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History See Here VS-1 BRI Siège Éjectable du L-39 Albatros VZLU Letnany Tchécoslovaquie 1967-1968 Il est le premier siège éjectable de conception tchécoslovaque et la Tchécoslovaquie est leCinquième pays au monde à maîtriser cette technologie
Historique
Quand les ingénieurs d'Aero Vodochody entreprirent en 1964 la conception du L-39 Albatros — successeur du L-29 Delfín — la question du siège éjectable se posa immédiatement comme un enjeu de souveraineté industrielle et technologique. La Tchécoslovaquie était certes membre du Pacte de Varsovie et aurait pu ou du utiliser des sièges éjectables soviétiques. Mais la décision fut prise de développer un siège entièrement national mission confiée au VZLÚ de Let?any, le laboratoire aéronautique de recherche tchécoslovaque. Ce choix ambitieux allait faire de la Tchécoslovaquie l'un des cinq pays au monde à maîtriser cette technologie complexe aux côtés des États-Unis, de l'Union soviétique, du Royaume-Uni et de la France. Pour les tchécoslovaques se fut un exploit de Maîtriser la conception et la production de masse d'un siège éjectable pour avion à réaction qui était en 1968 l'apanage de quelques grandes nations aéronautiques seulement. La Tchécoslovaquie, pays de taille modeste, rejoignit ce club très fermé grâce au VS-1 une réussite technique et industrielle remarquable que les communiqués officiels de l'époque soulignèrent avec fierté.
En 1967, les ingénieurs du VZLU de Letnany fabriquèrent plusieurs prototypes de sièges et commencèrent les essais au sol. L'année suivante, plusieurs prototypes de sièges VS-1B furent fabriqués sans fusée de propulsion car le développement de cette unité prenait du retard. Ces sièges furent testés sur un banc d'essai volant un MiG-15UTI spécialement aménagé.
Environ 50 éjections de test furent effectuées. Elles démontrèrent que les pilotes pouvaient quitter l'avion en sécurité à partir d'une altitude minimale de 300 mètres. Ces résultats permirent d'équiper les premiers prototypes du L-39C avec cette version préliminaire du siège.
La version définitive le VS-1 BRI intégra la fusée de propulsion qui permit d'abaisser considérablement l'altitude minimale d'éjection et d'autoriser l'éjection depuis le sol à vitesse nulle —le fameux 0/0 (zéro altitude / zéro vitesse). Le Siège Éjectable
L'histoire du siège éjectable est intimement liée à l'histoire de l'aviation militaire à réaction. Tant que les avions volaient à des vitesses inférieures à 400-500 km/h, un pilote pouvait sauter par-dessus bord et ouvrir son parachute manuellement. À ces vitesses, le flux d'air, bien que violent, était gérable.
L'avènement des avions à réaction à partir de 1944-1945 changea tout radicalement. À 700, 800 ou 900 km/h, le flux d'air au moment du saut était meurtrier la pression aérodynamique pouvait casser les membres, arracher le casque, désorienter ou tuer un pilote avant même qu'il ait pu ouvrir son parachute. Il fallait un moyen de propulser le pilote hors du cockpit en une fraction de seconde, avant qu'il ne soit frappé par le flux. Les pionniers se trouvent en Allemagne en 1944 Les premiers sièges éjectables opérationnels furent développés par l'Allemagne vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Heinkel et la firme suédoise Saab travaillèrent sur ces systèmes dès 1940-1941. Le premier sauvetage par siège éjectable documenté eut lieu en janvier 1942 sur un prototype Heinkel He 280. Le pilote allemand Helmut Schenk s'éjecta à environ 2 400 mètres après que son avion devint incontrôlable dans une tempête de neige sauvant sa vie grâce à cette technologie toute nouvelle.
Les Britanniques développèrent leurs propres systèmes via Martin-Baker firme irlando-britannique qui allait devenir le leader mondial absolu du siège éjectable. Le premier éjectable Martin-Baker opérationnel sauva sa première vie en juillet 1946. Depuis lors, Martin-Baker revendique plus de 7 700 vies sauvées par ses sièges.
Quand le VS-1 BRI fut développé en 1967-1968, seuls cinq pays au monde maîtrisaient la conception et la production de masse de sièges éjectables pour avions à réaction :
Le VS-1 BRI
Comparé à ses contemporains occidentaux — notamment le Martin-Baker Mk.6 qui équipait alors la plupart des avions OTAN le VS-1 BRI était un siège robuste et fonctionnel, bien adapté aux besoins d'un avion d'entraînement. Il ne possédait pas les sophistications des sièges ZÉRO-ZÉRO les plus avancés de l'Ouest, mais sa capacité à sauver des pilotes dans les situations d'urgence les plus courantes fut démontrée à de nombreuses reprises au fil des décennies de service du L-39. La structure principale châssis en aluminium gris peint rails de guidage latéraux verticaux sur lesquels glisse le siège lors de l'éjection
L'appuie-tête — coussin noir carré — élément essentiel pour maintenir la tête du pilote dans l'axe lors des accélérations de l'éjection Le harnais — sangles grises croisées — système 4 points visible — boucle centrale argentée — maintien du pilote sur le siège
Les poignées d'éjection — EN ROUGE — les deux poignées rouges en forme d'arceau visibles entre les jambes du pilote — orange vif pour être trouvées instinctivement en situation d'urgence L'assise — coussin marron/beige — rembourrage de l'assise proprement dite Le bas du siège — caisson en aluminium poli — contient le générateur de gaz / charge propulsive pyrotechnique Les repose-pieds latéraux — deux cylindres noirs symétriques — permettent de maintenir les jambes du pilote lors de l'éjection et d'éviter les blessures aux membres inférieurs Les mécanismes latéraux — visible à droite une pièce jaune (probablement un système de verrouillage de sécurité) — à gauche une pièce rouge (système de déverrouillage) ? Les poignées rouges : Le rouge écarlate des poignées d'éjection est une norme internationale de sécurité — toutes les commandes d'urgence vitales dans les cockpits militaires sont marquées en rouge ou orange pour être trouvées et actionnées instinctivement même dans la panique ou sous forte accélération. Sur le VS-1 BRI, ces poignées se trouvent entre les genoux du pilote — une position permettant de les saisir même si les bras sont soumis à de fortes accélérations.
Le BRI sur les L-39 Civils La seconde vie de l'Albatros dans le civil Après la fin de la guerre froide, des centaines de L-39 Albatros militaires furent mis en vente sur le marché civil notamment aux États-Unis où la FAA en recensait déjà plus de 220 immatriculés en 2003. Ces anciens jets militaires, abordables à l'achat et relativement économiques à opérer, séduisirent les pilotes privés fortunés, les équipes de voltige aérienne et les propriétaires de warbirds. Mais avec l'avion, ces propriétaires héritaient aussi de ses sièges éjectables VS-1 BRI et avec eux d'une responsabilité technique et réglementaire considérable. Les sièges froids Les cartouches pyrotechniques, les fusées, les initiateurs, les séquences de verrière et les inspections associées exigent une discipline militaire dans un environnement civil qui ne l'est pas toujours. C'est pour cela que beaucoup de L-39 civils volent avec des sièges dits froids désactivés ou sécurisés — dont les charges pyrotechniques ont été retirées ou neutralisées. Ce choix — pragmatique économiquement — soulève cependant des questions sérieuses. Un siège désactivé ne peut pas sauver un pilote en situation d'urgence. La question est donc celle d'une balance des risques— le risque d'un siège mal maintenu qui pourrait se déclencher accidentellement ou mal fonctionner en urgence, versus l'absence totale de système de sauvetage par éjection. Il est important de souligner qu'une éjection réussie n'est pas une sortie indemne. Les accélérations brutales de 14 à 18 g peuvent causer des fractures vertébrales, des lésions des côtes, des blessures oculaires et articulaires. Des études médicales montrent qu'environ un tiers des pilotes ayant survécu grâce à un siège éjectable conservent des séquelles permanentes. Le siège éjectable est un système de dernier recours, pas une assurance tous risques. La séquence d'éjection La séquence d'éjection du VS-1 BRI est une cascade d'événements pyrotechniques se déroulant en une fraction de seconde. Comprendre cette séquence permet de comprendre pourquoi chaque élément visible sur la photographie a une raison d'être précise. Étape 1 La décision et la traction Le pilote saisit les deux poignées rouges situées entre ses genoux et tire vers le haut. Cette double poignée — au lieu d'une seule — est une sécurité contre le déclenchement accidentel par une seule main. La traction déclenche la séquence automatique. Étape 2 La destruction de la verrière Simultanément à la traction, un cordon détonant intégré dans la verrière la brise en milliers de petits fragments. Sur certaines versions, la verrière est éjectée en bloc. Le pilote ne passe pas à travers la verrière — elle est déjà détruite quand il la franchit. Ce délai est de quelques millièmes de secondes. Etape 3 La propulsion catapulte Le mécanisme pyrotechnique dans le caisson inférieur du siège visible sur la photographie comme le bloc en aluminium poli au bas du siège propulse le siège et le pilote vers le haut le long des rails de guidage. L'accélération est brutale — 14 à 18 g en une fraction de seconde. C'est pourquoi la position du pilote au moment de l'éjection est critique dos droit, tête contre l'appuie-tête, mains sur les poignées, pieds sur les repose-pieds. Étape 4 La fusée de propulsion Une fois le siège sorti du rail, la fusée de propulsion s'allume elle propulse le siège suffisamment haut pour que le parachute ait le temps de se déployer même à basse altitude ou au sol. C'est l'élément qui permet la capacité 0/0 éjection au sol à vitesse nulle. Étapes 5 et 6 Le parachute et la séparation Le parachute se déploie automatiquement. Après un délai ou à une altitude prédéfinie, le pilote se sépare du siège — les harnais se déverrouillent automatiquement et descend seul sous le parachute. Le siège tombe séparément. L'Avion Aero L-39 Albatros
Naissance de l'Albatros
L'Aero L-39 Albatros est un avion d'entraînement à réaction bimoteur biplace en tandem conçu et fabriqué par Aero Vodochody en Tchécoslovaquie. Il fut développé comme successeur du L-29 Delfín lui-même premier jet d'entraînement standardisé du Pacte de Varsovie pour répondre aux besoins croissants en formation de pilotes de l'URSS et de ses alliés.
En février 1964, le ministère tchécoslovaque de la Défense émit une spécification technique préliminaire pour ce nouvel avion. Une équipe de conception sous la direction du chef designer Jan Vlcek et de Karel Dlouhy s'attela immédiatement à la tâche. Le prototype L-39 X-02, piloté par Rudolf Duchon, effectua son premier vol le 4 novembre 1968 sur l'aérodrome de Vodochody.
Un succès mondial
L'L-39 Albatros connut un succès commercial exceptionnel il fut produit à environ 2 900 exemplaires et exporté vers plus de 30 pays. Il devint le 4e jet d'entraînement le plus produit au monde, après l'américain T-33, le soviétique MiG-15UTI et son prédécesseur le L-29 Delfín tchécoslovaque.
L'URSS le principal client en reçut plus des deux tiers de la production. Chaque pilote soviétique formé dans les années 1970-1990 est passé par le L-39. Dans une curiosité historique remarquable, l'Albatros apparut dans plusieurs films dont le film de James Bond « Demain ne meurt jamais » (1997) et dans le film « Top Gun : Maverick » (2022) où il fut utilisé pour les prises de vue aériennes et la formation des acteurs.
Fiche technique du L-39C Albatros
Fiche technique complète
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