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Parmi les armes défensives développées par l'Union soviétique durant la Grande Guerre patriotique, la mine antichar occupe une place à part. Peu coûteuse, rapide à fabriquer et à poser, elle a permis à l'Armée rouge de compenser, au moins partiellement, son infériorité initiale en blindés face à la Wehrmacht. Des centaines de millions d'unités ont été produites entre 1941 et 1945, posées aussi bien en défense statique devant Moscou, à Koursk, sur les lignes de front figées qu'en interdiction de terrain lors des replis et des offensives. Schéma de minage type Le principe : chaque champ est rattaché à deux points de repère fixes (bornes, arbres, coins de bâtiment) via une ligne de base mesurée. Chaque rangée de mines est ensuite référencée par son offset et son espacement depuis ces points — c'est cette « fiche de report » qui permet, des mois ou des années plus tard, de retrouver et déminer le champ avec précision plutôt qu'à l'aveugle.
Les mines Antichar Soviétiques par ordre chronologique Site Incontournable L'industrie soviétique de l'armement a fait évoluer ses mines antichar tout au long du conflit, sous la double contrainte de l'efficacité contre des blindages de plus en plus épais et de la disponibilité fluctuante des matières premières — en particulier l'acier, réquisitionné en priorité pour les chars et l'artillerie. La TM-35, introduite en 1935, est la première mine antichar soviétique produite en série à grande échelle. De forme rectangulaire, à coque d'acier zingué, elle est munie d'une poignée de transport et d'une plaque de pression centrale surélevée. Une pression suffisante actionne un levier interne qui retire la goupille de sécurité d'un allumeur de type MUV, libérant le percuteur qui vient frapper le détonateur.
La TM-38 lui succède avec une coque carrée et une large plaque de pression centrale renforcée de nervures.
Le principe de fonctionnement reste proche — un levier interne tire la goupille de l'allumeur MUV, qui percute le détonateur MD-2 — et le modèle peut recevoir divers dispositifs anti-manipulation. Correcte contre les véhicules légers, elle se révèle en revanche peu efficace contre les chars lourds de la seconde partie du conflit, ce qui conduit souvent à la compléter par des charges supplémentaires enterrées dessous. Au tournant de 1940-1941, la pénurie d'acier et le besoin d'un modèle plus simple à produire font émerger une nouvelle silhouette : le disque métallique à plaque de pression circulaire, dérivé pour partie de la mine finlandaise Panssarimiina m/36 rencontrée lors de la guerre d'Hiver.
La PMZ-40, mine polyvalente à bord inférieur dentelé permettant sa pose sur la glace, en est la première incarnation. Sa plaque de pression, maintenue par des goupilles cisaillables, la rend toutefois dangereusement sensible
elle peut se comporter comme une mine antipersonnel — et elle est rapidement remplacée. La TM-41 qui lui succède standardise la formule : coque cylindrique en acier, toute la face supérieure servant de plaque de pression, poignée de transport latérale, allumeur MV-5 logé dans un puits central.
Une pression de l'ordre de 160 kg force les billes de verrouillage de l'allumeur à se dégager, libérant le percuteur qui déclenche le détonateur puis la charge relais et la charge principale. Largement employée entre 1941 et 1942, la production de la TM-41 est cependant freinée par le manque récurrent de métal. La situation industrielle s'améliorant, elle est remplacée à partir de 1944 par la TM-44, un modèle plus lourd et à charge renforcée, très proche dans sa conception mais nécessitant une pression plus importante (140 à 260 kg) pour s'activer.
La TM-44 devient la principale mine antichar métallique de l'Armée rouge en fin de guerre, avant de céder la place, en 1946, à la TM-46 directement inspirée des Tellermines allemandes. Les mines à corps moulé : bois, carton bitumé et bakélite
Face aux mêmes tensions sur l'acier, l'Armée rouge développe en parallèle toute une famille de mines et de répliques d'instruction au corps non métallique — bois, carton bitumé ou matière moulée de type bakélite — de forme le plus souvent circulaire, avec un puits central destiné à recevoir l'allumeur. Cette conception présente un double avantage : elle économise le métal, et elle rend les mines beaucoup plus difficiles à repérer au détecteur électromagnétique, un atout tactique de premier plan.
La TMD-40, en caisse de bois rectangulaire contenant plusieurs blocs de TNT et un dispositif de mise à feu à bascule, est produite en masse à partir de 1940 en remplacement de la TM-39. Elle cède la place en 1942 à la YaM-5, plus compacte, puis, à partir de 1943-1944, aux modèles TMD-44 et TMD-B, qui reprennent le principe du coffre de bois mais avec un bouchon d'allumeur en bakélite remplaçant la planche centrale articulée — une amélioration destinée à limiter les blocages liés au gonflement du bois humide.
C'est dans cette famille de mines à corps moulé, circulaires, à puits central, que s'inscrit le plus vraisemblablement l'objet photographié au musée « Моторы войны » : sa forme en disque évasé et son matériau moulé craquelé correspondent davantage à un couvercle ou à un corps de mine en bakélite ou en résine qu'à la coque métallique lisse d'une TM-41 ou d'une TM-44. Il pourrait également s'agir d'une réplique d'instruction inerte, utilisée pour la formation des sapeurs — une pratique courante dans les collections muséales pour présenter du matériel sans risque.
3. Emploi tactique et efficacité
Le minage antichar soviétique s'est distingué par son ampleur plus que par la sophistication de chaque engin pris isolément : des champs de mines denses, souvent associés à des obstacles antichars (fossés, hérissons tchèques, réseaux de barbelés) et couverts par l'artillerie, ont ralenti ou canalisé les colonnes blindées allemandes sur des axes prévisibles, notamment lors de la bataille de Koursk en 1943. La variété des corps — métal, bois, matière moulée — répondait autant à des impératifs industriels qu'à des besoins tactiques : les mines non métalliques, indétectables aux appareils électromagnétiques de l'époque, obligeaient le génie adverse à sonder le terrain à la main, ce qui ralentissait considérablement toute opération de déminage. |
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