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On vit sur l’héritage de nos anciens qui nous on transmit les savoirs et les connaissances et que nous cherchons à développer Et pour cela il faut se plonger dans l’Histoire ancienne car l'histoire est instructive, comme chacun sait, On y apprend une foule de choses comment vivaient nos anciens La vie quotidienne comme les thermes romains, les machine en partant de la roue en aviron aux moyens de locomotion actuels. Il y a aussi un domaine fascinant t celui des communications comment les anciens arrivaient- ils a communiquer entre eux et c’est ce point que je développer On a tous en tête les westerns avec les signaux de fumées des Indiens ou encore les tour Chappe de la Révolution française le cursus Publicus romain Aussi je vais essayer de passer en revue les différents modes de communication utilisés dans l Antiquité Commençons par les signaux lumineux
A l'aide de signaux visuels ou sonores, l'homme a toujours tenté de vaincre les distances et de mettre en place une transmission rapide de l'information. Dans le sud de la France, il existe ainsi des tours de pierre dont certaines sont dans des oppida qui ont assuré cette mission. Ces vigies appelées tours à signaux sont connues depuis l'époque préromaine.
Ces tours sont baties soit sur des points stratégiques : crêtes, pics, cols pour être vues de loin et pouvoir communiquer entre ellessoirt au point culminant d'un oppidum Ces tours sont assez imposantes d'une hauteur variant de 8 à 12 mètres Pour les tours isolées les murs sont percés de petites fenêtres qui suivent l'escalier intérieur en colimaçon qui monte à l'étage. Sur le haut de la tour, se trouve un petit bati de pierre,qui entoure un foyer En effet, ces tours communiquent à l'aide de flammes la nuit ou de fumée le jour. Elles ne doivent pas être trop éloignées les unes des autres et la distance qui les sépare va en général de 4 à 8 km. Ces vigies sont habitées en permanence et les guetteurs qui se relaient ont interdiction de se faire remplacer par quelqu'un qui n'est pas habilité.Ainsi ils ont obligation de communiquer en permanance avec les autres tours. Mais cette présence permanente entraine une alimentation en combustible à base de bois Le ravitaillement se fait à dos d'homme ou de mulet Des feux sur les oppida ? Les tours à signaux entre Montpellier et Nîmes Une hypothèse séduisante, et les doutes qui l’accompagnent Les feux du Gondor Dans Le Seigneur des anneaux, le royaume du Gondor dispose d’une chaîne de feux d’alarme posés sur des sommets. Quand la guerre venue du Mordor menace Minas Tirith, on allume le premier bûcher. Le suivant s’embrase à son tour, et le signal court de montagne en montagne. Une précision : le signal ne part pas vers le Mordor. Il annonce l’attaque du Mordor et file dans l’autre sens, vers le royaume allié du Rohan, pour appeler ses cavaliers au secours. Dans le roman, la chaîne du nord compte sept feux, d’Amon Dîn à Halifirien, espacés de 30 à 50 km environ. Chaque poste garde aussi des chevaux frais pour des courriers. Dans le film de Peter Jackson, c’est le hobbit Pippin qui allume le premier bûcher, et l’on voit les feux se répondre jusqu’à Edoras. Tolkien n’a rien inventé. Le feu d’alarme relayé de hauteur en hauteur est une technique antique, et c’est elle que l’on croit reconnaître sur les collines du Languedoc. Entre Montpellier et Nîmes, une demi-douzaine d’oppida gaulois se voient presque de colline en colline, et plusieurs portent une tour à leur point le plus haut. L’idée d’un réseau de signaux par le feu vient naturellement. Elle est possible, mais aucune fouille consultée ici ne la prouve. Ce que l’Antiquité atteste vraiment Deux textes donnent le cadre. Polybe, vers 150 av. J.-C. Il consacre plusieurs chapitres aux signaux par le feu. Il les juge très utiles à la guerre, mais il en montre la limite : un feu ne transmet qu’un message convenu d’avance, par exemple l’arrivée d’une flotte. Il est impossible de prévoir un code pour ce qu’on ne peut pas deviner. Polybe décrit ensuite deux perfectionnements grecs : le télégraphe à eau d’Énée le Tacticien, puis un alphabet transmis par deux groupes de torches. César, en 52 av. J.-C. Il raconte comment les Gaulois font circuler les grandes nouvelles : ils les crient de champ en champ, et chaque communauté les passe à la suivante. Le massacre de Cenabum, au lever du soleil, est connu chez les Arvernes, à environ 160 milles romains, avant la fin de la première veille de la nuit. Le texte de César est le témoignage le plus proche du sujet. Il prouve qu’un relais rapide existe en Gaule. Mais il le décrit par la voix, pas par le feu. Les sites, de Murviel à Nîmes
Ambrussum, est aissi un relais possible entre Castelnau et Nages.
Les sites se voient-ils ?
La courbure de la Terre ne gêne aucune de ces liaisons. Depuis une colline de 160 à 190 m, l’horizon se trouve à plus de 45 km.
Doutes
1. Le feu n’est pas confirmé. Aucune des sources consultées ne mentionne de traces de feu au sommet d’une de ces tours. À Nages, le seul incendie signalé est celui d’un sanctuaire, détruit au début du Ier siècle de notre ère. La référence précise des « restes de feu » observés sur les tours reste à retrouver : c’est la pièce qui manque le plus. 2. Une trace de feu ne dit pas son usage. Un foyer domestique, un incendie de destruction, un bûcher rituel et un feu de signal laissent tous du charbon et de la pierre rougie. Seule une combustion répétée, au sommet, hors de tout habitat, plaiderait pour le signal. 3. Les tours ont d’autres explications. À Nages, les grandes tours protègent les portes et le rempart. À Mauressip, les indices trouvés au pied de la tour sont rituels : une stèle dressée et deux fosses d’ossements animaux, peut-être des restes de banquets. À Nîmes, Rome double la hauteur de la tour pour afficher sa puissance. Le guet et le signal ne sont qu’une hypothèse parmi d’autres. 4. Les dates ne coïncident qu’en partie. La tour de Mauressip existe au IVe siècle av. J.-C., alors que Murviel n’est fondé qu’au début du IIe siècle. Un réseau complet de Murviel à Nîmes n’est donc pensable qu’entre 200 et 100 av. J.-C. environ. 5. Le relief n’a pas été vérifié. Une colline intermédiaire, ou simplement la végétation, suffit à couper une ligne de vue. La brume de mer réduit aussi la portée. 6. Un réseau suppose une autorité commune. Nages et Nîmes relèvent des Volques Arécomiques. Murviel est le chef-lieu d’un autre peuple, les Samnagenses. Rien ne dit que ces communautés partageaient un code et un commandement. 7. Un feu ne dit qu’une chose. Polybe le souligne : sans code, le feu signifie seulement « alerte ». Cela suffit pour appeler aux armes, pas pour dire d’où vient l’ennemi ni combien il est. Comment trancher Retrouver la source des traces de feu. Rapport de fouille, auteur, année, emplacement exact et datation des charbons. Tracer les profils de terrain. L’outil « profil altimétrique » de Géoportail donne la coupe du relief entre deux points en quelques clics. Tester de nuit avec une lampe. Un projecteur puissant sur un site, un observateur sur l’autre. Pas de feu réel : le risque d’incendie en garrigue l’interdit. Comparer les dates site par site. Ne garder que les tours en service au même moment. Conclusion Les collines du pays nîmois et montpelliérain offrent tout ce qu’il faut à une chaîne de signaux : des hauteurs, des tours, des distances courtes et un matériel abondant . Les textes montrent que la technique était connue des Grecs et que les Gaulois savaient relayer une nouvelle très vite. Il manque encore la preuve matérielle. Tant que le feu n’est pas daté et localisé au sommet des tours, le réseau reste une belle hypothèse, plus proche pour l’instant du Gondor que du rapport de fouille. Voyons Maintenant Le Message arrive par un messager une estafette à pied ou àcheval Avant le cursus publicus : les courriers à cheval des Assyriens, des Perses et des Grecs Rome a-t-elle inventé la poste d’État ? Non, Rome n’a pas inventé la poste à relais. Les Assyriens la créent au IXe siècle av. J.-C., les Perses l’étendent à tout leur empire, et les royaumes issus d’Alexandre la reprennent. Seules les cités grecques s’en passent : elles n’ont que des coureurs à pied.
Cet article complète celui consacré au système romain.dans Maquetland
Les systèmes de courriers d’État dans l’Antiquité. Les dates de début et de fin sont arrondies. Ce qu’il faut pour une poste d’État Trois conditions reviennent dans tous les cas. Un pouvoir central qui gouverne de loin et veut savoir vite. Des routes entretenues, avec des stations fixes où attendent des montures fraîches. Un usage réservé aux affaires de l’État, contrôlé par un sceau ou un permis. Quand l’une manque, il n’y a pas de poste. C’est ce qui sépare les empires des cités. Sumer. Le plus ancien « record » connu est un éloge royal. Dans l’hymne dit Shulgi A, le roi d’Ur Shulgi (v. 2094-2046 av. J.-C.) se vante d’avoir couru de Nippur à Ur, puis d’être revenu à Nippur sous l’orage et la grêle, pour célébrer la même fête dans les deux villes le même jour : environ 160 kilomètres dans chaque sens. Personne ne prend le chiffre à la lettre. L’intérêt du texte est ailleurs : Shulgi y affirme avoir remis les routes en état, fixé les distances, bâti des gîtes d’étape pourvus de jardins et de gardiens. C’est la première description d’une route royale équipée, et la course du roi en est la démonstration. Le mot akkadien pour le messager rapide, lāsimu, signifie d’ailleurs simplement « le coureur » Égypte. Une stèle découverte en 1977 sur la route du désert de Dahchour, entre Memphis et le Fayoum, et datée de 685 av. J.-C., commémore « l’entraînement à la course de l’armée » du pharaon Taharqa. Le roi ordonne à ses soldats de courir chaque jour et organise une épreuve jusqu’au Fayoum et retour, une centaine de kilomètres selon l’interprétation courante, courue de nuit pour éviter la chaleur, avec une pause à mi-parcours. Ce n’est pas un service de messagers, mais la preuve qu’une armée antique entretenait des coureurs de grand fond. Pour le courrier royal, l’Égypte du Nouvel Empire employait surtout le char et le bateau.
Israël. La Bible connaît les ratsim, les « coureurs » du roi, qui portent ses lettres à travers le pays (2 Chroniques 30, 6). Le récit le plus vivant est celui de la mort d’Absalom (2 Samuel 18) : deux messagers, Ahimaats et un Koushite, partent l’un après l’autre annoncer la nouvelle à David ; le second parti prend un autre chemin et double le premier, tandis que le guetteur, sur le rempart, reconnaît de loin le coureur à sa foulée. Les Assyriens : l’invention du relais C’est là que se produit la rupture. Sans doute à partir du IXe siècle av. J.-C., les rois néo-assyriens organisent sur la « route du roi » des stations espacées de 35 à 40 kilomètres, où la lettre passe à un nouveau cavalier monté sur des mules fraîches. Un message parcourt ainsi quelque 700 kilomètres en moins de cinq jours. L’historienne Karen Radner y voit l’invention décisive : pour la première fois, le message est séparé du messager. Quand la discrétion ou la négociation priment, on continue d’envoyer un homme de confiance qui fait tout le trajet. La « route du roi » assyrienne est le plus ancien système connu. Elle apparaît probablement sous Salmanasar III, qui règne de 858 à 824 av. J.-C. Elle repose sur trois nouveautés. Le mulet. Les messagers montent des mulets, plus endurants et plus sûrs que le cheval. Ils en mènent toujours deux, pour ne jamais rester bloqués avec une bête boiteuse. Le relais. À chaque station, la lettre passe à un nouveau cavalier muni de mulets frais. Séparer la lettre de son porteur est l’idée décisive. La station. Les gouverneurs entretiennent des postes le long de la route, tous les 35 à 40 km environ. Ils ne servent que l’État. L’accès est très restreint. Environ 150 grands dignitaires détiennent une copie du sceau royal, qui montre le roi combattant un lion. Seules les lettres portant ce sceau voyagent par le relais. La vitesse est remarquable. Une lettre venue de Cilicie atteint le cœur de l’Assyrie, à environ 700 km, en moins de cinq jours. Les Perses : le modèle que tous copient Les Perses héritent du système assyrien et l’étendent à l’échelle d’un empire. Les Grecs, qui le découvrent, en parlent avec admiration. La Route royale relie Suse à Sardes sur environ 2 700 kilomètres et 111 stations ; un voyageur à pied met trois mois, les courriers du roi neuf jours environ. Hérodote, qui décrit ce service sous le nom d’angareion à propos de l’annonce de la défaite de Salamine, en fait un éloge resté célèbre :« Rien de ce qui est mortel ne va plus vite que ces messagers. […] Ni la neige, ni la pluie, ni la chaleur, ni la nuit ne les empêchent d’accomplir au plus vite la course qui leur est assignée. » Hérodote, VIII, 98 Le dispositif est simple : autant de chevaux et d’hommes que de journées de route, le premier remettant le message au deuxième, le deuxième au troisième. Pour le faire comprendre à des Grecs, Hérodote choisit une image : c’est, dit-il, comme la course aux flambeaux que l’on célèbre en l’honneur d’Héphaïstos. La remarque est précieuse, car elle désigne le seul vrai relais à pied du monde grec. La lampadédromie opposait des équipes de jeunes gens postés à intervalles ; chacun passait la torche au suivant, et l’équipe dont la flamme s’éteignait était éliminée. Les Grecs connaissaient donc parfaitement le principe du relais, mais ils l’avaient réservé au rite et au sport, non à la poste. Eschyle joue de la même image dans l’Agamemnon : la nouvelle de la chute de Troie arrive à Argos par une chaîne de feux allumés de sommet en sommet, que Clytemnestre compare à des coureurs se transmettant le flambeau. Hérodote le décrit après la bataille de Salamine, quand Xerxès envoie la nouvelle de sa défaite. Il y a autant de stations que de journées de route, avec un homme et un cheval à chacune. Le premier cavalier remet le message au deuxième, le deuxième au troisième, comme dans la course aux flambeaux des Grecs. Rien ne les arrête, « ni la neige, ni la pluie, ni la chaleur, ni la nuit ». Les Perses appellent ce service angareion. Xénophon en attribue l’idée à Cyrus le Grand. Le roi aurait fait mesurer la distance qu’un cheval peut couvrir en un jour sans s’épuiser, puis placé les stations à cet intervalle, avec des chevaux, des palefreniers et un responsable chargé de recevoir et de faire suivre les lettres. Le relais continue parfois la nuit. La route royale relie Sardes, en Asie Mineure, à Suse, sur environ 2 700 km. Un voyageur à pied met près de 90 jours. Les courriers royaux auraient mis 9 jours, soit 300 km par jour Les tablettes de Persépolis confirment l’organisation. Plus de 30 000 tablettes, rédigées entre 509 et 494 av. J.-C., enregistrent les vivres remis aux voyageurs officiels. Des stations pourvues de réserves se trouvent sur les grandes routes, à une journée de route les unes des autres. Les cités grecques : des coureurs, pas de poste Les cités grecques n’ont rien de comparable. Elles emploient des hémérodromes, des « coureurs de jour », qui portent les messages à pied. Les hémérodromes : un métier grec Le mot dit la chose : hêmera, le jour, dromos, la course. L’hémérodrome est celui qui court tout le jour. Cornélius Népos, racontant Marathon, parle d’un coureur « de cette espèce qu’on appelle hémérodromes ». Tite-Live éprouve encore le besoin d’expliquer le terme à ses lecteurs latins : « Les Grecs appellent hémérodromes ceux qui parcourent en un seul jour, à la course, une distance immense. » Tite-Live, XXXI, 24 Le contexte est éclairant. En 200 av. J.-C., Philippe V de Macédoine quitte Chalcis à marche forcée pour surprendre Athènes de nuit. Un guetteur, qui est justement un hémérodrome, aperçoit la colonne depuis son poste, la devance et atteint la ville à minuit. L’attaque échoue. On voit ici la fonction réelle de ces hommes : moins des champions que des agents de renseignement, postés, entraînés, capables de battre de vitesse une armée en marche. La Grèce se prêtait à ce métier. Le relief coupe les routes, les chevaux sont rares et coûteux, la selle rigide et l’étrier n’existent pas, et un bon coureur passe par des sentiers où un cavalier doit mettre pied à terre. Sur une journée en terrain montagneux, l’homme à pied n’est pas forcément le plus lent. Les exploits que la tradition a retenus Euchidas de Platées. Après la victoire de 479 av. J.-C., l’oracle ordonne d’éteindre tous les feux du pays, souillés par les Perses, et de les rallumer au foyer commun de Delphes. Euchidas court à Delphes, se purifie, se couronne de laurier, prend le feu sur l’autel et revient à Platées avant le coucher du soleil : 1 000 stades dans la journée, près de 178 kilomètres. Il salue ses concitoyens, remet le feu et tombe mort. Les Platéens l’enterrent dans le sanctuaire d’Artémis Eucleia, avec une épitaphe d’un seul vers (Plutarque, Vie d’Aristide, 20). La scène de Marathon, écrite par le même Plutarque, lui ressemble trait pour trait : il est possible qu’elle en soit le décalque. Le coureur de Marathon est le messager le plus célèbre de l’Antiquité, et le moins bien attesté. Le seul récit contemporain, à une génération près, est celui d’Hérodote (VI, 105-106). Il ne connaît aucune course de Marathon à Athènes. Ce qu’il raconte est plus impressionnant : avant la bataille, en 490 av. J.-C., les stratèges athéniens envoient à Sparte un certain Philippidès (Pheidippidès dans la plupart des manuscrits), qu’il qualifie d’hémérodrome et dont il précise que c’était le métier. L’homme arrive à Sparte « le lendemain de son départ d’Athènes ». Pline l’Ancien évalue le trajet à 1 160 stades ; la route moderne en compte 246 kilomètres. En chemin, sur le mont Parthénion, au-dessus de Tégée, le dieu Pan lui serait apparu pour se plaindre de l’ingratitude des Athéniens, qui lui élevèrent ensuite un sanctuaire sous l’Acropole. Les Spartiates, retenus par une fête religieuse, répondent qu’ils ne peuvent marcher avant la pleine lune. La course de Marathon à Athènes n’apparaît que six siècles plus tard. Plutarque, dans La Gloire des Athéniens, hésite entre deux noms : Thersippos d’Éroiadai, d’après Héraclide du Pont, ou Euclès, d’après la plupart des historiens. Ce dernier aurait couru en armes, encore brûlant du combat, pour s’effondrer à la porte des magistrats en disant seulement : « Réjouissez-vous, nous sommes vainqueurs. » Un siècle après Plutarque, Lucien de Samosate reprend la scène dans un petit traité sur les formules de salutation et donne au coureur le nom de Philippidès : c’est lui qui soude les deux histoires. Philonidès, coureur d’Alexandre. Deux dédicaces à Zeus retrouvées à Olympie le présentent comme « hémérodrome du roi Alexandre et bématiste de l’Asie ». Ce sont les plus anciennes attestations connues du mot « bématiste ». Pausanias (VI, 16, 5) a vu sa statue et le dit originaire de Chersonèse de Crète. Pline lui attribue, ainsi qu’au Lacédémonien Anystis, la course de Sicyone à Élis en un jour, soit 1 305 stades. Le chiffre, qui ferait quelque 235 kilomètres, dépasse nettement la distance réelle entre les deux villes : il faut le prendre comme un ordre de grandeur flatteur. Les bématistes, littéralement les « compteurs de pas », formaient avec les hémérodromes un petit corps de spécialistes dans l’armée d’Alexandre. Baiton et Diognétos ont mesuré les étapes de la marche vers l’Inde ; leurs chiffres, transmis par Pline et Strabon, ne s’écartent des distances réelles que de quelques pour cent. Courir vite et mesurer juste étaient deux faces du même savoir : connaître les routes. Les vainqueurs qui annoncent eux-mêmes leur victoire. En 328 av. J.-C., Ageus d’Argos remporte à Olympie le dolichos, la course longue d’environ quatre à cinq kilomètres, et part aussitôt l’annoncer chez lui, à une centaine de kilomètres par les montagnes d’Arcadie ; la tradition veut qu’il soit arrivé le jour même. Une épigramme d’Épidaure prête un exploit du même genre à un certain Drymos. Ces histoires disent ce qu’un Grec attendait d’un bon coureur de fond. Mais avant le grecs il savoir que les grands Empires avaient leurs coureurs et messagers d’Orient Le plus célèbre est Philippidès. En 490 av. J.-C., avant Marathon, Athènes l’envoie demander l’aide de Sparte. Il parcourt environ 240 km en deux jours et arrive le lendemain de son départ. La course de Marathon à Athènes, elle, n’apparaît que chez Plutarque et Lucien, 5 siècles plus tard. Pourquoi cette absence ? Trois raisons se dégagent, qui tiennent aux conditions posées plus haut. Chaque cité est petite. La plupart des distances se couvrent en un ou deux jours. Le pays est montagneux et tourné vers la mer. Le coureur et le navire y sont souvent plus pratiques que le cheval. Aucune autorité commune n’entretient routes et stations d’une cité à l’autre. Un détail est parlant. Pour expliquer le relais perse à ses lecteurs, Hérodote le compare à une course aux flambeaux. Les Grecs connaissent donc le relais comme un jeu, mais ne l’utilisent pas pour gouverner. Les royaumes hellénistiques : le relais revient Dès que des Grecs dirigent de grands territoires, ils adoptent le système perse. Antigone Gonatas dit le Borgne, en 315 av. J.-C., installe dans toute la partie de l’Asie qu’il contrôle des signaux par le feu et des porteurs de dépêches, postés à intervalles réguliers. Il combine donc les deux techniques : le feu pour l’alerte, le courrier pour le détail. L’Égypte des Ptolémées a laissé un document rare. Un registre de poste sur papyrus, vers 255 av. J.-C., note jour par jour et heure par heure les rouleaux qui passent par une station. On y lit des chaînes de remise d’un porteur à l’autre, par exemple d’Alexandre à Nicodème. Beaucoup de plis sont adressés au roi Ptolémée ou à Apollonios, son ministre des finances. Chaque transmission est consignée, ce qui rend chaque porteur responsable. Rome : l’héritière qui change la règle Auguste crée le cursus publicus sur ce modèle. Suétone rapporte qu’il poste d’abord des jeunes gens à courts intervalles le long des routes militaires, à la manière perse. Puis il les remplace par des voitures. La raison est politique. Avec le relais, la lettre arrive seule. Avec un courrier unique qui fait tout le trajet en changeant de monture, l’empereur peut interroger celui qui apporte la nouvelle. Rome échange donc de la vitesse contre de l’information et de la responsabilité. Le rythme normal est de 61 à 100 km par jour. En cas d’urgence, un cavalier seul peut dépasser 160 km dans la journée. Rome offre donc le cas le plus net de relais à pied organisé par un État antique, et aussi la raison de son abandon. Suétone le rapporte en une phrase : « Pour être informé plus vite de ce qui se passait dans chaque province, il disposa d’abord, à de courts intervalles sur les routes militaires, des jeunes gens, puis des voitures. Ce second moyen parut plus commode, parce que ceux qui apportent les dépêches depuis les lieux mêmes peuvent aussi, au besoin, être interrogés. » Suétone, Auguste, 49 Auguste commence donc par copier le modèle perse en le mettant à pied, puis il y renonce. La raison n’est pas la vitesse : c’est que le relais transmet une lettre, pas un témoin. L’empereur veut pouvoir questionner l’homme qui a vu. Il revient ainsi à la logique du porteur unique, mais en lui fournissant des véhicules et des bêtes de rechange : c’est le cursus publicus, avec ses mutationes pour changer d’attelage et ses mansiones pour passer la nuit, espacées d’environ vingt-cinq milles. Le service fait couramment 60 à 100 kilomètres par jour, et beaucoup plus en cas d’urgence. Le courrier ordinaire, lui, continue d’aller à pied. Les tabellarii, esclaves ou affranchis des grandes maisons et de l’administration, portent les tablettes de ville en ville, et les cursores courent les messages urgents. On estime qu’un bon porteur couvrait une quarantaine de kilomètres par jour. Le goût romain pour la performance a laissé chez Pline (VII, 84) un petit palmarès : des coureurs de cirque capables de tenir 160 milles, et un enfant de huit ans qui en aurait couru 75 en moins d’une journée, sous le consulat de Fonteius et de Vipstanus, en 59 apr. J.-C. Pline ajoute, pour donner l’échelle, que Tibère rejoignant son frère Drusus mourant en Germanie fit 200 milles en un jour et une nuit, mais en voiture. La Gaule : le relais à la voix César signale chez les Gaulois un procédé qu’il juge assez remarquable pour l’expliquer à ses lecteurs. Lorsqu’un événement important survient, écrit-il, on le crie à travers les champs et les territoires ; d’autres le reçoivent et le transmettent à leurs voisins. Au début de l’année 52 av. J.-C., les Carnutes massacrent les négociants romains de Cenabum, l’actuelle Orléans, au lever du soleil. Avant la fin de la première veille, la nouvelle est connue chez les Arvernes, à plus de 160 milles de là (Guerre des Gaules, VII, 3). Le calcul est vite fait : quelque 240 kilomètres en une quinzaine d’heures au plus, soit une moyenne proche de 16 km/h, tenue de jour comme de nuit. Aucun coureur isolé n’en est capable sur une telle distance, et le cheval lui-même y peinerait. C’est un relais au sens strict, mais sans porteur : la voix remplace les jambes, et la densité du peuplement rural fait office de stations. La contrepartie est évidente : on ne transmet ainsi qu’un message bref et public. C’est un signal d’insurrection, pas une dépêche. Ailleurs : la Chine et les Incas La Chine ancienne distingue par des mots différents les trois manières de porter un message : you pour le courrier à pied, yi pour le cheval de poste, chuan pour la voiture relayée de station en station. Sous les Qin et les Han, le réseau est réservé aux ordres de l’État et aux renseignements militaires, les plis sont scellés à l’argile et les retards punis. Le courrier à pied y coexiste donc durablement avec le relais monté, qui aurait pu, pour un message impérial urgent, approcher les 500 kilomètres en vingt-quatre heures, la norme étant plutôt de moitié. Mais le système de relais à pied le plus achevé n’appartient pas à l’Antiquité. Dans l’empire inca, sans cheval ni roue, les chasquis se relayaient de poste en poste tous les 2,5 kilomètres environ selon la plupart des chroniqueurs, sur un réseau de près de 40 000 kilomètres. Le coureur annonçait son arrivée en soufflant dans une conque, transmettait au suivant le message oral et les cordelettes à nœuds du quipu, et un pli pouvait ainsi franchir 240 à 300 kilomètres par jour. C’est exactement ce qu’Auguste avait essayé, puis abandonné : là où le cheval n’existe pas, le relais à pied devient la meilleure poste possible. Deux logiques De ce tour d’horizon se dégage une opposition simple. Le coureur unique est un homme de confiance : il sait ce qu’il porte, il peut répondre aux questions, plaider, rapporter une réponse. C’est Philippidès devant les magistrats de Sparte, c’est le messager qu’Auguste veut interroger. Sa limite est celle du corps humain, autour de 150 à 250 kilomètres en vingt-quatre heures pour les meilleurs, sur route et sentier. Le relais, lui, traite le message comme un objet. Il va plus vite et plus loin, mais il suppose un État capable d’entretenir des stations, des bêtes et des hommes sur des centaines de kilomètres, et il ne transmet que ce qui tient dans une lettre ou dans un cri. Les empires l’ont confié au cheval ou à la mule chaque fois qu’ils en avaient. Le relais à pied n’apparaît que dans trois situations : le rite, avec la course aux flambeaux ; l’expérience sans lendemain, avec les jeunes gens d’Auguste ; et l’absence de monture, avec les chasquis. Quant au coureur de Marathon, il n’a sans doute jamais existé tel qu’on le raconte. Mais il résume assez bien ce que les Anciens admiraient chez ces hommes : arriver, dire, et n’avoir plus rien d’autre à don Comparaison
Ce qui reste incertain
Cyrus, fondateur ? Xénophon écrit un portrait idéalisé du roi. L’attribution à Cyrus n’est pas prouvée ; le réseau doit beaucoup aux Assyriens et à Darius Ier. Les 9 jours de Sardes à Suse. Hérodote donne la durée du voyage à pied. Les 9 jours des courriers sont une estimation moderne. Les stations assyriennes. Aucune n’a été fouillée. Elles ne sont connues que par les textes. Les montures des Ptolémées. L’extrait du registre consulté ici ne dit pas si les porteurs vont à cheval. Le silence grec. L’absence de poste dans les cités repose sur le manque de témoignages. Les trois raisons proposées sont une interprétation. Revenons à Notre Courreur à Pied Le reste est moderne. En 1879, le poète anglais Robert Browning fond les deux courses en un seul héros. Le philologue français Michel Bréal s’en inspire pour proposer à Coubertin une épreuve de « marathon » aux Jeux d’Athènes de 1896. La course d’Hérodote, elle, a été retrouvée plus tard : en 1982, des officiers de la Royal Air Force ont vérifié qu’on pouvait rallier Sparte depuis Athènes en un jour et demi, et le Spartathlon se court depuis 1983 sur 246 kilomètres. Les meilleurs le bouclent en une vingtaine d’heures : le récit d’Hérodote est physiquement plausible. Repères : dix courses et relais
Fiabilité des chiffres
Les distances antiques sont à manier avec prudence. Le stade varie de 157 à 192 mètres selon les lieux ; les conversions données ici retiennent environ 180 mètres, et 1,48 kilomètre pour le mille romain. Les exploits de Shulgi, de Philonidès et de l’enfant du cirque relèvent de l’éloge ou du spectacle. La course d’Ageus « le jour même » repose sur une tradition tardive, et l’épigramme de Drymos mériterait d’être contrôlée sur l’édition des inscriptions d’Épidaure. Le parcours exact de la course de Taharqa est discuté. À l’inverse, la course de Philippidès vers Sparte et le relais d’Auguste reposent sur des témoignages précis et cohérents Et terminons par le telegraphe Hydrolique La portée de ces moyens de communication étant très limitée les Grecs auraient trouver la solution et inventèrent ainsi le premier télégraphe au monde, dont le nom est composé de deux mots grecs : « tele » (éloigné) et « graphein » (écrire). Certes, les Grecs eux-mêmes n’appelaient pas cet appareil ainsi. Nous connaissons ce télégraphe antique grâce à l’« Histoire générale » de l’historien Polybe (IIe siècle av. J.-C.), qui cite un auteur antérieur, Énée Tactique (théoricien militaire hellénistique et auteur de « De l’art de la guerre »), qui fut le premier à le décrire en détail, et peut-être même à l’inventer lui-même. Cette hypothèse est également partagée. Le dispositif était d'une simplicité remarquable. Deux récipients cylindriques en argile ou en cuivre, de même longueur et de même diamètre, contenaient chacun deux disques de liège, leur permettant de coulisser librement à la verticale. Ces disques étaient fixés sur un support vertical divisé en 24 sections. Chaque section pouvait représenter un événement attendu ou important, souvent assez fréquent, comme : « Nous apercevons des navires ennemis approchant de nos côtes », la deuxième, « Ils sont nombreux », la troisième, « Ils sont peu nombreux », la quatrième, « Les navires débarquent des troupes », et ainsi de suite. Au fond de chaque récipient se trouvait un orifice de drainage muni d'un robinet, de diamètre identique pour tous.
Pour commencer la télégraphie, les récipients devaient être remplis d'eau à ras bord. L'un émettait, l'autre recevait les messages de Jour comme de nuit . Il est évident qu’il fallait qu’il fasse beau temps
La station émettrice signalait le début de la transmission en levant une torche. La station réceptrice signalait de la même manière qu'elle était prête à recevoir le message.
L'émetteur abaissait alors la torche et ouvrait simultanément la vanne de vidange, et le récepteur faisait de même . L'eau s'écoulait et le flotteur coulait jusqu'à ce que le message souhaité, inscrit sur une tablette, affleure le bord du récipient
. À ce moment-là, la torche remontait, après quoi la station réceptrice fermait immédiatement la vanne.
Il suffisait alors d'observer le nombre sur le flotteur et de lire le texte reçu.
Il a également été suggéré que les 24 marques représentaient en réalité 24 lettres de l'alphabet grec, et non 24 événements possibles. De plus, un tel télégraphe pourrait facilement transmettre jusqu'à 20 lettres par heure. En 2024, des expériences ont démontré qu'un tel télégraphe fluvial était capable de transmettre jusqu'à 50 lettres par heure. Par ailleurs, si deux navires étaient positionnés de chaque côté, fonctionnant alternativement, la vitesse de transmission augmenterait encore et pourrait facilement atteindre 150 lettres par heure. Fait intéressant, ce télégraphe fut utilisé non seulement par les Grecs, mais aussi par les Carthaginois durant la Première Guerre punique. Ils installèrent un réseau de stations d'émission et de réception sur les hauteurs et sur les navires du détroit de Tunis, permettant ainsi une communication relativement rapide entre la Sicile et Carthage |
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