Moyen Orient 2025 13 juin -24 juin 2025 La guerre de 12 jours entre Israël, l'Iran et les États-Unis

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 08/07/2026 à 22:52:04



Moyen Orient 2025 13 juin -24 juin 2025 La guerre de 12 jours entre Israël, l'Iran et les États-Unis
Le 13 juin, Israël a lancé une attaque préventive de grande envergure contre des cibles militaires et des installations liées au programme nucléaire, ainsi que contre la direction politico-militaire de l'Iran.
L'opération, baptisée RISING LION, ne fut pas uniquement « conventionnelle » : elle fut également menée par les services de renseignement israéliens et les forces spéciales sur le sol iranien, à travers des actions chirurgicales de haute valeur.
Opérations conventionnelles israéliennes

Air (composante principale)

C'est le pilier de l'opération — plus de deux cents avions engagés, soit environ les deux tiers de la flotte de chasse israélienne, dans ce que Tsahal a présenté comme le plus grand déploiement aérien de son histoire.

  • Chasseurs-bombardiers : F-35I "Adir" (furtifs), F-15I "Ra'am" (frappe longue portée) et F-16I "Sufa" (multirôle), engagés pour frapper une centaine de sites, dont des installations nucléaires comme Natanz.
  • Le F-35I a joué un rôle central : il a opéré en configuration furtive complète contre les défenses aériennes iraniennes, une première mondiale d'un tel niveau, en ouvrant la voie aux F-15 et F-16 lors des vagues de frappe.
  • Ravitaillement en vol : sept avions-citernes KC-707 et quatre KC-46A Pegasus, indispensables sur un aller-retour d'environ 2000 km.
  • Détection/commandement aérien : un Gulfstream G550 "Eitam" modifié en AWACS, appuyé par des moyens de guerre électronique.
  • Unité Shaldag (unité 5101, forces spéciales de l'armée de l'air) : selon des reportages ultérieurs, elle aurait fourni le renseignement de terrain ayant permis de localiser les cibles lors des frappes de décapitation du commandement iranien (à noter : cette source concerne plutôt l'opération de suivi de mars 2026, "Roaring Lion", mais la même unité est créditée d'un rôle similaire dès juin 2025)

Sol / Terre (renseignement et forces spéciales, pas d'invasion terrestre classique)

Il n'y a pas eu d'engagement de grandes unités blindées ou d'infanterie au sol comme lors d'une guerre conventionnelle — l'essentiel a reposé sur des cellules clandestines et le Mossad :

  • Mossad : commandos infiltrés en Iran de longue date ou très récemment, disposant de mini-bombes et de drones pré-positionnés activables sur place, ayant notamment servi à neutraliser des batteries anti-aériennes et à cibler des scientifiques du programme nucléaire.
  • Sayeret Matkal (unité de reconnaissance d'état-major) et Shaldag : ces deux unités d'élite, habituées à opérer conjointement, sont créditées d'opérations discrètes en profondeur sur le sol iranien.
  • Plus tard dans le conflit, ces mêmes unités ont participé à une opération plus visible : Shaldag et Sayeret Matkal ont pris part au sauvetage d'un navigateur américain de F-15 abattu en Iran.

Mer (rôle secondaire)

L'opération de juin 2025 a été essentiellement aérienne et clandestine ; le volet naval n'est pas documenté publiquement comme ayant joué un rôle majeur direct sur l'Iran lui-même. Shayetet 13 (commandos de marine, équivalent des Navy SEALs) fait partie des unités d'élite susceptibles d'avoir appuyé des missions de reconnaissance ou d'infiltration côtière, mais aucune source ouverte ne confirme un engagement naval de premier plan pour Rising Lion spécifiquement — contrairement à la guerre plus large de 2026, où les États-Unis ont redéployé le groupe aéronaval du porte-avions USS George H. W. Bush en Méditerranée orientale pour appuyer le dispositif régional

Dès le début, les États-Unis ont fourni un soutien indispensable en matière de ravitaillement en vol et de renseignement, garantissant une connaissance élevée de la situation ainsi qu'une intensité soutenue des frappes ; sans ce soutien, Israël n'aurait pas pu maintenir un rythme d'action aussi intense, précis et persistant.
Les opérations aériennes ont débuté par l'élimination/la neutralisation de la défense aérienne iranienne dans l'ouest du pays, grâce à l'emploi de missiles de croisière DELILAH et de missiles aéro-balistiques RAMPAGE/ GOLDEN HORIZONBLUE SPARROW/SILVER SPARROW, ainsi que des mini-missiles de croisière ICE BREAKER et WIND DEMON, lancés par des chasseurs israéliens depuis l'extérieur de l'espace aérien iranien.
Ces actions ont été couplées à un large éventail d'opérations de guerre électronique (EW) et d'activités cyber-électromagnétiques (CEMA), visant à neutraliser les réseaux radar et les nœuds de commandement et de contrôle.
Prises ensemble, ces opérations ont permis à l'aviation israélienne  à partir des 14-15 juin — d'opérer avec une relative liberté à l'intérieur de l'espace aérien iranien occidental, avec des corridors progressivement élargis pour permettre des opérations vers les secteurs centre-sud (Bandar Abbas) et nord-est (Mashhad),avc l emploi des chasseurs-bombardiers F-15C/D/I et F-16C/D/I équipés notamment de bombes JDAM.
Selon les données officielles, l'armée de l'air israélienne a effectué plus de 1 270 sorties — soit une moyenne de 106 par jour —, engageant l'intégralité de sa flotte de chasseurs, composée de F-15 (dans leurs variantes de défense aérienne/interception et d'attaque), de F-16C/D/I et de F-35, ainsi que 4 ravitailleurs KC-707 (sur les sept disponibles) ayant réalisé plus de 600 ravitaillements en vol, et un large éventail de drones de reconnaissance armés, dont les HERMES 900 et EITAN, des munitions rôdeuses telles que le HAROP, des drones sub-tactiques longue portée comme l'ORBITER 4, ainsi que le très secret drone/UCAV pénétrant RA-01 ; des hélicoptères AH-64A+/D ont également été employés pour intercepter des drones iraniens au-dessus du territoire israélien.

Le nom est apparu publiquement pour la première fois en octobre 2024, suite à la fuite de deux documents classifiés américains de la NGA (National Geospatial-Intelligence Agency), diffusés sur Telegram puis confirmés authentiques par le Pentagone. Ces documents décrivaient une activité de drone furtif à la base aérienne de Ramon (désert du Néguev) les 15-16 octobre 2024, en amont d'une possible frappe israélienne contre l'Iran.
La désignation « RA-01 » viendrait vraisemblablement de la convention américaine de nommage des objets non identifiés repérés sur un site (RA pour "Ramon Airfield"), un procédé similaire à celui utilisé jadis pour des aéronefs soviétiques inconnus repérés à Ramenskoïe (RAM-K, RAM-L...).
Fait important : les documents originaux ne mentionnent aucune caractéristique furtive confirmée. L'idée que ce soit un appareil "stealth" est en grande partie une extrapolation de commentateurs sur les réseaux sociaux, pas un fait établi par les documents fuités eux-mêmes.

Ce qui est rapporté depuis (à prendre avec précaution)

Le drone aurait été utilisé lors de missions de reconnaissance/surveillance couvertes en Iran dès fin 2024, puis son usage aurait été étendu pendant Rising Lion (juin 2025).
Des observateurs disent l'avoir repéré au-dessus du Golan, du Liban et de la frontière syro-israélienne à plusieurs reprises courant 2025-2026, notamment le 18 juin 2025.
Une envergure d'environ 16 mètres a été évoquée à partir d'une image d'un fragment d'aile, comparable à des drones longue endurance existants.
Propulsion : d'abord supposée à réaction, puis certaines sources défense penchent plutôt pour un turbopropulseur, privilégiant l'endurance à la vitesse.
Rôle supposé : ISR (renseignement/surveillance/reconnaissance) en priorité, avec une capacité de frappe embarquée non confirmée officiellement.
Base d'opération : secteur sécurisé de Ramon, avec des travaux d'infrastructure (nouveaux hangars) achevés autour de début 2026.

Le point important
Aucune confirmation officielle israélienne n'existe. Tout repose sur : une fuite de documents US (eux-mêmes assez laconiques), des observations amateurs non vérifiées, et des articles qui se citent parfois entre eux en amplifiant des détails non sourcés. Un forum spécialisé (Secret Projects) souligne d'ailleurs qu'une citation largement reprise ("drones furtifs longue portée") attribuée aux documents originaux serait en fait inventée par un utilisateur Twitter — donc une partie du récit public s'est construite sur un bouche-à-oreille non vérifié plutôt que sur la source primaire.
Bref : le RA-01 existe très probablement comme programme, mais son rôle précis dans Rising Lion (frappe autonome ? pur ISR ? désignation de cibles pour les chasseurs ?) reste non confirmé publiquement.


 
 
Ce dispositif israélien a été intégré à des appareils américains fournissant un soutien de ravitaillement (KC-135 et KC-46 opérant dans l'espace aérien irakien) ainsi que des moyens de renseignement (drones stratégiques RQ-170/180, satellites et avions espions RC-135W RIVET JOINT).
Dans leur profil de frappe, les chasseurs israéliens ont largement employé des bombes JDAM GBU-31(V)1/V3B de 2 000 livres — certaines équipées de charges pénétrantes durcies BLU-109 avec fusées de queue FMU-143 — ainsi que des bombes à guidage laser GBU-12 PAVEWAY II de 500 livres, qui, contrairement aux munitions planantes, ne sont pas des armes de type stand-off au-delà d'environ 30 km.
Ils ont également utilisé des munitions planantes de type stand-off, telles que les bombes à petit diamètre GBU-39/B (250 livres) et les kits SPICE 1000/2000, permettant des largages à des distances comprises entre environ 60 et 130 km de la cible.
En parallèle, Israël a employé des drones FPV et des missiles SPIKE tirés depuis l'intérieur du territoire iranien contre des systèmes de défense aérienne et des lanceurs-érecteurs-transporteurs (TEL) mobiles de missiles balistiques.
La liberté d'action obtenue grâce à la neutralisation des défenses aériennes iraniennes a ensuite permis à l'IAF, au cours des dix jours suivants, de mener de nouveaux raids afin de consolider sa supériorité aérienne dans le quadrant occidental du pays, d'étendre sa liberté d'action au-dessus de Téhéran et d'autres secteurs, et de mener des frappes dynamiques contre les TEL au moyen de moyens plus conventionnels.
L'IAF a affirmé avoir détruit entre 125 et 130 TEL — soit environ un tiers de l'inventaire iranien d'avant-guerre —, tandis que les éléments confirmables issus des sources disponibles ramènent cette estimation à 35-40 véhicules.
Au-delà des missions planifiées, les F-15, F-16 et F-35 israéliens ont mené des patrouilles armées régulières au-dessus de l'espace aérien iranien occidental, appuyés par des drones stratégiques pour la détection et la localisation d'objectifs d'opportunité, notamment les systèmes sol-air mobiles de portée moyenne et courte — au premier rang desquels le TOR-M1, l'une des rares notes « positives » de la défense aérienne de Téhéran — ainsi que les TEL de missiles balistiques.
Dans ce rôle, le F-35 s'est révélé être un véritable gestionnaire de bataille, capable de collecter, fusionner et diffuser des informations variées grâce à sa formidable suite électronique.
Cibles
Internet

 
Les dommages subis par la composante aéro-missile de l'Iran sont détaillés séparément, mais parmi les autres cibles militaires frappées par Israël figurent le 11e groupe d'artillerie des forces terrestres de l'armée iranienne à Marageh et la base Imam Hasan à Mahidasht, près de Kermanshah, qui abrite des dizaines de drones consommables SHAHED-136 ainsi que divers drones de surveillance et de reconnaissance, de même que le dépôt de munitions de la 29e division NABI AKRAM des forces terrestres du CGRI, dans la même région de Kermanshah.
Ont également été frappés la garnison ASHOORA de la 8e division blindée ASHRAF des forces terrestres du CGRI à Vila Shahr Najafabad, près d'Ispahan, un centre logistique, une raffinerie de pétrole, ainsi qu'un entrepôt situé près du poste de police routière de Morchekhort (province de Shahinshahr), qui abriterait des missiles balistiques et des conteneurs de carburant et d'oxydant.
Plusieurs structures ont également été frappées à l'intérieur de la base Al-Hadid du 64e groupe d'artillerie de missiles et de défense aérienne à Ahvaz, tandis que la base de missiles Imam Javad et la garnison navale Besat, au nord de Chiraz, ont été lourdement bombardées.
En exploitant l'un des corridors mentionnés, les forces israéliennes ont également frappé le centre spatial de Shahroud, dans le nord-est de l'Iran, une base d'entraînement des forces terrestres du CGRI près de Lowshan, dans la province du Gilan (nord de l'Iran), et, entre le 25 et le 26 juin, deux usines de tuyaux Sepanta à Marand, dans le nord-ouest, soupçonnées de produire des composants destinés à des installations souterraines nucléaires et de missiles.
Quelques jours plus tard, une opération conjointe de l'armée de l'air et du Mossad à Qom a détruit le dernier étage d'un immeuble résidentiel — très probablement à l'aide d'un missile de croisière DELILAH 2 — dans le quartier de Salariyeh, tuant le général de brigade Mohammad Saeed Izadi, chef des opérations palestiniennes de la Force Al-Qods, tandis qu'une frappe de drone distincte aurait tué son adjoint, le général de brigade Behnam Shahriari, l'un des planificateurs, ainsi que le chef militaire du Hamas Mohamed Deif, responsable de l'attaque terroriste du 7 octobre.
Tout au long des douze jours, les frappes sur Téhéran ont fait l'objet d'une attention soutenue, grâce au contrôle total de l'espace aérien de la capitale par l'IAF  dépourvu de systèmes sol-air après les premières 48 heures et défendu uniquement par un petit nombre de canons antiaériens de 23 et 35 mm , avec notamment des frappes sur le ministère de la Défense et le quartier général logistique à Nobonyad, ainsi que le dépôt pétrolier de Shahran à l'ouest, probablement touché par des missiles aéro-balistiques GOLDEN HORIZON tirés par des F-15I RA'AM.
Dans cette même zone urbaine (quartiers de Chitgar et de Narmak), cinq cibles supplémentaires ont été touchées : le siège de l'Organisation de l'énergie atomique d'Iran, le commandement des forces aérospatiales du CGRI, deux laboratoires affiliés et un immeuble résidentiel.
Le complexe de recherche et développement de missiles du CGRI à Bidkaneh, la base logistique du commandement de la défense aérienne du CGRI à Garmdarreh, le quartier général du CGRI à Pirouzi, la base de la 216e brigade blindée à Zanjan (nord-ouest de Téhéran), le commandement de la Force Al-Qods (périphérie est), le quartier général de la police à Rashid Yassemi, le centre de la police cybernétique FATA, le quartier général Meghdad des milices Bassidji, le commandement Tharallah des forces terrestres du CGRI, ainsi que des installations de renseignement du CGRI, ont tous été frappés ; six bâtiments appartenant au ministère du Renseignement (MOIS) ont été visés par des paires de bombes à petit diamètre GBU-39/B. Ces frappes auraient tué le chef du MOIS, le général Mohammad Kazemi, ainsi que des dizaines de hauts responsables du renseignement.
Lors d'un raid dans le quartier de Masjid Soleyman, Ali Shadmani  récemment nommé chef des opérations de guerre du régime islamique iranien et confident de Khamenei, promu après la mort de son prédécesseur Ali Rashid — a été tué.
Des drones armés EITAN et HERMES 900 ont frappé des systèmes de défense aérienne mobiles sur les routes de Téhéran à l'aide de missiles air-sol MIKHOLIT, tandis que les complexes de production d'armes et de munitions de Parchin et de Lavizan (est de Téhéran) ont été lourdement bombardés, tout comme un bâtiment du ministère des Affaires étrangères au nord de la capitale.
Parmi les cibles non militaires, les frappes israéliennes ont touché les usines de l'Iranian Electronics Industries Corporation à Chiraz — qui produisent de l'électronique et des équipements pour l'armement iranien —, un laboratoire de recherche du ministère de la Défense à Ispahan, impliqué dans la conception et le développement de drones kamikazes, ainsi que des installations pétrochimiques à Ahvaz.
Le principal bâtiment de la télévision d'État IRIB — présenté par Israël comme utilisé par le CGRI en tant que hub de communication a également été touché, tout comme d'autres résidences de personnel du CGRI dans le complexe résidentiel Shahid Bagheri, dans la capitale.
Les sites liés au nucléaire ont été largement visés, avec au moins sept frappes sur l'ancien site d'enrichissement d'uranium Ahmadi Roshan de Natanz, détruisant plusieurs bâtiments ainsi que des tunnels d'accès causant des dommages en surface mais pas nécessairement à l'infrastructure souterraine abritant les centrifugeuses , des cyberattaques ayant également été employées pour endommager le site.

 
Malgré le battage médiatique initial, le site nucléaire de Fordow n'a pas été fortement visé sur le plan cinétique, les attaques s'étant largement limitées aux sites de défense aérienne environnants afin d'ouvrir le corridor pour le raid américain, tandis que le site de conversion d'uranium d'Ispahan a été lourdement bombardé, avec la destruction de plusieurs sections critiques, dont l'infrastructure de conversion d'uranium et plusieurs laboratoires. Le réacteur à eau lourde d'Arak, quant à lui, a été visé par des F-15I RA'AM à l'aide de bombes anti-bunker ou de missiles air-sol POPEYE/DELILAH 2, avec au moins trois explosions enregistrées ; l'activité du réacteur a été suspendue, la frappe visant à détruire les composants liés à la production de plutonium afin d'empêcher la remise en état et l'utilisation du réacteur à des fins militaires.
Opérations non conventionnelles israéliennes
Outre les opérations aériennes conventionnelles, Israël a mené une série d'opérations non conventionnelles, relevant de la responsabilité d'équipes du Mossad et des forces spéciales ; des équipes qui ont opéré depuis l'intérieur de l'Iran pour mener des actions de sabotage, des attaques contre les systèmes radar et antiaériens, ainsi que des assassinats ciblés.
Une opération planifiée et conçue pendant au moins deux ans, rendue possible grâce au recours à des éléments issus de divers groupes séparatistes/dissidents présents sur l'ensemble du territoire iranien  Kurdes, mais aussi Afghans  et à des membres actuels ou anciens du MEK (Moudjahidines du peuple), mais aussi grâce au recrutement de personnels de haut rang, anciens ou actuels du régime (provenant principalement de l'ARTESH, les forces armées régulières, en particulier de l'armée de terre et de l'armée de l'air) et facilement corruptibles.
On estime à plus de 1 000 le nombre de facilitateurs employés : des personnes principalement affectées à la collecte de renseignement et à la fourniture de « renseignement exploitable », au soutien logistique des agents du Mossad (planques, couverture, itinéraires d'évacuation) et des forces spéciales israéliennes, à la gestion de laboratoires de production de drones — dont au moins trois ont été découverts à Ispahan, Chiraz et Mashhad —, et, dans certains cas, à des actions directes.
Par ailleurs, le Mossad dispose de racines importantes en Iran, ce qui lui a permis de mener les dizaines d'assassinats et d'actes de sabotage réalisés au fil des années, dont notamment l'assassinat du chef du Hamas, Ismail Haniyeh, à Téhéran l'année dernière.
Les équipes du Mossad, ainsi que les équipes des forces spéciales infiltrées depuis un certain temps (depuis le Kurdistan irakien et l'Azerbaïdjan), sont entrées en action peu avant le déclenchement des frappes aériennes, agissant ensuite en parfaite synchronisation avec celles-ci et participant activement aux opérations DEAD/SEAD.
Certaines équipes ont employé des munitions rôdeuses, des missiles antichars SPIKE (y compris depuis des positions télécommandées) et des drones FPV.
Il est également fait mention de l'emploi de drones suicides/munitions rôdeuses à longue portée, probablement opérationnels depuis un site sommaire situé à l'intérieur de l'Iran, dans l'est de la Syrie, ou à proximité des frontières irakienne ou azerbaïdjanaise.
D'autres équipes ont agi en tant que contrôleurs aériens avancés (JTAC) pour les chasseurs-bombardiers et les drones, permettant ainsi de frapper les sites radar, la défense aérienne et les batteries de missiles sol-sol.
En complément de ces opérations, les équipes du Mossad ont, dans les jours suivants, commencé à frapper des infrastructures liées à l'industrie énergétique iranienne (gaz et pétrole). Grâce à des drones FPV, également lancés depuis des pick-up ou des camions, notamment à proximité de zones urbaines, l'usine pétrochimique de Fajr à Kangan, dans la province de Bouchehr, alimentée par le gisement gazier de South Pars — le plus grand du monde, exploité conjointement par l'Iran et le Qatar  a été touchée.
Parallèlement à ces opérations, d'autres équipes se sont naturellement occupées, de manière « plus traditionnelle », de l'élimination physique de hauts officiers pasdaran et des forces armées régulières, ou de scientifiques essentiels à la gestion du programme nucléaire (opération NARNIA).
Dans ces cas, des charges explosives (parfois placées dans des véhicules), des armes télécommandées ainsi que des munitions rôdeuses ont été employées.
Il est frappant, à cet égard, de constater des immeubles dont les appartements ciblés ont été « transpercés » de l'extérieur, avec précision, par des munitions rôdeuses et des moyens similaires.
En ce qui concerne le personnel militaire, entre opérations aériennes conventionnelles et non conventionnelles, les Israéliens ont décapité l'ensemble de la chaîne de commandement des Pasdaran et des milices bassidjies, éliminant dans certains cas également les remplaçants d'officiers supérieurs assassinés juste après leur promotion.
Intervention américaine
Les États-Unis ont fourni un soutien indispensable dès le début des opérations, garantissant une connaissance élevée de la situation ainsi qu'une intensité soutenue des frappes.
Sans ce soutien, Israël n'aurait pas pu agir avec une telle intensité, précision et persistance.
Dans la nuit du 22 juin, les États-Unis ont mené le bombardement de trois sites nucléaires iraniens Fordow, Ispahan et Natanz  dans le cadre de l'opération MIDNIGHT HAMMER.
Le raid a été exécuté par sept bombardiers B-2 SPIRIT, dont six ont frappé le site de Fordow avec un total de 12 bombes GBU-57B Massive Ordnance Penetrator, pesant chacune 13,6 tonnes, tandis que le septième a visé le nouveau site de Natanz, situé à l'intérieur du mont Kolang Gaz La, en larguant deux bombes GBU-57B.

Forces américaines engagées — juin 2025 (guerre des Douze Jours)

Important à préciser d'abord : les États-Unis ne sont pas intervenus militairement lors du déclenchement de Rising Lion (13 juin). Leur engagement direct est survenu neuf jours plus tard, le 22 juin, sous le nom d'Opération Midnight Hammer, ciblant trois sites nucléaires iraniens (Fordo, Natanz, Ispahan). Voici le détail par domaine.

Air

  • 7 bombardiers furtifs B-2 Spirit du 509th Bomb Wing, décollés de la base de Whiteman (Missouri), pour un vol aller-retour de 36-37 heures avec plusieurs ravitaillements en vol — plus d'un tiers de la flotte totale de B-2 des États-Unis engagée d'un coup.
  • Équipage : 14 aviateurs, issus de l'active duty et de la Garde nationale aérienne du Missouri.
  • Plus de 125 avions au total en soutien : chasseurs de 4ᵉ et 5ᵉ génération (dont, selon Trump, des F-35 et F-22) chargés d'ouvrir la route en attirant d'éventuels tirs sol-air, avions ravitailleurs, et appareils de guerre électronique/renseignement (EA-18G, ISR).
  • Environ 140 avions de transport (C-5M, C-17A, C-130J-30) mobilisés pour la logistique globale.
  • Les chasseurs d'escorte ont eux-mêmes tiré une trentaine de munitions contre des systèmes sol-air iraniens, sans qu'aucun tir iranien ne soit détecté en retour.
  • Arme phare : 14 bombes anti-bunker GBU-57 MOP (30 000 livres chacune) larguées sur Fordo et Natanz — première utilisation opérationnelle de cette munition.

Mer

  • Un sous-marin lance-missiles, l'USS Georgia (classe Ohio, SSGN), ayant tiré environ 30 missiles de croisière Tomahawk sur le site d'Ispahan (Isfahan ayant été visé par missiles plutôt que par MOP, ce site n'étant pas assez enterré pour justifier le bunker-buster, mais suffisamment protégé pour ne pas y risquer de B-2).
  • Il n'y a pas eu de porte-avions engagé directement dans les frappes du 22 juin elles-mêmes, l'essentiel reposant sur l'aviation stratégique basée aux États-Unis.

Terre

  • Aucune force terrestre américaine engagée en Iran — pas de troupes au sol, pas d'opération d'infanterie ou de forces spéciales à l'intérieur du territoire iranien à ce stade.
  • La seule exception notable survenue plus tard dans le conflit (pas le 22 juin) concerne le sauvetage d'un navigateur de F-15 américain abattu, où des forces spéciales américaines ont opéré brièvement au sol en Iran — première fois que des troupes US posaient le pied sur le sol iranien durant ce conflit — avec l'appui de renseignement israélien et des commandos Shaldag/Sayeret Matkal.

Ampleur globale

Environ 4000 militaires américains ont été impliqués dans l'ensemble de l'opération Midnight Hammer (planification, exécution, soutien logistique). Les bases américaines de la région (dont Al Udeid au Qatar) ont été placées en alerte maximale, une partie du matériel ayant été évacué par précaution — évacuation confirmée utile puisque l'Iran a riposté le 23 juin par une frappe de missiles sur Al Udeid (sans faire de victime américaine).

Ces munitions devaient être en mesure d'endommager les structures souterraines destinées à l'enrichissement de l'uranium et aux centrifugeuses associées, protégées par au moins 80 mètres de couches successives de béton armé, de roche, de sable et éventuellement d'autres matériaux.
La capacité de pénétration varie considérablement selon le matériau recouvrant chaque cible. Une arme capable de traverser plusieurs dizaines de mètres de terre ou de sable compacté ne pénètre parfois que quelques mètres dans du béton armé standard destiné à la construction civile, et encore moins dans un béton armé à haute densité.
La grande absence de l'armée de l'air iranienne

Forces iraniennes impliquées — Guerre des Douze Jours (juin 2025)

Point de structure essentiel : l'Iran dispose de deux architectures militaires parallèles — l'Artesh (armée régulière, environ 420 000 hommes : terre, air, marine, défense aérienne) et le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI/IRGC, force idéologique parallèle avec ses propres branches terre/mer/air, environ 125 000 à 190 000 combattants selon les estimations). Un point clé confirmé par l'analyse de l'American Enterprise Institute : ce conflit a très majoritairement touché la force aérienne et la défense aérienne de l'Artesh, avec des effets limités sur les forces terrestres et navales — ce qui structure toute la réponse ci-dessous.

Air (composante la plus engagée, mais essentiellement défensive)

  • Force aérienne de l'Artesh (Niru-Havayi) : flotte vieillissante d'environ 350 avions selon l'Associated Press, jugée « vétuste » par l'IISS — F-14 Tomcat (livrés avant 1979), F-4 Phantom, F-5, MiG-29, Su-24. Cette aviation n'a livré aucun combat aérien durant les douze jours — elle est restée totalement invisible face à la supériorité israélienne. Plusieurs appareils ont été détruits au sol, dont au moins deux F-14 et des hélicoptères AH-1.
  • Force de défense aérienne (branche distincte de l'Artesh) : en première ligne pour intercepter les frappes israéliennes, avec des systèmes S-300 russes plus modernes et de nombreux S-200 vieillissants, appuyés par des radars transhorizon Rezonans et des systèmes passifs Avtobaza. Cette force a été systématiquement neutralisée dès la première nuit par le sabotage Mossad/commandos et les frappes aériennes.
  • Force aérospatiale du CGRI (missiles balistiques et drones) : c'est elle qui a porté l'essentiel de la riposte offensive, via les tirs de missiles balistiques et de drones vers Israël (opération Promesse Tenue 3). Son commandant, le général Amirali Hadjizadeh, a été tué dès la première nuit.

Terre (rôle très marginal dans ce conflit)

  • Forces terrestres de l'Artesh (environ 350 000 hommes, dont 220 000 conscrits) : quasiment pas engagées — ce conflit n'a comporté aucune invasion terrestre ni combat au sol classique entre les deux pays, l'Iran et Israël n'étant pas frontaliers.
  • Forces terrestres du CGRI : de même, non engagées directement au combat, l'essentiel du corps ayant plutôt subi les pertes en état-major (décapitation des généraux) que participé à des opérations offensives terrestres.
  • Le seul « front terrestre » réel a été celui, clandestin, mené contre l'Iran par le Mossad et les commandos israéliens infiltrés — pas une action iranienne.

Mer (rôle limité, essentiellement défensif/dissuasif)

  • Marine de l'Artesh (environ 18 000 hommes) : chargée en temps normal de la protection des voies maritimes en mer d'Arabie, golfe d'Aden et mer Rouge — n'a pas eu de rôle offensif significatif documenté durant le conflit.
  • Marine du CGRI : spécialisée dans la guérilla maritime asymétrique (petites embarcations rapides) dans le golfe Persique — sa mission principale aurait été la fermeture potentielle du détroit d'Ormuz, votée par le Parlement iranien après Midnight Hammer, mais finalement jamais mise en œuvre sous pression américano-chinoise.
  • Fait notable rapporté par les médias israéliens : des tirs de missiles depuis des sous-marins iraniens auraient eu lieu pendant la campagne — information relayée mais non détaillée plus avant dans les sources disponibles.

Bilan structurel (constat de l'AEI)

L'analyse américaine est sans appel : les forces iraniennes ont échoué à dissuader ou repousser les frappes israélo-américaines, et les tirs de missiles n'ont pénétré les défenses israéliennes qu'à une échelle limitée. Ce constat pousse aujourd'hui Téhéran à reconsidérer la répartition des rôles entre l'Artesh et le CGRI, ce dernier ayant particulièrement mal performé compte tenu des moyens dont il dispose.

 
Pertes militaires iraniennes — Guerre des Douze Jours (juin 2025)
Pertes humaines dans la chaîne de commandement
La première nuit du conflit (opération surnommée en interne « Noces sanglantes ») a visé spécifiquement à décapiter l'état-major iranien. Environ une trentaine de généraux ont été tués dès la nuit du 13 juin, dont :
  • Mohammad Bagheri — chef d'état-major des armées
  • Hossein Salami — commandant en chef des Gardiens de la révolution (IRGC)
  • Gholam Ali Rachid — commandant des forces de réaction d'urgence, et Ali Shadmani, son remplaçant immédiat, tué à son tour peu après
  • Plusieurs généraux en charge de la protection des programmes nucléaire et balistique, de la défense antiaérienne, des drones et du cyber
Le 15 juin, Mohammad Kazemi, chef du renseignement des Gardiens de la révolution, est tué avec deux autres officiers.
Le 23 juin, une frappe sur le centre de commandement Imam Hassan Mojtaba du CGRI à Karaj (province d'Alborz) fait au moins 20 morts parmi les cadres supérieurs et intermédiaires, suivis de 14 victimes supplémentaires annoncées séparément par le commandement local — l'un des coups les plus meurtriers portés au corps des Gardiens ces dernières années.
Scientifiques du nucléaire
Entre 9 et 16 scientifiques liés au programme nucléaire militaire ont été éliminés selon les décomptes (Le Monde avance le chiffre de 16 sur l'ensemble des douze jours), un coup jugé par la presse française comme « le plus décisif » porté au programme nucléaire iranien.
Pertes matérielles
  • Missiles balistiques : le stock iranien serait passé d'environ 2 500 à 1 000-1 500 unités selon les chiffres diffusés par l'armée israélienne.
  • Lanceurs de missiles : environ deux tiers détruits, passant d'environ 250 à une centaine.
  • Défense antiaérienne : des dizaines de radars et de lanceurs sol-air neutralisés selon l'état-major israélien ; les capacités antiaériennes iraniennes ont été considérées comme le seul objectif « pleinement atteint » par les analystes militaires français (FMES).
  • Aviation : au moins 2 chasseurs F-14 Tomcat détruits au sol par une frappe de drone sur un aéroport de Téhéran. L'aviation de chasse iranienne n'a livré aucun combat aérien — elle est restée « invisible » selon les observateurs, en raison de l'écrasante supériorité technologique israélienne (absence de défense multicouche, S-200 vieillissants, quelques S-300 seulement).
  • Aucun avion israélien n'a été abattu en combat aérien selon les sources occidentales — les affirmations iraniennes de F-35 abattus (relayées notamment par des médias proches du Hezbollah) n'ont jamais été confirmées et ont été démenties par Tsahal.
Bilan humain global (militaires + civils confondus)
Les chiffres varient fortement selon les sources, sans bilan officiel iranien complet :
  • Human Rights Activists (ONG basée à Washington) : au 25 juin, au moins 1054 morts (417 civils, 318 militaires, le reste non spécifié) et 4476 blessés — ce chiffre concerne les seuls bombardements israéliens et américains, sans compter les pertes ultérieures liées à la répression interne.
  • Le ministère iranien de la Santé évoquait de son côté un chiffre plus bas à l'époque (environ 610 morts civils).
  • Un premier bilan (jour 4, 16 juin) faisait état de 406 morts et 654 blessés, dont 90 militaires et 197 civils identifiés.
Attention
Il est important de ne pas confondre ces chiffres avec ceux de la guerre de 2026 (opération Roaring Lion, à partir du 28 février), qui a vu la mort de figures encore plus centrales comme Ali Larijani ou l'ayatollah Khamenei lui-même — un conflit distinct, bien que dans la continuité directe de celui de juin 2025.

 
Malgré certaines rumeurs faisant état de F-4E PHANTOM II opérationnels engagés dans l'interception de drones israéliens au cours des premières 24 à 48 heures de l'attaque, l'activité opérationnelle de l'armée de l'air iranienne s'est révélée quasiment totalement absente.
Les rares preuves visuelles d'activité de vol de l'aviation de combat iranienne remontent au 13 juin (un MiG-29 du 11e escadron, basé à l'aéroport de Mehrabad, a été aperçu en vol pendant 15 minutes au-dessus de la capitale, tandis que dans l'après-midi, depuis la base de Dezful, deux F-4 ont décollé et survolé plusieurs villes du Khuzestan, de même qu'un F-5E aperçu à basse altitude au-dessus d'Ahvaz) et jusqu'au 17 juin, avec le passage d'un F-4E au-dessus de Kermanshah et de Tabriz.
Des vols avant tout démonstratifs, destinés à éviter le découragement de la population et à afficher une capacité de défense résiduelle — essentiellement symbolique.
Toutefois, aucun tir de destruction par les escadrons israéliens  généralement composés de 4 à 6 F-15A/C/D du 133e escadron, engagés dans des missions d'escorte de dispositifs d'attaque ou des patrouilles armées au-dessus du ciel de l'ouest de l'Iran et de la « Sir-aq »  n'a jamais été signalé.
De toute évidence, la composante de combat aérien iranienne n'a jamais été perçue par les forces israéliennes comme une menace réelle. À tel point qu'en plus des vols mentionnés, certains appareils ont été autorisés  entre le 13 et le 14 juin  à se replier vers des bases aériennes situées à l'est du pays (Mashhad, Kerman, Bandar Abbas, Yazd, Chiraz).
Cette absence totale de l'armée de l'air iranienne durant les 12 jours d'opérations aériennes israéliennes (et américaines) s'explique principalement par la désarticulation complète des systèmes radar et, simultanément, des centres de commandement et de contrôle aéro-missiles fortement centralisés — qu'il s'agisse de la composante régulière ou des Pasdaran —, ainsi que par les dommages progressifs infligés aux infrastructures aériennes, en particulier aux pistes, voies de circulation et hangars.
Cela a rendu impossible toute forme de réponse coordonnée de la part des Iraniens, y compris les décollages d'alerte (QRA/scramble).
Par ailleurs, sur ce dernier point, il convient de noter qu'en raison d'un budget limité et d'une infrastructure logistique inadaptée, l'armée de l'air iranienne se trouve souvent dans l'incapacité de maintenir des appareils prêts à décoller rapidement pour des missions de défense aérienne.
En réalité, l'armée de l'air iranienne s'est révélée être une composante essentiellement symbolique et vieillissante, absolument incapable de faire face à une force aérienne structurée, moderne et technologiquement avancée, dotée d'équipages totalisant des centaines d'heures de vol de combat, à l'image de l'aviation israélienne.
De plus, au cours des cinq dernières années, Téhéran a délibérément réduit le financement de l'armée de l'air « régulière » iranienne, au profit des forces de missiles et des drones du CGRI. Cela a considérablement réduit l'opérabilité de la flotte de chasseurs F-4, F-14, MIRAGE F-1 et MiG-29.
Dommages subis
Conformément au concept opérationnel de supériorité aérienne, consolidé et toujours d'actualité, les bases de l'armée de l'air iranienne ont figuré parmi les cibles de l'une des quatre premières vagues de raids israéliens, aux côtés des sites radar et des sites de missiles à moyenne portée.
Les premières bases touchées, entre le 13 et le 14 juin, furent Chiraz, Tabriz, Hamedan et Dezful, sièges d'unités combattantes de première ligne.
Dans la première, un nombre indéterminé de bombardiers tactiques Su-24MK du 72e escadron ont été touchés.
À Tabriz, plusieurs MiG-29 et F-5E/F ont été endommagés ou détruits, ainsi qu'un système de défense aérienne I-HAWK, tandis qu'à la base de Nojeh, près de Hamedan, 8 à 9 chasseurs F-4E PHANTOM II et 1 à 2 avions de reconnaissance RF-4E PHOTO PHANTOM de la 31e escadre ont été éliminés.
Dans les deux cas, à Hamedan comme à Tabriz, les pistes et voies de circulation ont été rendues inutilisables, endommagées par plusieurs cratères de taille considérable (plusieurs dizaines de mètres de diamètre) et impossibles à réparer à court terme.
À Dezful, dans le sud-ouest de l'Iran, un système I-HAWK et deux chasseurs légers F-5E ont été éliminés.
Les jours suivants (15-16 juin), la base Shahid Habibollahi du CGRI, près d'Ahvaz, a été frappée une structure abritant plusieurs unités de drones et systèmes de missiles antiaériens , tout comme l'aéroport d'Ispahan, base des six à huit derniers chasseurs intercepteurs F-14A TOMCAT considérés comme encore opérationnels (les huit à dix autres n'ayant pas volé depuis des mois), nominalement organisés en trois escadrons (81e, 82e et 83e), bien que leur retrait du service actif ait été prévu pour le premier semestre 2025.
Une autre base aérienne bombardée lors des vagues des 15 et 16 juin fut celle de Kermanshah, où les Israéliens ont détruit 8 hélicoptères AH-1J COBRA — sur les 13 à 15 théoriquement disponibles — affectés au 1er groupe d'assaut, ainsi qu'au moins un hélicoptère de transport Bell 214A.
Durant la même période, la base de Bouchehr a également été touchée une autre structure hébergeant des chasseurs F-4 , de même que l'aéroport international de Mehrabad, à Téhéran, qui, outre certains appareils de transport, abritait des F-4E, des MiG-29 et des Su-24 dans ses hangars, ainsi que deux F-14 non opérationnels depuis au moins deux ans, stationnés à l'extérieur.
Le 17 juin, par ailleurs, la base Fath, appartenant aux forces aériennes des Pasdaran et située à Karaj, a été lourdement frappée : il s'agit de la plus grande et de la plus importante base d'hélicoptères des « Gardiens », abritant environ 40 hélicoptères, un centre de formation des équipages et d'importantes structures de maintenance.
Certains des rares appareils appartenant à la flotte stratégique iranienne ont été déplacés de Téhéran vers l'est du pays, notamment vers Mashhad, dès les toutes premières heures de l'attaque.
Une manœuvre qui s'est révélée peu utile, les Israéliens étant parvenus à couvrir les 2 300 km de distance  en menant le raid à la plus longue portée de l'opération, en suivant l'itinéraire caspien et probablement en exploitant également une partie de l'espace aérien azerbaïdjanais —, détruisant l'un des deux ravitailleurs KC-707 encore opérationnels et endommageant sévèrement un Boeing 747-270C.
Pour cette même raison, la flotte VIP, composée d'un A-340 et de deux A-321, a été envoyée à Oman.
Le nombre total d'appareils iraniens sévèrement endommagés ou détruits au sol s'élève à environ 30 à 35, avions et hélicoptères confondus, bien que l'essentiel ait concerné des appareils déjà hors service (F-14 et certains hélicoptères COBRA non modernisés à la variante TOW-FAN 2) ou qui, en tout état de cause, ne représentaient aucune menace pour les opérations israéliennes.
En outre, comme indiqué, l'essentiel de la flotte de chasseurs opérationnels — F-4E (55 en service avant la guerre, dont 65 % en état de vol), F-5, F-14, MiG-29, MIRAGE F-1 et Su-24 — avait été dispersé vers des bases et pistes, y compris secondaires, situées à l'extrême est de l'Iran.
Un choix qui, s'agissant de la flotte opérationnelle, s'est avéré payant.
Sur la base de ces éléments, l'évaluation des dommages infligés à la flotte de l'armée de l'air iranienne ne peut être considérée comme particulièrement importante en termes d'appareils éliminés ; le constat est en revanche différent s'agissant de l'infrastructure logistique et de l'opérabilité de la majorité des bases aériennes situées dans le quadrant centre-ouest, qui ont subi un niveau de dommages élevé, quoique probablement réparable en quelques semaines.
Autre point sensible : les forces de missiles antiaériens
Bien qu'avant l'opération israélienne l'Iran disposât, en théorie, d'une défense aérienne étagée reposant sur un large éventail de systèmes  notamment les S-300PMU-2 russes à longue portée ou leur variante locale BAVAR-373, complétés par les systèmes indigènes à moyenne portée KHORDAD-15 et les systèmes russes à courte portée TOR-M1 —, l'armée de l'air israélienne a démontré sa capacité à attaquer et à dégrader efficacement ces défenses, établissant une supériorité aérienne localisée sur près de 40 % du territoire (pratiquement l'ensemble de l'Iran occidental et une partie du centre du pays), et ouvrant sans difficultés majeures plusieurs corridors dans le système de défense aérienne iranien.
Les Israéliens n'ont subi aucune perte d'appareil piloté, tandis qu'au moins 6 drones EITAN/HERON TP et 5 HERMES 900, ainsi qu'au moins 4 munitions rôdeuses HAROP, auraient en revanche été abattus.
Dans le quadrant centre-ouest précité, les capacités antiaériennes iraniennes — tant en matière de missiles que de radars — ont été pratiquement réduites à néant, à l'exception de quelques systèmes mobiles à courte portée TOR-M1, dont la grande mobilité, associée à des émissions réduites, rend la localisation extrêmement complexe.
Dans d'autres zones, les systèmes à moyenne et longue portée ont été aveuglés par l'élimination du réseau radar d'alerte avancée (dont le radar positionné sur le mont Subashi, près de Hamedan — un MATLA-UL-FAJR-1 fonctionnant en bande VHF —, le radar de Koohdasht/Asfaqabad, au nord-ouest de Téhéran, et le radar de Dalahu, dans la région de Kermanshah).
Les sources officielles israéliennes font état de 75 systèmes de défense aérienne iraniens éliminés, bien que les éléments disponibles ne confirment la destruction que de 35 à 40 systèmes, parmi lesquels des TOR-M1, des KHORDAD-15/TABAS, des MERSAD-16/I-HAWK, ainsi qu'une batterie S-200.
Indépendamment de ces chiffres, Israël a continué de conserver une large liberté opérationnelle dans l'espace aérien iranien du centre-ouest, même après la cessation formelle de l'opération RISING LION (entre fin juin et début juillet), une liberté exploitée principalement par des drones pour des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) ainsi que d'évaluation des dommages (BDA).
Riposte iranienne et missiles balistiques
Malgré les centaines d'attaques subies au cours des douze jours d'opérations, l'Iran a continué de faire preuve d'une capacité de riposte raisonnable, à travers le lancement de salves de missiles balistiques et d'essaims de drones SHAHED-101/136 et KIAN-1/ARASH-2, bien que ces derniers n'aient causé que très peu de dommages physiques.
Les forces aérospatiales du CGRI ont utilisé des centaines de missiles balistiques à moyenne portée — des missiles IMAD et GHADR-1F, vecteurs en fin de vie opérationnelle, fondamentalement dérivés des missiles SHAHAB-3 produits entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, modernisés avec des systèmes de guidage améliorés et de nouveaux véhicules de rentrée —, principalement employés comme leurres pour saturer les défenses israéliennes.
Au total, l'Iran aurait tiré 632 missiles balistiques, dont environ 501 auraient atteint Israël. Parmi ceux-ci, 242 se sont abattus dans des zones inhabitées et 220 ont été interceptés, tandis que les 40 à 42 restants ont frappé des zones civiles ou des cibles militaires stratégiques.
Cela situe le taux réel d'interception à 80-82 % des missiles jugés dangereux — un chiffre qui, là encore, est bien inférieur à celui communiqué officiellement par Tsahal, et qui a été atteint grâce à un soutien américain déterminant : une batterie THAAD déployée en Israël, ainsi que des missiles SM-3 et SM-6 tirés depuis des destroyers de classe BURKE, pour un total d'environ 150 missiles.
Ces chiffres indiquent, avant tout, que l'ampleur de chaque attaque individuelle est restée bien en deçà des 200 missiles lancés en une seule nuit lors de l'opération TRUE PROMISE 2, en octobre 2024.
L'ampleur limitée de l'attaque initiale pourrait résulter de l'interdiction exercée par Israël, l'Iran ayant initialement prévu de lancer jusqu'à 1 000 missiles, ainsi que de la persistance de l'aviation israélienne dans la zone des cibles potentielles.
La guerre étant terminée, la menace balistique résiduelle de Téhéran demeure incertaine et dépend de plusieurs variables actuellement inconnues.
La principale d'entre elles concerne la taille de l'arsenal balistique iranien. En 2022, le CENTCOM américain l'estimait à environ 3 100 missiles, bien que cette estimation incluait des vecteurs à courte portée insuffisante pour atteindre Israël.
Les évaluations israéliennes d'avant-guerre avançaient un chiffre proche de 2 300 missiles opérationnels.
Les options dont dispose Téhéran pour reconstituer son arsenal de missiles sont limitées. Avant la campagne actuelle, les États-Unis estimaient la capacité de production mensuelle de missiles balistiques à environ 40 vecteurs.
Bien qu'il s'agisse d'un rythme de production très important, celui-ci demeure insuffisant pour soutenir une cadence de tir constante.
De plus, Israël a progressivement intensifié ses attaques directes contre les infrastructures iraniennes de production de missiles, endommageant sévèrement le complexe du groupe industriel Shahid Hemmat à Khojir, à l'est de Téhéran, connu pour être l'un des plus importants sites de production des missiles balistiques HAJ QASSEM.
Il en va de même pour la zone industrielle de Sefidrood, près du village de Kalesh Talashan, au sud-ouest de Racht, où deux usines dédiées à la production de pièces avioniques en fibre de carbone pour missiles et drones — un maillon essentiel de la chaîne de production des missiles iraniens — ont été pratiquement détruites.
En résumé, malgré les efforts considérables déployés ces dernières années pour renforcer sa défense aérienne, l'Iran a toujours principalement misé sur la dissuasion, à travers la menace crédible de représailles significatives portées par sa composante balistique. En l'absence d'une aviation efficace, les missiles ont constitué le principal instrument de mise en œuvre de ces représailles — un instrument qui, à l'issue de la « guerre de 12 jours », apparaît désormais moins redoutable.
Le rôle des drones iraniens
Au-delà des missiles balistiques, l'Iran a lancé plus de 1 200 drones kamikazes à sens unique, dont moins de 200 sont parvenus à pénétrer l'espace aérien israélien, et seulement 15 à 18 ont atteint leurs cibles.
Trois plateformes ont été employées avec certitude : le SHAHED-136, l'ARASH-2 et le SHAHED-107.
Ce dernier constitue la variante la plus récente et inédite du SHAHED-101, par rapport auquel il se distingue par une longueur supérieure, un carénage de protection de l'hélice et une portée légèrement accrue (900 à 950 km contre 800 à 850 km pour le -101), lui permettant d'atteindre le Golan ou l'extrême nord d'Israël et de causer certains dommages à des avant-postes et installations militaires — avec une estimation de 2 à 4 impacts.
S'agissant de l'ARASH-2, il s'agit d'appareils dotés d'une propulsion propulsive assurée par un moteur à pistons 4 cylindres, le MD-550 (identique à celui du SHAHED-136) ou le MDSO-4-520 de 50 ch. Ils peuvent être équipés de charges militaires de 100 à 120 kg, contre 40 à 50 kg pour le SHAHED-136, et sont capables de parcourir des distances de 1 000 à 1 100 km.
Leur efficacité au cours des douze jours de conflit s'est révélée plutôt médiocre, de nombreux exemplaires s'étant écrasés bien avant d'atteindre l'espace aérien israélien.
Le SHAHED-136, fer de lance des drones consommables iraniens, a fait couler beaucoup d'encre : ses variantes emploient des systèmes de guidage différents de ceux GPS/INS et sont dotées de capteurs électro-optiques/infrarouges montés à l'avant pour le guidage terminal, intégrés à une liaison de données.
Au moins une douzaine ont frappé des bases ou des infrastructures stratégiques, tandis que deux exemplaires ont été abattus quelques instants seulement avant d'atteindre des systèmes antiaériens ARROW et IRON DOME.
Dommages infligés à Israël

 
Malgré les déclarations officielles et divers démentis, Israël a subi des dommages.
Pas dans les mêmes proportions qu'à l'occasion des raids iraniens du printemps 2024 ou d'octobre suivant, mais pas nuls pour autant.
Plus précisément, les installations du Mossad (Herzliya) et les unités militaires associées (unités 8200 et 9900) ont été touchées, tout comme le complexe du renseignement militaire de Glilot (nord de Tel-Aviv), possiblement les bases aériennes de Tel Nof et de Nevatim (invérifiable à ce jour), la raffinerie (responsable de plus de 50 % de la capacité de production nationale) et la centrale électrique de Haïfa, ainsi que (probablement) les sites de missiles sol-air défendant ces installations.
Un centre logistique à Aman a également été touché — une cible dans la région d'Afoula qui, bien que non précisée, a provoqué des explosions secondaires et un important incendie —, tout comme l'usine de processeurs Intel à Kiryat Gat.
À Tel-Aviv, l'Institut Weizmann des sciences a également été touché — l'une des universités les plus prestigieuses d'Israël et un centre de recherche scientifique dans les domaines de la chimie, de la biologie et de la physique nucléaire, qui abrite également un accélérateur de particules.
À Beer-Sheva, en revanche, un missile a frappé le complexe hospitalier de Soroka, l'un des principaux hôpitaux où sont transférés les soldats israéliens blessés à Gaza ; des bâtiments situés dans le parc technologique Gav Yam Negev/Ben-Gurion Advanced Technologies Park (zone concentrant des entreprises de haute technologie et des centres de recherche, à proximité de l'université Ben Gourion du Néguev), où se trouvent également des structures de commandement C4I de Tsahal, ont aussi été touchés et endommagés.
Par ailleurs, un missile balistique FATTAH-1 a frappé une batterie IRON DOME à l'extérieur de Netanya, tandis qu'un KHORRAMSHAHR — équipé d'une charge à sous-munitions comprenant 20 engins largués à 7 000 mètres d'altitude et capables de couvrir une zone d'environ 8 km — a touché le bâtiment de la Bourse israélienne.
Dans les jours suivants (19-21 juin), des vecteurs balistiques iraniens ont frappé d'autres installations militaires israéliennes sensibles, notamment : le commandement des transmissions et du renseignement de l'armée de terre et le centre des technologies de l'information, situé près de Kiryat Ata ; un radar d'alerte avancée/de surveillance situé près de la base aérienne de Nevatim ; une station COMINT/SIGINT/ELINT sur le mont Hermon (Syrie) ; un autre site sur le Golan, connu pour abriter une base de ballons aérostatiques équipés de radars d'alerte avancée et d'autres capteurs ; ainsi que le centre de recherche biologique et chimique de Ness Ziona.
Indépendamment des dommages infligés à la population civile en termes de victimes et de dégâts matériels — constat également valable pour les attaques subies par l'Iran —, les attaques de missiles de Téhéran n'ont porté que quelques coups, dont certains furent néanmoins douloureux.
Par ailleurs, les éventuels dommages subis par les bases aériennes de Nevatim et de Tel Nof — déjà touchées lors des opérations d'avril 2024 (la censure israélienne demeurant très stricte sur ce sujet) — restent encore à évaluer.
Conclusions
Trois éléments se dégagent de cette « guerre de 12 jours ».
Le premier est le succès substantiel de l'opération israélienne, qui a démontré une immense supériorité technologique et militaire de l'État hébreu, dans tous les domaines et secteurs.
Israël a pratiquement anéanti la défense aérienne longue portée de l'Iran, ainsi qu'une partie de sa défense à moyenne portée, s'assurant ainsi la capacité d'opérer librement avec son aviation à l'intérieur de l'espace aérien iranien.
Grâce à cette supériorité aérienne, les forces israéliennes ont pu mener une action d'interdiction efficace contre les lanceurs mobiles de missiles balistiques iraniens, infligeant également des dommages importants aux infrastructures militaires par le bombardement intensif des bases, des installations logistiques et des nœuds de commandement et de contrôle.
Le programme nucléaire lui-même, malgré les réserves évoquées empêchant d'en évaluer précisément l'état actuel, a subi un coup dur et manifeste, tant en termes d'infrastructures que de personnel, compte tenu de l'élimination de figures de haut rang parmi les scientifiques qui le dirigeaient.
Par ailleurs, elle a anéanti la structure politico-militaire iranienne au niveau de sa direction, décapitant le sommet du commandement et du contrôle du CGRI.
L'aspect le plus important est que, par l'opération RISING LION, Israël a placé une hypothèque militaire significative sur l'Iran : en cas de reprise de la crise, il est désormais possible d'y entrer, d'en sortir et d'y frapper sans difficulté, comme si l'Iran n'était plus qu'un « second Liban ».
Le deuxième élément est la confirmation de la capacité des États-Unis à mener des opérations militaires qu'aucun autre pays n'est en mesure de réaliser.
Déployer près de 80 % de la flotte de B-2 (sur les 19 appareils disponibles, 17 étaient pleinement opérationnels, les deux autres étant en maintenance ou en essais) depuis la base de Whiteman, dans le cadre d'une attaque mobilisant au total 125 appareils, exige un effort logistique et militaire extraordinaire que seuls les États-Unis sont aujourd'hui en mesure de fournir.
Parmi ces appareils, des dizaines sont entrées et ont opéré dans un espace aérien potentiellement contesté — une démonstration de force et de capacité que la Chine et la Russie ont certainement observée avec attention.
Le troisième élément à souligner est que, malgré les dommages subis et leurs conséquences, notamment en termes d'image, liées à son incapacité à se défendre, l'Iran a conservé une capacité offensive d'une efficacité relative, à travers le lancement de missiles balistiques et de drones consommables, bien qu'en nombre progressivement réduit.
Ces tirs ont mis en lumière, pour Israël, ce que l'on appelle le « dilemme des ressources », à savoir la nécessité de devoir arbitrer et choisir, au cas par cas, les cibles vers lesquelles diriger les missiles intercepteurs extrêmement coûteux des systèmes antibalistiques ARROW et DAVID'S SLING, dont le coût varie d'environ 2 millions de dollars, voire un peu moins, à 6 millions de dollars, voire davantage, par intercepteur.
Il s'agit donc d'une défense difficile à soutenir dans la durée, même pour un État riche et pleinement soutenu par les États-Unis comme Israël, ce qui confirme à quel point la menace balistique demeure importante — plus encore lorsqu'elle s'accompagne de drones — et constitue, une fois de plus, un sinistre signal d'alarme pour l'Europe.
 
Source : The Future Warfare Magazine, FW-Mag 5/25.
   


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