Le Mitsubishi J2M Raiden ou Tonnerre » était un chasseur intercepteur monoplace développé pour la Marine Impériale Japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Conçu pour contrer les bombardiers à haute altitude des forces alliées, notamment les Boeing B-29 Superfortress, le Raiden représente une rupture radicale par rapport aux chasseurs légers et manœuvrables comme le légendaire A6M Zero, au profit de la vitesse ascensionnelle et de la vitesse maximale. Surnommé « Jack » par les Alliés dans leur système de codification, le J2M est l'un des avions de chasse les plus avancés produits par le Japon durant le conflit, bien que son développement ait été semé d'embûches techniques qui retardèrent sa mise en service opérationnelle.
Historique
Dès 1939–1940, la Marine Impériale Japonaise anticipe la nécessité de disposer d'un intercepteur capable de monter rapidement à très haute altitude pour neutraliser des bombardiers lourds. Les engagements en Chine révèlent les limites des chasseurs classiques face aux formations de bombardiers volant haut et vite.
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En septembre 1939, la Marine lance la spécification 14-Shi (14 pour la 14e année du règne Sh?wa) pour un chasseur local d'intercepteur. La priorité absolue est donnée à la vitesse ascensionnelle et à la vitesse maximale, au détriment de la manœuvrabilité classique.
Le projet est confié à l'ingénieur Jiro Horikoshi, déjà concepteur du célèbre Mitsubishi A6M Zero. Pour le Raiden, Horikoshi adopte des choix radicalement différents : un fuselage très trapu à la section frontale réduite, associé à un puissant moteur en étoile refroidi par air, un capot-moteur à faible traînée de type NACA, et une hélice à grande corde.
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Le premier vol du prototype J2M1 a lieu le 20 mars 1942. Les premiers essais révèlent immédiatement des problèmes moteur, de visibilité et de vibrations qui retardent considérablement le développement.
Maid le programme J2M souffre de nombreux problèmes chroniques entre 1942 et 1944 :
Vibrations et surchauffe du moteur Mitsubishi MK4 Kasei
Instabilité au décollage et à l'atterrissage due au train d'atterrissage
Fuites des conduites de carburant et du système hydraulique
Visibilité insuffisante depuis le cockpit en raison du fuselage très profilé
Pannes répétées du mécanisme de volets
Tous ces problèmes retardent la mise en production en série jusqu'à fin 1943, et la mise en service opérationnel réel jusqu'au milieu de l'année 1944.
Versions et variantes
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J2M1 Prototype
Trois exemplaires construits en 1942. Moteur Kasei 13 de 1 430 ch. Non armé, utilisé pour la mise au point aérodynamique. Révèle de graves problèmes de vibrations.
J2M2 Modèle 11
Première version de série (1943). Motorisé par le Mitsubishi MK4R Kasei 23a de 1 820 ch. Armement de deux canons de 20 mm Type 99 en ailes. Livré en faible nombre en raison des défauts persistants.
J2M3 Modèle 21
Version la plus produite. Armement renforcé à quatre canons de 20 mm (deux en ailes, deux dans le fuselage). Moteur Kasei 23a. Considérée comme la version la plus aboutie en service.
J2M3a Modèle 21a
Variante du J2M3 avec deux canons Type 99 Model 1 et deux Type 99 Model 2, offrant une cadence de tir plus élevée.
J2M5 Modèle 33
Version à haute performance équipée du Kasei 26a turbocompressé, permettant des performances améliorées en altitude. Produite en très faible quantité (environ 34 exemplaires).
J2M6 et J2M7
Versions expérimentales peu produites. Le J2M6 reçoit un nouveau capot moteur amélioré et une verrière modifiée. Le J2M7 reçoit le moteur Kasei 25b. Ces variantes n'entrent pas en production en masse avant la fin du conflit.
Comparaison avec les chasseurs contemporains
Le J2M Raiden se distinguait par sa vitesse ascensionnelle parmi les intercepteurs de son époque. Comparé au F6F Hellcat américain (vitesse max. 612 km/h) et au Fw 190A-8 allemand (656 km/h), le Raiden affichait des performances honorables, en particulier dans le domaine de la montée en altitude.
Sa supériorité résidait dans la vitesse de montée qui est supérieure à celle du Zero et comparable aux meilleurs intercepteurs contemporains et dans son armement de quatre canons de 20 mm particulièrement destructeur face aux bombardiers.
Ses faiblesses principales restaient la manœuvrabilité limitée à basse vitesse, la visibilité arrière médiocre, et la fiabilité perfectible de son moteur.
Le Raiden était prioritairement employé comme intercepteur de défense territoriale, chargé de monter rapidement pour intercepter les formations de B-29 avant qu'elles n'atteignent leurs objectifs. Cette mission correspondait exactement aux qualités intrinsèques de l'appareil : montée rapide, armement lourd, robustesse relative. Mais il n'était pas conçu pour le combat tournoyant (dogfight) à basse altitude, domaine où des chasseurs comme le Spitfire ou le Hellcat conservaient l'avantage.
Au Combat
Le J2M Raiden équipa essentiellement des unités de chasse de la Marine basées au Japon métropolitain pour la défense du territoire :
302e Kokutai (Groupe aérien) Atsugi, défense de la région de Tokyo/Yokosuka. Unité principale d'interception face aux B-29.
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332e Kokutai Osaka/Nagoya. Défense des centres industriels de la région du Kansai.
352e Kokutai Kyushu. Couverture du sud du Japon face aux raids partant des Mariannes.
381e Kokutai Philippines (Luçon, 1944). Engagé lors des combats aériens de la campagne des Philippines.
Unités de Formose Participation aux combats défensifs de 1945.
Le Raiden connaît son baptême du feu opérationnel lors des grands raids de B-29 sur le Japon à partir de la fin 1944. Des pilotes développent des tactiques d'interception à haute altitude pour maximiser l'efficacité du J2M.
Lors des raids sur Nagoya en décembre 1944 et janvier 1945, des unités équipées de Raiden remportent plusieurs victoires confirmées sur des B-29, bien que les pertes japonaises demeurent importantes en raison de l'opposition des B-29 et de leurs escortes de P-51 Mustang à longue portée à partir de 1945.
Dans le Pacifique, le Raiden est également engagé lors des combats de la mer des Philippines (juin 1944) et lors de la défense de Formose et d'Okinawa (1945), avec des résultats variables.
Bilan opérationnel
Au total, environ 671 J2M de toutes versions sont construits entre 1943 et 1945 un chiffre modeste comparé aux productions alliées. Cette faible production s'explique par les difficultés techniques prolongées, la pénurie de matières premières, et les dommages causés aux usines japonaises par les bombardements alliés.
Malgré ses nombreux défauts initiaux, le Raiden est unanimement reconnu par les pilotes japonais comme l'un des meilleurs intercepteurs dont ils ont disposé, supérieur au Zero pour cette mission spécifique. Son rôle dans la défense du territoire japonais, bien que ne pouvant inverser le cours de la guerre, démontre la pertinence du concept d'intercepteur spécialisé.
Le Raiden de Chino
Cet exemplaire, portant le numéro de série ED-1158, est exposé au Planes of Fame Air Museum de Chino, en Californie. Il s'agit de l'un des rarissimes J2M Raiden encore existants dans le monde— on recense aujourd'hui seulement deux exemplaires connus préservés, dont celui-ci.
Cet appareil fut capturé par les forces américaines à la fin du conflit et rapatrié aux États-Unis pour évaluation technique. Le Planes of Fame Air Museum, fondé en 1957, possède l'une des collections les plus importantes au monde de chasseurs de la Seconde Guerre mondiale, dont de nombreux appareils japonais rarissimes.
Il est présenté dans sa livrée verte sombre caractéristique de la Marine Impériale Japonaise couleur dite « vert Aotake », ornée de zébrures jaune-orange stylisées sur le fuselage qui sont marques caractéristiques de certaines unités de défense territoriale. Le grand disque rouge du Hinomaru est visible sur le fuselage, ainsi que le drapeau du Soleil Levant suspendu en arrière-plan. L'avion est présenté dans un état de conservation remarquable.
Cette livrée unique aux éclairs jaunes correspond probablement aux marquages de la 302e K?k?tai ou d'une unité similaire de défense territoriale
Conclusion
Le Mitsubishi J2M Raiden demeure l'un des chasseurs japonais les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Né d'une nécessité stratégique impérieuse celle de contrer la menace des bombardiers lourds alliés, il représente un effort remarquable de l'industrie aéronautique japonaise pour produire un intercepteur moderne et performant dans des conditions de guerre toujours plus difficiles.
Ses performances en interception à haute altitude, son armement puissant, et sa montée rapide en font un adversaire redoutable que les pilotes alliés apprirent à respecter. Ses défauts — fiabilité du moteur, manœuvrabilité limitée, production réduite — reflètent les contraintes industrielles et technologiques du Japon en fin de guerre.L'exemplaire de Chino, l'un des deux seuls rescapés, constitue un témoignage irremplaçable de cette histoire aéronautique. Sa préservation au Planes of Fame Air Museum permet aux générations futures de contempler l'ingéniosité et les ambitions d'une époque révolue.
Caractéristiques techniques J2M3
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Caractéristique
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Valeur
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Type
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Chasseur intercepteur monoplace
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Constructeur
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Mitsubishi Juk?gy? K.K.
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Premier vol
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20 mars 1942
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Mise en service
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Décembre 1943
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Envergure
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10,80 m
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Longueur
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9,695 m
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Hauteur
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3,945 m
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Surface alaire
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20,05 m²
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Masse à vide
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2 460 kg
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Masse maximale au décollage
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3 435 kg
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Moteur
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Mitsubishi MK4R Kasei 23a, 14 cylindres en étoile, 1 820 ch
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Vitesse maximale
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587 km/h à 5 500 m
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Vitesse ascensionnelle
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1 260 m/min (jusqu'à 6 000 m en 5 min 42 s)
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Plafond opérationnel
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11 430 m
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Rayon d'action
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560 km (avec réservoir supplémentaire)
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Armement
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4 × canons de 20 mm Type 99
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Charge offensive
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2 × bombes de 60 kg (optionnel)
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Production totale
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≈ 671 exemplaires toutes versions
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Utilisateur User
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| Japon |