1942 Bombe 325 LB Airborne Depth Bomb AN-MK-17 Fredericksburg USA









Bombe 1942 325 LB Airborne Depth Bomb AN-MK-17 Fredericksburg USA
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Elle fut développée initialement en 1935 pour une mise en service opérationne 1940 et elle eut une utilisation intensive dans le Pacifique et l'Atlantique entre  1941 1945  pour les avions suivants  
PBY Catalina — hydravion de patrouille maritime
TBF/TBM Avenger 
B-18 Bolo — bombardier de patrouille côtière 
PV-1 Ventura — patrouille maritime
Hudson — patrouille côtière
Le problème majeur initial
La bombe de profondeur aéroportée souffrit pendant les premières années de la guerre d'un défaut majeur — les avions devaient voler si bas et si lentement pour la larguer correctement qu'ils se mettaient eux-mêmes en danger par l'explosion. Des améliorations successives — notamment les modifications apportées au MK-41 et MK-47 avec leur charge au Torpex plus puissant — permirent progressivement de larguer à des altitudes et des vitesses plus sûres pour l'équipage
Caractéristiques opérationnelles :

Larguée à basse altitude  initialement moins de 15 mètres au-dessus de l'eau  À faible vitesse  moins de 200 nœuds Elle coulait jusqu'à une profondeur préréglée par une fusée hydrostatique Puis explosait — créant une bulle de pression suffisante pour briser la coque d'un sous-marin
Description
AN-MK-17 Mod 2 et AN-MK-44
Ces bombes de profondeur sont fabriquées avec des nez ronds soudés à un tube d'acier cylindrique. Un disque de renforcement entoure le nez et une bandelette d'acier longe les ergots de suspension pour renforcer le corps. La poche de fusée transversale se trouve à 11,9 pouces (30,2 cm) en arrière du nez. Pour éviter les ricochets et améliorer la trajectoire sous-marine, un embout à nez plat peut être fixé sur ces bombes  cet embout, en forme de seau, s'emboîte sur le nez et est rempli de plâtre de Paris, augmentant le poids de la bombe de 44 livres (20 kg). La paroi de la bombe est extrêmement mince.
AN-MK-41 et AN-MK-47 — Ces bombes sont construites avec un nez plat, les parois présentant une légère conicité vers le nez. Le corps est en trois pièces. Les flancs sont tubulaires avec un tube de poche de fusée transversale soudé en place à 15 pouces (38 cm) en arrière du nez.
La suspension de ces bombes s'effectue par les ergots doubles ou simples habituels, les ergots étant soudés à la bombe. L'ergot simple est en réalité légèrement différent de ce que l'on trouve habituellement  il se présente sous la forme d'un support plutôt que d'un ergot classique. Des tourillons sur une bande servent au mécanisme de déplacement lors du bombardement en piqué.
Au lieu d'utiliser un empennage carré ces bombes emploient un empennage rond  Vue par l'arrière, elle est circulaire et comporte quatre ailettes s'étendant à angle droit les unes par rapport aux autres. Les ailettes sont soudées par points sur un cône qui s'emboîte sur l'arrière de la bombe. Les ailettes sont également soudées par points sur le carénage tambour. La queue est boulonnée à la base de la bombe.
Identification par la couleur des marquages
Les bombes chargées au TNT ont le poids et le numéro de marque stencilés en jaune. Les bombes chargées au Torpex ont ces informations stencilées en bleu.
Les variantes de la MK-17
La bombe de profondeur MK-17 de 325 livres est chargée au TNT et possède une queue légère. La MK-17 Mod 1 est identique, mais avec une queue plus robuste. L'AN-MK-17 Mod 2 est similaire au Mod 1 mais possède un trou de remplissage plus grand

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L'avion de bombardement en piqué standard de la US Navy en 1942 était le Douglas SBD Dauntless — Scout Bomber Douglas. C'était un biplace — un pilote et un mitrailleur/observateur assis dos à dos — monoplan à ailes basses, reconnaissable à ses aérofreins perforés caractéristiques sur le bord de fuite des ailes.

 
Ses caractéristiques en 1942 :
Vitesse maximale : 410 km/h
Charge de bombe : une bombe de 1 000 livres (454 kg) sous le fuselage + deux bombes de 100 livres sous les ailes
Équipage : 2 hommes
Aérofreins : perforés en nid d'abeille — caractéristique distinctive du Dauntless — permettant de contrôler la vitesse en piqué

La préparation de l'attaque
Avant même de prendre l'air, l'attaque était méticuleusement planifiée. L'officier de renseignement du groupe aérien transmettait aux pilotes les informations essentielles :
Position estimée de la cible  calculée à partir des derniers rapports de reconnaissance
Cap et vitesse du navire ennemi  pour calculer le point d'impact prévu
Altitude d'attaque recommandée
Répartition des escadrilles  qui attaque en premier, qui couvre
Les pilotes mémorisaient ces données  car en 1942, il n'y avait pas d'ordinateur de bord ni de navigation satellitaire. Tout reposait sur la mémoire, la boussole, la montre et le sens de l'orientation.
Le décollage et l'approche
Le groupe de bombardement en piqué décollait du porte-avions en formation  généralement par sections de trois appareils. Les SBD grimpaient en altitude pour atteindre leur position d'attaque  typiquement 15 000 à 19 000 pieds soit 4 500 à 5 800 mètres une altitude qui leur donnait l'énergie cinétique nécessaire pour le piqué et les plaçait hors de portée de l'artillerie légère des navires ennemis.
L'approche vers la cible se faisait en formation serrée — les sections en V, les escadrilles en colonnes de sections. La formation permettait la protection mutuelle contre les chasseurs ennemis et facilitait la concentration des bombardements sur la cible.
La navigation vers la cible était un art en soi. Les pilotes naviguaient au cap magnétique, calculaient leur dérive au vent, estimaient leur distance parcourue par le temps de vol et la vitesse indiquée. Par temps couvert ou par visibilité réduite, trouver un groupe naval en plein océan Pacifique relevait autant de l'art que de la science.
L'identification de la cible
À l'approche de la cible, le chef de groupe identifiait les navires ennemis et attribuait les objectifs. La règle générale était de concentrer les attaques sur les navires les plus importants — les porte-avions en priorité absolue, puis les cuirassés, puis les croiseurs.
En 1942, la désignation de cible se faisait par radio et ensuite le chef de groupe annonçait à ses pilotes quel navire attaquer. Mais les communications radio étaient souvent brouillées ou défaillantes — et chaque pilote devait être capable de prendre ses propres décisions si le contact radio était perdu.
Le basculement en piqué
C'était le moment le plus critique et le plus spectaculaire de toute l'opération. Le chef de groupe donnait le signal — un basculement de l'aile — et les SBD basculaient successivement dans leur piqué, l'un après l'autre à intervalles de quelques secondes.
Le pilote effectuait une série de gestes précis et rapides :
1 il ouvrait les aérofreins  ces volets perforés caractéristiques du Dauntless qui s'ouvraient sous les ailes comme des pétales de fleur. Sans aérofreins, la vitesse en piqué aurait rapidement dépassé les limites structurelles de l'appareil — et le pilote n'aurait pas pu maintenir la visée sur la cible.
2 il enrichissait le mélange moteur et ajustait les gaz pour maintenir une puissance suffisante pendant le piqué tout en évitant le calage moteur.
3 il armait la bombe en actionnant le mécanisme de largage et vérifiant que le système de déflection de bombe était en place. Ce dernier point était crucial car sans déflecteur de bombe, la bombe larguée en piqué risquait de percuter l'hélice en rotation au moment du largage.
4 il se mettait ej position de piquer typiquement entre 70° et 80° par rapport à l'horizontale. Un piqué trop peu incliné rendait la bombe facile à éviter pour le navire. Un piqué trop vertical rendait la récupération difficile et fatiguait excessivement le pilote.
Le piqué  c'est quinze secondes d'enfer
Le piqué proprement dit durait environ quinze à vingt secondes qui est une éternité sous le feu ennemi. Pendant ces quinze secondes, tout se passait simultanément et à une vitesse vertigineuse.
La vitesse grimpait rapidement malgré les aérofreins ouverts  de 300 à 400 km/h typiquement, parfois plus. Le vent relatif était assourdissant dans le cockpit ouvert des premiers Dauntless. Les vibrations étaient intenses.
La visée se faisait à travers le viseur télescopique monté sur le tableau de bord  qui est  un réticule simple que le pilote devait maintenir sur la cible tout en compensant le vent latéral, le mouvement du navire et ses propres corrections de trajectoire. C'était un exercice extraordinairement difficile demandant des années d'entraînement.
La cible grossissait à une vitesse terrifiante  Elle passait  d'un point minuscule sur l'océan à un navire de plusieurs centaines de mètres en quelques secondes. Les artilleurs antiaériens du navire ennemi ouvraient un feu nourri  les obus de 25 mm et de 40 mm traçaient des sillages lumineux vers l'avion en piqué.
L'altitude de largage était typiquement entre 1 500 et 2 500 pieds soit 450 à 750 mètres  assez haute pour permettre à la bombe d'acquérir sa trajectoire finale, assez basse pour maximiser la précision. Trop haute, la bombe dérivait sous l'effet du vent. Trop basse, le pilote n'avait pas le temps de se redresser avant de percuter la mer ou le navire.
Le largage
Au moment précis calculé mentalement pendant toute la descente, le pilote actionnait le largage via un bouton ou une manette selon les versions. La bombe se détachait du support central sous le fuselage, le déflecteur la projetait en avant de l'hélice, et elle poursuivait sa trajectoire vers la cible pendant que l'avion commençait sa récupération.
La précision dépendait de multiples facteurs
 la vitesse exacte au largage,
l'angle précis du piqué
la compensation du vent
le mouvement du navire
les corrections de dernière seconde.
Les meilleurs pilotes atteignaient une précision remarquable  capables de placer leur bombe dans un cercle de 30 mètres autour du point visé. Les moins expérimentés rataient souvent de plusieurs centaines de mètres.
La récupération est le moment le plus dangereux
Après le largage, le pilote tirait sur le manche pour redresser l'avion  une manœuvre qui imposait des forces considérables sur la cellule et sur le corps du pilote. Les accélérations en sortie de piqué pouvaient atteindre 6 à 7 G  soit six à sept fois le poids du corps  pendant deux à trois secondes.
À ces accélérations, le sang quittait le cerveau vers les membres inférieurs. Le pilote voyait d'abord en noir et blanc, puis perdait la vision périphérique, puis risquait de perdre connaissance le g-LOC (G-induced Loss Of Consciousness).
En 1942, il n'existait pas encore de combinaisons anti-G  les pilotes serraient les muscles des jambes et de l'abdomen pour maintenir la pression sanguine cérébrale.
La récupération se faisait souvent au ras des mâts du navire attaqué  à quelques dizaines de mètres seulement au-dessus des superstructures. C'était le moment où les mitrailleurs des navires ennemis avaient les meilleures chances de toucher l'avion  il était lent, bas, en train de reprendre de l'altitude, et le pilote était temporairement aveuglé par les G.
Le mitrailleur arrière c'est la sentinelle

Pendant toute l'attaque, le mitrailleur arrière  assis dos au pilote, armé d'une ou deux mitrailleuses calibre .30 orientées vers l'arrière— avait un rôle crucial. Il surveillait les chasseurs ennemis qui tentaient d'intercepter les bombardiers en piqué pendant leur phase vulnérable.
En piqué, le mitrailleur était dans une position particulièrement inconfortable  projeté en avant contre ses harnais par la décélération, puis écrasé vers l'arrière par les G de la récupération. Son champ de vision était limité mais son rôle de protection était essentiel.

À Midway, plusieurs équipages de Dauntless furent sauvés par leurs mitrailleurs qui abattirent des Zéros tentant de les intercepter pendant la récupération.
La bataille de Midway du 4 juin 1942 est l'apogée du bombardement en piqué
La démonstration la plus spectaculaire de l'efficacité du bombardement en piqué américain fut la bataille de Midway les 4 et 5 juin 1942. En l'espace de cinq minutes  de 10h22 à 10h27 le 4 juin les SBD Dauntless des USS Enterprise et USS Yorktown coulèrent trois porte-avions japonais :
Kaga — touché par quatre bombes de 1 000 livres
Akagi — touché par une seule bombe de 1 000 livres — suffisante pour déclencher l'incendie des avions armés et ravitaillés sur le pont
Soryu — touché par trois bombes de 1 000 livres

Un quatrième porte-avions  le Hiryu  fut coulé quelques heures plus tard par une deuxième vague de Dauntless.
 Ces cinq minutes changèrent le cours de la guerre dans le Pacifique. Les quatre porte-avions japonais perdus à Midway représentaient le noyau de la puissance aéronavale japonaise qui avait frappé Pearl Harbor six mois plus tôt. Ils ne furent jamais remplacés.
Les statistiques de précision
Les taux de touches des bombardiers en piqué américains variaient considérablement selon les conditions :
En entraînement sur cibles fixes : 40 à 60% de touches
En combat contre navires manœuvrants avec défense antiaérienne légère : 15 à 25%
En combat contre navires manœuvrants avec défense antiaérienne intensive : 5 à 15%

Ces taux, qui paraissent modestes, étaient extraordinairement supérieurs à ceux des bombardiers horizontaux — dont les taux de touches contre des navires manœuvrants ne dépassaient pas 1 à 2%.
Le déclin du bombardement en piqué
À partir de 1943-1944, le bombardement en piqué commença à être progressivement remplacé par le bombardement en glissade (glide bombing) moins précis mais moins dangereux pour l'équipage car nécessitant un angle d'attaque moins prononcé et donc moins de G en récupération.
L'amélioration considérable de la défense antiaérienne japonaise notamment l'introduction des fusées à proximité (VT fuze) par les Américains qui rendaient les obus antiaériens beaucoup plus meurtriers — rendit le piqué à 70-80° de plus en plus coûteux en pertes d'équipages.
Le SB2C Helldiver qui remplaça progressivement le Dauntless à partir de 1943 était théoriquement capable de bombardement en piqué mais sa mise au point difficile et ses qualités de vol inférieures au Dauntless en firent un appareil moins apprécié de ses équipages, qui lui préféraientsouvent le vieux Dauntless.

   


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