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Tableaux générés par IA sur mes indications
La Berliet de 1920 La conduite intérieure Berliet de 1920, carrosserie bleu nuit,est exposée au Musée de l'Automobile de Vendée.
De l'appentis familial au géant industriel de Vénissieux
Au cœur des collections du Musée de l'Automobile de Vendée, à Talmont-Saint-Hilaire, cette élégante conduite intérieure bleu nuit porte sur sa calandre un nom qui résonne dans toute l'histoire industrielle française : Berliet. Loin de l'image de constructeur de poids lourds à laquelle la marque reste aujourd'hui associée, cette voiture de 1920 rappelle qu'avant de devenir synonyme de camions, Berliet fut aussi, pendant quarante ans, un constructeur automobile à part entière.
L'aventure commence modestement : né à Lyon en 1866, fils aîné d'un tisseur de la Croix-Rousse, Marius Berliet construit son premier moteur monocylindrique en 1894 puis sa première voiture complète l'année suivante, dans un appentis attenant à la maison familiale. Ce coup d'essai le convainc de louer un atelier rue du Repos, dans le quartier lyonnais de Monplaisir, où il se lance véritablement dans la construction automobile.
L'essor industriel : de Monplaisir à Vénissieux
Le succès est rapide. En 1903, Marius Berliet rachète la société de construction automobile Audibert et Lavirotte, puis agrandit ses ateliers de Monplaisir en 1908. Mais c'est en 1916, en pleine Première Guerre mondiale, que la firme change véritablement d'échelle : Berliet acquiert plusieurs centaines d'hectares de terrain à Vénissieux et Saint-Priest, où il fait construire une usine intégrée ultramoderne, de la fonderie à la chaîne de montage, conçue pour la fabrication en série aussi bien de camions que de voitures particulières.
Le conflit mondial profite paradoxalement à l'entreprise : ses camions CBA, robustes et économiques, sont commandés à près de 15 000 exemplaires par l'armée française et participent activement au ravitaillement de Verdun par la célèbre Voie Sacrée. C'est dans cette période de forte expansion industrielle, entre l'effort de guerre et la reconversion vers la production civile, que sort des chaînes de Vénissieux cette conduite intérieure de 1920, modèle de type VB à quatre cylindres.
Le modèle exposé : caractéristiques techniques
Le véhicule conservé au musée illustre bien la production automobile Berliet du tout début des années 1920 : une élégante berline « conduite intérieure », dotée d'un habitacle clos tout en vitrages, d'un marchepied en laiton et de doubles portes latérales, offrant à ses passagers un confort bourgeois bien éloigné des rudes torpédos de la décennie précédente. Sous son capot, un quatre-cylindres entraîne les roues arrière par l'intermédiaire d'une boîte à trois rapports, le tout freiné mécaniquement, pour une vitesse de pointe avoisinant les 70 km/h.
Des voitures particulières... aux camions Renault Trucks
La fabrication de voitures de tourisme se poursuit chez Berliet jusqu'en 1939, année où la marque choisit de se recentrer exclusivement sur les véhicules industriels : camions, autobus, autocars, tracteurs, et même chars pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette spécialisation façonnera durablement l'identité de l'entreprise, qui deviendra un pilier industriel de la région lyonnaise, comptant jusqu'à 11 000 salariés sur ses deux usines dans les années 1960 et jouant un rôle de premier plan dans les mouvements sociaux de Mai 1968.
Le destin du groupe se poursuit par une série de rapprochements industriels : accord capitalistique avec Michelin en 1967, rachat par Citroën la même année, puis absorption au sein de Saviem pour former Renault Véhicules Industriels en 1978, avant que la branche poids lourds ne soit finalement cédée au groupe suédois AB Volvo en 2000, sous le nom qu'elle porte aujourd'hui : Renault Trucks.
Conclusion
Cette conduite intérieure Berliet de 1920, aujourd'hui exposée au Musée de l'Automobile de Vendée, est un témoin précieux d'un pan méconnu de l'histoire de la marque lyonnaise : celui d'une firme qui, avant de devenir l'un des noms les plus respectés du camion français, sut aussi produire des automobiles particulières soignées et robustes. Les plaques de rallye qui l'accompagnent rappellent en outre que ce véhicule centenaire a continué, bien après-guerre, à rouler aux côtés des passionnés de véhicules anciens — une belle longévité pour l'héritière d'un empire industriel né dans un modeste appentis lyonnais.
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