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À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, la Belgique et les Pays-Bas constituaient deux nations neutres cherchant à maintenir leur indépendance face aux appétits expansionnistes du Troisième Reich. Leurs armées, bien que modestes comparées aux grandes puissances européennes, disposaient d'un arsenal de véhicules blindés et motorisés qui reflétait à la fois les contraintes budgétaires de l'entre-deux-guerres et les doctrines tactiques en vigueur.
La période 1930-1940 fut marquée par une modernisation progressive mais insuffisante des forces mécanisées des deux pays. La méfiance envers les alliances formelles, dictée par la politique de neutralité, limita les transferts technologiques et força ces nations à développer ou acquérir leurs matériels dans des conditions souvent difficiles. Cet article présente un panorama complet des véhicules blindés (tanks légers, automitrailleuses, véhicules de reconnaissance) et des softskins (véhicules de transport, d'artillerie et de soutien logistique) ayant servi sous les cocardes néerlandaise lors de la brève campagne néerlandaise. qui dura 5 jours du 10 au 14 mais 1940 Les Forces Blindées et Motorisées Néerlandaises en Mai 1940
Quand les forces allemandes envahirent les Pays-Bas le 10 mai 1940, elles rencontrèrent une armée qui, comme la Belgique, avait misé sur la neutralité comme bouclier protecteur. Les Pays-Bas n'avaient pas connu de guerre depuis 1830 — cent dix ans de paix qui avaient laissé leurs forces armées dans un état d'obsolescence dramatique. Le choc fut brutal et la campagne ne dura que 5 jours du 10 au 14 mai 1940 avant la capitulation, précipitée par le bombardement terroriste de Rotterdam. Comme la Belgique, les Pays-Bas avaient pratiqué une politique de neutralité stricte depuis la Première Guerre mondiale. Cette neutralité avait des conséquences militaires désastreuses : Pas de planification commune avec les Alliés Budget militaire réduit au minimum pendant les années 1930 Équipements vieillissants et insuffisants Doctrine d'emploi dépassée axée sur la défense des lignes d'eau (waterlinie) plutôt que sur la guerre de manœuvre Le plan de défense néerlandais reposait sur un concept très ancien et typiquement hollandais — inonder les polders pour créer des obstacles naturels infranchissables par les armées ennemies. Ce plan, qui avait fonctionné contre Louis XIV au XVIIe siècle, se révéla totalement inadapté face à la Blitzkrieg allemande de 1940. Les effectifs globaux L'armée néerlandaise mobilisée en mai 1940 comprenait environ 280 000 hommes répartis en : 4 corps d'armée comprenant 8 divisions d'infanterie 1 division légère — la seule formation à vocation mobile Diverses unités de forteresse et de frontière Sur le papier, c'était une force respectable. Mais l'armement était catastrophiquement insuffisant notamment en ce qui concerne les blindés. Les blindés néerlandais Les Pays-Bas étaient l'une des nations européennes les moins bien dotées en blindés en 1940. L'armée néerlandaise ne possédait pratiquement pas de chars au sens propre du terme — quelques véhicules blindés légers dispersés entre diverses unités, sans doctrine d'emploi cohérente et sans concentration possible. La comparaison avec leurs voisins est édifiante
Les véhicules blindés disponibles
Les Pays-Bas possédaient quelques Renault FT chars de la Première Guerre mondiale, totalement obsolètes en 1940. Ces véhicules, achetés à la France dans les années 1920, n'avaient aucune valeur militaire face aux blindés allemands modernes. Ils furent utilisés uniquement pour des missions de défense statique des points fortifiés. Les automitrailleuses Pantserwagen M39 or DAF Pantrado 3 Le véhicule blindé le plus moderne de l'armée néerlandaise était l'automitrailleuse DAF M39 un véhicule à roues développé par la firme néerlandaise DAF (Van Doorne's Automobielfabriek) spécialement pour l'armée. Le DAF M39 était un véhicule correct pour les missions de reconnaissance, mais totalement insuffisant pour s'opposer aux blindés allemands.
Les chenillettes Carden Loyd
L'armée néerlandaise possédait également quelques chenillettes Carden Loyd britanniques de petits véhicules semi-blindés utilisés pour le transport de munitions et le remorquage de pièces antichar légères. Sans valeur combative directe, elles servaient principalement à la logistique des unités d'infanterie. Les véhicules blindés de transport de troupes Par manque de ressources, les Néerlandais improvisèrent également quelques véhicules blindés sur châssis de camions civils réquisitionnés. Ces «blindages de fortune», bardés de plaques d'acier rivetées sur des châssis Ford ou Chevrolet, offraient une protection minimale mais permettaient d'armer des points fixes et des convois de sécurité. Quelques camions blindés improvisés complétaient le parc des véhicules civils partiellement blindés utilisés pour le transport de troupes en zone dangereuse. Ces engins de fortune n'avaient évidemment aucune valeur militaire face aux Panzers. Les Softskins Néerlandais La motorisation de l'armée néerlandaise était plus avancée que dans d'autres domaines. Les entreprises nationales DAF, Spyker et les filiales de constructeurs étrangers fournissaient l'essentiel des véhicules de transport. DAF 318 et 328 — Camions militairesLes camions DAF 318 et 328, produits à Eindhoven, constituaient l'épine dorsale du transport logistique de l'armée néerlandaise. Disponibles en versions 4x2 et 4x4, ils assuraient le transport de troupes, de munitions et de matériel.
Tracteurs d'artillerie néerlandais
Tatra T72 : tracteur tout-terrain tchécoslovaque à moteur central Latil TAR 400 : tracteur 4x4 français pour artillerie de campagne Requisitions civiles : tracteurs agricoles Fordson et Ferguson adaptés Véhicules de liaison et de commandement Pour les missions de liaison et de commandement, l'armée néerlandaise recourait largement à des voitures civiles réquisitionnées. Quelques modèles militarisés complétaient cette flotte hétérogène : Willys de Dion-Bouton : voiture de liaison légère Ford Canada modèle 1938 : voiture de commandement Chevrolet 4x2 : voiture d'état-major et d'officiers Motocyclettes BSA et Douglas : liaison rapide entre unités Bilan du parc blindé
Au total, l'armée néerlandaise disposait d'environ 40 à 50 véhicules blindés de toutes catégories en mai 1940 un chiffre absolument dérisoire comparé aux 2 400 chars alignés par les Allemands sur le front occidental. C'était de loin le parc blindé le plus faible de toutes les armées combattantes en mai 1940 y compris les armées belge et française pourtant elles-mêmes insuffisamment équipées. Si la doctrine belge du penny packet était déjà insuffisante, la doctrine néerlandaise était encore plus déficiente tout simplement parce qu'il n'y avait pratiquement pas de blindés à employer d'une manière ou d'une autre. Les rares véhicules blindés disponibles étaient dispersés entre : La Division Légère — la seule formation à vocation mobile Les régiments de hussards — la cavalerie néerlandaise motorisée Les unités de forteresse — pour la défense des positions fixes Il n'existait aucune unité blindée autonome, aucune concentration de blindés, aucune doctrine de contre-attaque mécanisée. Les unités et formations La Division Légère Cette principale formation mobile de l'armée néerlandaise Lichte Divisie était une formation hybride comprenant : Des régiments de hussards motorisés Des unités cyclistes Des automitrailleuses DAF M39 et Landsverk De l'artillerie légère motorisée Son rôle était la reconnaissance, la couverture des flancs et le retardement de l'ennemi — pas le combat blindé à proprement parler. Face aux Panzerdivisionen allemandes, elle ne pouvait que tenter de ralentir l'avance sans jamais l'arrêter. L'armée néerlandaise comptait plusieurs régiments de hussards (Huzarenregimenten) qui constituaient sa cavalerie partiellement motorisée mais principalement à cheval. Ces régiments étaient équipés de : Chevaux pour les missions traditionnelles de cavalerie Motocyclettes pour la reconnaissance Quelques automitrailleuses pour le combat Véhicules légers pour la liaison Le Corps des Guides de la Frontière (Korps Rijdende Artillerie) assurait la surveillance et la défense de la frontière. C'était une force légère, motorisée, sans blindés significatifs. Les unités de forteresse Une partie importante des forces néerlandaises était affectée à la défense des grandes lignes fortifiées — notamment la Ligne de l'Yssel (Ijssellinie) et la Ligne principale de résistance (Hoofdverdedigingslinie) autour du Réduit national hollandais (Vesting Holland) — le cœur défensif des Pays-Bas comprenant Amsterdam, La Haye, Rotterdam et Utrecht. Le Réduit national hollandais La stratégie défensive néerlandaise reposait sur le concept du Réduit national (Vesting Holland) qui est une zone fortifiée au cœur des Pays-Bas, protégée par : Des canaux et des rivières — le Rhin, la Meuse, l'Yssel Des zones inondées — les polders délibérément inondés pour créer des obstacles Des lignes fortifiées — la Ligne de Grebbe (Grebberlinie), la Ligne de l'Yssel L'idée était de tenir cette zone fortifiée jusqu'à l'arrivée des secours alliés — les troupes françaises et britanniques qui devaient avancer depuis la Belgique. C'était un plan raisonnable en théorie mais il supposait que les Allemands attaqueraient frontalement, ce qu'ils ne firent pas.car ils vont utiliser eune arme nouvelle les parachutistes allemands Cela va rendre la défense néerlandaise particulièrement difficile et qui distingua la campagne des Pays-Bas de celle de la Belgique et de la France c'est l'utilisation massive par les Allemands de parachutistes et de troupes aéroportées pour ce secteur Le 10 mai 1940 à l'aube, des milliers de parachutistes allemands sautèrent simultanément sur plusieurs objectifs stratégiques au cœur même du Réduit national hollandais : Les ponts de Rotterdam et de Moerdijk capturés intact pour permettre l'avance des Panzers L'aéroport de Waalhaven près de Rotterdam L'aéroport de Ypenburg près de La Haye Le Palais royal de La Haye pour tenter de capturer la famille royale et le gouvernement Cette opération aéroportée sans précédent la première grande opération de ce type dans l'histoire militaire prit complètement par surprise les défenseurs néerlandais. Les blindés légers disponibles furent immédiatement engagés contre les parachutistes — une mission pour laquelle ils n'avaient pas été conçus et qui les dispersa encore davantage. Malgré leur infériorité écrasante, les Néerlandais se battirent avec un courage remarquable pendant cinq jours. La bataille de Grebbeberg Les combats les plus acharnés eurent lieu sur la Ligne de Grebbe (Grebberlinie) une ligne défensive naturelle s'appuyant sur la colline de Grebbeberg dans la province d'Utrecht. Les divisions d'infanterie néerlandaises résistèrent avec acharnement aux assauts allemands pendant plusieurs jours.Sans blindés pour soutenir leur défense, les soldats néerlandais durent faire face aux Panzers avec uniquement des canons antichar légers et des fusils antichar des armes insuffisantes contre les chars allemands. La bataille de Rotterdam La bataille la plus dramatique fut celle de Rotterdam où les parachutistes allemands, bien que peu nombreux, tinrent les ponts stratégiques pendant plusieurs jours contrants les contre-attaques néerlandaises. Les quelques automitrailleuses DAF M39 et Landsverk disponibles furent engagées dans les combats urbains de Rotterdam qui est un environnement totalement inadapté à leurs capacités. Plusieurs furent détruites par les parachutistes allemands armés de Panzerfaust et de grenades. Le bombardement de Rotterdam Le 14 mai 1940, la Luftwaffe bombarda massivement le centre de Rotterdam faisant environ 900 morts civils et détruisant une grande partie du centre-ville. Ce bombardement terroriste utilisé délibérément pour briser la volonté de résistance néerlandaise atteignit son objectif. Le lendemain, les Pays-Bas capitulèrent. Le camouflage des blindés néerlandais Couleur de base Les véhicules blindés néerlandais portaient une couleur verte de base un vert kaki assez proche du vert utilisé par d'autres armées européennes de l'époque. Mais contrairement aux Belges et aux Français qui utilisaient souvent des camouflages multicolores, les blindés néerlandais semblent avoir porté principalement une couleur unie verte sans taches de camouflage supplémentaires pour la plupart des véhicules. Quelques véhicules portaient un camouflage bicolore vert de base avec des taches de brun ou de kaki foncé mais cette pratique semble avoir été moins systématique que chez les Belges. Les automitrailleuses DAF M39 étaient généralement peintes en vert kaki uni une couleur qui les rendait relativement discrètes dans le paysage hollandais fait de prairies et de canaux. Les Landsverk L-180 semblent avoir porté un camouflage légèrement différent certaines sources mentionnent un vert plus foncé que celui des DAF, avec parfois des taches de brun. Conclusion La défaite des forces blindées néerlandaises en mai 1940 était inévitable dès le premier jour. Avec seulement 40 à 50 véhicules blindés de toutes catégories face à une armée allemande disposant de milliers de chars et d'une aviation de soutien écrasante, il n'y avait aucune chance d'arrêter l'invasion.Mais comme les Belges, les soldats néerlandais se battirent avec un courage remarquable dans des conditions impossibles. Les équipages des rares automitrailleuses disponibles combattirent jusqu'au bout — dans les rues de Rotterdam, sur la Ligne de Grebbe, autour des ponts stratégiques — sachant parfaitement qu'ils ne pouvaient pas gagner mais refusant de capituler sans se battre.Leur histoire mérite d'être rappelée — non pas comme celle d'une défaite, mais comme celle de soldats qui firent leur devoir jusqu'au bout dans des circonstances qui dépassaient totalement leurs moyens. Équivalences peinture pour maquettes
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