Mines Nussknackerminen









Mines Nussknackerminen
English Translation
Merci à Jean Marie Brams pour les photographies


Historique Voir ICI
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Tiré du Site cité en reference

Les arpenteurs de plages et autres joggers de l’estran ont sans doute rencontré l’un de ces gros cylindres en béton, à moitié enfoui dans le sable, dont l’une des faces présente une profonde excavation en forme de « H » qui intrigue le promeneur.
N1 - Coll. DC
 
 
N1 - Coll. DC
De quoi s’agit-il ?
 
Durant la seconde guerre mondiale, ces encombrants objets appelés  « Mine casse-noix », (« Nussknackermine » dans la littérature allemande), faisaient partie de l’arsenal de défense du Mur de l’Atlantique, déployé sur les côtes dans le but de contrecarrer les assauts d’un éventuel débarquement des Alliés.
 
Description
 
Ce sont des blocs cylindriques en béton d’un diamètre de 100 cm  et de hauteur 60 cm.  Sur la face supérieure les branches du « H » ont une longueur de 37 cm et la branche centrale 57 cm (verticales comprises). L’épaisseur des branches est de 13 cm. Quatre anneaux de manutention sont scellés dans cette face sur laquelle on relève parfois (photo précédente) une date et un cartouche gravés manuellement (signature de fabrication ?).
L’autre face du cylindre, moins travaillée, ne présente qu’un orifice carré de quelques centimètres.
N1 et N6 - Coll. DC
N1 et N6 - Coll. DC
 
N1 et N6 - Coll. DC
 
Mise en œuvre du dispositif
 
Dans chaque branche verticale du « H » on déposait une mine plate de type anti-char. La branche centrale du « H » recevait un pieu de quelques mètres fiché verticalement. Le pieu était libre de basculer à droite ou à gauche vers l’une des branches verticales du « H » de manière à percuter l’une des mines plates qui explosait … en déclenchant aussi la seconde.
Un tel dispositif, déposé en grande quantité sur les plages, visait à détruire les navires et engins de débarquement qui heurtaient les pieux à marée haute ou sur le sable.
Certains auteurs mentionnent également la présence d’explosifs noyés dans la masse de béton afin d’en augmenter l’efficacité destructrice, mais ceci n’a pas été vérifié dans les fragments observés sur nos plages.
 
Déploiement et efficacité
 
Au début de 1944 le feld-maréchal Rommel, qui supervisait les défenses côtières, fit plusieurs visites dans la région de Saint-Brieuc pendant lesquelles il séjourna à Piégu au Val-André.
On lui doit le dispositif mis en place sur l’estran qui consiste à immobiliser l’assaut des Alliés, empêtrés dans une forêt d’obstacles comprenant entre autres les mines à bascule décrites ci-dessus.
 
Tout le matériel de défense, dont les blocs cylindriques en béton, était acheminé dans les localités par le petit train côtier des Côtes-du-Nord réquisitionné pour la circonstance. A Pléneuf, au mois de Mars, jusqu’à 7 trains par jour déposaient le matériel de défense dans les gares de Dahouët, du Minihy et de Pléneuf (Le petit train et le Mur de l’Atlantique – Jean-Pierre Le Gal La Salle, Edition La Glaneuse Octobre 1993).
La mise en place du système de défense a du se faire rapidement. Certains cylindres étaient datés du 27/05/44 et même du 01/06/44, soit 5 jours avant le débarquement des Alliés en Normandie.
Plage du Val-André en Août 1944 – Coll. Michel Grimaud
Plage du Val-André en Août 1944 – Coll. Michel Grimaud
La photo ci-dessus montre le dispositif de défense à l’abandon en Août 1944 ; la majorité des unités allemandes ayant rallié en urgence le front de Normandie à partir du 6 Juin.
 
 
 
Une quantité impressionnante de ces blocs tapissait les plages. Beaucoup étaient plus ou moins rapidement ensablés tandis que d’autres explosaient sous l’action mécanique des vagues sur les pieux ; ce qui laisse à penser que l’efficacité du dispositif restait à démontrer en milieu marin.
 
Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
 
Malgré l’effort de déminage et de nettoyage des plages après la guerre, un certain nombre de ces blocs ensablés refait surface assez régulièrement. La période la plus favorable pour les observer est l’hiver durant lequel se produisent les grands déplacements de sable et de galets. Les tempêtes contribuent grandement à découvrir les blocs cylindriques qui sont invisibles en été. Ils apparaissent en majorité vers le haut de l’estran mais un grand nombre d’entre eux restent enfouis dans toute l’étendue de la plage et ne découvrent que très rarement, comme au Val-André. Très peu sont visibles toute l’année.
Quelques rails de chemin de fer, servant de pieux basculants, sont visibles en hiver au gré des déplacements des galets bordant le golf à Nantois :
3 rails pour mines à bascule – Coll. DC
3 rails pour mines à bascule – Coll. DC
 
 
 
Sur les plages de Pléneuf et environnantes on a récemment dénombré 32 blocs de type  Nussknackermine dont 13 non fragmentés. 
La répartition géographique des blocs observés est la suivante :
 
2          Anse du Pissot
?          Plage du Val-André (ne découvrent pas ou très rarement)
2          Plage des Vallées
20        Plage de Nantois 
3          Plage de la Ville Berneuf (côté Saint-Pabu)
5          Plage de Caroual (Erquy)
Quatre blocs alignés sur la plage de Nantois – 1 Fév. 2015 – Coll DC
Quatre blocs alignés sur la plage de Nantois – 1 Fév. 2015 – Coll DC
 
 
Nul doute qu’il reste encore de nombreux blocs à découvrir.
Voilà une bonne raison d’arpenter nos plages en hiver, d’autant plus que la présence des blocs est souvent concomitante avec celle de la tourbe (dépôt organique littoral) que l’on observe surtout à Caroual, Nantois et à la Ville Berneuf ; vestige de la  forêt primaire du temps où la Manche n’était qu’un fleuve  … mais ceci est une autre histoire.
   


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