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Les chars Impériaux de la Chine Antique du Royaume de Guo à l'Empire Qin VIIIe au IIIe siècle avant notre ère
Historique
Pour Histoire Voir Chine Les Sept Royaumes Combattants ???? Zhanguó Q? Xiong vers 475 à 221 avant J.-C.
Période des Printemps et Automnes (770–476 av. J.-C.) Le char de guerre est l'arme absolue des élites. Les États féodaux issus de la décomposition de la dynastie Zhou se livrent des guerres de plus en plus intenses. Le Royaume de Guo , petit État du Henan, illustre parfaitement cette aristocratie guerrière : ses princes sont enterrés avec leurs chars, leurs chevaux et leurs harnachements de bronze doré.
Période des Royaumes Combattants (476–221 av. J.-C.)
Sept grands royaumes se disputent la suprématie. La grandeur d'un État se mesure en nombre de chars soit un pays de mille chars ». C'est l'époque de Sun Tzu et de son Art de la Guerre, et du jeune Ying Zheng qui monte sur le trône de Qin en 247 av. J.-C. à treize ans. Il va gouverner un État de mille chars, encerclé entre de grandes puissances selon Confucius
L'Empire Qin — Unification (221–206 av. J.-C.) En 221 av. J.-C., Ying Zheng achève la conquête de tous les royaumes et se proclame Qin Shi Huangdi « Premier Auguste Souverain ». À sa mort en 210 av. J.-C., son mausolée de 56 km² est gardé par une armée de 7 000 soldats en terre cuite et deux chars en bronze les objets de bronze les plus précieux jamais exhumés en Chine.
Le char en bronze n°1 du Mausolée (Xi'an, Shaanxi)
Voici l'objet le plus précieux de cette collection : le vrai char en bronze exhumé en 1980 à l'ouest du mausolée de Qin Shi Huang, présenté dans sa vitrine avec sa patine vert-de-gris après 2 200 ans sous terre. C'est un modèle funéraire à demi-échelle n 'est pas un jouet, mais un objet de prestige destiné à accompagner l'Empereur dans l'au-delà.
Le conducteur debout ( yùzh) : Il est en bronze et représente l'aurige impérial en tenue de cour. Chaque détail vêtement, coiffure, mains tenant les rênes est ciselé avec une précision hyperréaliste.
Le parasol huágài) :C 'est un grand disque en bronze à 24 côtes rayonnantes, monté sur un axe inclinable. Cet objet esy un symbole exclusif car seul le Fils du Ciel avait le droit de voyager sous une telle ombrelle. Son diamètre est de plus d'un mètre.
La caisse ( yú) : Ouverte à l'avant, fermée sur trois côtés. Parois décorées de motifs géométriques peints en blanc, rouge et bleu. Bronze doré et laqué ce qui est une prouesse technique sans équivalent.
Les roues ( lún) : 30 rayons par roue dans le modèle réduit identiques au modèle réels. Jante et moyeu en bronze renforcé. Diamètre réel d'environ 1,40 m.
La Statue du char du Roi Zheng
Cette Statue en bronze moderne est palcée devant le Musée de Xinzheng, Henan ville natale supposée du roi Ying Zheng. Elle représente le futur premier Empereur dans son char de parade officiel avec tous les attributs de la souveraineté suprême.
L.'inscription précise« L'attelage cérémoniel du conducteur impérial ». Confirme qu'il s'agit d'un char de cérémonie, pas de combat.
Le quadrige
Seul l'Empereur avait droit à quatre chevaux. Un prince : trois. Un grand seigneur : deux. Un dignitaire : un seul. Ce détail suffit à identifier le rang du propriétaire. Le personnage assis est le Roi Zheng qui est assis à l'avant de la caisse, en posture de majesté détendue. Le conducteur se tient debout à l'arrière. Cette configuration correspond exactement au char n°1 du mausolée.
La découverte de Décembre 1980 La découverte des chars en bronze s'inscrit dans la continuité des fouilles du mausolée entamées en 1974 après la découverte accidentelle de l'armée de terre cuite par des paysans creusant un puits. En décembre 1980 six ans après cette première découverte les archéologues fouillaient méthodiquement la zone ouest du tumulus principal quand ils mirent au jour quelque chose d'encore plus extraordinaire.
Deux chars en bronze et leurs chevaux furent mis au jour à environ 7,8 mètres de profondeur, à environ 20 mètres à l'ouest du tumulus du mausolée de Qin Shi Huang. Ils se trouvaient dans des chambres en bois de véritables cercueils géants construits spécifiquement pour les protéger qui les avaient préservés pendant plus de deux millénaires.
Mais le bois, après 2 200 ans sous terre, s'était entièrement décomposé et effondré sur les pièces qu'il était censé protéger. Le poids de la terre et l'effondrement progressif des parois en bois avaient écrasé et brisé les éléments les plus fragiles en des centaines de morceaux éparpillés dans la terre environnante.
Bien que mis au jour en plus de 3 000 fragments au total, les pièces avaient pour la plupart conservé leurs positions originales relatives les composants des véhicules et des chevaux étaient fondamentalement complets, simplement brisés sur place. C'est ce détail essentiel qui permit la restauration ultérieure comme un puzzle dont les pièces seraient encore approximativement à leur place.
Chaque char comptait environ 3 400 pièces distinctes. Les rênes en bronze filiformes certaines d'une finesse extrême étaient emmêlées et brisées en dizaines de tronçons.
Les ornements en or et argent du harnachement étaient éparpillés dans la terre. Les surfaces peintes la peinture blanche des corps des chevaux, les décors polychromes des caisses se trouvaient dans un état de fragilité extrême, ne tenant plus que par quelques microns d'épaisseur. Il faut savoir que ces deux chars en bronze font partie des 64 objets historiques officiellement interdits d'exposition en dehors de la Chine donc ils ne quitteront jamais le territoire chinois. La première étape fut la plus délicate et la plus longue. Avant de déplacer quoi que ce soit, les archéologues durent mener un travail de documentation exhaustif : Photographier chaque fragment in situ — des centaines de clichés pour documenter l'emplacement exact de chaque pièce dans les trois dimensions Numéroter et répertorier chaque fragment visible dans la terre Cartographier précisément la position de chaque élément Stabiliser d'urgence les surfaces peintes car la peinture Qin, comme celle des soldats de terre cuite, se désagrège en quelques heures au contact de l'air après 2 200 ans sous terre Prélever des échantillons de sol pour analyse
Ce travail de documentation prit plusieurs semaines avant que le moindre fragment ne soit déplacé. Chaque geste devait être irréversible une pièce mal documentée avant déplacement serait perdue à jamais pour la compréhension de l'ensemble.
La restauration des deux chars constitue l'un des chantiers archéologiques les plus complexes jamais menés. Elle dura en réalité huit années complètes de 1980 à 1988— avant que les deux chars ne soient présentés au public en 1989.
Les restaurateurs durent non seulement assembler les pièces comme un puzzle, mais aussi comprendre et reproduire les techniques d'assemblage originales des artisans Qin une leçon d'archéologie expérimentale extraordinaire. Les techniques utilisées comprirent la coulée, l'incrustation, la soudure, la connexion par boucle, la connexion par charnière vivante, la connexion mécanique et l'usinage — les mêmes procédés qu'avaient utilisés les artisans il y a 2 200 ans.
Les brides et accessoires du harnachement sont fabriqués en bronze, or ou argent et après restauration, ils sont encore aussi impeccables qu'au moment de leur fabrication sous la dynastie Qin.
La photographie des chevaux en bronze illustre parfaitement l'histoire de ces pièces. On distingue clairement :
Les taches vert-de-gris — l'oxydation du bronze sur 2 200 ans inégalement répartie selon les zones exposées à l'humidité du sol
Les zones crème la peinture blanche originale partiellement conservée les corps des chevaux étaient entièrement peints en blanc avec des taches rosées sur les naseaux Les lacunes — zones où la peinture a disparu révélant le bronze brut Le harnachement extraordinairement détaillé avec ses ornements en or et argent encore intacts Les rênes en bronze filiformes — reconstituées à partir de dizaines de tronçons retrouvés éparpillés dans la terre La Couronne du Bronze (q?ngtóng zh? gu?n).
Ces deux chars en bronze et chevaux sont les plus anciens, les plus complexes, les plus grands et les mieux conservés chars en bronze jamais trouvés en Chine ce qui leur a valu le titre de « Couronne du Bronze » Ils sont aujourd'hui conservés et exposés dans un musée dédié au sein du site du mausolée le Musée des chars en bronze inauguré en 2021, dans des vitrines climatisées avec leur patine vert-de-gris et les traces de polychromie originale.
III — Le Char en Bronze N°1 Y? hào tóng ch? m?
Identification et fonction
Le char n°1 est le char de tête du cortège impérial celui qui ouvre la marche. Sa fonction est militaire et d'inspection : c'est le char depuis lequel l'Empereur ou son représentant passe ses troupes en revue lors des grandes parades militaires. Il n'est pas un simple char de cérémonie, mais n'est pas non plus un char de combat au sens strict c'est un char d'apparat à usage militaire, le char d'inspection par excellence. Mais attention contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est PAS le char dans lequel l'Empereur voyageait c'est le char du conducteur en chef qui précède l'Empereur. Le véritable char impérial est le char n°2, la voiture fermée.
Description complète
Le conducteur (yuzhe)
La figurine en bronze représentant l'aurige impérial est l'une des pièces les plus remarquables de l'ensemble. Représenté debout — contrairement au char n°2 où le conducteur est assis — il tient les rênes des quatre chevaux avec une précision extraordinaire. Chaque détail de son vêtement de cour — la coiffure, les plis du tissu, les ornements — est ciselé avec un réalisme hyperbolique caractéristique de l'art Qin.
Ses mains sont sculptées en position de conduite active les doigts ouverts pour tenir les rênes. Les artisans Qin ont représenté avec une précision anatomique remarquable la tension musculaire d'un homme maîtrisant quatre chevaux de front.
Le parasol impérial (huagài)
Le parasol est l'élément le plus symboliquement chargé du char n°1. Grand disque en bronze à 24 côtes rayonnantes, monté sur un axe inclinable permettant de l'orienter selon la direction du soleil, il est le signe exclusif du l'Empereur(ti?nz?), le Fils du Ciel.
Seul le Fils du Ciel avait le droit de voyager sous une telle ombrelle. Si le nombre de chevaux définissait le rang, le parasol (huágài) était lui le signe absolu de la souveraineté suprême. Aucun prince, aucun général, aucun ministre ne pouvait voyager sous une telle ombrelle. Elle n'appartenait qu'au Fils du Ciel (ti?nz?). Sa présence sur le char n°1 suffit donc à identifier sans ambiguïté possible le statut impérial du propriétaire
Dans le protocole impérial chinois, sa simple présence identifiait instantanément le rang du propriétaire du char sans qu'aucun autre signe soit nécessaire. Le diamètre réel du parasol d'un char impérial était d'environ 1,30 mètre Ici repésenté à demi-échelle il mesure environ 65 cm.
La mécanique d'inclinaison du parasol est en elle-même une prouesse technique — un système d'articulation en bronze permettant d'orienter le disque selon plusieurs angles tout en maintenant sa position par friction. Les artisans Qin ont reproduit fidèlement ce mécanisme dans le modèle funéraire.
La caisse (yu)
La caisse du char n°1 est ouverte à l'avant permettant au conducteur debout d'avoir une vue dégagée sur ses chevaux et fermée sur trois côtés par des parois hautes. Ces parois sont décorées de motifs géométriques peints en blanc, rouge et bleu des couleurs qui ont en partie survécu aux 2 200 ans d'enfouissement grâce aux conditions anaérobies du cercueil en bois.
Le bronze lui-même était doré et laqué une technique rarissime pour l'époque combinant la résistance du bronze avec la brillance de l'or et la protection de la laque. Les ornements sont en or et en argent — représentant la moitié des composants décoratifs selon les analyses archéologiques.
Les roues (lun)
Les trente rayons par roue sont un détail technique d'une importance symbolique et pratique. Sur un char réel de l'époque Qin, les roues comportaient précisément 30 rayons ni plus ni moins. Ce nombre correspondait à une optimisation entre la solidité structurelle, le poids et la résistance aux chocs sur les routes de terre de l'empire. Les artisans du mausolée ont reproduit fidèlement ce nombre dans le modèle à demi-échelle.
La jante et le moyeu sont en bronze renforcé. Sur le char réel, ces éléments étaient en bois cerclé de métal — la reproduction en bronze massif du modèle funéraire représente donc une interprétation luxueuse du modèle original, adaptée à sa fonction funéraire.
Le Char en Bronze N°2 Èr hào tóng ch? m?
Le char de l'Empereur
Le char n°2 est le véritable char impérial la voiture dans laquelle l'Empereur lui-même voyageait. Contrairement au char n°1 ouvert, il s'agit d'une voiture fermée — avec une cabine avec deux sièges et un toit en forme de parapluie. C'est l'ancêtre de la limousine officielle.
Une particularité remarquable : derrière l'aurige, un habitacle muni d'une petite ouverture à volet permettait à l'Empereur et aux hauts fonctionnaires de circuler et voir sans être vus. L'Empereur était ainsi présent mais invisible maître de son image, conformément au protocole de la distance sacrée qui entourait la personne impériale.
La Hiérarchie des Attelages Code Social du Char Le nombre de chevaux comme marqueur de rang
Dans la Chine impériale, le nombre de chevaux attelés à un char n'était pas un choix esthétique ou pratique — c'était un code social aussi rigide qu'une loi. Le protocole définissait avec précision le nombre de chevaux selon le rang :
Déclin et Héritage
L'essor de l'arbalète à répétition et la cavalerie légère héritée des nomades Xiongnu ont progressivement rendu le char vulnérable. Sous les Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.), il subsiste comme poste de commandement mais n'est plus l'arme décisive. Il entre alors dans sa seconde vie : celle du symbole impérial de majesté.
Le char a laissé des traces profondes dans la langue chinoise — le caractère armée représente un char entouré de troupes ; et quatre chevaux ne peuvent rattraper désigne encore aujourd'hui une parole qu'on ne peut reprendre.
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