Espagne et Portugal Camouflage Blindés et softkins 1935 1945

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 24/08/2026 à 22:48:24



Espagne et Portugal  Camouflage Blindés et softkins 1935 1945
 
Tableaux générés par l' IA sur mes indications
 
Étude historique et technique les Livrées, couleurs et schémas de camouflage des  Blindés de la Péninsules Ibérique  1930–1945  Guerre Civile Espagnole · Armée franquiste · Armée portugaise (Estado Novo)
I. Contexte historique (1930–1945)
La péninsule Ibérique connaît entre 1930 et 1945 une période de bouleversements politiques majeurs qui impriment leur marque profonde sur les forces blindées des deux nations. L'Espagne traverse la plus sanglante guerre civile de son histoire (1936–1939), théâtre d'essais tactiques et techniques sans précédent, tandis que le Portugal, sous le régime autoritaire de Salazar (Estado Novo), maintient une neutralité vigilante tout en modernisant discrètement son armée.
Ces deux pays partagent un contexte géostratégique commun — la neutralité affichée pendant la Seconde Guerre mondiale — mais leurs situations intérieures diffèrent radicalement. L'Espagne de Franco, épuisée par trois ans de guerre civile et officiellement neutre (puis non-belligérante), ne peut se permettre de grands programmes d'armement, tandis que le Portugal, profitant de sa neutralité et de ses ressources coloniales (tungstène, caoutchouc), réalise des achats militaires plus cohérents auprès des deux camps.
La Guerre Civile Espagnole (juillet 1936 – avril 1939) est souvent qualifiée de « laboratoire de la guerre moderne » : c'est la première fois que des chars modernes (T-26 soviétiques, Panzer I allemands, CV33 italiens) s'affrontent à grande échelle, façonnant les doctrines blindées de la Seconde Guerre mondiale. Les leçons de camouflage y sont tirées dans l'urgence, avec des résultats très variables.
Voyons les principaux acteurs

L'Espagne républicaine de 1936 à 1939 désigne le camp et le gouvernement de la Seconde République espagnole qui ont lutté contre le coup d'État militaire et nationaliste mené par le général Francisco Franco lors de la guerre d'Espagne
Origine et forces en présence
Victoire du Front populaire : En février 1936, une coalition de partis de gauche (socialistes, communistes, républicains de gauche et anarchistes) remporte les élections législatives.
Le soulèvement : Les 17 et 18 juillet 1936, une partie de l'armée et l'extrême droite lancent un putsch militaire pour renverser la République.
La coalition républicaine : Elle rassemble des sensibilités diverses unies contre le fascisme : socialistes, communistes, anarchistes (CNT-FAI) et nationalistes régionaux (Catalans, Basques)

Les soutiens internationaux
L'isolement et la non-intervention : Malgré l'appel du gouvernement républicain, la France et le Royaume-Uni imposent un pacte de non-intervention.
L'aide au camp nationaliste : Franco reçoit un soutien massif et décisif en hommes et en matériel de l'Italie fasciste de Mussolini et de l'Allemagne nazie d'Hitler (comme la Légion Condor).
L'aide au camp républicain : L'Union soviétique fournit des armes et des chars, le Mexique envoie des fusils, et des milliers de volontaires étrangers s'engagent dans les Brigades internationales

Le camp républicain a fait preuve d'un courage héroïque et d'une ferveur idéologique immense, mais il a souffert de faiblesses structurelles et de divisions internes majeures qui ont causé sa perte face aux troupes de Franco.
Voici le bilan des forces et des faiblesses des républicains, avec un focus sur les Brigades Internationales
1. Forces et faiblesses globales du camp républicain
Les forces
Légitimité démocratique : La République incarnait le gouvernement légal, ce qui lui a valu la sympathie de l'opinion publique progressiste mondiale et l'accès initial aux réserves d'or de la banque d'Espagne.
Contrôle des zones industrielles : Au début du conflit, les républicains contrôlaient les grands centres urbains et industriels (Barcelone, Madrid, le Pays basque), essentiels pour la production de ressources.
Mobilisation populaire : Une ferveur révolutionnaire et antifasciste unique a poussé des centaines de milliers de civils (hommes et femmes) à prendre les armes spontanément pour défendre la liberté.

Les faiblesses
Guerre civile dans la guerre civile : Le camp républicain était profondément divisé entre deux visions. Les anarchistes (CNT) et les trotskystes (POUM) voulaient faire la révolution sociale immédiatement. À l'inverse, les communistes (PCE) et les républicains modérés voulaient d'abord gagner la guerre avant de faire la révolution. Ces tensions ont mené à des affrontements armés sanglants à Barcelone en mai 1937.
Manque d'organisation militaire : Au début, la méfiance envers l'armée régulière a favorisé la création de milices populaires. Ces milices manquaient de discipline, de coordination et d'officiers de carrière expérimentés.
Désavantage diplomatique et matériel : Victime de la politique de non-intervention de la France et du Royaume-Uni, la République n'a pu compter que sur l'aide (payante) de l'URSS. L'armement reçu était souvent insuffisant, obsolète ou incompatible d'une unité à l'autre.

Focus : Les Brigades internationales
Les Brigades internationales étaient des unités militaires composées de près de
 
Forces des Brigades
Faiblesses des Brigades
Moral et motivation : Les brigadistes étaient animés d'une conviction politique totale. Leur détermination a permis de galvaniser les troupes espagnoles lors de moments critiques.
Manque d'expérience : La majorité des volontaires étaient des ouvriers, des intellectuels ou des militants politiques sans aucune formation militaire préalable.
Rôle clé dans la défense : Leur présence a été décisive pour sauver Madrid à la fin de l'année 1936 (batailles de la Cité universitaire, du Jarama et de Guadalajara).
Barrière de la langue : La communication au combat était chaotique, car les unités regroupaient des soldats parlant des dizaines de langues différentes.
Solidarité et propagande : Elles incarnaient le symbole mondial de la résistance antifasciste, attirant l'attention et le soutien d'intellectuels (comme Hemingway ou Orwell).
Contrôle politique et purges : Strictement encadrées par le Komintern (URSS), les brigades ont subi l'influence des services secrets soviétiques, qui ont éliminé les opposants politiques internes.
Le dénouement
En septembre 1938, dans l'espoir (vain) de pousser la France et le Royaume-Uni à exiger aussi le départ des troupes allemandes et italiennes de Franco, le gouvernement républicain décide de dissoudre et d'évacuer les Brigades internationales. Leur départ a porté un coup terrible au moral des derniers défenseurs de la République.
Les Forces nationalistes

Les forces franquistes (également appelées le camp nationaliste) regroupent les insurgés militaires et les mouvements politiques de droite qui se sont soulevés contre la Seconde République en juillet 1936.
Voici un résumé de leur composition, de leurs forces et de leur commandement.
Le Commandement Unique
Francisco Franco : Proclamé Generalísimo (chef suprême des armées) et chef de l'État dès octobre 1936. Il unifie toutes les forces sous son autorité stricte.
Les grands généraux : Emilio Mola (l'organisateur initial du complot), Gonzalo Queipo de Llano et José Sanjurjo (qui meurt au début du soulèvement).
L
a Composition des Troupes
Les forces franquistes combinent des unités militaires de métier et des milices politiques :
L'Armée d'Afrique (El Tercio) : La force d'élite du camp nationaliste. Elle est composée de la Légion étrangère espagnole et des Regulares (troupes coloniales marocaines). Disciplinée et brutale, elle est décisive dans la victoire.
L'Armée régulière : Environ la moitié de l'armée de terre espagnole de l'époque se rallie aux insurgés, fournissant des officiers expérimentés.
Les milices politiques :
Les Rébétés (Carlistes) : Miliciens catholiques ultra-royalistes de Navarre, porteurs du béret rouge. Très motivés et fanatiques.
Les Phalangiens (Falange) : Miliciens fascistes. Leurs effectifs explosent au début de la guerre pour servir de force d'infanterie et de répression à l'arrière du front.

Le Soutien International 
Les forces franquistes ont bénéficié d'une aide matérielle et humaine cruciale de la part des puissances fascistes européennes :
L'Allemagne nazie : Envoie la Légion Condor (aviation et blindés), célèbre pour le bombardement de Guernica.
L'Italie fasciste : Envoie le CTV (Corpo Truppe Volontarie), un corps expéditionnaire de près de 70 000 soldats.
Le Portugal : Le régime de Salazar envoie des volontaires (les Viriatos) et facilite la logistique.

Les Points Forts du Camp Franquiste
La discipline militaire : Contrairement aux milices républicaines souvent divisées, le camp franquiste impose une discipline de fer et élimine toute dissidence interne dès 1937.
La supériorité logistique : L'aide allemande et italienne arrive de manière continue et coordonnée.
Le contrôle des ressources : Ils s'emparent rapidement des principales régions agricoles, garantissant le ravitaillement des troupes.

La chute et la Retirada
L'issue du conflit : Affaiblis par des divisions internes et l'asphyxie militaire, les républicains perdent progressivement du terrain (notamment après la bataille de l'Èbre et la chute de Catalogne).
La fin de la République : Madrid tombe le 28 mars 1939 et la victoire des nationalistes est proclamée le 1er avril 1939, marquant le début de la dictature franquiste. 
La Retirada : La défaite entraîne un exode massif de près de 500 000 républicains qui traversent les Pyrénées pour se réfugier en France dans des conditions très difficiles.
Le Portugal

L'Estado Novo au Portugal est un régime dictatorial, corporatiste et nationaliste dirigé par António de Oliveira Salazar, qui s'est structuré entre la création de l'Union nationale en 1930 et la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. 
Origines et mise en place (1930-1933)
1930 : António de Oliveira Salazar fonde l'Union nationale (União Nacional), parti unique de soutien au régime.
1932 : Salazar devient président du Conseil des ministres (Premier ministre).
1933 : Une nouvelle Constitution est adoptée par plébiscite. Elle donne naissance officielle à l'Estado Novo, qui remplace la Dictature nationale. 
Caractéristiques principales
Idéologie : Le régime repose sur la devise « Dieu, la Patrie et la Famille ». Il est anticommuniste, antiparlementaire et antilibéral.
Corporatisme : L'économie et la société sont organisées en corporations pour éliminer les conflits sociaux et syndicaux.
Répression : Le pouvoir utilise la censure stricte de la presse et une police politique pour étouffer toute opposition. 
La période de 1939 à 1945 (Seconde Guerre mondiale)
Neutralité : Le Portugal reste officiellement neutre pendant le conflit mondial. 
Alliance britannique : Salazar maintient des liens étroits avec le Royaume-Uni tout en commerçant avec les belligérants (notamment le minerai de tungstène).

Après-guerre : Malgré la défaite des régimes fascistes en Europe en 1945, le régime de Salazar survit et s'adapte au nouveau contexte international de la Guerre froide 
 Espagne nationaliste  Les blindés de Franco (1936–1939)
Le coup d'État du général Franco, déclenché le 17 juillet 1936, bénéficie rapidement du soutien militaire de l'Italie fasciste et de l'Allemagne nazie. Ce soutien inclut des véhicules blindés essentiels, envoyés en Espagne dès l'automne 1936 dans le cadre de deux programmes d'aide distincts : la Légion Condor allemande et le Corpo Truppe Volontarie (CTV) italien.
Panzer I  L'apport allemand de la Légion Condor

La Légion Condor débarque en Espagne à partir d'octobre 1936 avec, dans ses rangs, le Panzergruppe Drohne (groupe blindé) équipé de Panzer I Ausf.A et Ausf.B. Ces chars légers de 5,4 tonnes, armés de deux mitrailleuses MG 13, constituent le premier engagement au combat de la Panzertruppe allemande.
La livrée initiale des Panzer I en Espagne est un gris feldgrau (Heeresgrau) standard, identique à celui utilisé en Allemagne. Ce gris, rapidement jugé inadapté aux paysages arides et ensoleillés de la péninsule, est remplacé dès 1937 par un beige-sable clair (annähernd ockergelb), appliqué en couche de fond ou en taches sur le gris d'origine. Certains véhicules reçoivent une livrée bicolore gris + taches sable, d'autres sont entièrement repeints en sable ivoire.
Les Panzer I sont transférés à l'armée nationaliste espagnole en 1937, sous la désignation locale de Carro de Combate Tipo I. Sous drapeaux espagnols, ils reçoivent une croix de Saint-André (croix de Bourgogne) blanche ou noire sur les flancs de tourelle et la caisse — marque d'identification nationaliste utilisée tout au long du conflit.
Livrées du Panzer I en Espagne (1936–1939)
Phase 1 (1936–1937) : Heeresgrau standard (gris allemand, approximation RAL 7021 Schwarzgrau)
Phase 2 (1937) : Gris + taches beige-sable irregulières (bicolore de transition)
Phase 3 (1937–1939) : Sable ivoire / beige (approximation RAL 1014 Elfenbein ou RAL 1024 Ockergelb)
Marquages nationalistes : Croix de Bourgogne (Saint-Andre) en blanc ou noir
Apres transfert aux Espagnols : lettre 'E' + numero de serie en blanc sur la tourelle
L'apport italien du CTV CV33 / L3/35

 
Le Corpo Truppe Volontarie (CTV) débarque avec plusieurs dizaines de tankettes Fiat-Ansaldo CV33 et CV35 (modèle L3/33 et L3/35). Ces véhicules biplaces à mitrailleuses, pesant à peine 3,5 tonnes, constituent la composante blindée principale de l'aide italienne, complétée par quelques automitrailleuses AB 40.
Les CV33/35 débarquent en Espagne avec la livrée coloniale italienne utilisée en Afrique orientale : un sable-beige clair de base (sabbia) avec des taches vert olivâtre foncé (verde oliva scuro), formant un schéma bicolore aux contours relativement nets. Ce schéma est jugé relativement adapté aux paysages ibériques de la Meseta et de l'Andalousie.
Une variante notable est la CV35 lance-flammes (CV35 Lf), qui reçoit souvent une livrée monochrome sable pour des raisons de discrétion, les lances-flammes et leurs réservoirs étant déjà suffisamment visibles. Les marquages fascistes (faisceaux) sont généralement absents sur les véhicules en première ligne, remplacés par de simples numéros de série.
Les tankettes italiennes se révèlent vulnérables face aux antichars républicains dès la bataille de Guadalajara (mars 1937), où les CV33 sont arrêtés par des fusils antichars et des canons de 45 mm. Cette expérience conforte la Regia Esercito dans la conviction — erronée — que la vitesse compense le blindage léger.
 Renault FT-17 nationalistes
Le camp nationaliste récupère un certain nombre de Renault FT-17 appartenant à l'armée régulière espagnole, dont une partie reste du côté républicain et l'autre tombe aux mains des insurgés. Ces chars de la Grande Guerre, déjà obsolètes, servent essentiellement au maintien de l'ordre et à l'appui d'infanterie dans des zones peu contestées.
Leur livrée est extrêmement variable : certains conservent le camouflage tricolore français d'origine (sable/brun/vert), d'autres ont été repeints en kaki monochrome par l'armée espagnole dans les années 1920. Sous les nationalistes, ils reçoivent systématiquement les marquages de la Croix de Bourgogne, mais sans refonte complète de la livrée dans la plupart des cas.
 Espagne républicaine Les blindés soviétiques et nationaux (1936–1939)
La République espagnole bénéficie du soutien militaire de l'Union soviétique, officiellement discret mais massif en matériel. Le principal apport blindé soviétique est le char T-26 modèle 1933, envoyé en Espagne à partir d'octobre 1936 avec des équipages soviétiques (les conseillers, ou « volontaires »). C'est la première fois que des chars soviétiques s'engagent dans un conflit réel.
T-26 modèle 1933 Le char principal de la République

Le T-26 modèle 1933 est un char léger monoplace armé d'un canon de 45 mm, dérivé du Vickers Mk.E britannique. L'URSS en livre 281 exemplaires à la République espagnole entre 1936 et 1938, ainsi que des pièces de rechange et des techniciens. C'est de loin le char le plus efficace du conflit espagnol, supérieur en armement au Panzer I allemand et aux CV33 italiens.
À leur arrivée, les T-26 portent la livrée soviétique standard : vert 4BO (temnozeljony, vert foncé), une teinte unique couvrant l'ensemble de la caisse et de la tourelle. Cette couleur, conçue pour les forêts et steppes d'URSS, se révèle trop sombre pour les paysages méditerranéens espagnols, où elle contraste fortement avec les terres ocres et les roches calcaires.
Face à ce problème, les équipes de maintenance républicaines appliquent rapidement des adaptations locales : taches sable-ocre ou brun-rouge sur le vert de base, parfois un badigeonnage complet en kaki olivâtre espagnol. Ces modifications sont réalisées dans l'urgence, sans normes précises, ce qui explique la grande diversité des livrées observées sur les photographies de l'époque.
Variantes de livrée du T-26 républicain
Livrée d'origine URSS : vert 4BO (approximation FS 34102 / RAL 6003 Olivgrün)
Adaptation espagnole 1 : vert 4BO + taches sable-ocre (approximation RAL 1024 Ockergelb)
Adaptation espagnole 2 : vert 4BO + taches brun-rouge ibérique
Adaptation espagnole 3 : repeinture complete en kaki olivâtre espagnol Marquages republicains : etoile rouge sur la tourelle (parfois), numéros blancs, inscriptions politiques Particularite : certains T-26 portent des slogans en espagnol peints a la main sur la caisse
 BT-5 Le char rapide soviétique

Un petit nombre de chars BT-5 (Bystrokhodny tank — char rapide) est également livré à la République espagnole. Ces chars à chenilles/roues convertibles, armés d'un canon de 45 mm, arborent la même livrée verte 4BO que les T-26, sans modification notable documentée. Leur engagement est limité et leur vulnérabilité aux antichars les cantonne à des missions d'appui indirect.
 Production blindée nationale républicaine
Faute d'approvisionnement extérieur suffisant, la République espagnole développe plusieurs programmes de fabrication nationale de blindés légers, dans des ateliers de Barcelone, Valence et Madrid. Parmi les modèles produits :

Trubia A4 : char léger produit à Trubia (Asturies) depuis 1926, quelques exemplaires utilisés en guerre civile en livrée kaki monochrome.
UNL-35 : blindé léger sur chenilles, assemblé dans les ateliers de l'Union Naval de Levante à Valence. Livrée kaki olivâtre avec quelques tentatives de taches brunes.
Autoametralladora blindada (blindé improvisé) : camions et automobiles blindés artisanalement, livrées très variables — le plus souvent gris métallique ou kaki de fortune.
Char d'assaut infanterie (CAI) : chars improvisés sur base de tracteurs Deering et autres, en kaki olivâtre monochrome.
Ces productions nationales présentent des livrées très hétérogènes, reflet de la situation industrielle chaotique de la République en guerre. La standardisation est quasi inexistante, et les ateliers utilisent les peintures disponibles localement — souvent du kaki militaire standard espagnol, parfois des peintures industrielles de fortune.
Les photographies républicaines montrent parfois des inscriptions politiques peintes directement sur les blindés : sigles syndicaux (CNT, FAI, UGT), slogans révolutionnaires, noms de batailles ou de héros. Ces marquages, inexistants côté nationaliste où la discipline militaire est plus stricte, constituent une particularité visuelle unique de la guerre civile espagnole.

Les tiznaos : blindés improvisés de la guerre civile espagnole
pourquoi ces engins sont nés ?
Après le soulèvement militaire de juillet 1936, la République se retrouve avec une armée régulière désorganisée et très peu de blindés modernes. Dans les premières semaines du conflit — avant l'arrivée du matériel soviétique (chars T-26, BT-5) à l'automne 1936  les milices populaires, notamment anarchistes (CNT-FAI) et syndicales, doivent improviser avec les moyens du bord.
Fabrication
Base : camions civils, autobus urbains, tracteurs agricoles, parfois de simples voitures.
Blindage : plaques d'acier de récupération (chaudronnerie, tôlerie industrielle), soudées ou boulonnées directement sur la carrosserie d'origine, dans des ateliers reconvertis à la hâte.
Armement : mitrailleuses montées dans des ouvertures découpées, parfois une tourelle de fortune.
Origine du nom : l'aspect noirci, non peint, couvert de traces de soudure et de suie — d'où "tiznao" (de tiznar, noircir).
Régions et acteurs principaux
C'est surtout en Andalousie orientale (autour de Jaén, Grenade) que le terme est resté attaché à ce type de production, portée par les colonnes de milices locales. Des initiatives similaires ont existé ailleurs en Espagne, en Catalogne notamment, sous d'autres appellations.
Problèmes techniques majeurs
Surcharge : les moteurs d'origine, conçus pour des véhicules civils légers, peinaient à déplacer plusieurs centaines de kilos de blindage supplémentaire — surchauffe, pannes mécaniques fréquentes, parfois explosions au démarrage.
Ventilation quasi inexistante : conditions extrêmes pour les équipages à l'intérieur.
Protection limitée : l'acier utilisé, souvent de récupération et de qualité inégale, résistait mal aux armes antichars ou même aux fusils de gros calibre.
Mobilité réduite : centre de gravité mal maîtrisé, suspensions non adaptées.
Rôle réel et déclin
Leur efficacité militaire pure était limitée, mais ils ont eu une fonction psychologique et de propagande importante au début du conflit : montrer que la République/les milices disposaient de "blindés", même de fortune, pour soutenir le moral des troupes et impressionner l'adversaire.

 Espagne franquiste — L'armée de l'après-guerre (1939–1945)
Après la victoire nationaliste d'avril 1939, Franco hérite d'un parc blindé hétéroclite constitué des matériels survivants de toutes les factions  Panzer I allemands, CV33 italiens, T-26 capturés sur les Républicains, et quelques FT-17 vétérans. Le régime franquiste, épuisé économiquement, ne peut se permettre de grands programmes d'acquisition et doit remettre en état et standardiser ce parc disparate.
Standardisation et Peintures post-guerre 
Entre 1939 et 1941, l'armée franquiste entreprend une révision et une standardisation partielle des livrées de son parc blindé. Le principe général retenu est un kaki espagnol (caqui español), une teinte olivâtre tirant légèrement vers le brun, différente du kaki nord-africain français mais proche du kaki olivâtre standard d'Europe du Sud.
Les Panzer I sont repris en kaki espagnol monochrome ou en bicolore kaki + brun-sable, avec les insignes de l'armée nationaliste (joug et flèches, aigle de saint Jean). Les T-26 capturés sont repeints en kaki espagnol et intégrés dans des bataillons de chars sous la désignation T-26E. Leur étoile rouge est systématiquement effacée et remplacée par les insignes franquistes.
Kaki espagnol post-guerre civile
Designation officielle : caqui espanol (aucune reference RAL officielle documentee)
Approximation colorimetrique : entre RAL 7008 (Grauoliv) et RAL 8010 (Lehmbrown), avec une nuance plus chaude Vallejo : approximation 70.921 English Uniform ou 70.988 Khaki Tamiya : approximation XF-49 Khaki ou XF-62 Olive Drab éclairci de 10% jaune
Particularite : la chaleur et l'ensoleillement ibériques décolorent rapidement les peintures, donnant un aspect plus clair et poussiéreux que les teintes standard européennes
La Division Azul et les blindés espagnols en URSS
En juin 1941, Franco autorise l'envoi d'un corps de volontaires espagnols combattre aux côtés de la Wehrmacht sur le Front de l'Est : la Division Azul (250e Division d'Infanterie allemande). Bien que principalement une unité d'infanterie, la Division Azul est soutenue par des engins blindés légers et des véhicules de reconnaissance.
Les véhicules blindés intégrés dans le soutien de la Division Azul (Sd.Kfz.221, Sd.Kfz.222, half-tracks) portent les livrées allemandes standard du Front de l'Est — gris Panzergrau jusqu'en 1943, puis Dunkelgelb (RAL 7028) à partir de l'ordre du 19 février 1943. Les équipages espagnols n'apportent aucune modification de livrée, conformément aux règlements allemands.
La Division Azul combat sur le front de Leningrad de 1941 à 1943. Retirée officiellement en octobre 1943 sous pression alliée, elle laisse derrière elle la Division Espanola de Voluntarios (DEV), qui reste en ligne jusqu'en mars 1944. Ses pertes totales s'élèvent à environ 4 500 morts et 8 700 blessés.

Portugal L'armée de Salazar (Estado Novo, 1930–1945)
Le Portugal de Salazar (Estado Novo, instauré en 1932) maintient une neutralité stricte pendant la Seconde Guerre mondiale, tout en entretenant des relations commerciales privilégiées avec les deux camps — notamment la vente de tungstène aux Alliés et à l'Allemagne. Cette position lui permet d'acheter du matériel militaire auprès de sources variées, sans jamais entrer dans le conflit.
L'armée portugaise (Exército Português) dispose au début des années 1930 d'un parc blindé modeste et vieillissant, principalement constitué de Renault FT-17 acquis après la Grande Guerre. Les acquisitions de Vickers Mk.E en 1935 représentent une modernisation significative, mais le Portugal reste très en retard sur la plupart des armées européennes en matière blindée.
Renault FT-17 portugais
Le Portugal acquiert ses premiers Renault FT-17 en 1923, dans le cadre d'une modernisation post-Grande Guerre. Ces chars sont initialement livrés avec la livrée tricolore française (sable/brun/vert en bandes), qui est progressivement remplacée par un kaki olivâtre monochrome lors des révisions d'atelier des années 1930.
À partir de 1935–1936, sous l'influence des achats de Vickers, certains FT-17 portugais reçoivent une tentative de camouflage bicolore : kaki de base + taches brun-sable, appliquées assez grossièrement à l'atelier de Lisboa. Ces véhicules sont maintenus en service pour l'entraînement jusqu'au début des années 1940, malgré leur obsolescence évidente.
Vickers Mk.E La colonne vertébrale blindée

En 1935, le Portugal acquiert dix Vickers E Modèle B (deux tourelles, armées de mitrailleuses Vickers de 7,7 mm) auprès de Vickers-Armstrong. Ces chars constituent la principale force blindée de combat de l'armée portugaise tout au long de la période 1935–1945.
Livrés en kaki vert britannique standard (Khaki Green No.3), les Vickers portugais reçoivent rapidement une livrée bicolore adaptée aux paysages de la péninsule ibérique et des territoires coloniaux africains : fond kaki olivâtre + larges taches brun-rouge, rappelant les terres ferrugineuses du Portugal et de l'Angola.
Les taches brunes portugaises présentent un style organique à contours arrondis, appliquées à l'aérographe ou au pinceau large. Elles couvrent environ 35 à 45 % de la surface totale. Les marquages comportent les armoiries portugaises (écu aux châteaux et quinas) peints sur les flancs de caisse lors des revues, mais supprimés en exercice.
Livrée des Vickers portugais (1935–1945)
Base : kaki olivâtre portugais (approximation RAL 7008 Grauoliv, légèrement plus chaud)
Taches : brun-rouge ibérique (approximation RAL 8012 Rotbraun ou FS 30117)
Style des taches : formes organiques arrondies, couvrant 35-45% de la surface
Chenilles / roues : noir naturel Marquages : numero de serie en blanc, armoiries en couleurs pour les défilés 
Particularite : les exemplaires destines aux colonies (Angola, Mozambique) recoivent parfois un sable plus clair comme couleur de base
 Carden Loyd et automitrailleuses

Les tankettes Carden Loyd Mk.VI, acquises au début des années 1930, servent à l'entraînement et à la liaison. Leur livrée est monochrome kaki olivâtre, sans schéma secondaire documenté. Le Portugal utilise également quelques automitrailleuses Rolls-Royce héritées de la Grande Guerre, en kaki vert monochrome, maintenues en service dans des rôles de police et de représentation jusqu'à la fin des années 1930.
 Acquisitions de la Seconde Guerre mondiale
Profitant de sa neutralité, le Portugal parvient à acquérir quelques matériels modernes pendant la Seconde Guerre mondiale. Des automitrailleuses légères d'inspiration allemande (proches du Sd.Kfz.222) sont commandées et livrées vers 1943, arborant une livrée tricolore sable + brun + vert adaptée aux conditions ibériques — un schéma nettement plus sophistiqué que les livrées bicolores des Vickers des années 1930.
Des véhicules de transport blindés (half-tracks et blindés légers sur roues) d'origine britannique et américaine commencent à arriver au Portugal à partir de 1943–1944, dans le cadre des accords de base des Açores conclus avec les Alliés en octobre 1943. Ces matériels portent leurs livrées d'origine (kaki olive américain, kaki vert britannique) sans modifications notables.
En octobre 1943, le Portugal accorde aux Alliés l'usage des bases aériennes des Açores, en échange de garanties de sécurité et de livraisons de matériel militaire. Cet accord représente la première brèche dans la neutralité formelle de Salazar, mais le Portugal ne déclare jamais la guerre à l'Axe.
Palette comparative — Espagne et Portugal
Spécificités ibériques en matière de camouflage
La péninsule Ibérique présente des défis de camouflage particuliers, liés à la diversité extrême de ses paysages : plaines arides de la Meseta castillane, montagnes pyrénéennes et cantabriques, forêts du nord, maquis méditerranéen, et côtes atlantiques et méditerranéennes. Aucun schéma de camouflage unique ne peut être optimal dans tous ces environnements.
Les deux armées convergent néanmoins vers une couleur de base commune : un kaki olivâtre tirant vers l'ocre-brun, plus chaud et plus jaune que le kaki nord-européen, adapté aux terres argilo-calcaires et aux végétations buissonnantes de la péninsule. Ce kaki ibérique constitue le dénominateur commun des livrées des deux pays tout au long de la période.
Influence des fournisseurs extérieurs
La grande diversité des fournisseurs de matériels blindés dans les deux pays a eu un impact direct sur les livrées :
Matériels britanniques (Vickers, Carden Loyd, Rolls-Royce) : livrée initiale Khaki Green No.3, rapidement modifiée en local.
Matériels soviétiques (T-26, BT-5) : livrée initiale vert 4BO, adaptée dans l'urgence aux conditions ibériques.
Matériels allemands (Panzer I) : gris Heeresgrau, transformé en sable ou kaki dès 1937.
Matériels italiens (CV33/35) : sable colonial + vert olivâtre, relativement adapté à la péninsule.
Matériels français (FT-17) : camouflage tricolore d'origine, réduit à un monochrome avec le temps.
. Tableau récapitulatif — Véhicules et camouflages

 
Pays / Camp
Véhicule
Origine
Période
Couleur base
Schéma camo
Remarques
Esp. Nationaliste
Panzer I Ausf.A/B
Allemagne
1936–1939
Gris feldgrau puis sable
Monochrome / bicolore
Don de Hitler — condor. Environ 122 unités. Premières livrées grises, puis sable ivoire
Esp. Nationaliste
CV33/35 (Fiat-Ansaldo)
Italie
1936–1939
Sable-beige + vert
Bicolore taches
Don de Mussolini — CTV. Livrée coloniale italienne adaptée
Esp. Nationaliste
L3/35 flamme
Italie
1937–1939
Sable-beige
Monochrome
Variante lance-flammes, livrée unie plus discrète
Esp. Nationaliste
Renault FT-17 (capturé)
France/capturé
1936–1939
Variable
Héritée + croix de Bourgogne
FT-17 capturés sur Républicains, repeints avec croix nationaliste
Esp. Républicaine
T-26 modèle 1933
URSS
1936–1939
Vert 4BO soviétique
Monochrome + marquages
Principal char républicain — 281 unités livrées par l'URSS
Esp. Républicaine
BT-5
URSS
1937–1939
Vert 4BO soviétique
Monochrome
Char rapide soviétique, utilisé avec équipages soviétiques
Esp. Républicaine
Renault FT-17
France
1936–1939
Kaki + taches brun/vert
Bicolore ou tricolore
Chars de l'armée régulière, divers schémas selon l'unité
Esp. Républicaine
Trubia A4
Espagne
1936–1939
Kaki olivâtre
Monochrome
Char léger national, production très limitée
Esp. Républicaine
UNL-35 (blindé)
Espagne
1936–1939
Kaki olivâtre + taches
Bicolore
Blindé léger sur chenilles, fabrication nationale improvisée
Esp. Franquiste
Panzer I (conservé)
Allemagne
1939–1945
Gris allemand puis sable
Monochrome
Conservés en service, repeints en gris RAL 7021 puis sable
Esp. Franquiste
T-26 (capturé)
URSS/capturé
1939–1945
Vert + sable espagnol
Repeinture locale
T-26 capturés utilisés par l'armée franquiste sous désignation locale
Esp. Franquiste
CV33/35 (héritage)
Italie
1939–1945
Sable + taches brun
Bicolore espagnol
Maintenus en service avec livrée adaptée aux couleurs espagnoles
Portugal
Renault FT-17
France
1923–1940
Kaki olivâtre
Monochrome puis bicolore
Acquis en 1923, maintenus jusqu'à l'obsolescence
Portugal
Vickers Mk.E (type B)
Royaume-Uni
1935–1945
Kaki vert brit. + brun
Bicolore taches
10 exemplaires, principale force blindée portugaise
Portugal
Carden Loyd Mk.VI
Royaume-Uni
1930–1940
Kaki olivâtre
Monochrome
Tankettes de liaison et entraînement
Portugal
Automitrailleuse Rolls-Royce
Royaume-Uni
1920–1938
Kaki vert
Monochrome
Blindés sur roues hérités de la Grande Guerre
Portugal
Lynx (Sd.Kfz.222 copie)
Allemagne/Port.
1943–1945
Sable + brun + vert
Tricolore
Achat d'automitrailleuses allemandes pendant la neutralité
Véhicules non blindés et matériels annexes
 Espagne  Véhicules de la Guerre Civile
La Guerre Civile Espagnole se caractérise par une motorisation très hétérogène des deux camps. Les nationalistes utilisent principalement des camions réquisitionnés (Ford, Chevrolet, Fiat) en kaki olivâtre ou en couleurs civiles camouflées à la hâte. Les Républicains emploient également des véhicules civils réquisitionnés, souvent peints en rouge et noir (couleurs anarchistes) ou en kaki de fortune.
Les ambulances et véhicules sanitaires des deux camps portent des croix rouges sur fond blanc, conformément à la Convention de Genève, bien que ces conventions ne soient pas toujours respectées par les deux belligérants. Les véhicules de commandement portent souvent des fanions ou des marquages distinctifs d'unité.
 Portugal — Véhicules de l'Estado Novo
Le Portugal standardise progressivement son parc automobile militaire autour de véhicules Ford, Chevrolet et Bedford, tous peints en kaki olivâtre monochrome. Les camions d'artillerie et les tracteurs utilisent la même teinte, sans schéma de camouflage secondaire pour les véhicules de transport. Les voitures de commandement (Ford V8 et Chevrolet) reçoivent parfois un bicolore kaki + brun pour les exercices de campagne, mais cette pratique reste peu répandue.

 
 Conseils pour la peinture en maquettisme(générés par l' IA)
Les maquettes de la Guerre Civile Espagnole offrent une richesse visuelle exceptionnelle — nulle part ailleurs on ne trouve une telle diversité de nations et de livrées sur la même table de jeu. Quelques recommandations pratiques :
  • Pour le Panzer I en livrée sable espagnole : Vallejo 70.913 Yellow Ochre + 10% de 70.918 Ivory, ou Tamiya XF-57 Buff légèrement éclairci. La croix de Bourgogne se peint au pinceau fin en blanc pur (Vallejo 70.951 White).
  • Pour le T-26 républicain : base Vallejo 70.894 Camouflage Olive Green (vert 4BO), puis taches sable en Vallejo 70.916 Sand Yellow ou Tamiya XF-59 Desert Yellow. Laisser les bords de taches légèrement fondus (pression aérographe réduite).
  • Pour les CV33/35 italiens : base sable Vallejo 70.913 Yellow Ochre, taches vert Vallejo 70.968 Flat Green légèrement teinté de brun. Les contours des taches sont relativement nets sur le matériel italien de cette période.
  • Pour les Vickers portugais : base Vallejo 70.921 English Uniform (kaki olivâtre), taches brun-rouge Vallejo 70.981 Orange Brown ou Tamiya XF-64 Red Brown. Appliquer les taches au pinceau large en mouvements ronds pour obtenir les formes organiques caractéristiques.
  • Les effets de poussière sont essentiels pour tous les véhicules ibériques : la Meseta produit une poussière ocre très fine. Utilisez des pigments Vallejo 73.120 Sand Yellow ou MIG P231 Dried Mud appliqués secs sur les bas de caisse, chenilles et dessous de caisse.
  • Les effets de chaleur (peinture légèrement décolorée) s'appliquent avec un filtre jaune-orange très dilué passé sur l'ensemble de la surface, puis une légère décoloration au pinceau sec (dry-brush) avec une teinte plus claire que la base.
  • Pour les inscriptions politiques républicaines (slogans, sigles), utilisez des décalcomanies personnalisées ou le travail au pinceau fin avec une peinture blanche diluée. L'imperfection et l'irrégularité des lettres renforcent le réalisme.
   


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