Train Blindé Soviétique Bronepoezd Wagon Broneplochtchadka 1935









Train Blindé Soviétique Bronepoezd  Wagon  Broneplochtchadka 1935
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Les trains blindés soviétiques bronepoezd : histoire, fonctionnement et comparaison avec les Panzerzug allemands
 
 
1. Un vestige de train blindé : le wagon n° 910-1045
Ce wagon blindé massif, aux flancs rivetés et à la caisse trapézoïdale caractéristique, est identifié par le panneau du musée sous le numéro 910-1045. Ce type de plateforme, dépourvue de toit et ouverte à son sommet, servait à l'origine à transporter et mettre en batterie de l'artillerie ou des mitrailleuses protégées, intégrée à la composition d'un train blindé.
Fiche technique
Désignation
Numéro
Année
Bronéplochtchadka (plateforme blindée)
910-1045
1935
Base
Usine constructrice
Ville
Plateforme ferroviaire à deux essieux
Usine « Serp i Molot » (Faucille et Marteau)
Kharkiv, URSS

 
Ce wagon blindé fut construit en 1935 à partir d'une plateforme ferroviaire à deux essieux, fabriquée à l'usine « Serp i Molot » (littéralement « Faucille et Marteau ») de Kharkiv, en Ukraine soviétique. Cette ville industrielle majeure du sud de l'URSS abritait plusieurs grands établissements métallurgiques et de construction ferroviaire durant l'entre-deux-guerres.
. Anatomie d'un train blindé soviétique
Un train blindé soviétique typique (années 1920-1940) se composait de plusieurs éléments accrochés en convoi, chacun ayant un rôle précis dans le dispositif de combat.
La locomotive blindée
Placée au centre du convoi — position la plus protégée, loin des extrémités vulnérables aux mines — elle était souvent une locomotive à vapeur type Ov (« Ovechka ») ou Or, choisies pour leur robustesse et leur simplicité mécanique. Le blindage protégeait la chaudière, la cabine et le tender, avec des plaques rivetées de 10 à 20 mm d'épaisseur. Un point faible subsistait néanmoins : la vulnérabilité aux tirs visant les roues motrices et les conduites de vapeur.
Les bronéplochtchadki (plateformes blindées d'artillerie)
Wagons à deux essieux, comme celui conservé au musée, ils étaient généralement armés d'un à deux canons (76 mm le plus souvent, parfois montés en tourelle de char récupérée) et de plusieurs mitrailleuses (Maxim ou DT) en casemate latérale. Placées de chaque côté de la locomotive, elles permettaient un tir croisé tout en protégeant la machine elle-même. L'équipage type comptait 15 à 20 hommes par plateforme.
Les wagons de contrôle
Wagons plats non blindés, poussés en tête et en queue du convoi, ils transportaient rails, traverses et outillage de réparation. Ils servaient surtout de « tampon » : en cas de mine ou de sabotage de la voie, c'est ce wagon sacrifiable qui déraillait en premier, épargnant la locomotive et les plateformes de combat.
Le wagon de commandement et logistique
Il comprenait le poste de commandement du train (officier commandant, transmissions radio et téléphone), une soute à munitions blindée, ainsi que des réserves de vivres et de carburant. Certains trains blindés soviétiques emportaient aussi un petit char léger (T-27 ou T-38) sur wagon plat, débarquable par rampe pour des missions de reconnaissance ou d'appui rapproché loin de la voie ferrée.
Rôle et histoire
Les trains blindés soviétiques des années 1930 associaient généralement une locomotive protégée à plusieurs wagons blindés et armés, capables d'appuyer les troupes au sol le long des voies ferrées ou de défendre des points stratégiques. Ce mode de combat, hérité de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe, resta employé par l'Armée rouge jusque pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment pour la défense de nœuds ferroviaires et la lutte antiaérienne.
Au moment de l'invasion de la Wehrmacht le 22 juin 1941, l'Armée rouge et les troupes du NKVD disposaient d'une soixantaine de « forteresses sur rails », fonctionnant de façon autonome ou regroupées en divisions distinctes de deux à trois trains chacune. Au début du conflit, ces trains se voyaient souvent attribuer un rôle de « kamikazes », couvrant seuls la retraite d'unités soviétiques en déroute pour retarder l'ennemi de quelques heures — une mission périlleuse, sachant que si les voies ferrées étaient coupées, le train était condamné, détruit par l'ennemi ou sabordé par son propre équipage pour éviter sa capture. L'URSS perdit ainsi 63 trains blindés en 1941-1942, tout en poursuivant la construction de nouvelles unités dès les premiers jours de la guerre.
Quelques faits d'armes marquants
  • Le train « Fantôme vert » : recouvert de plaques de 30 mm et capable d'atteindre 50 km/h, il se dissimulait dans des tunnels creusés à même la roche, surgissait pour frapper les fortifications ennemies puis disparaissait aussitôt. Les Allemands, incapables de le localiser durablement, durent finalement recourir à l'aviation pour détruire le tunnel où il se cachait.
  • Le duel de Kovel (4 juin 1944) : un train blindé soviétique y détruisit un train blindé allemand, surnommé à tort « Adolf Hitler » par les Soviétiques — les panzerzug du Troisième Reich n'ayant en réalité pas de noms.
  • Le train blindé personnel de Trotski : dès août 1918, le commissaire du peuple à la Guerre disposait d'un train blindé équipé d'une imprimerie, d'une station radio et même d'un petit escadron aérien, utilisé pour galvaniser les troupes pendant la guerre civile russe.
Sur l'ensemble du conflit, les trains blindés soviétiques ont contribué à détruire 370 chars, 712 véhicules et 344 pièces d'artillerie et mortiers ennemis, ainsi qu'à abattre 115 avions allemands. Deux trains blindés de l'Armée rouge et trois trains des troupes du NKVD reçurent l'Ordre de la bannière rouge, et un combattant sur quatre au sein des équipages fut décoré.
 Trains blindés soviétiques et Panzerzug allemands : éléments de comparaison
Les deux camps ont massivement employé des trains blindés sur le front de l'Est, mais avec des doctrines et une évolution assez différentes.
Doctrine d'emploi
Les Panzerzug allemands furent d'abord rattachés au commandement du Génie ferroviaire, puis, à partir de 1941, au commandement des « Schnellen Truppen » (troupes rapides), avec un état-major dédié. Contrairement aux trains soviétiques, conçus dès l'origine pour l'appui-feu offensif des troupes au sol, les modèles allemands furent surtout mobilisés à partir de 1942 pour sécuriser les lignes de ravitaillement sur le front de l'Est, menacées par les raids de partisans.
Composition
Un Panzerzug type (par exemple le BP 42) comprenait un wagon de sécurité (Kontroller), un wagon porte-char, un ou deux wagons d'artillerie et DCA, un wagon de commandement et d'infanterie, ainsi qu'une locomotive blindée — avec souvent deux chars légers embarqués (Pzkpfw 35(t) ou 38(t)) pour la reconnaissance, un principe assez proche des T-27/T-38 soviétiques. Comme chez les Soviétiques, la locomotive était placée en troisième position afin qu'un wagon-plateforme absorbe l'impact d'éventuelles mines.
Origine du matériel
Une partie du parc allemand provenait de prises de guerre : les Allemands disposaient au début du conflit de quelques trains blindés propres, complétés par un nombre considérable de trains polonais et soviétiques capturés, réemployés notamment dans la lutte contre les partisans.
Défense antiaérienne
Sur ce plan, les Soviétiques prirent une nette avance : environ deux cents trains blindés entièrement dédiés à la DCA furent construits pendant la guerre, armés de pièces allant de la mitrailleuse quadruple de 7,62 mm au canon antiaérien de 85 mm. Les versions allemandes équivalentes restaient plus rudimentaires, principalement composées de simples anneaux de béton posés sur des wagons plats et armés de canons légers Flakvierling 38.
Affrontements directs
Les deux camps se sont mutuellement combattus tout au long de la guerre : des duels au canon ont ainsi opposé des trains blindés allemands à des chars et trains blindés soviétiques, sur des fronts aussi variés que les steppes d'Ukraine et de Crimée ou les forêts de Biélorussie et de Russie du Nord.
2026
L' Ienisseï (Yenisei) est un train blindé russe bien réel, en service depuis 2022 dans la guerre russo-ukrainienne, et toujours actif fin 2026.
Caractéristiques principales :
Longueur : 131 m, voie de 1 435 mm
Nommé d'après le fleuve Ienisseï en Sibérie
Selon des sources ukrainiennes, il aurait été construit à partir de pièces dérobées aux chemins de fer ukrainiens dans la région de Kharkiv
Blindage : plaques d'acier laminé de 20 mm, sacs de sable et panneaux bois, ballast anti-mines
Armement : un autocanon 30 mm 2A42 (issu d'un BMP-2), un canon bitube ZU-23-2, plusieurs mitrailleuses NSV Utyos, quelques mortiers 82 mm, et un système de brouillage électronique "Kamych" contre les explosifs radiocommandés
Rôle actuel : contrairement aux trains blindés soviétiques d'appui-feu offensif, le Ienisseï a une mission surtout défensive et logistique — reconnaissance technique, transport de matériel, déminage des voies ferrées et escorte de trains logistiques vers le front, notamment sur l'axe de Pokrovsk dans l'est de l'Ukraine.
C'est en quelque sorte l'héritier direct de la doctrine soviétique qu'on a vue plus tôt : la Russie a ressorti ce concept ancien face aux frappes de drones et à l'artillerie guidée ukrainienne visant ses lignes de ravitaillement ferr
oviaire.
 
Conclusion
En définitive, l'URSS fit des trains blindés un outil offensif et de soutien tactique produit à grande échelle, intégré dès l'origine à la doctrine de l'Armée rouge, tandis que l'Allemagne les employa surtout en soutien logistique et dans la lutte anti-partisans, avec un usage plus tardif et globalement plus défensif sur le front de l'Est. Le wagon n° 910-1045, aujourd'hui exposé au musée ferroviaire, témoigne à son échelle de cette page particulière de l'histoire militaire du XXe siècle.
 
 
   


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