1805-1815 Lit de Campagne de Napoleon Musée Guerre Patriotique 1812 Moscou









1805-1815 Lit de Campagne de Napoleon  Musée Guerre Patriotique  1812 Moscou

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D'Erfurt 1808 à Moscou Histoire d'un trophée de guerre exceptionnel
Dans les collections du Musée de la Guerre Patriotique de 1812 à Moscou repose un objet discret  un simple lit de camp. Pourtant, derrière ce meuble pliable se cache une histoire extraordinaire, mêlant le génie de l'artisanat français, la diplomatie des deux plus grands empereurs de l'époque, et le destin tumultueux de la Grande Armée lors de sa retraite catastrophique de Russie.
Tout commence avec un homme discret mais talentueux : Marie-Jean Desouches, « serrurier du Garde-Meuble de Sa Majesté l’Empereur et Roi ». Au début des années 1800, Napoléon Bonaparte, connu pour son exigence extrême en matière d’équipement de campagne, lui commande la conception d’un lit pliable d’une qualité inégalée.
Le résultat est une véritable prouesse technique pour l’époque :
Un cadre constitué de solides tubes en acier reliés par des charnières ;
Des montants verticaux d’angle et centraux montés sur roulettes
Un système de repliage compact tenant dans une petite valise très pratique à transporter
 Un matelas en solide toile de lin fixé au cadre par des crochets en laiton
Des housses en toile avec poches installées sur les dossiers.
Ce type de lit fut adopté tant par l’Empereur que par les Officiers supérieurs, Il se decline sous divers modèles
petit et le grand, avec ou sans baldaquin.
Son atout est son sytème de pliage. Ilse plient dans le sens de la longueur et de la largeur grâce à des rotules sur les grandes tiges du cadre et les deux tiges de chaque extrémité.
Sur chaque rotules on retrouveu la couronne impériale entourée de l’inscription : « Desouches ». 
Des,roulettes se trpuve sous les six pieds
Les montants sont décorés de boules en cuivre ou en bronze doré. L’impériale est fixée aux montants sous les quatre boules et se termine au sommet par une plaque de métal qui supporte une petite coupole rehaussée d’un globe en cuivre.
On pouvait fixer un dais fait de rideaux de soie vert pâle doublés d’une cousinière en mousseline ou en coton blanc, avec embrasses en cordelettes de soie verte,
Le sommier était entoile en coutil rayé montée sur des sangles fixées par des crochets de fer et de laiton au cadre
Il peut facilement sedémonter et replier. Un fois plié le lit se range facilement dans un solide étui en cuir. Le petit modèle pouvait ainsi être transporté à dos de mulet, le grand modèle prenait place dans un fourgon.
Ce l;it fut de toutes les campagnes de napolen  et il fut aussi celui de sa dernière heure.
Entre 1809 et 1813, Desouches breveta plusieurs modèles de ces lits de campagne. Chaque exemplaire portait une marque distinctive : une couronne impériale accompagnée de l’inscription « Desouches », garantie d’authenticité et de qualité impériale.
Napoléon fit acquérir quinze de ces lits. Il les utilisa lors de nombreuses campagnes militaires à travers l'Europe. L'un d'eux trôna dans sa résidence impériale de Fontainebleau. Et c'est sur un lit identique qu'il rendit son dernier soupir sur l'île de Sainte-Hélène, le 5 mai 1821.
En septembre et octobre 1808, la ville d’Erfurt devient le centre du monde diplomatique. Napoléon Ier, qui veut renforcer l’alliance franco-russe signée à Tilsit en 1807, organise une rencontre somptueuse avec le tsar Alexandre Ier. Les plus riches parties du mobilier de la Couronne française sont acheminées vers Erfurt. Les plus grands acteurs de la Comédie-Française, dont le célèbre Talma, viennent y jouer les chefs-d’œuvre de la littérature française. Des princes couronnés de toute l’Allemagne affluent pour se montrer aux deux souverains les plus puissants du monde.
C'est dans ce contexte de faste et de diplomatie qu'une démonstration inattendue a lieu : on présente à Alexandre Ier le lit de camp pliant de Desouches. Sa construction ingénieuse, sa légèreté et son confort frappent immédiatement l'esprit du tsar. Alexandre ne peut cacher son admiration pour cet objet alliant praticité militaire et raffinement français.
Napoléon, toujours prompt à user de la diplomatie du cadeau, lui offre alors l'un de ces lits. Un geste symbolique fort : l'Empereur des Français partageant avec le Tsar de toutes les Russies l'un des objets les plus personnels de sa vie de soldat.
Quatre ans après Erfurt, le rêve d'alliance franco-russe s'est évaporé. En juin 1812, Napoléon lance son armée de plus de 600 000 hommes à l'assaut de la Russie. Après la prise de Moscou en septembre, l'incendie de la ville le prive de toute ressource. La retraite commence en octobre, bientôt transformée en catastrophe par le gel précoce et le harcèlement des troupes russes.Dans la débâcle, la Grande Armée abandonne une quantité considérable de matériel impérial. Parmi les convois repris par les troupes russes figure une partie du bagage personnel de Napoléon — et notamment trois de ses précieux lits de camp Desouches.
Comme le précise le Musée Historique de Moscou dans son blog officiel : « Napoléon avait quinze de ces lits, trois d'entre eux sont restés en Russie. Ce sont nos trophées. Lors de la retraite de l'armée française, les troupes russes ont repris une partie du convoi impérial, où se trouvaient ces lits de campagne. »
Aujourd'hui, l'un de ces trois lits de campagne impériaux est conservé et exposé au Musée de la Guerre Patriotique de 1812
Le lit est accompagné d'artefacts plateau en laiton doré  vaisselle de campagne impériale  couteaux de campagne, et un document manuscrit signé « Alexandre », un Ordre du Jour bilingue français-russe, témoignage de la vie militaire de l'époque.
Le lit est authentique car figure la couronne impériale et inscription « Desouches », preuve indiscutable de son appartenance au mobilier personnel de Napoléon
En conclusion nous avons un objet,qui parle des trois registres
 L'ingéniosité française avec le génie artisanal de Desouches, créant pour son Empereur un objet alliant fonctionnalité militaire et raffinement.
 La diplomatie impériale  avec Napoléon et Alexandre Ier se partageant à Erfurt en 1808 les symboles d'une alliance qui ne durera pas.
 Le retournement de l'Histoire  avec  la retraite de 1812 transformant les possessions personnelles de Napoléon en trophées de guerre russes, conservés avec fierté à Moscou plus de deux siècles plus tard.

   


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