Rome 0 Thermes Rione Monti Esquilin Thermes de Trajan Fontanella dei Fasci









Rome Rione Monti Esquilin Thermes de Trajan
English Translation
Rione Monti
Regiones Quattuordecim    Regio III Isis et Serapis
English Translation

 

 

 


 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les  vestiges des thermes de Trajan sont visibles.sur le versant sud de la colline d'Oppio ssituée dans la Regio III, . Ce fut pendant longtemps les thermes les plus grands du monde romain  La construction de ces thermes avait très probablement débuté sous le règne de Domitien, mais ils ont été achevés en 109 après JC, Ces thermes  ont été construits, comme le rappellent des sources littéraires anciennes, sur un projet de l'architecte le plus célèbre de l'époque, Apollodore de Damas.mais sur ce site se trouve une fontaine d'eau d'une époque bine plus proche de nous elle date de Ere Fascite de Mussolini
Vous avez un article sur l'empreinte visible de nos jours sur Rome laisée par le Dictateur Italien entre  1922 et 1943 et ici nous avons une fontaine de cette époque ; Il y en a encore de nombreuses dans Romeà découvrir aux detours de ballades
Voyons le monument 


La Fontanella dei Fasci  Une fontaine de l'époque fasciste dans le parc du Colle Oppio, Rome
Tableaux générés par l IA sur mes indications

 
Fontanella dei Fasci, parc du Colle Oppio, à proximité des Thermes de Trajan. Les trois faisceaux de licteur en bronze, autrefois surmontés d'une hache, sont incrustés dans le pilier de travertin.
 
 
 
 
Nom
Fontanella dei Fasci (fontaine des Faisceaux)
Localisation
Parc du Colle Oppio, Rione Monti, Rome — à proximité des Thermes de Trajan
Date de construction
Vers 1928-1929, dans le cadre de l'aménagement du parc
Architecte / concepteur
Raffaele De Vico, architecte-paysagiste du Gouvernorat de Rome
Matériaux
Travertin (corps de la fontaine) et bronze ou pierre sombre incrustée (faisceaux)
Nombre d'exemplaires
Quatre fontaines identiques réparties en différents points du parc
État actuel
Motifs très érodés par le temps et les intempéries ; fontaine toujours en place
Mais  parlons tout d 'abors de l'omni présence des  fontaines à Rome
Origine : l'eau comme enjeu de pouvoir antique
Rome antique se distingue très tôt par une hydraulique hors norme : onze aqueducs construits entre 312 av. J.-C. (l'Aqua Appia) et 226 apr. J.-C. (l'Aqua Alexandrina) acheminent l'eau des collines environnantes jusqu'à la ville, alimentant thermes, fontaines publiques et maisons privées. Sous l'Empire, Rome compterait plusieurs centaines de fontaines et bassins publics — l'abondance d'eau devient un argument de prestige politique, chaque empereur voulant laisser sa fontaine ou son aqueduc (on l'a vu avec la citerne des Sept Salles de Trajan).
Le Moyen Âge : l'effondrement
Avec la chute de l'Empire et les sièges successifs (notamment celui des Goths en 537, qui coupent volontairement les aqueducs), le réseau se dégrade et beaucoup de conduits sont abandonnés ou détournés vers des moulins.
Rome médiévale, repliée sur les rives du Tibre, perd l'essentiel de son ancienne abondance en eau.
La Renaissance et le Baroque : la reconquête pontificale
À partir du XVe-XVIe siècle, les papes relancent une véritable politique de restauration des aqueducs antiques
Acqua Vergine restaurée dès 1453,
Acqua Felice sous Sixte Quint en 1585,
Acqua Paola sous Paul V en 1612
Chacun célébrant son œuvre par une fontaine monumentale à l'arrivée du conduit en ville  la Fontana di Trevi (alimentée par l'Aqua Vergine) ou la Fontana dell'Acqua Paola sur le Janicule en sont les exemples les plus spectaculaires.
Le Baroque romain, avec des artistes comme le Bernin (Fontaine des Quatre-Fleuves, Piazza Navona, 1651) ou Nicola Salvi (Trevi, achevée en 1762), transforme la fontaine en véritable spectacle sculptural et théâtral, outil de prestige pontifical autant que d'urbanisme.

Attention pour etre précis

En italien (et dans le vocabulaire savant francophone de l'histoire de l'art, souvent repris tel quel), on parle de « mostra », ou plus précisément de mostra terminale d'un aqueduc (mostra dell'acqua, mostra terminale dell'acquedotto).

Ce terme désigne précisément la fontaine monumentale bâtie au point d'arrivée d'un aqueduc dans la ville — l'endroit où l'eau, après des kilomètres de canalisation souterraine, est enfin « montrée » (mostrare = montrer) au public dans un dispositif architectural spectaculaire. C'est exactement le rôle que joue la Fontaine de Trevi : elle n'est pas une simple fontaine décorative, mais très précisément la mostra terminale de l'Aqua Virgo (l'Acqua Vergine), l'aqueduc antique fait construire par Agrippa en 19 av. J.-C., resté d'ailleurs le seul aqueduc romain jamais interrompu depuis l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui.

Ce même mécanisme se retrouve pour les autres grandes fontaines papales :

  • la Fontana del Mosè (Piazza San Bernardo) = mostra terminale de l'Acquedotto Felice (Sixte Quint, 1585-1589) ;
  • la Fontana dell'Acqua Paola (« Fontanone » du Janicule) = mostra terminale de l'Acquedotto Paolo (Paul V, restauré en 1612) ;
  • la Fontana delle Naiadi (Piazza della Repubblica) = mostra du nouvel Acquedotto Marcio (fin XIXe siècle).

Donc « Fontaine de Trevi » n'est pas faux en soi (c'est bien son nom d'usage), mais il existe un terme technique plus précis pour désigner sa fonction architecturale : c'est une mostra, et non une simple fontaine parmi d'autres — la distinction est justement que toute mostra est une fontaine, mais toute fontaine n'est pas une mostra (beaucoup, comme les nasoni ou les fontaines de quartier, ne marquent pas l'arrivée d'un aqueduc).


Le XXe siècle : la fontaine au service de tous les régimes
Chaque pouvoir a continué à s'approprier ce langage : le régime fasciste multiplie lui aussi les fontaines de quartier (comme les Fontanelle dei Fasci du Colle Oppio) dans le cadre de sa politique de romanità, preuve que l'eau publique reste un marqueur politique fort bien après l'Antiquité.
Aujourd'hui : les nasoni, une fontaine tous les 100 mètres
Rome compte aujourd'hui plus de 2 500 petites fontaines publiques appelées nasoni (« gros nez », à cause de leur bec incurvé), installées à partir de 1874 pour offrir de l'eau potable gratuite à tous les habitants, alimentées en circuit continu (l'eau coule en permanence, sans robinet) directement depuis les sources des Apennins — une eau réputée excellente, toujours gratuite, qui fait dire aux Romains qu'on ne meurt jamais de soif dans leur ville.
Cette continuité — aqueducs antiques, fontaines pontificales, fontanelle fascistes, nasoni municipaux — fait des fontaines l'un des fils conducteurs les plus visibles pour lire, dans la pierre, toute l'histoire politique de Rome.

 
Une petite fontaine chargée de symboles
Au détour d'une allée du parc du Colle Oppio, tout près des vestiges des Thermes de Trajan, se dresse un simple bloc de travertin équipé d'un robinet et d'une vasque : une fontaine publique parmi tant d'autres à Rome, en apparence. Mais sur son flanc, trois longues tiges verticales terminées par une forme évasée trahissent immédiatement son origine : ce sont des fasces (fasci littori), le symbole du régime fasciste italien, gravés ou incrustés dans la pierre. Cette « Fontanella dei Fasci » n'est pas un cas isolé : le parc en conserve quatre exemplaires identiques, disséminés en différents points du jardin.
Chaque fontaine se présente comme un parallélépipède de travertin orné, sur l'une de ses faces, de trois faisceaux littoriens, aujourd'hui presque entièrement abrasés par le temps et les intempéries. À l'avant, une simple cannelle de bronze déverse l'eau dans un catin (petit bassin), qui se déverse à son tour dans une vasque de récupération à fleur de sol — un dispositif typique des fontaines publiques romaines des années 1920-1930, à la fois utilitaire et soigné dans son dessin.
Le symbole du fascio littorio
Le fascio littorio, ou faisceau de licteur, est un symbole hérité directement de la Rome antique : dans la Rome républicaine puis impériale, il désignait un assemblage de baguettes de bois liées par des lanières de cuir, autour d'une hache, que portaient les licteurs en signe du pouvoir de vie et de mort des magistrats sur les citoyens condamnés.
Ce symbole antique connut une seconde vie politique bien avant le fascisme : repris dès la Révolution française comme emblème de l'unité et de l'ordre républicain, il figure encore aujourd'hui dans le sceau de la République française. Mais c'est le régime de Benito Mussolini qui s'en empara le plus systématiquement à partir de 1919, en tirant même son nom du mot « fascio » (faisceau, en référence aux groupes ou « fasci » de combattants). Le fascio littorio devint dès lors l'emblème officiel du Parti national fasciste et de l'État italien,qui fut pr la suite   martelé( comme dans l Antiquite Romaine la Damnatio Mémoria sur d'innombrables bâtiments publics, monuments, pièces de monnaie et objets du quotidien entre 1922 et 1943.
Cette réappropriation d'un symbole antique n'était pas un hasard : le régime fasciste cultivait avec insistance le mythe de la « romanité » (romanità), présentant l'Italie mussolinienne comme l'héritière directe de la grandeur impériale romaine. Cette rhétorique se traduisit concrètement dans l'urbanisme de Rome, avec la percée de la Via dell'Impero (aujourd'hui Via dei Fori Imperiali), la mise en scène des ruines antiques et la création de nombreux espaces verts, comme précisément le parc du Colle Oppio.
Le parc du Colle Oppio, écrin de la fontaine
Le Colle Oppio, l'une des collines de l'Esquilin, avait été affecté à un usage de jardin public dès 1871, au lendemain de l'unification de l'Italie, mais dans un style encore anglais assez conventionnel. C'est seulement à partir de 1928 que le site prit sa physionomie actuelle, dans le cadre des grands programmes d'urbanisme de la Rome mussolinienne, marqués par l'exaltation du passé impérial et un goût prononcé pour les espaces verts monumentaux.
Le premier noyau du parc, comprenant la zone proche des substructions de la grande exèdre méridionale des Thermes de Trajan, le talus donnant sur la Via Labicana et le côté vers la Via Mecenate, fut réalisé entre 1928 et 1932 par l'architecte-paysagiste Raffaele De Vico, conseiller artistique pour les jardins du Gouvernorat de Rome. Le jardin s'organise autour du croisement de deux allées principales, le Viale Mizzi et le Viale della Domus Aurea, dotées d'entrées monumentales et enrichies d'une série de fontaines et de jeux d'eau tirant parti de la pente naturelle du terrain.
Parmi les autres réalisations de De Vico dans le parc figurent la fontaine des Amphores (Fontana delle Anfore), un vaste nymphée aux décors de tuf, ainsi que deux fontaines jumelles donnant sur la Via Labicana. L'aménagement de la partie supérieure de la colline, incluant les vestiges des Thermes de Trajan et de la Citerne des Sept Salles, fut quant à lui pris en charge un peu plus tard, entre 1935 et 1936, par Antonio Muñoz, directeur des Antiquités et Beaux-Arts du Gouvernorat, qui privilégia des perspectives spectaculaires sur les ruines antiques.
Un patrimoine controversé, conservé tel quel
Contrairement à d'autres symboles plus explicitement liés à la personne de Mussolini, qui furent retirés ou martelés à la Libération, les faisceaux littoriens ornant le mobilier urbain — fontaines, grilles, façades d'immeubles — n'ont, dans la grande majorité des cas, jamais été effacés. Leur ambiguïté même (symbole à la fois antique et fasciste) et leur intégration dans un patrimoine architectural plus large ont contribué à leur conservation presque telle quelle jusqu'à aujourd'hui, y compris dans des lieux aussi fréquentés que le parc du Colle Oppio.
Ces fontanelle constituent ainsi un témoignage discret mais parlant de l'histoire du XXe siècle romain : la petite échelle de l'objet — un simple point d'eau pour les promeneurs du parc — contraste avec la charge symbolique du motif qui l'orne, rappelant que l'esthétique du régime fasciste s'est diffusée jusque dans les détails les plus quotidiens de l'aménagement urbain.
Le parc du Colle Oppio, avec ses fontaines, ses portails et son système hydraulique d'origine, a récemment fait l'objet d'un programme de restauration financé par des fonds européens du PNRR (« Caput Mundi »), visant à restituer sa lisibilité à l'ensemble du dessin paysager conçu par De Vico et Muñoz entre 1928 et 1936, sans effacer pour autant les marques de son époque de création.
 
 
 
   


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