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En Grande-Bretagne, le phénomène est le même qu'en France. Il démarre même un peu plus tôt, et il est surtout marqué par le tricyclecar, grâce à la fiscalité.
Avant 1914 : le premier boom
- La mode éclate vers 1910-1913. Un magazine spécialisé, The Cyclecar, paraît dès 1912, et un club se crée la même année, le Cyclecar Club.
- Les modèles marquants sont le Morgan à trois roues (1910) et le GN de Godfrey et Nash, à quatre roues, très léger et sportif. On voit aussi des engins comme l'AV Monocar, monoplace et ultra-étroit.
- Comme en France, on monte souvent des moteurs de moto, en particulier les bicylindres JAP.
Les années 1920 : la fiscalité favorise les trois-roues
- À partir de 1921, la taxe annuelle sur les voitures se calcule à la puissance fiscale, environ 1 livre par cheval.
- Les trois-roues légers (moins d'environ 400 kg) sont taxés comme des motos, autour de 4 livres par an seulement. C'est un énorme avantage, qui fait du Morgan le roi du genre : sportif, bon marché à l'achat et à l'usage. D'autres marques en profitent, comme Coventry-Victor, BSA à la fin des années 1920 et Raleigh.
- Les cyclecars à quatre roues, eux, n'ont pas d'avantage fiscal comparable. Les marques GN, Tamplin, Carden, Bleriot-Whippet et Gibbons en fabriquent quand même. Leur succès est bref.
L'esprit sportif
- Le club de 1912 devient en 1919 le Junior Car Club, qui organise des courses et des records sur le circuit de Brooklands.
- Les Morgan gagnent beaucoup en compétition. Le GN sert de base à des « specials » de course, dont la célèbre Frazer Nash, née de l'associé de GN.
Le déclin
- Il arrive ici aussi par la voiture populaire : l'Austin Seven (1922) est une vraie petite voiture à quatre places, à peine plus chère. La Morris baisse fortement ses prix.
- Le cyclecar à quatre roues disparaît vers 1923-1925, et le magazine se rebaptise The Light Car.
- Le tricyclecar survit grâce à sa taxe de moto. Morgan en produit jusqu'en 1952, et la marque a même relancé un trois-roues dans les années 2010.
En résumé, la France crée une catégorie fiscale « cyclecar » qui fait proliférer les petits quatre-roues, alors que la Grande-Bretagne favorise surtout les trois-roues taxés comme des motos, d'où la longévité du Morgan.
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