Statuaire Grèce Héllénistique Hermes Casa dei Papiri Naples MAN









Statuaire Grèce Héllénistique Hermes au Repos Casa dei Papiri Naples MANN
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L'Hermès au repos d'Herculanum
La sculpture en bronze connue sous le nom d'Hermès assis (ou Hermès au repos) a été découverte à la Villa des Papyrus à Herculanum en 1758. Elle est aujourd'hui conservée au Musée archéologique national de Naples.
La Villa des Papyrus : un cadre hors du commun
La statue ne provient pas d'un temple ou d'un bâtiment public ordinaire, mais d'une villa privée d'une richesse extraordinaire. La villa des Papyrus est une villa d'Herculanum ayant probablement appartenu à Pison, beau-père de Jules César. Elle a été ensevelie par l'éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C.
Le long du péristyle de la villa, on a découvert une véritable galerie d'œuvres d'art : statues, bustes, sculptures en marbre et en bronze, parmi lesquelles figuraient notamment le Faune dormant, le Faune ivre, Mercure au repos nom latin d'Hermès et les Lutteurs.
Arkadias L'Hermès au repos était donc l'une des pièces maîtresses d'une collection d'art qui témoigne du goût raffiné de son propriétaire.
Description de la statue
La statue est en ronde-bosse, en bronze, et mesure 1,15 mètre de hauteur pour 75 cm de largeur. Hermès, le messager des dieux, est représenté assis sur un rocher en marbre qui est une reconstruction moderne  l'air fatigué, le dos légèrement courbé.
Pourtant, ce repos semble temporaire : il n'est assis qu'au bord du rocher, touchant à peine le sol avec ses pieds et posant sa paume sur la roche. Les ailes du dieu sont attachées à ses pieds avec des rosettes, rappelant que le messager des dieux n'est pas habitué à toucher le sol.
C'est une copie romaine d'un original en bronze grec perdu de Lysippe ou de son école, datant du IVe siècle av. J.-C.
Ce qui permet d'identifier le dieu Hermès sans aucun doute, ce sont ses sandales ailées.Hermès était en effet, dans la mythologie grecque, le messager de l'Olympe, dieu du commerce, des voyages et protecteur des carrefours.
Mais si la statue a traversé les siècles sous la terre, sa vie après exhumation ne fut pas de tout repos. 
Voyons son histoire
Acte I Une ville perdue sous le Vésuve En l'an 79 apr. J.-C., le Vésuve entre en éruption et ensevelit plusieurs cités de Campanie sous une coulée de boue pyroclastique. Herculanum, petite station balnéaire de 4 000 habitants située au bord du golfe de Naples, disparaît sous une gangue volcanique aussi dure que du ciment, emportant avec elle la Villa des Papyrus et tous ses trésors Pendant près de 1 700 ans, personne ne sait que ce chef-d'œuvre de bronze dort là, à plusieurs mètres de profondeur, parfaitement conservé par la boue durcie.
Acte II En 1710, un paysan creusant un puits à Resina, la ville moderne construite au-dessus d'Herculanum, découvre des fragments de marbre qu'il apporte à Emmanuel-Maurice de Lorraine, commandant des forces autrichiennes à Naples. Intrigué, ce dernier achète le terrain et utilise le puits pour explorer le sous-sol en tunnels. Les premières statues remontent à la surface, mais les fouilles sont alors davantage du pillage que de la science : les objets sont exportés, dispersés dans les cours royales d'Europe.
Acte III Charles III de Bourbon lance les fouilles officielles en 1738 à Herculanum  Ici commencent officiellement par ordre du souverain Charles de Bourbon le 22 octobre 1738 les fouille Le roi confia l'exclusivité des travaux à l'ingénieur arpenteur espagnol Roque Joaquín de Alcubierre, mit à sa disposition une équipe de forçats, et soumit toute visite, dessin ou prise de notes à l'autorisation royale.Le système d'excavation adopté fut celui des galeries souterraines. Il se heurta à des difficultés immenses, surmontées grâce aux équipes spécialisées d'ouvriers locaux, appelés cavamonti — littéralement « creuse-montagnes »
Acte IV Le tournant décisif arrive avec l'arrivée d'un nouveau responsable des fouilles. En 1750, l'ingénieur suisse Karl Weber fut engagé pour diriger les fouilles, et il découvrit bientôt la Villa des Papyrus, qui comprenait une bibliothèque de près de deux mille rouleaux de papyrus carbonisés et une grande collection de statues en bronze. Le travail de Weber était aussi systématique que l'impatience de son employeur le permettait, et il anticipait les méthodes archéologiques modernes.
Le long de l'ambulacrum et dans tout l'espace du grand péristyle de la villa, les fouilleurs découvrirent une véritable galerie d'œuvres d'art témoignant du goût du maître des lieux : groupes d'animaux, de danseuses, représentations de faunes, de philosophes
Acte V  Le 3 août 1758 : l'Hermès fut découvert  le 3 août 1758 à côté de l'hémicycle ouest de la natatio (piscine) du péristyle rectangulaire de la Villa des Papyrus. L'Hermès au repos occupait sans doute une place proéminente, en face d'une sculpture d'Athéna Promachos, entre les colonnes d'entrée du tablinum.Ce placement n'était pas anodin : alors que l'Hermès assis symbolisait la notion de repos (otium en latin), la statue d'Athéna renvoyait quant à elle à l'idée de negotium (activité).
Les deux statues formaient donc un dialogue philosophique au cœur de la villa.Pour l'historien de l'art allemand Johann Joachim Winckelmann, l'Hermès assis était « la plus belle de toutes les statues trouvées récemment ».
Wikipedia Dès sa découverte, la statue suscite l'enthousiasme dans toute l'Europe cultivée.
Acte VI La Villa des Papyrus ne livrera pas tous ses secrets d'un coup. Malgré le grand intérêt du site, les explorations furent abandonnées en 1761 en raison de l'accumulation dangereuse dans les galeries de gaz carbonique d'origine volcanique.
Acte VII  L'Hermès connut ensuite des aventures dignes d'un roman. Pour le protéger contre les pillages napoléoniens, il accompagna la fuite des Bourbons vers Palerme à partir de 1798. Puis, en 1941 Hermann Göring l'emporta en Allemagne, jusqu'à ce qu'un agent secret italien le récupère et le ramène à Naples.
La reprise des fouilles de la Villa des Papyrus, à ciel ouvert cette fois, fut organisée dans les années 1996–1998. La Surintendance reprit en 1999 le contrôle et fit réaliser de 2000 à 2007 les travaux de drainage et d'aménagement indispensables, puis relança à partir de 2007 les travaux de fouilles et de restauration.
Description
La statue est entièrement coulée en bronze, avec une patine sombre  presque noire acquise au fil des siècles d'enfouissement dans la lave d'Herculanum. Elle mesure 1,15 mètre de hauteur pour 75 cm de largeur.
Wikipedia Elle repose sur un socle rocheux, dont la partie originale en pierre volcanique a été remplacée par une reconstruction moderne en marbre.

 


La posture
C'est sans doute l'aspect le plus remarquable de la statue. Hermès est assis avec la jambe gauche fléchie au niveau du genou, tandis que la jambe droite s'étend vers l'avant de manière décontractée.
Mais ce repos n'est qu'apparent. La posture particulière du corps suggère que le dieu est prêt à bondir sur ses pieds et à reprendre son activité de messager. Il ne s'appuie que sur le bord du rocher, la paume posée légèrement dessus Le torse se tourne légèrement vers la droite, la tête inclinée doucement vers le bas et tournée vers la gauche, conférant à la figure une qualité dynamique et vivante.
Le visage 

 


Hermès est représenté avec le visage absorbé, comme le suggère le regard vers le bas, presque perdu dans le vide. La tête est tournée vers l'épaule droite et légèrement inclinée, et les cheveux sont divisés en courtes mèches bouclées. Le visage est jeune, serein et contemplatif, avec des traits finement travaillés. Les yeux, aujourd'hui perdus, étaient réalisés avec différents matériaux : os ou ivoire pour les globes oculaires, pierre grise et noire pour l'iris et les pupilles. À l'origine, le regard devait être d'un réalisme saisissant.
Les attributs divins

 


Deux éléments iconographiques permettent d'identifier le personnage sans aucune ambiguïté comme Hermès, messager des dieux :
Les sandales ailées — visibles aux deux chevilles, elles portent de petites ailes fixées par des rosettes décoratives. Elles rappellent que ce dieu ne touche le sol qu'en de rares occasions.
Le caducée — Hermès tenait dans sa main gauche un attribut supplémentaire, malheureusement fragmentaire, probablement le caducée  un bâton ailé avec deux serpents enroulés. Il n'en reste que la poignée.
 On peut distinguer sur la photo le bras gauche posé sur le genou, la main légèrement ouverte à l'endroit où l'objet manquant était tenu.


Le corps
Le traitement du corps nu est d'une précision anatomique remarquable. La statue est grandeur nature
On distingue clairement les muscles des bras, des cuisses et de l'abdomen, modelés avec une finesse qui trahit l'influence de la grande statuaire grecque notamment celle de Lysippe, le sculpteur préféré d'Alexandre le Grand, connu pour ses corps élancés et naturalistes.
L'Hermès au repos ne fait pas partie de la collection Farnèse
Le Musée archéologique national de Naples repose sur deux grandes collections distinctes, souvent confondues
 La collection Farnèse des marbres romains venus de Rome 
À la fin du XVIIIe siècle, Charles III, roi de Naples, héritier par sa mère Élisabeth Farnèse, entra en possession de l'ensemble des biens de la Maison Farnèse de Rome et Parme, comprenant entre autres une superbe collection de tableaux et l'une des plus belles collections d'antiques.
La pièce la plus célèbre est le Taureau Farnèse, l'un des groupes de statues les mieux conservés de l'époque romaine. On y trouve également le fameux Hercule Farnèse, l'Aphrodite Farnèse, ou encore le Doryphore toutes des sculptures en marbre, issues du sol romain.
 La collection d'Herculanum et Pompéi C'est à cette deuxième collection qu'appartient l'Hermès au repos. Quelques années après son accession au trône de Naples, Charles III entreprit dès 1738 des fouilles archéologiques à Herculanum, qui donnèrent naissance à une collection tout aussi prestigieuse. L'ensemble en bronze de la Villa des Papyrus, découvert au milieu du XVIIIe siècle, représente des athlètes nus, un Hermès au repos, un satyre endormi, un satyre ivre d'esprit hellénistique — et c'est lui qui constitue la collection dite "d'Herculanum".

 

 

 
 
 
 
 
 

 

 

 

   


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