1832 Lance Fusée 2 pouces Maquette Paris









1832 Lance Fusée 2 pouces Maquette Paris
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Si l'on se réfère à des remarques quelques peu sibyllines de Brulard (dans son "Mémoire sur les fusées" de 1853), sans doute dépité de l'arrêt de ses recherches de 1813 à 1815, il semble que l’École de pyrotechnie ne se soit guère attachée à la mise au point de fusées performantes ;

pourtant,il eut été possible de tirer parti des expériences poursuivies un peu partout en Europe, et le capitaine Munier n'était pas un novice en la matière. En outre, l'inspecteur général de l'artillerie Valée, futur maréchal de France et gouverneur général de l'Algérie, manifestait beaucoup d'intérêt pour cette arme encore peu connue.
A cette époque, les chercheurs laissaient courir le bruit que l'efficacité de la fusée résidait dans la composition fulminante comprimée dans le cartouche, et ils en gardaient  jalousement le secret.
Or un certain Bedford  mécanicien, collaborateur de
Congrève, se prétendait détenteur des secrets de ce dernier
Il offrit ses services -rémunérés- à la Russie, qui les déclina. Il eut plus de chances avec le gouvernement français qui lui proposa un contrat, le 11 mai 1827, subordonné au respect des conditions d'un programme d'essais.
Ces essais furent pratiqués à Vincennes avec 50 fusées, les 6 et 16 octobre 1827, en présence d'une commission présidée par le général Valée.
Bien que les conditions du  programme n'aient pas été totalement satisfaites, Valée obtient du ministre le détachement de Bedford à
l’École de Metz, en vue de la réalisation d'une seconde série d'essais, avec des fusées fabriquées à l’École.
Les directives transmises par le ministre au maréchal de camp, directeur de l’École régimentaire, et celles de Valée à Cailly n'étaient pas très concordantes :
le ministre exigeait des essais
complémentaires conformes au contrat du 11 mai 1827  alors que Valée se contentait d'un succès égal à celui de Vincennes
seuls Cailly et Munier devaient être mis au courant des procédés de fabrication et en conserver scrupuleusement le secret.

Sylvain-Charles Valée 1773 1843

Une commission des fusées fut instituée à Metz, afin de contrôler les essais et orienter les recherches ; elle était présidée par le maréchal de camp.
Les essais effectués avec les fusées fabriquées à
l’École, selon les  instructions de Bedford, eurent lieu durant six semaines, à la mi-mai 1828, sur le polygone de Metz. Les résultats, quoique meilleurs qu'à Vincennes, n'étaient pas encore tout à fait conformes au cahier des charges. Néanmoins, la commission qui avait relevé un enfoncement de 4,63 m, à1 000 m, dans la butte du polygone, se rangea à l'avis de Cailly : "la marche des fusées est assez régulière pour qu'un corps spécialement exercé à ce genre de tir puisse s'en servir à la guerre, avec assez de justesse jusqu'à la limite d'un vent modéré".
Ainsi, les fusées de guerre recevaient l'aval, mais sous une double réserve :
utilisation par des fusées
en exercice et faible vent.
La période 1828 - 1845
Les efforts combinés de Bedford et de
l’École, notamment de
Munier, aboutirent à améliorer notoirement les performances des fusées Congrève, en portée et en justesse, malgré une réduction de la longueur du cartouche et de la baguette, grâce à une meilleure conception des divers éléments de la fusée et à un perfectionnement de la composition fusante et la tête de l'engin fut aménagée pour permettre le lancement de boulets à balles.
En 1831,
l’École fabrique trois types de fusées dont le poids varie de3 à 15 kilos, et la portée de 1 600 à 2 400 m,en fonction du calibre. Un tir comparatif effectué à la Fère, en 1834, démontre l'avantage des fusées de Metz sur les fusées anglaises.
Cet essai fut organisé parce qu'un ancien associé de
Congrève, nommé Wade, avait offert au gouvernement français de lui vendre le véritable secret que, selon lui, Bedford ne détenait pas
.Les campagnes extérieures de l'armée française auraient pu être l'occasion d'expérimenter sur le terrain la valeur guerrière des fusées de Metz, mais il semble bien que les événements se soient ligués contre nos pyrotechniciens. En voici quelques exemples :

- En 1828, plusieurs caisses de fusées sont expédiées en Morée, devant Patras, mais l'artificier qui, seul, savait au juste ce que c'était ,s'enivra au point de ne pouvoir servir ces engins !
 Pendant la campagne d'Algérie, en 1830 et 1836, des fusées furent parfois tirées avec bonheur, notamment dans les régions accidentées, difficilement accessibles, même aux mortiers de montagne.
Les succès enregistrés résultèrent cependant plus de l'effroi causé par les sifflements et flammes des fusées que par les pertes infligées à l'ennemi.
En 1832,
l’École envoie 1 000 fusées à Anvers ; elles arrivent le lendemain de la prise de la citadelle !

Diverses raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce manque de réussite des fusées
:- Le général Valée se plaint auprès de Cailly de l'absence de stocks de fusées utilisables, lors de l'expédition d'Algérie. Selon lui, les essais sont réalisés sans méthode, et des conclusions sont tirées d'un nombre restreint d'expériences, alors que "l'on a acheté fort cher le secret de Bedford pour être à même de fabriquer de suite et sans hésitation".-
Des fusées sont envoyées aux unités d'artillerie, accompagnées seulement d'un sous-officier de
l’École, voire d'un simple mode d'emploi,bien que la commission des fusées ait proposé, dès 1831, la création, auprès de l’École, d'une batterie de fusées
Au lieu de tirer partie de la légèreté des fusées,
l’École imagine de faire transformer par l'Arsenal de Metz une batterie de canons, en remplaçant les bouches à feu par un groupe de fusées, faisant songer aux futures orgues de Staline.
Le résultat en était qu'une telle batterie exigeait pour se déplacer le même nombre de chevaux qu'une batterie de canons.
Les officiers de
l’École étaient très conscients des imperfections de leurs engins dans un rapport de 1837, ils soulignent l'irrégularité des effets très restreints des fusées et estiment que leur utilisation n'est justifiée que dans de rares circonstances, pour suppléer l'artillerie.
Quant aux artilleurs,faisant fi de la mobilité et de la portée des fusées, ils faisaient preuve de solides préjugés à leur égard, leur reprochant notamment leurs défauts de justesse, et les accidents qu'elles provoquaient.
Ces reproches n'étaient pas sans fondement, on cite le cas d'une  fusée tirée du polygone qui dépota (perte du chapeau) et inversa sa trajec
toire, pour tomber rue Saulnerie, où une personne fut blessée.
Mais, à  cette époque, les explosions de canons en fonte n'étaient pas rares, et leurs
conséquences beaucoup plus meurtrières.Le reproche le plus fondé était, selon Susane, celui du manque de puissance des fusées, lorsqu'elles étaient armées de bombes, au lieu de pots incendiaires : ces bombes étaient garnies de 14 balles de fusil dont l'effet était insignifiant. C'est pourquoi, sous la direction du général Schouller qui commandait l’École régimentaire d'artillerie, des fusées de gros calibre furent expérimentées avec succès en 1841, mais l'imperfection des procédés de compression de la composition fusante les rendaient dangereuses. A la suite d'accidents survenus au simulacre du siège de Metz en 1844, leur fabrication finit par être interdite.

En 1842, le général Schouller avait enfin obtenu qu'une batterie à pied soit rattachée à l’École, pour s'occuper de la conception des fusées et en maîtriser l'usage.
Sous les ordres du capitaine Rougé, elle fut envoyée en Algérie en 1845, où elle n'eut qu'une fois l'occasion d'intervenir, avec succès, puisqu'elle délogea des Arabes retranchés dans des rochers quasi inaccessibles.
La période 1845 - 1852  Le début de cette période fut marquée par le départ à la retraite de Cailly, remplacé par le chef d'escadron Desmazières, qui conserva comme adjoint le capitaine Rodolphe (1797 - 1851). Celui-ci, ancien
Saint-cyrien, avait succédé à Munier en 1836. Il quittera l’École en 1848 avec le grade de chef d'escadron et sera remplacé par le capitaine Maury qui restera sous-directeur jusqu'au transfert de l’École à Bourges. Rodolphe rédigea le cours d'artifices, en usage dans 1'artillerie.il avait été élu membre titulaire de l'Académie de Metz en 1837, et c'est lui qui prononça l'éloge funèbre de Munier en 1854.

En 1845, la localisation de l’École de pyrotechnie fut remise en cause dans le cadre d'une réorganisation des établissements de l'artillerie et son transfert à Vincennes fut envisagé.
Une des raisons était l'exiguïté du polygone de Metz. Ce projet ne se réalisa finalement pas, mais il reçut un commencement d'exécution et, selon Susane, "Bedford quitta Metz pour se rendre à Vincennes, dont il n'est point revenu". 
Voici donc
l’École débarrassée de cet encombrant étranger, venu avec ses illusoires secrets... alors que notre artillerie aurait pu faire appel a plusieurs de ses officiers experts en fusées. Ces événements fournirent l'occasion de faire table rase du passé et d'entreprendre un programme d'expériences très complet, élaboré par l’École, accepté par la commission des fusées et approuvé par le ministre en 1846. Il répartissait les essais en 4 séries :
1.
Eudes des éléments internes de la fusée (composition de la matière  fulminante, forme et dimensions de l'âme et des évents).
2.
Étude des moyens de guidage.
3.
Étude des meilleurs procédés de fabrication, notamment du mode de  chargement des cartouches ; doit-il se faire au mouton ou à la presse

4. Application des principes ainsi dégagés à la construction de fusées  adaptées aux effets recherches.
Pour la première série d'essais, les recherches furent considérablement facilitées par l'utilisation du dynamomètre, qui permettait d'évaluer la force propulsive, sans recourir à un lancement pour mesurer la portée.On gagnait du temps et on évitait les incidents ou accidents dus à l'étendue limitée du polygone.Ces essais permirent de préconiser une âme quasi-cylindrique, de préférence à une âme tronconique ; ils condui
sirent aussi à la formule d'un évent central unique, au lieu des 5 évents concentriques de Bedford.Le capitaine Rougé, commandant la batterie des fusées, fit aussi adopter un trépied de lancement, plus léger que l'ancien. Il joua un rôle important dans l'avancement des recherches, mais un accident au cours des essais devait lui coûter la vie, le 5 août 1848.Au vu des résultats des essais, le ministère rendit réglementaire en1849 la fusée de campagne de 5 (54 mm de diamètre), et en 1850, celle de 7 (68 mm de diamètre). D'autre part, l'édition 1851 de l'aide-mémoire des officiers d'artillerie fournit quelques notions sur le tir de ces fusées, mais sans aucune description.A cette époque, on parlait beaucoup en Europe de fusées à rotation, sans baguette de direction. Elles furent expérimentées en France en 1852,par l’École de pyrotechnie, mais leurs irrégularités de portée aussi bien que de direction conduisirent la commission des fusées à proposer leur abandon.
 n 1852,
l’École tourne une nouvelle page de son histoire, avec l'arrivée à sa tête du chef d'escadron Susane.

 

   


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