Cette mosaïque de pavement (emblema pavimentale) est réalisée en opus tessellatum noir et blanc, avec un médaillon central (tondo) en opus vermiculatum polychrome
La Casa delle Vestali (VI 1, 7)
Ce nom a été donné par les archéologues du XIXe siècle, probablement inspiré par la découverte de statuettes ou d'objets évoquant un culte. En réalité, on ne sait pas qui habitait cette maison. C'est une pratique courante à Pompéi : les maisons reçoivent des noms poétiques ou évocateurs faute d'identité certaine des propriétaires.
C'est une grande domus patricienne du quartier VI, l'un des plus anciens et des plus prestigieux de Pompéi. Elle présente le plan classique des demeures aisées :
Fauces (couloir d'entrée) → Atrium avec impluvium → Tablinum (bureau du maître) → Péristyle avec jardin
Des cubicula (chambres) et salles de réception latérales
Une décoration soignée avec fresques et mosaïques de belle facture
La maison était habitée et décorée au Ier siècle ap. J.-C., période de grande prospérité à Pompéi avant l'éruption du Vésuve en 79 ap. J.-C.. Le quartier VI est l'un des mieux conservés de la ville.
La Mosaïque de Méduse
Cette Mosaique est réalisée en opus
L'opus tessellatum (le fond noir et blanc) avec des Tesselles de taille standard d'environ 1 cm Ce genre est tres utilisé pour les grandes surfaces géométriques. Il est à la portée des artisans locaux
L'opus vermiculatum du centre est plus difficle à réaliser Ces Tesselles minuscules d'environ 2-3 mm sont posées en lignes courbes vermiculaires. Cette technique grecque raffinée, très coûteuse est souvent réalisé par des artisans spécialisés, parfois importés de Grèce ou d'Alexandrie
Il permet le modelé du visage, les dégradés de carnation, les détails des serpents
Cette combinaison des deux techniques montre que le commanditaire voulait le meilleur pour sa pièce principale.
Composition géométrique
 |
Le schéma décoratif est savamment construit en cercles et carrés emboîtés :
Tresse extérieure puis les Cadres linéaires ensuite les Peltes et demi-cercles et enfin le centre avec la Méduse
Les peltes formes en croissant dérivées du bouclier des Amazones sont un motif très prisé dans la mosaïque romaine du Ier siècle. Elles créent un rythme visuel dynamique qui guide l'œil vers le centre.
La Méduse dans la culture romaine est une figure ambivalente Dans la mythologie grecque, Méduse est un monstre dont le regard pétrifie. Mais les Romains ont retourné ce pouvoir : puisqu'elle pétrifie, elle peut aussi pétrifier le mal. Son visage devient ainsi un apotropaïon — un talisman protecteur contre :
Le mauvais œil (malocchio)
Les esprits mauvais
La malchance en général
Pourquoi placer Méduse au sol
Quand un visiteur entre dans la pièce il la regarde et elle le regarde en retour Elle "surveille" littéralement les entrées et sorties Elle protège l'espace domestique par sa simple présence
Donc elle à une double fonction magico-religieuse autant qu'esthétique.
Aussi la Méduse romaine est souvent représentée avec un visage beau et humain, bien loin du monstre grec archaïque. On lui donne des traits réguliers et sereins une chevelure luxuriante (parfois des serpents discrets) une expression grave mais non terrifiante
Cette évolution reflète l'influence de la sculpture hellénistique, notamment le célèbre type dit Méduse Rondanini, qui montre une Méduse presque mélancolique dans sa beauté.
Sa place dans la maison
En gnéréralement la mosaïque ornait probablement le tablinum ou une salle de réception importante la pièce où le dominus recevait ses clients et ses égaux où Méduse y jouait un double rôle :
Afficher la richesse du propriétaire par la qualité de l'œuvre et protéger le lieu des affaires et des négociations contre les influences néfastes
T