3 Rome Marine Equipements Navire Drague Engrenage Marseille MHM






 Rome Marine Equipements Navire Drague Engrenage Marseille MHM

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Les dragues mécaniques comptent parmi les types de dragues les plus répandues. Leur principe est simple : récupérer mécaniquement, selon divers procédés, les sédiments qui sont ensuite déversés dans un puits, un chaland ou directement à terre.
Cette technique possède toutefois certains inconvénients, comme de perdre des matériaux durant l’opération ou de provoquer un important phénomène de « remise en suspension » : les sédiments, agités par le dragage, vont rester en suspension dans l’eau avant de se sédimenter à nouveau ultérieurement. C’est pourquoi on les utilise surtout de nos jours dans les passages difficiles d’accès tels que bordures de quais ou bassins étroits.
Parmi les dragues mécaniques, on distingue : les dragues à benne preneuse, les dragues à pelle, les dragues à godets et les dragues ratisseuses.
Une drague à benne preneuse est en fait une grue montée sur un ponton, lui-même stabilisé par des béquilles. Au bout du câble de levage est fixée une benne preneuse formée de deux grappins à mâchoires, ressemblant à la gueule d’un dinosaure. La benne prend les sédiments en s’enfonçant grâce à son poids et à l’action des mâchoires, puis les reverse en ouvrant celles-ci.
La drague à godet, modèle le plus traditionnel, se compose d’un puits central où descend une chaîne à godets. La chaîne tourne, le godet le plus bas attaque le fond, se charge, remonte puis va déverser son contenu sur un tapis roulant qui l’emporte vers une barge de transport.
Les dragues à pelle, quant à elles, sont en réalité des pelleteuses installées sur le ponton d’un chaland. Elles sont utilisées surtout pour de petits travaux.
Enfin, la drague ratisseuse niveleuse est un navire qui tire un râteau en métal plongé au fond. Cette technique peu précise, avec beaucoup de remise en suspension, présente toutefois l’avantage d’être peu coûteuse.
 
 
D’autres activités portuaires sont moins touchées par les variations saisonnières car leur rôle dans le port dépend de façon moins directe des flux de navires maritimes.
À Hispalis, on pourrait distinguer les scapharii, bateliers portuaires, œuvrant surtout l’été et les lyntrarii, bateliers fluviaux, dont le pic d’activité se situerait plutôt entre février et avril
17.
Un autre type d’activité devait profiter du printemps et de l’automne bien davantage que de l’été : le dragage du port.
Un indice existe peut-être à Portus mais il reste un objet de débats. Dans ce port existe en effet une prescription du préfet de l’annone, datée du mois de septembre 210 et relative aux saburrarii
18. Ces derniers ne sont malheureusement pas identifiés avec certitude. Ils ne sont attestés dans l’épigraphie qu’à travers trois inscriptions d’Ostie et de Portus, datant de la deuxième moitié du iie siècle et de la première moitié du iiie siècle19. Le terme saburrarius provient de saburra, signifiant lest de navire20. Un des enjeux de l’inscription est de savoir si ces saburrarii, a priori d’abord liés au lestage des navires, jouent également un rôle dans le dragage du port21.
La date pourrait être un indice supplémentaire à apporter au dossier. Le document en question présente la décision du préfet de l’annone de poser une inscription qui demonstret ex quo loci / in quem locum saborrariis / saborram tollere liceat. En supposant que ce lest soit constitué de sable, leur rôle à Portus serait donc double : draguer le port, aidant ainsi à son entretien, et lester les navires. C’est en tout cas l’avis partagé par O. Testaguzza et M. Cébeillac
22. E. Nantet, qui a repris le dossier, ne souscrit pas à cette interprétation, notamment parce que selon lui le lest n’était pas uniquement issu du sable de dragage23.
Il est vrai que la littérature et l’archéologie confirment l’idée que le lest n’est pas uniquement fait de sable : pierres, cailloux, lentilles et toutes sortes d’éléments sont également utilisés
24. Cette diversité des matériaux employés pour le lest fait dire à E. Nantet que deux groupes de personnes distincts devaient se charger pour l’un de curer le port, pour l’autre de lester les navires, même si d’après des sources plus contemporaines on apprend que ces deux activités sont souvent liées. Il en déduit que « les saburrarii avaient certainement pour interdiction de délester en plein port. Leur fonction était sans doute de transporter le lest d’un endroit à l’autre du port et de le déposer dans les lieux disposés à cet effet », les « jonchères » selon un vocabulaire d’époque moderne25. Pour cet auteur,
il faut donc s’en tenir pour ces individus à une activité de lestage et délestage et non d’entretien du port.
Cette interprétation est séduisante, mais elle ne rend pas réellement compte du sens du verbe tollere. Celui-ci signifie soulever, lever, enlever, ce que reflète peu l’hypothèse d’E. Nantet, contrairement à celles de O. Testaguzza et de M. Cébeillac qui l’utilisent dans le sens de « creuser ». Dans leur optique, le préfet de l’annone réglemente les parties du port qui peuvent être creusées, le produit de ce procédé servant ensuite de lest. Selon nous, la solution pourrait résider entre les deux idées
. La piste d’E. Nantet, selon laquelle il s’agit du transport du lest d’un endroit à un autre est plus proche des expressions ex quo loci […] in quem locum, mais O. Testaguzza et M. Cébeillac rendent mieux le sens de tollere. Il s’agit bien selon nous d’une saburra que l’on enlève, que l’on soulève d’un endroit précis pour le mettre dans un autre lieu. La nature de la saburra telle que la conçoit E. Nantet pose en fait problème dans ce cas précis. Il est vrai que de nombreux matériaux ou produits peuvent servir de lest mais des lentilles, des briques, des pierres seraient-ils désignés dans un décret officiel sous le terme de saburra ?
Il faut distinguer à notre avis ce terme saburra employé dans ce contexte précis, désignant alors sans ambigüité le lest par excellence, qui n’a d’autre vocation que de servir de lest, des autres biens qui peuvent servir de lest mais ne le sont pas naturellement ni en toute occasion car ils sont aussi de la marchandise à vendre. Il nous semble que le terme désigne ici un matériau qui est, dans tous les cas et de façon habituelle utilisé comme saburra, qui est pris et stocké dans des endroits appropriés, désignés par le préfet de l’annone, par exemple pour éviter l’encombrement du port. Nous sommes donc favorable à l’interprétation qui fait de saburra dans ce cas précis ce que l’on enlève (tollere) du port pour en faire du lest, donc essentiellement sable et cailloux
26. Il s’agirait donc bien de réglementer le parcours de la saburra, mais en prenant saburra dans le sens unique de sable27, depuis le lieu du port dont on l’extrait, jusqu’au lieu où on l’entrepose pour être ensuite chargé comme lest. Dans ce cas, il n’est pas absurde de penser que les saburrarii aient également permis d’entretenir le port28. La date de l’inscription pourrait alors apporter un indice supplémentaire. La disposition date du 17 septembre 210 ;
commence ainsi la période où le nombre de navires arrivant à Portus diminue. Si l’on considère que la date à laquelle a été pris le décret est justifiée par le problème que l’on souhaite régler et non par des considérations administratives sans rapport avec la temporalité des activités portuaires, alors elle correspondrait à deux actions. Il s’agirait avant tout de lester les navires maritimes qui ont déchargé leurs biens à Portus et qui repartent sur lest
29, sachant que la diminution du nombre de navires dans le port offre également davantage de possibilités de récupérer du sable au fond du port, les saburrarii étant moins gênés par la présence et la manœuvre des navires. Il est ainsi possible d’envisager pour les saburrarii une double action à ce moment-là de l’année : récupérer du lest dans le port permettrait également de l’entretenir. L’action des urinatores devait limiter cette pollution pendant la haute saison mais elle ne suffisait probablement pas. Ce double rôle, bien qu’hypothétique et non généralisable aux autres ports, n’est cependant pas absurde en milieu portuaire, comme le montre par exemple cet édit municipal pris au Havre en 1587 : « Pour et afin d’entretenir et conserver l’ouverture de la bouche du Havre, les mes des bateaux lesteurs prendront le lestage qu’il convient pour tous les navires et Vaisseaux estans en ce Havre à l’entrée dudit Havre, au lieu qui leur sera montré par ledit Sr. Gouverneur et Eschevins ou par le Mesnager et non ailleurs sur peine d’un Ecu d’amende pour la Première fois et pour la seconde de Punition corporelle et consfiscation de leurs Bateaux30 ». Bien entendu, l’organisation du port du Havre au xvie siècle présente de grandes différences avec celle d’Ostie-Portus au iiie siècle, mais on voit ici que le lestage et l’entretien du port peuvent être complémentaires. Sous le Haut-Empire, les saburrarii ont pu accroître leur activité à la fin de la pleine saison de navigation en récupérant le sable pour lester les navires qui repartaient et en profiter pour nettoyer le fond du port. D’autres professionnels que les saburrarii ont pu intervenir pour entretenir le port à d’autres moments de l’année31, par exemple avant la pleine saison pour éviter l’ensablement ou suite à des tempêtes.
   


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