Italie Regia Marina Les Cuirassés de la classe Vittorio Veneto
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1937 Cofano Bandiere Corrazatta Vittorio Veneto
1937 Cofano Bandiere Corrazatta Vittorio Veneto
Fritz X Hendon
Dans les années qui suivirent immédiatement la Première Guerre mondiale, en vertu du traité de Washington de 1922, il y eut une période de « vacances navales » durant laquelle non seulement aucun navire de guerre ne fut construit, mais on démolit même, toujours en application de ce traité, certaines unités en service ou en construction, comme le fit l'Italie avec les quatre cuirassés de la classe Caracciolo, dont l'un déjà lancé et les autres sur cale.
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Le traité de Washington (ou traité naval de Washington) fut signé le 6 février 1922, au terme de la Conférence navale de Washington ouverte le 12 novembre 1921 à l'initiative des États-Unis.
Les signataires — cinq grandes puissances navales :
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États-Unis
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Royaume-Uni
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Japon
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France
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Italie
Les objectifs et le contexte
Après la Première Guerre mondiale, les grandes puissances redoutaient une nouvelle course aux armements navals, en particulier entre les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon, dont les programmes de construction de cuirassés s'annonçaient ruineux. La conférence visait à limiter cette compétition tout en consolidant l'ordre géopolitique en Asie-Pacifique (elle s'accompagna d'ailleurs de deux autres traités : le traité des Quatre Puissances et le traité des Neuf Puissances, sur la Chine).
Les principales dispositions
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Un ratio de tonnage pour les navires de ligne et porte-avions, fixé selon la fameuse proportion 5:5:3:1,75:1,75 entre les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la France et l'Italie.
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Une limite de déplacement de 35 000 tonnes par unité pour les cuirassés.
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Un calibre maximal de 406 mm (16 pouces) pour l'artillerie principale.
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Une « vacance navale » (moratoire) de dix ans sur la mise en chantier de nouveaux navires de ligne.
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L'obligation de démolir ou reconvertir un certain nombre d'unités existantes ou en construction pour respecter les nouveaux plafonds (c'est ce qui coûta à l'Italie ses quatre cuirassés de la classe Caracciolo, comme évoqué dans l'article sur les Vittorio Veneto).
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Des restrictions sur les fortifications de certaines bases du Pacifique (Guam, Philippines, Hong Kong...).
Les suites
Le traité fut prolongé et complété par la conférence de Londres de 1930, puis dénoncé par le Japon en 1934 (effectif fin 1936), ce qui rouvrit la course aux armements navals et conduisit directement à la construction des grands cuirassés Washington des années 1930 (Littorio, Bismarck, King George V, Richelieu...).
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Après cette période de stagnation, lorsque les constructions reprirent enfin, on observa un phénomène intéressant : plutôt que de construire de nouveaux cuirassés, presque toutes les marines procédèrent à la modernisation, plus ou moins poussée, de ceux construits à partir des années 1908-1910. D'une manière générale, l'appareil moteur de tous ces navires fut remplacé, ce qui entraîna la modification des cheminées et, parfois, du nombre d'hélices. Sur beaucoup d'entre eux, l'armement principal fut changé, et sur presque tous l'armement secondaire, afin de le rendre plus apte aux missions antiaériennes, avec pour conséquence une modification des superstructures ; sur toutes les unités furent installées les centrales modernes de direction de tir ainsi que des catapultes pour le lancement d'hydravions de reconnaissance.
LES CUIRASSÉS DE LA CLASSE « VITTORIO VENETO »
Est-ce par un désir universel de paix, de fraternité entre les peuples et de justice sociale que s'ouvrit, le 11 août 1921, la conférence de Washington ? Ou fut-ce par convenance économique que les principales nations du monde se réunirent autour de la table pour discuter, pour la première fois, d'un accord destiné à mettre fin à la course aux armements ? Ce n'est pas ici le lieu d'approfondir une telle analyse. Il est cependant certain qu'au terme du premier conflit mondial, les économies des États qui y avaient participé se trouvaient passablement délabrées. Les programmes navals en furent donc influencés, d'autant que les sévères restrictions finirent par peser davantage encore sur les dépenses militaires.
Dans le même temps, on s'aperçut que l'expérience acquise durant la guerre incitait à augmenter à nouveau le tonnage des navires de bataille, afin de pouvoir associer à une puissance offensive considérable une protection adéquate, tant contre la menace sous-marine que contre la menace aérienne. Cela se traduisait toutefois par une augmentation du coût des nouvelles unités et, par conséquent, par de lourdes charges pour tous si la course reprenait entre les principales puissances maritimes.
Ce problème préoccupait tout particulièrement l'Angleterre, qui redoutait une reprise de l'émulation au détriment de sa propre position face aux marines concurrentes.
La conférence de Washington ne se solda pas par un bilan négatif ; ce fut la convenance économique, plus que la conviction du bien-fondé des accords, qui permit d'aplanir de nombreuses difficultés techniques, par la définition de types de navires dont les caractéristiques, nées de compromis, ne satisfirent certes pas les milieux compétents, mais furent acceptées parce que toutes les marines se retrouveraient sur un pied d'égalité pour ce qui concernait les nouvelles constructions.
Le traité de Washington décida en particulier l'abandon des programmes de construction de navires de ligne jusqu'en 1931, la limitation du déplacement type des unités de cette catégorie à 35 000 tonnes, ainsi que celle du calibre de leur artillerie principale à 406 mm.
Il s'agissait là de limitations plutôt sévères qui, le moment venu, pesèrent lourdement sur la conception des nouveaux cuirassés, car elles obligeaient les constructeurs à sacrifier certaines qualités essentielles des navires de bataille pour pouvoir rester dans les limites de déplacement fixées.
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Voici un tableau récapitulatif des principaux navires « sacrifiés » au traité de Washington, par pays :
États-Unis
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Navire
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Type prévu
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Sort
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Détails
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USS Lexington
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Croiseur de bataille
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Converti en porte-avions (CV-2)
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Achevé en 1927
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USS Saratoga
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Croiseur de bataille
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Converti en porte-avions (CV-3)
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Achevé en 1927
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USS Constellation, Ranger, Constitution, United States
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Croiseurs de bataille (classe Lexington)
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Démolis sur cale
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Annulés en 1923
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Classe South Dakota (6 navires)
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Cuirassés
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Démolis / annulés
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Aucun achevé
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USS Washington
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Cuirassé (classe Colorado)
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Coulé comme cible (1924)
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Seul cuirassé « post-Jutland » sabordé à titre expérimental
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17 vieux cuirassés (Maine, Missouri, Virginia, Connecticut, South Carolina, Delaware, North Dakota, etc.)
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Cuirassés pré-1910
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Démolis
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—
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Royaume-Uni
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Navire
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Type prévu
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Sort
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Détails
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Classe Courageous (3 navires : Courageous, Glorious, Furious)
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Croiseurs de bataille légers
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Convertis en porte-avions
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Non comptés dans le traité, convertis quand même
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Classe Orion (Orion, Conqueror, Monarch, Thunderer)
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Cuirassés
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Démolis (1922-1926)
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Monarch utilisé comme cible avant démolition
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Classe King George V (1911)
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Cuirassés
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Démolis
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Sauf Centurion, converti en navire-cible
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HMS Erin, HMS Agincourt
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Cuirassés
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Démolis (1922)
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Ex-navires turcs saisis en 1914
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HMAS Australia
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Croiseur de bataille
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Sabordé (1924)
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Pour respecter le quota de l'Empire britannique
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Total
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—
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23 bâtiments démolis au total
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En échange, la Grande-Bretagne put achever le Hood et construire les deux Nelson
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Japon
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Navire
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Type prévu
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Sort
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Détails
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Kaga
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Cuirassé (classe Tosa)
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Converti en porte-avions
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En remplacement de l'Amagi, endommagé
Coulé à Midway en 1942
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Akagi
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Croiseur de bataille (classe Amagi)
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Converti en porte-avions
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Coulé à Midway en 1942
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Tosa
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Cuirassé (classe Tosa)
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Démoli / coulé comme cible (1925)
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Essais de tir dans le détroit de Bungo
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Amagi
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Croiseur de bataille (classe Amagi)
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Démoli
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Coque détruite par le séisme de Kantō (1923) avant conversion
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Atago, Takao
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Croiseurs de bataille (classe Amagi)
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Démolis sur cale (1924)
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Jamais lancés
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Total
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—
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17 bâtiments démolis au total
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—
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France
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Navire
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Type prévu
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Sort
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Détails
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Béarn
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Cuirassé (classe Normandie)
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Converti en porte-avions
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Seul rescapé de la classe
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Normandie
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Cuirassé (classe Normandie)
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Démoli (1924-1925)
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Lancé en 1914, jamais achevé
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Flandre
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Cuirassé (classe Normandie)
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Démoli (1924)
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—
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Gascogne
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Cuirassé (classe Normandie)
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Démoli (1923-1924)
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—
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Languedoc
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Cuirassé (classe Normandie)
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Démoli (1929)
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Le plus tardif à être démoli
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Duquesne, Lille, Lyon, Tourville
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Cuirassés (classe Lyon)
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Annulés, jamais mis sur cale
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Programme abandonné dès 1915-1919
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Italie
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Navire
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Type prévu
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Sort
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Détails
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Francesco Caracciolo
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Cuirassé (classe Caracciolo)
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Démoli (à partir de 1926)
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Seul lancé (1920) ; projets avortés de reconversion en porte-avions ou paquebot
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Cristoforo Colombo
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Cuirassé (classe Caracciolo)
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Démoli sur cale (1921)
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Machines réemployées sur le paquebot Roma
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Marcantonio Colonna
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Cuirassé (classe Caracciolo)
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Démoli sur cale (1921)
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—
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Francesco Morosini
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Cuirassé (classe Caracciolo)
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Démoli sur cale (1921)
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Deux canons de 381 mm réemployés sur le moniteur Alfredo Cappellini
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Suite à ce traité l'Italie sort favorisée du traité de Washington, par rapport à la France car on lui accordait la parité de la Regio Marina avec la Marine française en matière de navires de ligne et lui donnait la possibilité de mettre immédiatement en chantier un total de 70 000 tonnes.
Cette clause resta cependant une victoire politique et de prestige toute platonique, dont on ne profita pas. Du reste, la période de « vacances navales », que la conférence de Londres prolongea en 1930 de cinq années supplémentaires, ainsi que l'idée, alors dominante dans le monde entier, selon laquelle l'époque des grands navires était révolue et qu'il fallait surtout privilégier la construction de croiseurs rapides, de bâtiments légers et de sous-marins, firent que l'effort maximal de reconstruction de la Marine italienne se porta précisément sur ce type de navires. Du reste, la politique navale italienne visait à rechercher la parité complète avec la France, parité que, pour ce qui concernait les navires de bataille, elle possédait déjà en théorie.
La Conférence navale de Londres de 1930
La conférence s'est tenue à Londres du 21 janvier au 22 avril 1930, et a débouché sur le traité naval de Londres, signé le 22 avril 1930. Elle avait pour but de prolonger et de compléter le traité de Washington de 1922, dont plusieurs lacunes étaient apparues.
Le contexte
Le traité de Washington avait limité les cuirassés et porte-avions, mais pas les croiseurs, destroyers et sous-marins — une catégorie où une course aux armements « clandestine » s'était développée dans les années 1920, en particulier entre le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon (querelle sur les croiseurs lourds « Washington » de 10 000 tonnes et 203 mm). La conférence de Londres visait à combler ce vide juridique.
Les participants
Les cinq mêmes puissances qu'à Washington : États-Unis, Royaume-Uni, Japon, France, Italie. Mais contrairement à 1922, la France et l'Italie refusèrent d'accepter les clauses limitant les tonnages globaux de croiseurs, destroyers et sous-marins, estimant leurs besoins de sécurité incompatibles avec la parité imposée. Le traité final ne fut donc signé pleinement que par trois puissances : États-Unis, Royaume-Uni et Japon. La France et l'Italie ne signèrent qu'une partie limitée du texte (les dispositions sur les sous-marins et les règles de guerre sous-marine).
Les principales dispositions
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Prolongation de la « vacance navale » sur les cuirassés jusqu'en 1936 (au lieu de 1931 initialement prévu par Washington).
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Ratios fixés pour les croiseurs, destroyers et sous-marins entre les trois signataires principaux, approximativement dans la même logique 5:5:3 qu'à Washington (avec des ajustements pour le Japon, qui obtint une parité plus favorable sur les sous-marins et les croiseurs légers).
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Distinction entre deux catégories de croiseurs :
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Limitation du tonnage des sous-marins individuels à 2 000 tonnes (avec quelques exceptions) et de leur artillerie à 130 mm.
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Clause d'échappatoire : si un signataire s'estimait menacé par la construction navale d'une puissance non liée par le traité, il pouvait notifier son intention de dépasser les limites fixées.
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Autorisation pour les États-Unis de compléter leur tonnage de croiseurs jusqu'à la limite fixée (ce qui déclencha un programme de construction dans les années suivantes).
Les suites
Le traité fut complété par une seconde conférence de Londres en 1935-1936, mais celle-ci échoua largement : le Japon claqua la porte des négociations en janvier 1936 après le refus des autres puissances de lui accorder la parité totale, et se retira du système des traités navals. L'Italie refusa également de signer, dans le climat de tensions consécutif à la guerre d'Éthiopie. Seuls les États-Unis, le Royaume-Uni et la France signèrent le second traité de Londres de 1936, qui abaissait le calibre maximal des canons de cuirassés à 356 mm (14 pouces) — clause assortie d'une « clause d'échappement » qui permit de revenir au calibre de 406 mm dès 1938, lorsqu'il devint évident que le Japon ne respecterait aucune limite.
C'est cette fin du système des traités qui ouvrit la voie, à partir du milieu des années 1930, à la nouvelle génération de cuirassés « post-traités » évoqués plus haut : Littorio, Bismarck, King George V, Richelieu, Iowa, Yamato...
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Dans ce domaine, il suffisait d'attendre que la flotte cuirassée vieillisse pour répondre tonne pour tonne à chaque mise en chantier d'une unité nouvelle.
Pour ne pas être pris au dépourvu et pour tirer profit des années d'arrêt dans la construction des navires de ligne, on poursuivit néanmoins études et projets.
Nous laisserons logiquement de côté les projets et réalisations concernant la modernisation des vieux dreadnoughts encore en service, tandis que nous cherchons à analyser les programmes et les réalisations dans le domaine des nouvelles constructions.
La tendance qui se fit jour dans toutes les marines européennes, durant les dix premières années de vacances navales, portait à prévoir l'avènement du cuirassé de tonnage moyen, nettement inférieur aux 35 000 tonnes prévues par le traité de Washington.
La clause qui autorisait l'Italie à construire à tout moment des navires de bataille pour un total de 70 000 tonnes, ainsi que la nécessité d'en posséder au moins trois, afin de permettre une rotation entre eux et d'en avoir toujours deux en service, orientèrent en 1928 les études du Comité des projets navals vers un type de cuirassé d'un déplacement de 23 000 tonnes, d'une vitesse d'environ 28-29 nœuds, d'un blindage maximal de 320-330 mm et d'un armement principal de six canons de 381 mm disposés en trois tourelles doubles. Tandis que l'on étudiait et améliorait, par des modifications continuelles, les projets pour ce type de navire, on ne négligeait pas non plus les études pour des cuirassés du tonnage maximal, avec un armement de six canons de 406 mm, une vitesse de 29-30 nœuds et un blindage d'environ 350 mm.
En 1930, la conférence de Londres prolongea jusqu'en 1936 la « vacance navale », mais rejeta dans le même temps la proposition anglaise de réduire notablement le tonnage limite des cuirassés. Cela fit naturellement tomber, auprès des organes compétents, tous les projets élaborés jusqu'alors.
Cependant, les années passaient, et approchait le moment où, fût-ce dans les limites fixées par les traités, les marines du monde entier allaient devoir affronter le problème de la reconstruction de leurs flottes de bataille.
Pour l'Italie, la décision mûrit avec deux bonnes années d'avance : en effet, en 1931, l'Allemagne avait lancé le cuirassé de poche Deutschland, et la France, son adversaire direct, avait répondu en 1932 en mettant en chantier le premier des deux Dunkerque et Strasbourg, de 26 000 tonnes standard et 8 canons de 330 mm.
La réaction Italienne ne se fit pas attendre : en application du principe voulu et obtenu à Washington de la parité avec la France, et sous l'impulsion de la politique de prestige et de force menée par Mussolini, la construction d'un premier noyau de deux navires de bataille du déplacement maximal fut décidée. Ce furent les deux premiers cuirassés dit « Washington » du monde.
À ces deux unités, mises en chantier en octobre 1934 sous les noms de Littorio et Vittorio Veneto, s'ajoutèrent plus tard deux autres : Roma et Impero, mises en chantier en 1938, à la suite de la détérioration des relations avec la France et la Grande-Bretagne, causée par la campagne d'Éthiopie et la guerre civile espagnole.
Ces navires de ligne les plus réussis et les plus puissants de la Régia Marina, depuis sa fondation et jusqu'à nons jours commençent à prendre forme sur le papier en 1932. Le Comité des projets navals fut en effet chargé de préparer les plans de construction de deux grands cuirassés qui devaient réunir toutes les meilleures qualités d'un navire de bataille moderne, tant du point de vue de la comparaison avec les unités étrangères que de celui de la technique des matériaux et des conceptions constructives les plus avancées.
Quarante ans plus tard, nous pouvons affirmer sans hésiter que ce travail fut mené à bien de façon excellente, notamment parce que, par une heureuse coïncidence, l'ingénieur Umberto Pugliese atteignait précisément à cette époque le grade d'inspecteur général du Génie naval, et que c'est à lui que fut confiée la direction du projet.
Il avait passé toute sa carrière à perfectionner sans relâche les études relatives aux nouvelles constructions navales. Dans les arsenaux et les bureaux techniques, il avait collaboré à la construction du nouveau matériel naval militaire, y apportant une contribution d'études, presque toujours retenues et appliquées, sur la résistance des structures, sur la stabilité, et sur les divers éléments relatifs à l'efficacité de tous les services de bord. Dès 1912, affecté au Comité des projets navals, il avait collaboré à la résolution des problèmes les plus divers concernant la conception des navires de bataille de la classe « Caracciolo » ; ces quatre grandes unités dont la construction, à la fin de la Première Guerre mondiale, fut interrompue et jamais reprise, notamment en raison du traité de Washington qui suivit.
Durant ce même conflit, son mérite principal fut d'avoir étudié et mis au point un système de défense sous-marine, qu'il concrétisa par la suite, après des essais sur des modèles à échelle croissante, en l'adoptant pour la construction des deux navires-citernes Brennero (1921) et Tarvisio (1928).
Le système Pugliese est un dispositif de protection sous-marine (anti-torpille) conçu par l'ingénieur Umberto Pugliese, utilisé sur les cuirassés italiens de l'entre-deux-guerres (classes Cavour et Doria modernisées, puis classe Vittorio Veneto). Voici son fonctionnement en détail, avec un schéma.
Le principe
Le système Pugliese repose sur un cylindre creux, étanche et rempli d'air, noyé dans une masse de liquide (eau douce ou mazout) logée le long des flancs du navire, sous la ligne de flottaison, sur toute la longueur du réduit blindé.
Le raisonnement de Pugliese : quand une torpille explose contre la coque, l'onde de choc se propage à travers le liquide, incompressible, et vient frapper la paroi du cylindre de toutes parts à la fois. Cette paroi, volontairement moins résistante que tout ce qui l'entoure, s'effondre et absorbe ainsi l'essentiel de l'énergie de l'explosion — un peu comme une zone de déformation programmée sur une voiture moderne. La cloison pare-éclats interne, elle, n'a plus qu'à contenir les débris et les infiltrations résiduelles pour protéger le réduit blindé (soutes à munitions, machines).
Avantages recherchés
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Gain de poids par rapport aux systèmes classiques à caissons multiples (type américain ou britannique), pour une protection jugée équivalente sur le papier.
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Simplicité de conception : une seule grande structure plutôt qu'un empilement de cloisons étanches.
Les limites et controverses
Le système a toujours fait débat parmi les historiens navals :
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Vulnérabilité aux coups répétés au même endroit : une fois le cylindre déformé par un premier impact, sa capacité d'absorption y est amoindrie pour un second coup.
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Encombrement : le diamètre du cylindre (jusqu'à 3,80 m) imposait une largeur de coque importante, difficile à maintenir à l'avant et à l'arrière du navire, où la protection se réduisait donc fortement (60 à 100 mm de ceinture seulement, contre 350 mm au centre).
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Réparations : certains auteurs (Garzke & Dulin notamment) ont jugé le système long à réparer ; des travaux plus récents (Bagnasco & De Toro) contestent ce point et défendent son efficacité réelle.
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Verdict des faits de guerre : mitigé. À Tarente (novembre 1940), le Cavour — équipé d'une version antérieure du système — coula après un seul coup de torpille, mais dans une eau peu profonde et avec des munitions probablement mal arrimées. En revanche, le Vittorio Veneto (torpillé à Matapan, mars 1941) et le Littorio encaissèrent plusieurs torpilles sans jamais couler, ce qui plaide plutôt en faveur du système.
En résumé : une solution ingénieuse et économe en poids, mais dont l'efficacité en conditions réelles de combat reste, encore aujourd'hui, un sujet de discussion entre historiens navals.
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Lorsqu'il fut question de transformer les cuirassés de la classe « Conte di Cavour », la Marine décida de les doter d'une protection sous-marine. Deux grandes maquettes structurelles furent réalisées pour éprouver leur comportement face à la puissance explosive accrue des torpilles. L'une était d'un type similaire à celui adopté par les marines américaine et britannique, avec double coque, l'autre était du type « Pugliese », que l'auteur lui-même adapta à la puissance offensive accrue et aux besoins d'un navire cuirassé. Et ce fut précisément cette dernière structure, à cylindre décompresseur, qui fut reconnue et déclarée la plus efficace, tout en présentant une économie de poids sensible.
C'est fort de cette expérience de près de trente ans que le général Pugliese, en 1932, aborda la résolution du grand nombre de nouveaux problèmes qui se posaient, en particulier pour une marine comme la marine italienne, qui depuis une vingtaine d'années n'avait plus construit de grandes unités de bataille.
Chaque partie du projet des « Vittorio Veneto » qualités architecturales, robustesse structurelle, dispositifs organiques de protection, de propulsion, d'aménagement, etc. est largement imprégnée d'innovations scrupuleusement étudiées par le concepteur et heureusement mises en application.
Nous analyserons les plus importantes d'entre elles dans les pages qui suivent, au fil de la description technique détaillée des quatre superbes unités.
Le projet définitif nécessita environ deux années d'études et d'expérimentations.
Une fois les contrats de construction conclus avec les chantiers navals Ansaldo de Gênes-Sestri et C.R.D.A. de Monfalcone, le Comité des projets navals, par une délibération du 26-30 juillet 1934, décida que les deux entreprises, dans le but précis de susciter une émulation profitable pour atteindre les meilleurs résultats, effectueraient des études supplémentaires afin de perfectionner les lignes de carène à adopter. Étant entendu qu'il n'était pas possible, compte tenu des qualités requises, de rester dans la limite de déplacement de 35 000 tonnes fixée par le traité de Washington, le sous-secrétaire à la Marine autorisa un dépassement, à garder secret, d'environ 3 000 tonnes. En réalité, les études furent menées sur un déplacement atteignant 40 000 tonnes.
Des maquettes à l'échelle furent construites pour être testées au bassin d'essais de Rome. Lors des essais comparatifs, les carènes étudiées par Ansaldo donnèrent de meilleurs résultats, tandis que dans les essais avec modèle remorqué, le type de carène présenté par les C.R.D.A. l'emporta nettement.
Après avoir examiné le problème sous ses différents aspects, le général Pugliese, fort également de l'avis du général du Génie naval Rota, président du Bassin national de Rome, qui avait suivi avec un soin particulier les essais des différentes carènes, finit par choisir précisément celle proposée par la société C.R.D.A.
Cantieri Riuniti dell'Adriatico (C.R.D.A.)
Origine et formation
Le C.R.D.A. naît en 1930 (fusion officialisée fin 1929-1930) de la réunion de deux chantiers navals italiens de la région de Trieste :
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le Stabilimento Tecnico Triestino (STT), dont les origines remontent à 1838, fondé par Gaspare Tonello à San Marco près de Trieste ;
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le Cantiere Navale Triestino, basé à Monfalcone.
Trieste étant passée à l'Italie après la Première Guerre mondiale (elle appartenait auparavant à l'Autriche-Hongrie), ce regroupement visait à constituer un pôle naval italien puissant sur l'Adriatique, capable de rivaliser avec les grands chantiers de Gênes (Ansaldo).
Deux sites principaux
Une production variée dans l'entre-deux-guerres
Avant même de se lancer dans les cuirassés, le C.R.D.A. construit pour la Regia Marina de nombreux croiseurs légers et lourds (dont le Fiume, de la classe Zara, coulé au cap Matapan) ainsi que 27 sous-marins. Côté civil, le chantier livre en 1932 le prestigieux paquebot transatlantique Conte di Savoia, l'un des premiers grands navires équipés de stabilisateurs gyroscopiques — une technologie qui n'est d'ailleurs pas sans lien avec l'expertise de l'ingénieur Umberto Pugliese, très actif dans les études de stabilisation à la même époque.
La construction des cuirassés (1934-1942)
C'est dans ce contexte que le Comité des projets navals confie au C.R.D.A. la construction de deux des quatre cuirassés de la classe Littorio (l'autre chantier retenu étant Ansaldo, à Gênes-Sestri) :
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Navire
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Chantier C.R.D.A.
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Mise en chantier
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Lancement
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Service
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Vittorio Veneto
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Monfalcone
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28 octobre 1934
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25 juillet 1937
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28 avril 1940
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Roma
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Trieste
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18 septembre 1938
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9 juin 1940
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14 juin 1942
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Comme évoqué dans l'article traduit précédemment, c'est précisément la carène étudiée par le C.R.D.A. — jugée supérieure lors des essais avec modèle remorqué — qui fut retenue par le général Pugliese pour l'ensemble de la classe, plutôt que celle proposée par Ansaldo.
Après-guerre
Le C.R.D.A. survit à la guerre et poursuit une activité civile (paquebots, puis en 1960 la production de 55 voiliers de classe Finn pour les régates olympiques de Rome) et militaire réduite dans les années 1950-60, avant d'être absorbé en 1984 par le groupe Fincantieri, aujourd'hui premier constructeur naval mondial — les chantiers de Monfalcone et Trieste, toujours en activité, en descendent directement.
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La construction des deux grandes unités pouvait commencer.
Construction
Les débuts furent rapides ;
dans les deux chantiers, à Trieste et à Gênes-Sestri, l'assemblage des matériaux avait déjà commencé, et au cours de cérémonies similaires organisées à la même date, le 28 octobre 1934, anniversaire de la marche sur Rome, fut posée la première tôle de quille.
La construction des deux coques progressa de pair. Il y eut, comme toujours, de petits contretemps, toujours résolus avec succès, dus en général à des problèmes liés aux dimensions particulièrement importantes des deux navires.
En effet tant le Vittorio Veneto que le Littorio présentaient, en raison du blindage, un poids non uniforme, ce qui se répercutait sur la cale de construction. Il fallut donc soutenir les deux navires au moyen de tins disposés d'une manière nouvelle et quelque peu particulière, disposition qui fut la cause d'un retard de plus d'une demi-heure dans le lancement du Littorio. L'un de ces tins, en effet, le premier à tribord à l'avant, excessivement chargé, ne put être démoli qu'après de nombreuses tentatives.
Le problème même du lancement de deux unités de ces dimensions se compliqué. Les chantiers durent travailler avec ardeur et, dans les derniers jours, sans interruption, y compris la nuit. Logiquement, seules les coques vides, dépourvues des panneaux de blindage latéraux, furent mises à l'eau ; mais il s'agissait tout de même de deux masses métalliques pesant environ 10 500 tonnes.
Alors que la construction en était déjà à un stade assez avancé, les deux unités furent officiellement inscrites au registre de la flotte militaire sous les noms de Vittorio Veneto et Littorio, en vertu du décret royal n° 1869 du 10 octobre 1935, publié au Journal officiel, fascicule 38.
Le premier à être lancé fut le Vittorio Veneto, mis à l'eau le 25 mai 1937 en présence de la famille royale d'Italie ; le Littorio le suivit, lors d'une cérémonie tout aussi fastueuse, le 22 août de la même année.
Une fois la cérémonies de lancement et les lamions étients, les deux unités entamèrent, au milieu du bruit assourdissant des marteaux mécaniques et du fracas des grandes grues automotrices, leur armement, amarrées aux quais spécialement aménagés de Trieste et de Sampierdarena. Dans cette dernière localité, ce fut précisément pour le Littorio que fut créé l'établissement d'armement des navires de l'Ansaldo, qui resta ensuite en activité pendant une quinzaine d'années.
Durant les presque trois années passées par les deux cuirassés sur la cale de construction, des événements politiques d'une grande portée pour l'Europe entière s'étaient produits en Méditerranée.
La campagne d'Éthiopie et le début de la guerre civile espagnole avaient fini par rompre l'équilibre naval dans cette mer. Une grande partie de la flotte britannique était venue se concentrer dans les ports de Gibraltar, d'Alexandrie d'Égypte et de Malte, tandis que les relations diplomatiques entre l'Italie, la France et la Grande-Bretagne elle-même subissaient une nette détérioration.
Ce fut à ce moment-là que, pour répondre aux directives de la politique italienne de ces années, mûrit la décision de moderniser également les vieux cuirassés Doria et Duilio, et de construire deux autres unités de 35 000 tonnes. Les plans étaient déjà prêts ; il suffit en effet d'apporter de petites modifications au projet du Vittorio Veneto.
Les deux nouveaux cuirassés furent inscrits au registre de la flotte militaire sous les noms d'Impero et de Roma, et mis en chantier, le premier le 14 mai 1938 aux chantiers Ansaldo de Gênes-Sestri, et le second le 18 septembre 1938 aux chantiers C.R.D.A. de Trieste.
Le 10 juin 1940, au moment de l'entrée en guerre de l'Italie, les quatre unités de la classe avaient toutes déjà quitté la cale de construction ; le dernier en date, le Roma, avait en effet été mis à l'eau la veille même.
Le Littorio et le Vittorio Veneto, désormais armés et déjà livrés à la Regia Marina, achevaient à Tarente la mise au point de leurs équipements et l'entraînement de leurs équipages. La coque de l'Impero, lancée le 30 novembre 1939, se trouvait à Brindisi depuis deux jours. Elle y avait été remorquée depuis Gênes pour la soustraire à d'éventuels bombardements aériens français. Le Roma devait encore commencer son armement.
La suite des événements de guerre est aujourd'hui bien connue. Le Roma, dans les eaux tranquilles du port de Trieste, loin du fracas de la guerre, put être achevé dans les délais et livré à la Marine le 14 juin 1942. Pour le cuirassé Impero, en revanche, les choses se déroulèrent différemment : déplacé à Brindisi par mesure de précaution, il n'aurait dû y rester que peu de temps, le temps nécessaire au transfert de Gênes à Trieste des matériaux de construction et des équipements prêts. Mais les besoins en bâtiments légers et en navires d'escorte, apparus dès les premiers jours des hostilités, ainsi que les difficultés d'approvisionnement en matériaux nécessaires, firent que les laminés, profilés, etc. destinés à ce navire furent utilisés pour les nouvelles constructions. Il resta donc à Brindisi, pratiquement à l'abandon, pendant toute l'année 1941. En janvier 1942, son achèvement ayant été décidé, il fut remorqué jusqu'à Trieste ; mais, une fois encore, les difficultés causées par la mauvaise tournure de la guerre, qui pesèrent également, comme nous l'avons vu dans le premier volume, sur la remise en état du Conte di Cavour, ne permirent pas l'achèvement de cette belle unité. Le 8 septembre 1943, lors de la proclamation de l'armistice, il fut abandonné car devenu inutilisable.
Principales caractéristiques techniques des navires de bataille de la classe VITTORIO VENETO au moment de leur entrée en service
VITTORIO VENETO
Chantiers navals réunis de l'Adriatique, Trieste
Mise en chantier le 28-10-1934 — lancement le 25-7-1937 — en service le 28-4-1940 — rayée le 1-2-1948
LITTORIO, puis (30-7-1943) ITALIA
Chantiers Ansaldo, Sestri Ponente — Gênes
Mise en chantier le 28-10-1934 — lancement le 22-8-1937 — en service le 6-5-1940 — rayée le 1-6-1948
IMPERO
Chantiers Ansaldo, Sestri Ponente — Gênes
Mise en chantier le 14-5-1938 — lancement le 15-11-1939 — non achevée — rayée le 27-3-1947
ROMA
Chantiers navals réunis de l'Adriatique, Trieste
Mise en chantier le 18-9-1938 — lancement le 9-6-1940 — en service le 14-6-1942 — coulée le 9-9-1943
Déplacement
Standard — officiellement 35 000 tonnes.
Charge normale : Vittorio Veneto 41 167 t — Littorio 41 377 t — Roma 41 650 t
Pleine charge : Vittorio Veneto 43 624 t — Littorio 43 835 t — Roma 44 050 t
Surcharge de combat : Vittorio Veneto 45 752 t — Littorio 45 963 t — Roma 46 215 t
Dimensions
Longueur hors tout : 237,8 m (240,7 m pour le Roma) — entre perpendiculaires : 224,5 m
Largeur hors tout : 32,9 m
Tirant d'eau moyen à pleine charge : 10,5 m
Armement
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9 canons de 381/50 mm
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12 canons de 152/55 mm
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12 canons de 90/50 mm antiaériens
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4 canons de 120/40 mm pour tir éclairant
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20 mitrailleuses de 37/54 mm antiaériennes
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16 mitrailleuses de 20/65 mm antiaériennes (portées, à partir de 1942, à 28 sur le Littorio et le Roma, et à 32 sur le Vittorio Veneto)
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3 avions
Protection
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Verticale, à la flottaison : maximum 350 mm
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Horizontale, au centre du navire (aux points de plus forte épaisseur) : maximum 207 mm
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Tourelles de gros calibre : maximum 380 mm (face avant)
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Barbettes des tourelles de gros calibre : 350 mm
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Tourelles de moyen calibre : maximum 280 mm (face avant)
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Barbettes des tourelles de moyen calibre : 150 mm
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Blockhaus blindé : maximum 260 mm
Appareil moteur
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8 chaudières type Yarrow, à tubes d'eau sub-verticaux, avec surchauffeurs
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4 groupes de turbines Belluzzo avec réducteurs
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4 hélices tripales
Puissance
Environ 130 000 ch en marche normale à toute vitesse ; environ 140 000 ch obtenus lors des essais.
Rayon d'action
4 580 milles à 16 nœuds — 3 920 milles à 20 nœuds — 1 770 milles à 30 nœuds
Combustible
Emport normal de mazout : 3 700 t — Emport maximal de mazout : 4 210 t
Équipage
92 officiers — 122 officiers mariniers — 12 civils — 134 seconds-maîtres et sergents — 1 506 hommes d'équipage
Description navires de bataille Littorio en 1940 et Vittorio Veneto en 1942
En 1934, les grandes puissances retrouvèrent chacune leur pleine liberté d'action en matière d'armements, et l'état-major de notre Marine estima que deux seuls cuirassés de 35 000 tonnes, même avec la modernisation de quatre unités déjà en service depuis la Première Guerre mondiale, ne suffiraient pas à faire face aux éventuelles forces réunies françaises et britanniques en Méditerranée ; il jugea donc nécessaire de construire deux autres navires de bataille de 35 000 tonnes. Ceux-ci ne présentaient que de légères modifications par rapport aux précédents. L'un, le Roma, fut confié pour sa construction aux Cantieri Riuniti dell'Adriatico, l'autre, l'Impero, à l'Ansaldo de Gênes ; ils furent mis en chantier en 1938. Le Vittorio Veneto et le Littorio entrèrent en service en 1940, peu avant le début des hostilités, le Roma en 1942, et l'Impero, l'armistice étant survenu entre-temps, ne fut jamais achevé.
La différence la plus sensible entre ces deux derniers et les précédents résidait dans la ligne de l'étrave : le Roma et l'Impero avaient un gaillard plus élevé, c'est-à-dire un brion plus prononcé.
La poupe était de type croiseur, légèrement plus arrondie sur le Roma et l'Impero. Les quatre navires de la classe « Littorio » avaient par ailleurs toutes les autres caractéristiques en commun : on notait en particulier la disposition de trois gouvernails, un principal axial et deux auxiliaires secondaires, placés entre les axes intérieurs et extérieurs des hélices, au nombre de quatre.
Le rapport entre le volume de la coque et celui, global, des superstructures était très harmonieux et conférait à ces navires un aspect agressif.
Le blockhaus reprenait le schéma désormais éprouvé de la deuxième série des « Condottieri » (Muzio Attendolo, Eugenio di Savoia, Montecuccoli).
La Propulsion
Les cuirassés de la classe Vittorio Veneto étaient propulsés par des turbines à vapeur développant 130 000 chevaux, avec des chaudières produisant une pression de vapeur de 25 kg/cm² et une température de vapeur de 325 °C. Les machines principales étaient des turbines à engrenages "Belluzzo", tournant à 238 tours par minute. Le groupe principal de générateurs électriques comprenait 4 turbo-alternateurs de 450 kW, et le groupe de secours comprenait 4 groupes électrogènes diesel de 800 kW. Les 4 hélices étaient toutes tripales, d'un diamètre de 4,8 mètres.
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| Salle des machines d'un cuirassé de la classe Vittorio Veneto |
La répartition du poids des navires de la classe Vittorio Veneto était la suivante : poids de la coque 10 569 tonnes, poids du blindage 13 545 tonnes, poids de l'armement 6 569 tonnes. Le poids total du navire s'élevait à 30 683 tonnes.
La classe Vittorio Veneto était conçue pour une vitesse de 31 nœuds. La marine italienne estimant que ses navires opéreraient uniquement en Méditerranée, elle n'exigeait pas une grande autonomie. Par conséquent, les concepteurs équipèrent la classe Vittorio Veneto d'un groupe propulseur relativement puissant, sans accorder une grande importance à sa consommation de carburant élevée.
La classe Vittorio Veneto était équipée de groupes de turbines à vapeur à haute température et haute pression, avec huit chaudières principales à tubes d'eau à mazout à trois tambours Yarrow avec surchauffeur. Ces chaudières étaient disposées par paires dans quatre compartiments étanches séparés, mais sans cloison longitudinale à l'intérieur des salles des chaudières. Cette configuration réduisait la gîte en cas d'envahissement d'un côté, mais un envahissement d'une salle des chaudières pouvait entraîner l'arrêt des deux chaudières qu'elle contenait. La vapeur surchauffée produite atteignait une température de 325°C sous une pression de 25 atmosphères. Ces paramètres de fonctionnement étaient comparables à ceux de la classe Yamato, mais inférieurs à ceux des produits similaires des pays européens comme l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Quatre turbines à vapeur à réduction par engrenages Belluzzo étaient installées, avec une disposition alternée des salles des machines et des salles des chaudières : deux salles des machines se trouvaient devant les salles des chaudières, et deux derrière. Cette disposition alternée améliorait considérablement la résistance du système de propulsion, mais compliquait la disposition des conduites et des dispositifs de contrôle. Chaque turbine comprenait une turbine haute pression, une turbine moyenne pression, une turbine basse pression et une turbine de croisière haute pression. Les groupes haute pression et de croisière étaient situés à l'avant, les groupes moyenne et basse pression à l'arrière. Chaque machine principale entraînait une hélice tripale Scaglia d'un diamètre de 4,8 mètres. La puissance totale des machines principales était de 130 000 chevaux-vapeur (ch), avec une puissance en surcharge temporaire de 140 000 ch, atteignant ainsi pleinement les exigences de conception. Pendant la guerre, la classe Vittorio Veneto a atteint une vitesse de 29 nœuds avec un déplacement de 46 000 tonnes.
Au centre du navire se trouvaient deux grandes cheminées rapprochées. Celle de l'avant portait, en prolongement, la petite passerelle de direction de tir des mitrailleuses.
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Le mât avant, plus élevé, était relié au blockhaus par quatre passerelles, dont l'une servait de poste de signalisation.
Le mât arrière, plus bas, s'élevait à partir d'une structure située en arrière des cheminées, qui abritait le poste de commandement arrière et les projecteurs.
À la pouoe était installée une catapulte orientable, destinée au lancement de trois hydravions qui étaient à l'origine des RO 43, biplans de reconnaissance à moteur en étoile, du type « à flotteur central », c'est-à-dire dotés d'un gros flotteur central et de deux plus petits sous les ailes, plus hauts que le flotteur central. Au décollage et à l'amerrissage, l'appareil se tenait en équilibre sur le flotteur central, tandis qu'à l'arrêt, sur l'eau, il restait légèrement incliné, reposant sur l'un des flotteurs latéraux.
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Le Ro.43 est la version hydravion (à flotteurs) du IMAM Ro.37 « Lince » (Lynx), un biplan de reconnaissance terrestre très répandu dans la Regia Aeronautica. En 1933, la Regia Marina lance un appel d'offres pour un avion de reconnaissance embarqué, lançable par catapulte, capable de remplacer le vieillissant Piaggio P.6 (datant de 1927, à peine 195 km/h). Le Ro.43, conçu par l'ingénieur Giovanni Galasso, l'emporte face à plusieurs concurrents (Piaggio P.18/P.20, CMASA MF.10, CANT Z.504, Macchi C.76). Premier vol : 19 novembre 1934 ; entrée en service : 1935.
Caractéristiques
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Structure : biplan biplace, tubes d'acier et bois, recouvert de tôle légère et de toile.
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Ailes en mouette : l'aile supérieure « en mouette » et l'aile inférieure « en mouette inversée » — c'est cette configuration caractéristique qu'on retrouve sur les silhouettes des cuirassés italiens.
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Ailes repliables : atout majeur du modèle, permettant de gagner de la place dans les hangars exigus des navires.
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Flotteur central unique ("à scarpone") avec deux petits flotteurs stabilisateurs sous les ailes — exactement le dispositif décrit dans l'article Vittorio Veneto : l'avion se pose en équilibre sur le flotteur central, et repose légèrement incliné sur un flotteur latéral une fois immobile.
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Vitesse maximale : environ 300 km/h à vide.
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Rayon d'action : jusqu'à 1 000 km sans charge lourde (le cahier des charges de la Marine exigeait 600 km ou 5h30 d'autonomie).
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Armement : très léger — deux mitrailleuses Breda-SAFAT de 7,7 mm (une fixe vers l'avant, une mobile pour l'observateur à l'arrière).
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Production : 193 exemplaires construits.
Emploi et limites
Le Ro.43 équipait la quasi-totalité des grandes unités de la Regia Marina en 1940 : cuirassés de la classe Littorio, croiseurs des classes Zara, Trento, Alberto di Giussano, Duca d'Aosta, Montecuccoli. Sa mission principale était l'observation de tir (réglage des salves d'artillerie) et la reconnaissance, mais faute de mieux, il fut parfois employé comme chasseur improvisé — rôle pour lequel son armement dérisoire le rendait totalement dépassé face aux appareils britanniques.
Un épisode célèbre : lors de l'affrontement entre le cuirassé Giulio Cesare et le HMS Warspite (juillet 1940, bataille de Calabre / Punta Stilo), un Ro.43 catapulté depuis le croiseur Eugenio di Savoia survola le Warspite pour observer les tirs, avant de devoir décrocher, pourchassé par un chasseur Gloster Sea Gladiator britannique.
Ses faiblesses structurelles, aggravées par un usage intensif, poussèrent au développement d'une version améliorée, mais celle-ci resta cantonnée au rôle de reconnaissance. C'est ce qui explique pourquoi, à partir de 1942, deux des trois Ro.43 embarqués sur les Vittorio Veneto furent remplacés par des chasseurs Reggiane Re.2000 navalisés, comme mentionné dans l'article — un appareil bien plus moderne, mais dépourvu de flotteurs.
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Par la suite, deux des RO 43 furent remplacés par des chasseurs Re 2000.
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LE REGGIANE RE.2000 « FALCO »
Le chasseur catapultable des cuirassés de classe Littorio
Un chasseur prometteur né d'une inspiration américaine
Le Reggiane Re.2000 « Falco » est un chasseur monoplan à ailes basses et train rentrant, conçu par l'ingénieur Roberto Longhi pour la firme Officine Meccaniche Reggiane, filiale du groupe Caproni installée à Reggio Emilia. Longhi, qui avait acquis une expérience aux États-Unis, s'inspire directement des lignes du Seversky P-35 américain : le Re.2000 en reprend la silhouette générale et le train d'atterrissage escamotable de type Curtiss.
Le prototype effectue son premier vol le 24 mai 1939 à Reggio Emilia, aux mains du pilote d'essai Mario De Bernardi. Les résultats sont immédiatement remarquables : léger (2 059 kg à vide), l'appareil atteint 518 km/h à 5 250 mètres, grimpe à 6 000 mètres en six minutes et demie et affiche un plafond de 11 500 mètres. Dans les combats d'essai, il se montre supérieur non seulement au biplan Fiat CR.42, mais aussi au plus moderne Macchi C.200 et même, à plusieurs reprises, au chasseur allemand Messerschmitt Bf 109E.
Une autre particularité fait sa force : dépourvu de réservoirs dans le fuselage, le Re.2000 loge la totalité de son carburant — jusqu'à 460 kg, soit 640 litres — dans le volume de sa voilure, ce qui lui confère une autonomie de 900 à 1 100 km, très supérieure à celle des Macchi et des Fiat contemporains.
Un potentiel gâché par des faiblesses structurelles
Malgré ces qualités, la Regia Aeronautica ne retient pas le Re.2000 comme chasseur standard. L'appareil souffre en effet de défauts jugés rédhibitoires : une structure alaire relativement fragile, sujette à des ruptures de longeron en vol, et des réservoirs de voilure non protégés, particulièrement vulnérables au feu ennemi. L'aviation militaire italienne lui préfère le Macchi C.200, pourtant moins performant, mais considéré comme plus robuste et plus simple à produire en série.
Écarté de la production de masse pour la chasse terrestre, le Re.2000 connaît malgré tout une belle carrière à l'exportation : la Hongrie en achète 70 exemplaires et acquiert la licence de fabrication, le construisant sous le nom de MÁVAG Héja ; la Suède en commande également un lot important, exploité sous la désignation J 20 jusqu'en 1945. Une commande britannique de 300 appareils, passée fin 1939, est quant à elle annulée après l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés de l'Allemagne, en juin 1940.
La Regia Marina s'empare du projet
C'est la marine italienne, la Regia Marina, qui va offrir au Falco sa véritable vocation opérationnelle. Dès la fin de l'année 1940, elle envisage de doter ses grandes unités d'un chasseur catapultable capable de décoller directement du pont arrière des cuirassés pour intercepter les avions-torpilleurs ennemis — une problématique que ni la France, ni l'Italie, ni même l'Allemagne (dont les cuirassés n'embarquaient que des hydravions de reconnaissance de type Arado 196) n'avaient réellement résolue.
Le programme aboutit à une variante navalisée, le Re.2000 Serie II ou « Cat. » (pour catapultabile), rapidement surnommée « Ochetta » (« petite oie ») par les équipages en raison de son profil trapu. Les premiers exemplaires sont prélevés sur des commandes suédoises non honorées : le premier Re.2000 Cat. vole le 27 juin 1941, portant les numéros de série MM.8282 à MM.8288 ; le dernier de cette première série s'envole le 18 janvier 1942, avant d'être perdu par accident quelques mois plus tard. Un autre exemplaire navalisé, le MM.471, doté d'un moteur A.74 RC.38 moins puissant, est perdu dès le 12 mai 1941 lors d'un vol de convoyage entre Reggio Emilia et Tarente.
Les essais de catapultage et l'entrée en service
La mise au point du système de catapultage demande un long travail : ce n'est que le 9 mai 1942 que le pilote d'essai Giulio Reiner réalise le premier lancement réussi, depuis le pont du porte-hydravions expérimental Giuseppe Miraglia, utilisé comme banc d'essai flottant avant l'embarquement définitif sur les cuirassés. Les Re.2000 sont propulsés par une catapulte de type Gagnotto (modèle de 1935), construite par les Cantieri Navali Riuniti dell'Adriatico de Trieste. Longue de 26,30 mètres et actionnée par air comprimé, elle est capable de lancer un appareil de 5 000 kg à une vitesse de 36 mètres par seconde, dans un arc de 42° de part et d'autre de l'axe du navire.
Ce n'est finalement qu'au début de l'année 1943 — soit près de trois ans après les premières réflexions — que les Re.2000 Cat. rejoignent réellement les cuirassés de la classe Littorio. Chaque navire ne reçoit en pratique qu'un seul exemplaire embarqué en permanence, bien que le hangar et la catapulte arrière aient été conçus pour accueillir jusqu'à trois appareils, initialement des hydravions de reconnaissance IMAM Ro.43.
À bord des cuirassés Littorio, Vittorio Veneto et Roma
Les Re.2000 catapultables sont d'abord affectés aux cuirassés Littorio (rebaptisé Italia en 1943) et Vittorio Veneto. Le Roma, entré en service plus tardivement, ne reçoit son appareil qu'au cours de l'été 1943, après une phase de qualification effectuée à nouveau à bord du Giuseppe Miraglia. Au total, la marine italienne n'aura reçu qu'une douzaine d'exemplaires de cette version très particulière, sur les quelque 36 Re.2000 qu'elle aura utilisés sous diverses formes.
Peu de gens savent que les cuirassés italiens embarquaient un véritable chasseur, capable de décoller pour combattre les avions-torpilleurs adverses avant de rejoindre un aérodrome à terre — une solution que l'on aurait aimé voir adoptée sur des navires comme le Bismarck ou le Tirpitz. — d'après un témoignage publié sur le forum Marinearchiv
L'un des exemplaires destinés au Vittorio Veneto illustre bien les aléas de cette courte carrière opérationnelle : le 16 avril 1943, lors d'un vol d'essai préalable à son embarquement, l'appareil piloté par le maréchal Luigi Guerrieri est contraint à un amerrissage forcé au large de Portovenere, près de La Spezia, à la suite d'une panne de moteur. Le pilote s'en sort indemne, mais le chasseur reste englouti pendant soixante-dix ans, avant d'être localisé en 2012 puis renfloué en décembre 2013 par la société Micoperi — la même entreprise qui redressera quelques mois plus tard l'épave du paquebot Costa Concordia. L'épave, aujourd'hui conservée après un simple nettoyage de consolidation, est exposée au Musée de l'armée de l'air italienne de Vigna di Valle.
Une carrière écourtée par l'armistice
Le programme de chasseurs catapultables n'aura finalement connu qu'une existence très brève : mis en service au début de 1943, il prend fin avec l'armistice italien de septembre de la même année. Le Roma est coulé le 9 septembre 1943 par une bombe planante allemande alors que la flotte tente de rejoindre les Alliés à Malte ; le Littorio (Italia) et le Vittorio Veneto sont internés jusqu'à la fin du conflit et ne reprendront jamais leur rôle opérationnel avec leur chasseur embarqué.
Le Re.2000 Cat. reste néanmoins un cas singulier dans l'histoire de l'aéronavale : faute de porte-avions, la Regia Marina avait su transformer un chasseur écarté de la production de série en une solution originale de défense aérienne embarquée, transposant sur ses grandes unités de ligne un principe alors expérimenté outre-Manche par les navires marchands britanniques équipés de Hurricane (CAM-ships).
Fiche technique — Reggiane Re.2000 Cat. (Serie II)
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Constructeur
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Officine Meccaniche Reggiane (groupe Caproni)
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Concepteur
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Ing. Roberto Longhi
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Premier vol (prototype)
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24 mai 1939, Reggio Emilia (pilote Mario De Bernardi)
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Version catapultable
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Re.2000 Serie II « Cat. », surnommée « Ochetta »
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Premier catapultage d'essai
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9 mai 1942, depuis le porte-hydravions Giuseppe Miraglia (pilote Giulio Reiner)
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Envergure
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11,00 m
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Longueur
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7,99 m
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Hauteur
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3,20 m
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Surface alaire
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20,40 m²
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Masse à vide
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≈ 2 070 kg
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Masse maximale au décollage
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≈ 2 880 kg
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Moteur
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Piaggio P.XI RC40, radial 14 cylindres, 985 ch
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Vitesse maximale
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530 km/h à 5 300 m
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Vitesse de croisière
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≈ 450 km/h
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Rayon d'action
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≈ 1 300 km
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Plafond pratique
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11 500 m
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Armement
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2 mitrailleuses Breda-SAFAT de 12,7 mm
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Exemplaires « Cat. » construits
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≈ 12 à 14 appareils
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Le Blindage
La résistance du blindage fut testée en mai 1935 au polygone de tir Cottrau, à La Spezia. Elle se montra capable de résister à l'impact de projectiles perforants de 406 mm tirés à une distance de 24 000 m, ainsi qu'à celui de bombes d'avion de 1 280 kg, dont le pouvoir perforant n'était pas excessif mais la puissance explosive considérable ; elle se révéla également capable de résister à des bombes perforantes de 835 kg, les deux types de bombes ayant une vitesse d'impact de 250 m/s, c'est-à-dire la vitesse maximale de chute naturelle (il n'existait pas encore, à l'époque, de bombes à propulsion par fusée).
La protection verticale, dans la partie centrale du navire, c'est-à-dire depuis la soute à munitions de la tourelle n° 1 de gros calibre jusqu'à celle de la tourelle n° 3, était assurée par une plaque de 350 mm d'épaisseur, non pas verticale mais convergeant vers le bas avec le plan médian de la coque, de manière à diminuer l'angle d'impact des projectiles, ce qui équivalait à une épaisseur de blindage supérieure.
La ceinture blindée se réduisait à 60 mm dans la zone avant et à 100 mm dans la zone arrière.
À faible distance de la ceinture blindée se trouvait une cloison pare-éclats de 36 mm ; une autre, également pare-éclats, de 24 mm, inclinée en sens contraire de la ceinture blindée et disposée plus à l'intérieur, servait également de soutien au pont blindé principal.
Le réduit blindé était complété par deux cloisons transversales blindées, de 210 mm d'épaisseur à l'avant et de 290 mm à l'arrière. Ces cloisons se trouvaient respectivement en avant de la soute à munitions de la tourelle n° 1 de gros calibre et en arrière de celle de la tourelle n° 3.
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Coupe longitudinale et coupes transversales des unités de la classe « Vittorio Veneto ».
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La protection horizontale était assurée par trois ponts blindés : le pont inférieur, dit pont de batterie, avait une épaisseur maximale de 100 mm ; le pont médian, dit pont principal, en avait une de 12 mm ; et le plus élevé, celui du gaillard, une de 36 mm. L'épaisseur du blindage du pont de batterie atteignait toutefois 150 mm au droit des soutes à munitions, tandis qu'elle s'amincissait jusqu'à 90 mm près des murailles. Hors du réduit blindé, le pont de batterie possédait un blindage de 70 mm vers l'avant et de 36 mm vers l'arrière. La timonerie, qui se trouvait hors du réduit, disposait, sous le pont principal, d'un second pont blindé de 100 mm d'épaisseur.
Les tourelles de 381 mm possédaient des plaques d'une épaisseur maximale de 350 mm, celles de 152 mm étaient protégées par un blindage de 150 mm. Le blockhaus était protégé par un blindage de 260 mm, tandis que le « tube blindé » qui le traversait intérieurement, reliant le poste central de stabilité au poste amiral, avait une épaisseur de 200 mm. Ce « tube blindé » servait au passage des hommes d'un étage à l'autre du blockhaus, ainsi qu'au passage des câbles qui constituaient la véritable moelle épinière du navire, car ils transmettaient tous les ordres et recevaient toutes les informations concernant les armes, les machines, les systèmes de sécurité, etc.
Le blindage horizontal, au droit des conduits de fumée des chaudières, était remplacé par des grilles formées de plaques juxtaposées et disposées verticalement, de manière à constituer également une certaine protection contre les bombes au niveau des cheminées.
La protection sous-marine du Roma et des deux autres cuirassés de 35 000 tonnes, à l'instar de celles des cuirassés des classes « Cavour » et « Doria », était obtenue au moyen d'un système original dû au général du Génie naval Pugliese. Sur les navires de la classe « Vittorio Veneto », prévue dès la conception de la coque, il s'agissait d'une structure formée d'un cylindre creux d'un diamètre maximal de 3,80 m, placé sous la flottaison, le long des flancs du navire, au droit du réduit blindé. Des cloisons appropriées le reliaient à la coque extérieure et à la coque intérieure, laquelle était constituée d'une protection pare-éclats d'épaisseur variant de 28 à 40 mm. Le cylindre était étanche et ne contenait que de l'air, tandis que la zone comprise entre la coque extérieure et la coque intérieure était remplie d'eau douce (potable, destinée à l'alimentation des chaudières ou aux usages sanitaires) ou de mazout. Au fur et à mesure que ces liquides étaient consommés, ils étaient remplacés par de l'eau de mer.
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Coupe maîtresse de la classe « Vittorio Veneto » avec le système de protection Pugliese contre les torpilles.
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Pour une protection efficace contre les torpilles, il était essentiel que les espaces entourant le cylindre soient toujours remplis de liquide, tandis que l'intérieur du cylindre devait toujours rester vide. La pression exercée par l'explosion d'une torpille était transmise dans toutes les directions par le liquide, qui l'exerçait ainsi sur toute la surface du cylindre, jusqu'à provoquer sa rupture. En effet, les parois du tube, moins résistantes que toutes les structures environnantes, en cédant, absorbaient la majeure partie de l'énergie de l'explosion, protégeant ainsi la cloison verticale de la coque intérieure. Le Roma ne subit aucun dommage par torpille durant sa brève existence, mais le Vittorio Veneto comme le Littorio furent torpillés à plusieurs reprises, et lorsque l'impact de la torpille se produisit dans la zone correspondant au réduit blindé, la structure Pugliese fonctionna à merveille.
Conduite de tir
La grande majorité des systèmes de contrôle de tir des navires italiens étaient produits par les sociétés Officine Galileo et San Giorgio, et la classe "Vittorio Veneto" ne faisait pas exception. Au sommet du mât principal avant de cette classe se trouvait la tour de contrôle de tir de l'artillerie principale, avec en dessous la tour de contrôle de tir principale et la seconde tour de contrôle de tir de secours, de grande taille, chacune équipée d'un télémètre de 7,2 mètres. Le calculateur électromécanique de trajectoire du système de direction était installé dans une soute blindée indépendante. Les tours de contrôle de tir de l'artillerie secondaire, équipées d'un télémètre de 5 mètres, étaient disposées de part et d'autre de la superstructure, près des cheminées. Les canons anti-aériens de 90 mm étaient contrôlés à distance par des postes de direction équipés de télémètres de 3 mètres, situés de chaque côté de la partie avant de la passerelle. La chambre arrière de chaque tourelle d'artillerie principale était équipée d'un télémètre stéréoscopique de 12 mètres, et chaque tourelle secondaire possédait également un télémètre de 6,5 mètres. Tous les télémètres étaient dotés de stabilisateurs, permettant une utilisation normale malgré le roulis du navire. Contrairement aux autres cuirassés, les deux directeurs de tir principaux du "Vittorio Veneto" étaient tous deux situés sur la superstructure avant, alors que d'autres nations choisissaient de placer des directeurs auxiliaires séparément sur la superstructure arrière. Bien que le directeur auxiliaire du "Vittorio Veneto" ait bénéficié d'un bon champ de vision, sa proximité avec le directeur principal signifiait que les deux installations pouvaient être détruites par un seul impact, ce qui rendait le système global peu résistant.
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L'Italie a commencé à étudier le radar en 1935, un démarrage qui n'était pas tardif. Les résultats des tests du prototype de 70 cm furent les plus encourageants ; il pouvait détecter des cibles de surface à une distance de 12 000 mètres et des avions à 30 000 mètres. Cependant, pour une raison inconnue, après son développement réussi, ce radar ne fut pas mis en production standardisée de manière opportune. Ce n'est qu'après la nuit du 28 mars 1941, où les Italiens payèrent un lourd tribut à leur lenteur (trois croiseurs lourds furent coulés à courte portée par des cuirassés britanniques équipés de radars), qu'ils se dépêchèrent d'installer le radar de G. Tibaldo sur le torpilleur "Carini" pour des tests pratiques. Plus tard, le radar reçut la désignation officielle EC-3 (EC étant l'abréviation de l'Institut de communications) et le surnom "Gufo" (Hibou), indiquant que la marine italienne espérait qu'il pourrait détecter l'ennemi rusé pendant la nuit. Entre septembre et octobre 1942, le "Littorio" devint, comme il se devait, le premier navire de guerre italien à être équipé du radar "Gufo". Par la suite, le "Vittorio Veneto" et le "Roma" furent également équipés du radar EC-3. En raison de nombreuses lacunes techniques, l'industrie électronique italienne ne parvint pas à remplir l'objectif de production prévu de 50 unités. À part les trois navires de la classe Vittorio Veneto, seuls neuf autres navires italiens furent équipés du radar "Gufo". Contraints et forcés, l'Italie importa sept radars d'Allemagne, pour la plupart du type Fu MG24/40G. Ses performances étaient bien plus stables que celles du "Gufo", mais il ne pouvait pas non plus être utilisé pour la direction de tir.
L'artillerie des cuirassés de 35 000 tonnes
Canons de 381/50
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. Local situé sous le blindage, placé sous le blockhaus, d'où, pendant le combat ou une attaque aérienne, le commandant en second du navire donnait ses instructions pour l'intervention des équipes de lutte contre l'incendie et pour le rééquilibrage du navire, au moyen de l'inondation de compartiments spéciaux du côté opposé à celui où s'était produite une brèche, l'eau de mer envahissant un local ayant provoqué une gîte.
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Les canons de 381/50 présentaient les caractéristiques suivantes :
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Poids du projectile : 822 kg
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Vitesse initiale du projectile : 870 m/s
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Élévation maximale : 35°
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Élévation : angle que forme l'axe du canon avec un plan parallèle au pont du navire ; giration (ou pointage en direction) : rotation sur ce même plan (si le navire se trouve en eaux calmes, cette rotation s'effectue sur un plan horizontal).
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Dépression maximale : 5°
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Portée maximale : 42 800 m
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Cadence de tir : 1 coup toutes les 45 secondes
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Dotation en projectiles : 75 projectiles par canon et 480 éléments de charge par pièce
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Poids du projectile : 50 kg
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Vitesse initiale du projectile : 925 m/s
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Élévation maximale : 45°
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Dépression maximale : 5°
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Portée maximale : 24 900 m
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Cadence de tir : 1 coup toutes les 13 secondes
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Dotation en projectiles : 210 coups par canon
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Poids du projectile : 10 kg
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Vitesse initiale du projectile : 845 m/s
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Élévation maximale : 75°
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Dépression maximale : 3°
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Portée maximale : 13 000 m
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Cadence de tir : 12 coups par minute
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Dotation en projectiles : 5 500 obus explosifs et 240 obus éclairants
À l'extrême avant se trouvaient quatre mitrailleuses de 37/54 en affûts simples escamotables. Celles-ci, naturellement, ne pouvaient tirer lorsque les tourelles n° 1 et n° 2 de 381/50 tiraient de chasse. Les autres pièces de 37/54, en affûts doubles, étaient réparties comme suit : deux affûts sur le toit de la tourelle n° 2 et deux sur celui de la tourelle n° 3 de gros calibre, les seize autres sur la plage arrière surélevée, à droite et à gauche de la cheminée. Les vingt-huit mitrailleuses de 20/65 étaient réparties, en affûts doubles, de part et d'autre des tourelles n° 2 et n° 3 de gros calibre, et les autres sur le gaillard et sur la plage arrière surélevée.
Les quatre pièces de 120/40 pour le tir éclairant étaient installées le long des murailles, au centre du navire.
La conduite de tir
Un système très sophistiqué avait été mis en œuvre pour stabiliser le pointage, c'est-à-dire pour annuler les variations d'élévation et de giration des pièces provoquées par les oscillations du navire (roulis et tangage). Dans ce domaine, nos cuirassés modernes se trouvaient assurément à l'avant-garde, car seules, peut-être, une ou deux des plus grandes marines du monde possédaient quelque chose d'analogue.
Le système adopté sur nos cuirassés de 35 000 tonnes était, dans ses grandes lignes, le suivant : une centrale gyroscopique déterminait les variations d'assiette du navire, tant en vitesse qu'en accélération (c'est-à-dire les oscillations de roulis et de tangage, ainsi que la rotation en cas d'abattée). Par l'intermédiaire de machines électriques spéciales, dénommées « métaconformateurs » et « métadynamos », le système gyroscopique commandait le mouvement de moteurs électriques agissant sur l'élévation des pièces et sur la giration des tourelles de 381 et de 152, de manière que les lignes de mire ne soient pas altérées par les mouvements du navire (stabilisation des lignes de mire). Les lignes de mire de l'appareil de pointage général (dit A.P.G.) des 381, situé au sommet du blockhaus, les lignes de mire des appareils de pointage et des postes de direction du tir de nuit des 152 et des 90, et même celles des colonnes de pointage des mitrailleuses, étaient elles aussi stabilisées.
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Le gyroscope est un disque lourd (volant) dont l'axe est monté sur une suspension à la cardan, ce qui lui permet de s'orienter dans toutes les directions tout en pouvant tourner sur lui-même. Si l'on imprime au gyroscope un mouvement de rotation rapide, il tend à maintenir son axe constamment orienté, dans l'espace, dans la direction où il se trouvait au moment où il a commencé à tourner. C'est en exploitant ce principe que les petites toupies gyroscopiques pour enfants se maintiennent en équilibre sur un fil tendu. Les boussoles les plus modernes ne sont plus à aiguilles aimantées mais gyroscopiques : leur rose des vents est orientée vers le nord par un système gyroscopique. De la même manière, le système de stabilisation des lignes de mire et des plates-formes appliqué sur nos cuirassés reposait sur un système gyroscopique.
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Mais il y avait plus encore : les tourelles de direction de tir diurne des 152 et celles de direction de tir des 90 étaient complètement stabilisées, c'est-à-dire qu'elles conservaient automatiquement un plancher horizontal malgré les oscillations du navire. Les hommes qui s'y trouvaient ne percevaient ni tangage ni roulis ; de plus, ces tourelles restaient constamment orientées vers l'objectif par giration, même lorsque le navire était en abattée. Ce n'est pas tout : étaient même stabilisées les plates-formes des affûts de 90, qui subissaient de ce fait des mouvements identiques à ceux de la tourelle de direction de tir. Les servants des pièces, en d'autres termes, posaient les pieds sur un plan toujours parfaitement horizontal. Les mouvements anti-tangage, anti-roulis et anti-abattée étaient assurés par des moteurs électriques actionnant des vis sans fin disposées perpendiculairement sous les tourelles de direction de tir et sous les plates-formes des affûts de 90.
Même les postes de veille antiaérienne étaient complètement stabilisés. Ils ressemblaient à de gros œufs pourvus d'une large fenêtre protégée par une vitre. Les guetteurs y prenaient place par une ouverture arrière ; ils disposaient d'une puissante paire de jumelles avec laquelle ils devaient explorer un secteur déterminé du ciel. Sur le Roma, les postes de veille étaient au nombre de douze, disposés six de chaque bord, immédiatement au-dessous des tourelles de direction de tir de 90, chacun devant surveiller un secteur sphérique de 30° d'ouverture. Le repérage était signalé au moyen d'un signal sonore et d'un index sur un cadran, tant à la passerelle de commandement qu'à la tourelle de direction de tir du bord correspondant.
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Passerelle depuis laquelle l'amiral, commandant la division ou l'escadre, donnait ses ordres aux unités placées sous ses ordres. Le Roma était devenu le navire amiral des Forces navales le 8 septembre 1943. La passerelle amiral se trouvait sur le blockhaus, immédiatement au-dessus de la passerelle de commandement du navire. Toutes deux étaient constituées d'une plate-forme circulaire extérieure au blockhaus. À l'avant, cette plate-forme était couverte et munie d'une série de sept hublots rectangulaires ; à l'arrière et sur les côtés, elle n'avait qu'un simple garde-corps, avec, latéralement, deux courts ailerons. Les deux tourelles de direction de tir antiaérien de 90 mm se trouvaient à droite et à gauche de la passerelle de commandement, et si proches d'elle qu'en enjambant le garde-corps, on pouvait aisément passer sur le toit de ces tourelles.
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L'appareil moteur
Les chaudières, au nombre de huit, du type Yarrow, à mazout, avec surchauffeurs, étaient installées au centre du navire, dans des locaux séparés. Elles alimentaient quatre groupes moteurs : deux sous le blockhaus, qui actionnaient les deux hélices extérieures ; deux sous le mât arrière, qui entraînaient les deux hélices intérieures. La pression de service de la vapeur produite par les chaudières était de 25 kg/cm². Chaque groupe moteur se composait d'une turbine haute pression, d'une turbine moyenne pression et d'une turbine basse pression, et était équipé d'un réducteur de vitesse.
La dotation de mazout pour les groupes moteurs et les machines auxiliaires était d'environ 3 700 t en charge normale, et d'environ 4 000 à 4 500 t à pleine charge (les trois navires différaient peu les uns des autres à cet égard).
La dotation d'eau de réserve pour les chaudières était de 375 t. La puissance développée était d'environ 135 000 à 140 000 ch au total.
Notes
3.