des tribuns de la plèbe, avec le consul Quintus Lucretius et les principaux citoyens, furent envoyés à ma rencontre en Campanie, honneur qui, jusqu'à ce jour, n'a été décrété pour personne d'autre que moi. Lorsque je revins à Rome d'Espagne et de Gaule, après y avoir mené les affaires à bien, sous le consulat de Tibère Néron et Publius Quintilius, le Sénat décréta, pour mon retour, la consécration d'un autel de la Paix Auguste au Champ de Mars, où il ordonna aux magistrats, aux prêtres et aux vierges Vestales de faire un sacrifice annuel.
Chapitre 13
Ianum Quinnum, quem claussum esse maiores nostri voluerunt cum per totum imperium populi Romani terra marique esset parta victoriis pax, cum priusquam nascerer, a condita urbe bis omnino clausum fuisse prodatur memoriae, ter me principe senatus claudendum esse censuit.
Le temple de Janus Quirinus, que nos ancêtres voulurent voir fermé lorsque, par des victoires, la paix régnait sur terre et sur mer dans tout l'empire du peuple romain, et qui, avant ma naissance, ne l'avait été, dit-on, que deux fois depuis la fondation de la ville, le Sénat décréta de le fermer trois fois sous mon principat.
Chapitre 14
Filios meos, quos iuvenes mihi eripuit fortuna, Gaium et Lucium Caesares honoris mei caussa senatus populusque Romanus annum quintum et decimum agentis consules designavit, ut eum magistratum inirent post quinquennium, et ex eo die quo deducti sunt in forum ut interessent consiliis publicis decrevit senatus. Equites autem Romani universi principem iuventutis utrumque eorum parmis et hastis argenteis donatum appellaverunt.
Mes fils Caius et Lucius Césars, que la fortune m'enleva encore jeunes, le Sénat et le peuple romain, en mon honneur, les désignèrent consuls à l'âge de quinze ans, pour qu'ils entrent dans cette magistrature après cinq années, et le Sénat décréta qu'à partir du jour où ils seraient conduits au forum, ils prendraient part aux conseils publics. Et l'ensemble des chevaliers romains les proclama tous deux princes de la jeunesse, en leur offrant des boucliers et des lances d'argent.
Chapitre 15
Plebei Romanae viritim HS trecenos numeravi ex testamento patris mei et nomine meo HS quadringenos ex bellorum manibiis consul quintum dedi, iterum autem in consulatu decimo ex patrimonio meo HS quadringenos congiari viritim pernumeravi, et consul undecimum duodecim frumentationes frumento privatim coempto emensus sum, et tribunicia potestate duodecimum quadringenos nummos tertium viritim dedi. Quae mea congiaria pervenerunt ad hominum millia numquam minus quinquaginta et ducenta. Tribuniciae potestatis duodevicensimum, consul XII, trecentis et viginti millibus plebis urbanae sexagenos denarios viritim dedi. Et colonis militum meorum consul quintum ex manibiis viritim millia nummum singula dedi; acceperunt id triumphale congiarium in colonis hominum circiter centum et viginti millia. Consul tertium decimum sexagenos denarios plebei quae tum frumentum publicum accipiebat dedi; ea millia hominum paullo plura quam ducenta fuerunt.
À la plèbe romaine, je versai trois cents sesterces par tête en vertu du testament de mon père, et en mon nom je donnai, étant consul pour la cinquième fois, quatre cents sesterces tirés du butin de guerre ; de nouveau, lors de mon dixième consulat, je distribuai quatre cents sesterces par tête sur mon patrimoine ; et, consul pour la onzième fois, je fis douze distributions de blé acheté à mes frais ; et dans ma douzième puissance tribunicienne, je donnai pour la troisième fois quatre cents sesterces par tête. Ces largesses touchèrent chaque fois au moins deux cent cinquante mille hommes. Dans ma dix-huitième puissance tribunicienne, consul pour la douzième fois, je donnai soixante deniers par tête à trois cent vingt mille personnes de la plèbe urbaine. Et aux colons de mes soldats, étant consul pour la cinquième fois, je donnai mille sesterces par tête sur le butin ; environ cent vingt mille hommes, dans les colonies, reçurent ce don triomphal. Consul pour la treizième fois, je donnai soixante deniers à la plèbe qui recevait alors le blé public ; ils furent un peu plus de deux cent mille.
Chapitre 16
Pecuniam pro agris quos in consulatu meo quarto et postea consulibus M. Crasso et Cn. Lentulo Augure adsignavi militibus solvi municipis; ea summa sestertium circiter sexsiens milliens fuit quam pro Italicis praedis numeravi, et circiter bis milliens et sescentiens quod pro agris provincialibus solvi. Id primus et solus omnium qui deduxerunt colonias militum in Italia aut in provincis ad memoriam aetatis meae feci. Et postea, Ti. Nerone et Cn. Pisone consulibus itemque C. Antistio et D. Laelio cos. et C. Calvisio et L. Pasieno consulibus et L. Lentulo et M. Messalla consulibus et L. Camnio et Q. Fabricio cos., militibus quos emeriteis stipendis in sua municipia deduxi praemia numerato persolvi, quam in rem sestertium quater milliens circiter impendi.
Je payai en argent aux municipes le prix des terres que j'assignai à mes soldats lors de mon quatrième consulat, puis sous le consulat de Marcus Crassus et Cnaeus Lentulus Augur ; cette somme s'éleva à environ six cents millions de sesterces que je versai pour les propriétés d'Italie, et environ deux cent soixante millions pour les terres provinciales. Je fus le premier et le seul, parmi tous ceux qui ont établi des colonies de soldats en Italie ou dans les provinces, à agir ainsi de mémoire d'homme de mon époque. Et plus tard, sous les consulats de Tibère Néron et Cnaeus Pison, de Caius Antistius et Décimus Laelius, de Caius Calvisius et Lucius Pasienus, de Lucius Lentulus et Marcus Messalla, de Lucius Caninius et Quintus Fabricius, je payai comptant leurs récompenses aux soldats que j'établissais dans leurs municipes après un service accompli ; j'y consacrai environ quatre cents millions de sesterces.
Chapitre 17
Quater pecunia mea iuvi aerarium, ita ut sestertium milliens et quingentiens ad eos qui praerant aerario detulerim. Et M. Lepido et L. Arruntio cos. in aerarium militare, quod ex consilio meo constitutum est ex quo praemia darentur militibus qui vicena aut plura stipendia emeruissent, HS milliens et septingentiens ex patrimonio meo detuli.
Je vins quatre fois en aide au trésor public avec mon propre argent, versant ainsi cent cinquante millions de sesterces à ceux qui le géraient. Et sous le consulat de Marcus Lepidus et Lucius Arruntius, je versai sur mon patrimoine cent soixante-dix millions de sesterces au trésor militaire, que j'avais fait établir sur mon conseil pour donner des récompenses aux soldats ayant accompli vingt années de service ou plus.
Chapitre 18
Ab eo anno quo Cn. et P. Lentulli consules fuerunt, cum deficerent vectigalia, tum centum milibus hominum tum pluribus multo frumentarios et nummarios tributus ex horreo et patrimonio meo edidi.
À partir de l'année où Cnaeus et Publius Lentulus furent consuls, comme les revenus publics faisaient défaut, je fis, tantôt à cent mille personnes, tantôt à un nombre bien plus grand, des distributions de blé et d'argent tirées de mon grenier et de mon patrimoine.
Chapitre 19
Curiam et continens ei Chalcidicum templumque Apollinis in Palatio cum porticibus, aedem divi Iuli, Lupercal, porticum ad circum Flaminium, quam sum appellari passus ex nomine eius qui priorem eodem in solo fecerat, Octaviam, pulvinar ad circum maximum, aedes in Capitolio Iovis Feretri Iovis Tonantis, aedem Quirini, aedes Minervae et Iunonis Reginae et Iovis Libertatis in Aventino, aedem Larum in summa sacra via, aedem deum Penatium in Velia, aedem Iuventatis, aedem Matris Magnae in Palatio feci.
Je fis construire la Curie et le Chalcidicum qui la jouxte, le temple d'Apollon sur le Palatin avec ses portiques, le temple du divin Jules, le Lupercal, le portique près du cirque Flaminius, que je laissai appeler Octavia du nom de celui qui en avait bâti un premier au même endroit, la loge d'honneur du grand cirque, les temples de Jupiter Feretrius et de Jupiter Tonnant sur le Capitole, le temple de Quirinus, les temples de Minerve, de Junon Reine et de Jupiter Libérateur sur l'Aventin, le temple des Lares en haut de la voie Sacrée, le temple des Pénates sur la Vélia, le temple de la Jeunesse, le temple de la Grande Mère sur le Palatin.
Chapitre 20
Capitolium et Pompeium theatrum utrumque opus impensa grandi refeci sine ulla inscriptione nominis mei. Rivos aquarum compluribus locis vetustate labentes refeci, et aquam quae Marcia appellatur duplicavi fonte novo in rivum eius inmisso. Forum Iulium et basilicam quae fuit inter aedem Castoris et aedem Saturni, coepta profligataque opera a patre meo, perfeci et eandem basilicam consumptam incendio, ampliato eius solo, sub titulo nominis filiorum meorum incohavi, et, si vivus non perfecissem, perfici ab heredibus meis iussi. Duo et octoginta templa deum in urbe consul sextum ex auctoritate senatus refeci nullo praetermisso quod eo tempore refici debebat. Consul septimum viam Flaminiam ab urbe Ariminum refeci pontesque omnes praeter Mulvium et Minucium.
Je restaurai, à grands frais, le Capitole et le théâtre de Pompée, l'un et l'autre ouvrages, sans y inscrire mon nom. Je refis les canalisations d'eau qui s'effondraient de vétusté en plusieurs endroits, et je doublai le débit de l'aqueduc appelé Marcia en y faisant déverser une nouvelle source. J'achevai le Forum Jules et la basilique située entre le temple de Castor et celui de Saturne, ouvrages commencés et déjà bien avancés par mon père, et je commençai à reconstruire, sur un terrain agrandi, cette même basilique consumée par un incendie, sous le nom de mes fils, ordonnant que, si je ne l'achevais pas de mon vivant, mes héritiers l'achèveraient. Je restaurai quatre-vingt-deux temples des dieux dans la ville, étant consul pour la sixième fois, sur l'autorité du Sénat, sans en omettre aucun qui dût être restauré à cette époque. Consul pour la septième fois, je refis la voie Flaminienne depuis la ville jusqu'à Rimini, ainsi que tous les ponts, à l'exception du pont Mulvius et du pont Minucius.
Chapitre 21
In privato solo Martis Ultoris templum forumque Augustum ex manibiis feci. Theatrum ad aedem Apollinis in solo magna ex parte a privatis empto feci, quod sub nomine M. Marcelli generi mei esset. Dona ex manibiis in Capitolio et in aede divi Iuli et in aede Apollinis et in aede Vestae et in templo Martis Ultoris consacravi, quae mihi constiterunt HS circiter milliens. Auri coronari pondo triginta et quinque millia municipiis et colonis Italiae conferentibus ad triumphos meos quintum consul remisi, et postea, quotienscumque imperator appellatus sum, aurum coronarium non accepi decernentibus municipiis et colonis aeque benigne adque antea decreverant.
Je fis construire, sur un terrain privé, le temple de Mars Vengeur et le Forum d'Auguste, avec le produit du butin. Je fis bâtir le théâtre près du temple d'Apollon, sur un terrain en grande partie acheté à des particuliers, sous le nom de Marcus Marcellus, mon gendre. Je consacrai, avec le produit du butin, des offrandes au Capitole, dans le temple du divin Jules, dans le temple d'Apollon, dans le temple de Vesta et dans le temple de Mars Vengeur, qui me coûtèrent environ cent millions de sesterces. Je remis, étant consul pour la cinquième fois, trente-cinq mille livres d'or coronaire que les municipes et colonies d'Italie apportaient pour mes triomphes, et par la suite, chaque fois que je fus salué imperator, je n'acceptai pas l'or coronaire que les municipes et colonies décrétaient avec la même bienveillance qu'auparavant.
Chapitre 22
Ter munus gladiatorium dedi meo nomine et quinquiens filiorum meorum aut nepotum nomine, quibus muneribus depugnaverunt hominum circiter decem millia. Bis athletarum undique accitorum spectaculum populo praebui meo nomine et tertium nepotis mei nomine. Ludos feci meo nomine quater, aliorum autem magistratuum vicem ter et viciens. Pro conlegio XV virorum magister conlegii collega M. Agrippa ludos saeclares C. Furnio C. Silano cos. feci. Consul XIII ludos Martiales primus feci quos post id tempus deinceps insequentibus annis s.c. et lege fecerunt consules. Venationes bestiarum Africanarum meo nomine aut filiorum meorum et nepotum in circo aut in foro aut in amphitheatris populo dedi sexiens et viciens, quibus confecta sunt bestiarum circiter tria millia et quingentae.
Je donnai trois fois des combats de gladiateurs en mon nom et cinq fois au nom de mes fils ou petits-fils ; à ces spectacles combattirent environ dix mille hommes. Je donnai deux fois au peuple un spectacle d'athlètes venus de partout, en mon nom, et une troisième fois au nom de mon petit-fils. Je donnai des jeux en mon nom quatre fois, et à la place d'autres magistrats vingt-trois fois. Au nom du collège des quindécemvirs, comme maître du collège avec mon collègue Marcus Agrippa, je donnai les jeux séculaires sous le consulat de Caius Furnius et Caius Silanus. Consul pour la treizième fois, je donnai le premier les jeux de Mars, que les consuls donnèrent ensuite chaque année suivante par sénatus-consulte et par la loi. Je donnai au peuple des chasses de bêtes d'Afrique, en mon nom ou au nom de mes fils et petits-fils, dans le cirque, sur le forum ou dans les amphithéâtres, vingt-six fois, au cours desquelles furent tuées environ trois mille cinq cents bêtes.
Chapitre 23
Navalis proeli spectaclum populo dedi trans Tiberim in quo loco nunc nemus est Caesarum, cavato solo in longitudinem mille et octingentos pedes, in latitudinem mille et ducenti, in quo triginta rostratae naves triremes aut biremes, plures autem minores inter se conflixerunt; quibus in classibus pugnaverunt praeter remiges millia hominum tria circiter.
Je donnai au peuple le spectacle d'un combat naval, au-delà du Tibre, à l'endroit où se trouve aujourd'hui le bois des Césars, en faisant creuser un bassin de mille huit cents pieds de long sur mille deux cents de large, où combattirent trente navires à éperon, trirèmes ou birèmes, et un nombre plus grand encore de navires plus petits ; dans ces flottes combattirent, sans compter les rameurs, environ trois mille hommes.
Chapitre 24
In templis omnium civitatium provinciae Asiae victor ornamenta reposui quae spoliatis templis is cum quo bellum gesseram privatim possederat. Statuae meae pedestres et equestres et in quadrigeis argenteae steterunt in urbe XXC circiter, quas ipse sustuli, exque ea pecunia dona aurea in aede Apollinis meo nomine et illorum qui mihi statuarum honorem habuerunt posui.
Vainqueur, je remis dans les temples de toutes les cités de la province d'Asie les ornements que celui contre qui j'avais fait la guerre avait pris à titre privé après avoir dépouillé ces temples. Environ quatre-vingts statues d'argent de moi, à pied, à cheval ou sur un quadrige, se dressaient dans la ville ; je les fis moi-même enlever, et avec cet argent je déposai des offrandes d'or dans le temple d'Apollon, en mon nom et au nom de ceux qui m'avaient fait l'honneur de ces statues.
Chapitre 25
Mare pacavi a praedonibus. Eo bello servorum qui fugerant a dominis suis et arma contra rem publicam ceperant triginta fere millia capta dominis ad supplicium sumendum tradidi. Iuravit in mea verba tota Italia sponte sua, et me belli quo vici ad Actium ducem depoposcit; iuraverunt in eadem verba provinciae Galliae, Hispaniae, Africa, Sicilia, Sardinia. Qui sub signis meis tum militaverint fuerunt senatores plures quam DCC, in iis qui vel antea vel postea consules facti sunt ad eum diem quo scripta sunt haec LXXXIII, sacerdotes circiter CLXX.
Je délivrai la mer des pirates. Dans cette guerre, je livrai à leurs maîtres, pour qu'ils soient punis, environ trente mille esclaves qui s'étaient enfuis de chez leurs maîtres et avaient pris les armes contre la République. Toute l'Italie me prêta spontanément serment de fidélité et me réclama comme chef de la guerre que je remportai à Actium ; prêtèrent le même serment les provinces de Gaule, d'Espagne, d'Afrique, de Sicile et de Sardaigne. Ceux qui servirent alors sous mes enseignes comptèrent plus de sept cents sénateurs, parmi lesquels quatre-vingt-trois furent faits consuls avant ou après, jusqu'au jour où j'écris ceci, et environ cent soixante-dix furent faits prêtres.
Chapitre 26
Omnium provinciarum populi Romani quibus finitimae fuerunt gentes quae non parerent imperio nostro fines auxi. Gallias et Hispanias provincias, item Germaniam, qua includit Oceanus a Gadibus ad ostium Albis fluminis pacavi. Alpes a regione ea quae proxima est Hadriano mari ad Tuscum pacificavi nulli genti bello per iniuriam inlato. Classis mea per Oceanum ab ostio Rheni ad solis orientis regionem usque ad fines Cimbrorum navigavit, quo neque terra neque mari quisquam Romanus ante id tempus adit. Cimbrique et Charydes et Semnones et eiusdem tractus alii Germanorum populi per legatos amicitiam meam et populi Romani petierunt. Meo iussu et auspicio ducti sunt duo exercitus eodem fere tempore in Aethiopiam et in Arabiam quae appellatur Eudaemon, magnaeque hostium gentis utriusque copiae caesae sunt in acie et complura oppida capta. In Aethiopiam usque ad oppidum Nabata perventum est, cui proxima est Meroe; in Arabiam usque in fines Sabaeorum processit exercitus ad oppidum Mariba.
J'agrandis les frontières de toutes les provinces du peuple romain qui avaient pour voisins des peuples ne se soumettant pas à notre autorité. Je pacifiai les provinces de Gaule et d'Espagne, ainsi que la Germanie, dans la région que borde l'Océan depuis Cadix jusqu'à l'embouchure de l'Elbe. Je pacifiai les Alpes, depuis la région la plus proche de la mer Adriatique jusqu'à la mer Tyrrhénienne, sans faire la guerre injustement à aucun peuple. Ma flotte navigua par l'Océan, depuis l'embouchure du Rhin vers l'orient, jusqu'aux confins des Cimbres, où jamais aucun Romain n'était parvenu auparavant, ni par terre ni par mer. Les Cimbres, les Charydes, les Semnons et d'autres peuples germains de cette région sollicitèrent par des ambassadeurs mon amitié et celle du peuple romain. Sur mon ordre et sous mes auspices furent conduites, à peu près au même moment, deux armées en Éthiopie et en Arabie, dite Heureuse ; de grandes forces ennemies des deux peuples furent taillées en pièces au combat, et plusieurs villes furent prises. En Éthiopie, on parvint jusqu'à la ville de Napata, tout près de Méroé ; en Arabie, l'armée s'avança jusqu'aux confins des Sabéens, jusqu'à la ville de Mariba.
Chapitre 27
Aegyptum imperio populi Romani adieci. Armeniam maiorem interfecto rege eius Artaxe cum possem facere provinciam malui maiorum nostrorum exemplo regnum id Tigrani regis Artavasdis filio, nepoti autem Tigranis regis, per Ti. Neronem tradere, qui tum mihi privignus erat. Et eandem gentem postea desciscentem et rebellantem domitam per Gaium filium meum regi Ariobarzani regis Medorum Artabazi filio regendam tradidi, et post eius mortem filio eius Artavasdi; quo interfecto Tigranem qui erat ex regio genere Armeniorum oriundus in id regnum misi. Provincias omnis quae trans Hadrianum mare vergunt ad orientem Cyrenasque, iam ex parte magna regibus ea possidentibus, et antea Siciliam et Sardiniam occupatas bello servili reciperavi.
J'annexai l'Égypte à l'empire du peuple romain. Ayant pu faire une province de la Grande Arménie, après la mort de son roi Artaxias, je préférai, suivant l'exemple de nos ancêtres, remettre ce royaume, par l'intermédiaire de Tibère Néron, alors mon beau-fils, à Tigrane, fils du roi Artavasde et petit-fils du roi Tigrane. Et le même peuple, s'étant ensuite révolté, je le soumis de nouveau par mon fils Caius et le confiai au roi Ariobarzane, fils du roi des Mèdes Artabaze, puis, après sa mort, à son fils Artavasde ; celui-ci ayant été tué, j'envoyai régner sur ce royaume Tigrane, issu de la famille royale d'Arménie. Je récupérai toutes les provinces situées au-delà de la mer Adriatique, vers l'orient, ainsi que la Cyrénaïque, alors possédées en grande partie par des rois, de même que la Sicile et la Sardaigne, précédemment occupées lors de la guerre servile.
Chapitre 28
Colonias in Africa, Sicilia, Macedonia, utraque Hispania, Achaia, Asia, Syria, Gallia Narbonensi, Pisidia militum deduxi. Italia autem XXVIII colonias quae vivo me celeberrimae et frequentissimae fuerunt mea auctoritate deductas habet.
J'établis des colonies de soldats en Afrique, en Sicile, en Macédoine, dans les deux Espagnes, en Achaïe, en Asie, en Syrie, dans la Gaule Narbonnaise, en Pisidie. L'Italie compte, de plus, vingt-huit colonies établies sur mon autorité, qui furent de mon vivant très peuplées et florissantes.
Chapitre 29
Signa militaria complura per alios duces amissa devictis hostibus recepi ex Hispania et Gallia et a Dalmateis. Parthos trium exercitum Romanorum spolia et signa reddere mihi supplicesque amicitiam populi Romani petere coegi. Ea autem signa in penetrali quod est in templo Martis Ultoris reposui.
Je récupérai, après avoir vaincu les ennemis, plusieurs enseignes militaires perdues par d'autres généraux, en Espagne, en Gaule et chez les Dalmates. Je contraignis les Parthes à me rendre les dépouilles et les enseignes de trois armées romaines, et à demander, en suppliants, l'amitié du peuple romain. Ces enseignes, je les déposai dans le sanctuaire intérieur du temple de Mars Vengeur.
Chapitre 30
Pannoniorum gentes, quas ante me principem populi Romani exercitus nunquam adit, devictas per Ti. Neronem, qui tum erat privignus et legatus meus, imperio populi Romani subieci, protulique fines Illyrici ad ripam fluminis Danui. Citra quod Dacorum transgressus exercitus meis auspicis victus profilgatusque est, et postea trans Danuvium ductus exercitus meus Dacorum gentes imperia populi Romani perferre coegit.
Les peuples de Pannonie, chez qui jamais avant mon principat une armée du peuple romain n'était parvenue, furent vaincus par Tibère Néron, alors mon beau-fils et mon légat, et je les soumis à l'empire du peuple romain, repoussant les frontières de l'Illyricum jusqu'aux rives du Danube. Une armée des Daces qui avait franchi ce fleuve fut vaincue et défaite sous mes auspices, et par la suite mon armée, conduite au-delà du Danube, contraignit les peuples daces à supporter les ordres du peuple romain.
Chapitre 31
Ad me ex India regum legationes saepe missae sunt non visae ante id tempus apud quemquam Romanorum ducem. Nostram amicitiam appetiverunt per legatos Bastarnae Scythaeque et Sarmatarum qui sunt citra flumen Tanaim et ultra reges, Albanorumque rex et Hiberorum et Medorum.
Des ambassades de rois furent souvent envoyées vers moi depuis l'Inde, chose qu'on n'avait vue auprès d'aucun général romain avant cette époque. Recherchèrent notre amitié, par des ambassadeurs, les Bastarnes, les Scythes, les rois des Sarmates établis en deçà et au-delà du fleuve Tanaïs, ainsi que le roi des Albanais, celui des Ibères et celui des Mèdes.
Chapitre 32
Ad me supplices confugerunt reges Parthorum Tiridates et postea Phrates regis Phratis filius, Medorum Artavasdes, Adiabenorum Artaxares, Britannorum Dumnobellaunus et Tincommius, Sugambrorum Maelo, Marcomanorum Sueborum [...]. Ad me rex Parthorum Phrates Orodis filius filios suos nepotesque omnes misit in Italiam non bello superatus, sed amicitiam nostram per liberorum suorum pignora petens. Plurimaeque aliae gentes expertae sunt p. R. fidem me principe quibus antea cum populo Romano nullum extiterat legationum et amicitiae commercium.
Se réfugièrent auprès de moi, en suppliants, les rois des Parthes Tiridate, puis Phraatès, fils du roi Phraatès, le roi des Mèdes Artavasde, le roi des Adiabéniens Artaxarès, les rois des Bretons Dumnobellaunus et Tincommius, le roi des Sicambres Mélon, et [un roi] des Marcomans et des Suèves [passage lacunaire]. Le roi des Parthes Phraatès, fils d'Orodès, m'envoya en Italie tous ses fils et petits-fils, non qu'il eût été vaincu par la guerre, mais recherchant notre amitié en gageant ses propres enfants. Et bien d'autres peuples encore firent l'expérience de la loyauté du peuple romain sous mon principat, alors qu'auparavant n'avait existé aucun échange d'ambassades ni d'amitié avec le peuple romain.
Chapitre 33
A me gentes Parthorum et Medorum per legatos principes earum gentium reges petitos acceperunt: Parthi Vononem, regis Phratis filium, regis Orodis nepotem, Medi Ariobarzanem, regis Artavazdis filium, regis Ariobarzanis nepotem.
Les peuples des Parthes et des Mèdes reçurent de moi, par leurs ambassadeurs, les rois qu'ils avaient demandés, issus des plus grandes familles de ces peuples : les Parthes reçurent Vonon, fils du roi Phraatès et petit-fils du roi Orodès ; les Mèdes reçurent Ariobarzane, fils du roi Artavasde et petit-fils du roi Ariobarzane.
Chapitre 34
In consulatu sexto et septimo, postquam bella civilia exstinxeram, per consensum universorum potitus rerum omnium, rem publicam ex mea potestate in senatus populique Romani arbitrium transtuli. Quo pro merito meo senatus consulto Augustus appellatus sum et laureis postes aedium mearum vestiti publice coronaque civica super ianuam meam fixa est et clupeus aureus in curia Iulia positus, quem mihi senatum populumque Romanum dare virtutis clementiaeque et iustitiae et pietatis caussa testatum est per eius clupei inscriptionem. Post id tempus auctoritate omnibus praestiti, potestatis autem nihilo amplius habui quam ceteri qui mihi quoque in magistratu conlegae fuerunt.
Durant mon sixième et mon septième consulat, après avoir éteint les guerres civiles, ayant obtenu par le consentement unanime la maîtrise de toutes choses, je transférai la République de mon pouvoir à la disposition du Sénat et du peuple romain. Pour ce mérite, je fus appelé Auguste par un sénatus-consulte, les montants de ma porte furent publiquement revêtus de lauriers, une couronne civique fut fixée au-dessus de ma porte, et un bouclier d'or fut placé dans la curie Julia, dont l'inscription atteste que le Sénat et le peuple romain me l'offrirent en raison de mon courage, de ma clémence, de ma justice et de ma piété. Après cette époque, je surpassai tous les autres en autorité, mais je n'eus pas plus de pouvoir que ceux qui furent aussi mes collègues dans chaque magistrature.
Chapitre 35
Tertium decimum consulatum cum gerebam, senatus et equester ordo populusque Romanus universus appellavit me patrem patriae, idque in vestibulo aedium mearum inscribendum et in curia Iulia et in foro Aug. sub quadrigis quae mihi ex s.c. positae sunt censuit. Cum scripsi haec annum agebam septuagensumum sextum.
Alors que j'exerçais mon treizième consulat, le Sénat, l'ordre équestre et le peuple romain tout entier m'appelèrent père de la patrie, et ils décrétèrent que cela serait inscrit dans le vestibule de ma maison, dans la curie Julia et sur le forum d'Auguste, sous le quadrige qui m'y fut élevé par sénatus-consulte. Lorsque j'écrivis ceci, j'étais dans ma soixante-seizième année.
 
Appendice : résumé ajouté au monument
Ce court résumé chiffré, qui ne fait pas partie du texte rédigé par Auguste lui-même, a été ajouté après sa mort — probablement par le Sénat ou les rédacteurs du monument — pour clore l'inscription d'une synthèse globale.
Chapitre App. 1
Summa pecuniae quam dedit vel in aerarium vel Plebei Romanae vel dimissis militibus: denarium sexiens milliens.
Total de l'argent qu'il donna, soit au trésor public, soit à la plèbe romaine, soit aux soldats congédiés : six cents millions de deniers.
Chapitre App. 2
Opera fecit nova: aedem Martis, Iovis Tonantis et Feretri, Apollinis, divi Iuli, Quirini, Minervae, Iunonis Reginae, Iovis Libertatis, Larum, deum Penatium, Iuventatis, Matris Magnae, Lupercal, pulvinar ad circum, curiam cum Chalcidico, forum Augustum, basilicam Iuliam, theatrum Marcelli, porticum Octaviam, nemus trans Tiberim Caesarum.
Il fit construire comme ouvrages neufs : le temple de Mars, de Jupiter Tonnant et Feretrius, d'Apollon, du divin Jules, de Quirinus, de Minerve, de Junon Reine, de Jupiter Libérateur, des Lares, des Pénates, de la Jeunesse, de la Grande Mère, le Lupercal, la loge d'honneur du cirque, la Curie avec le Chalcidicum, le Forum d'Auguste, la basilique Julia, le théâtre de Marcellus, le portique d'Octavie, le bois des Césars au-delà du Tibre.
Chapitre App. 3
Refecit Capitolium sacrasque aedes numero octoginta duas, theatrum Pompei, aquarum rivos, viam Flaminiam.
Il restaura le Capitole et quatre-vingt-deux temples sacrés, le théâtre de Pompée, les canalisations d'eau, la voie Flaminienne.
Chapitre App. 4
Impensa praestita in spectacula scaenica et munera gladiatorum atque athletas et venationes et naumachiam et donata pecunia colonis, municipiis, oppidis terrae motu incendioque consumptis aut viritim amicis senatoribusque quorum census explevit innumerabilis.
La dépense consacrée aux spectacles de théâtre, aux combats de gladiateurs, aux athlètes, aux chasses et au combat naval, ainsi qu'aux sommes données aux colonies, municipes et villes détruites par des tremblements de terre ou des incendies, ou données par tête à des amis et des sénateurs dont il compléta le cens, est incalculable.

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