USA Blindés et Véhicules Marquages

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 21/04/2026 à 10:26:11



Marquages des véhicules US

 
L’US Army a utilisée environ 3 millions de camions, chars, half-tracks et autres véhicules durant la Seconde Guerre mondiale. IPour chaque engin il y une  une peinture un insigne national une identification par un numéro d’immatriculation unique.
Chaque véhicule était également marqué d’un code simple sur le pare-chocs permettant à n’importe qui d’identifier l’unité d’appartenance.
Insignes nationaux
On recense six types différents d’insignes nationaux  Cinq sont des variantes de la célèbre étoile blanche. Certaines unités (notamment en Afrique) utilisaient le jaune à la place du blanc pour l’étoile et les marquages associés.

 

 
Étoile 3 couleurs
 

Le premier marquage utilisé avant la guerre était une étoile blanche avec un centre circulaire rouge sur fond bleu. Basé sur les couleurs du drapeau américain, il était identique aux marquages des avions jusqu’en juin 1942 environ. Parfois, les couleurs étaient inversées : centre bleu sur fond rouge.Mais il existe aussi  une étoile blanche sur fond rouge, avec le cercle central bleu. Cette inversion n'était pas réglementaire elle résultait probablement d'erreurs d'application sur le terrain, ou de disponibilité des peintures. On la retrouve surtout sur des photographies de la période 1941-1942, avant que le règlement AR-850-5 d'août 1942 ne standardise définitivement l'étoile blanche simple
Étoile 2 couleurs

 
Héritière de l’étoile 3 couleurs, l’étoile 2 couleurs est apparue en Afrique du Nord fin 1942. Elle consistait en une étoile blanche sur fond circulaire, généralement bleu mais parfois rouge. On la trouve principalement sur les half-tracks et véhicules légers, mais aussi sur l’artillerie blindée et les chars. Elle est surtout visible sur des véhicules couleur sable.
C 'est le  règlement AR-850-5 d'août 1942  qui est le texte fondateur qui a standardisé l'ensemble des marquages de véhicules de l'US Army. Voici ce qu'il prescrivait
L'étoile blanche comme insigne national
C'est la décision la plus importante du règlement : une étoile blanche à cinq branches devient l'insigne national officiel de tous les véhicules militaires affectés aux unités tactiques. Le centre rouge est supprimé pour éviter toute confusion avec le cercle rouge japonais. La pointe de l'étoile devait être orientée vers l'arrière sur les surfaces planes, vers le haut sur les glacis inclinés.
Les numéros d'immatriculation
 le reglement impose que les lettres U.S.A. figurent  au-dessus du numéro à 5 ou 6 chiffres, peint au pochoir en bleu terne mat (blue drab lusterless enamel), en chiffres de 4 pouces de hauteur. Cette couleur bleue sera abandonnée dès 1943 car trop difficile à lire  remplacée par le blanc.
Les codes de pare-chocs
Le règlement établit le système complet de bumper codes en trois groupes (armée/division, régiment/bataillon, compagnie/véhicule), peints en blanc mat sur les pare-chocs avant et arrière.
Les marquages tactiques
Il autorise les commandants d'unité à prescrire leurs propres marquages tactiques  formes géométriques, couleurs, noms de véhicules à peindre avec de la peinture soluble à l'essence pour pouvoir les effacer rapidement en zone de combat.
Le camouflage
Le règlement prévoyait explicitement que lorsque les exigences de camouflage l'emportaient sur celles de l'identification, l'insigne national pouvait être atténué, recouvert d'Olive Drab mat, ou masqué entièrement.
Ce qu'il ne couvrait pas
Le reglement ne mentionnait pas les ambulances dans ses prescriptions d'étoile blanche. Il spécifiait bien la croix rouge, mais pas l'étoile  ce qui a conduit à des pratiques très variables selon les unités.
Ce règlement a été révisé en 1943 et 1944 pour intégrer les leçons du terrain, notamment l'ajout du cercle autour de l'étoile après les problèmes de confusion avec la croix allemande en Sicile.
Drapeau national

 

La bannière étoilée (Stars and Stripes) était utilisée principalement sur les véhicules et les uniformes (sous forme de brassards) lors des débarquements en Afrique du Nord en novembre 1942. Cela répondait à des raisons politiques (première participation américaine à la guerre européenne). Plus tard, les parachutistes américains porteront des brassards aux couleurs américaines lors des opérations de Normandie et de Market-Garden.
Strar and Stripe 
 
  • L'étoile blanche à 5 branches au centre, non remplie (juste le contour)
  • Les deux barres horizontales de chaque côté, une à gauche et une à droite
Probablement adaptée du symbole de l’Army Air Corps, cette variante de l’étoile blanche était utilisée sur les tourelles de chars en 1942 et au début de 1943. Sur la plupart
des chars, l’étoile était appliquée sur les flancs de tourelle, d’un diamètre d’au moins 55 cm, avec une bande de 10 cm ceinturant la tourelle. Elle a servi en Angleterre, Irlande, Afrique du Nord, Sicile et dans une moindre mesure dans le Pacifique Sud-Ouest.C'est exactement le marquage décrit dans le document : appliqué sur les flancs de tourelle d'au moins 22 pouces de diamètre (55 cm), avec une bande de 4 pouces (10 cm) ceinturant la tourelle. Il a servi en Angleterre, Irlande, Afrique du Nord, Sicile et dans une moindre mesure dans le Pacifique Sud-Ouest, de 1942 jusqu'au début 1943 avant d'être progressivement remplacé par la simple étoile blanche réglementaire AR-850-5. La ressemblance avec l'insigne de l'Army Air Corps est évidente  les barres latérales rappelant les "ailes" du roundel aérien américain de l'époque.
Étoile blanche
Une simple étoile blanche a été observée dès 1942 au Royaume-Uni et dans le Pacifique (Guadalcanal). Dès 1943, elle est présente sur tous types de véhicules dans tous les théâtres d’opérations. À partir de 1944, l’étoile blanche simple (avec ou sans cercle) devient l’insigne national le plus répandu.
Variantes jaunes

 

En janvier 1942, le QG de l’Armored Force ordonne que tous les marquages de véhicules blindés soient peints en jaune Air Corps n°4 mat. Une étoile jaune est adoptée pour les blindés, appliquée sur les flancs de tourelle, d’au moins 22 pouces de diamètre, avec une bande de 4 pouces. Cette adoption est curieuse car le reste de l’armée adoptait alors l’étoile blanche. En août 1942, le règlement AR-850-5 formalise officiellement l’étoile blanche.
Le choix de cette teinte avait, officiellement, été guidé par la nécessité du camouflage, le jaune mat étant jugé moins visible que le blanc, mais, officieusement, on prétendait que la présence d’anciens cavaliers à la direction des forces blindées n’était pas étrangère à cette décision, le jaune ayant toujours été la couleur traditionnelle de la cavalerie.Ainsi chaque véhicule devait porter une étoile sur son avant, sur chacun de ses flancs, sur son arrière, et sur son capot. Cette version aura la vie dure; en novembre 1942, la plupart des véhicules blindés participant à l’opération «Torch» et à la campagne d’Afrique du Nord, arboreront toujours l’étoile jaune. Et, malgré un rappel publié en décembre 1942, il faudra attendre le printemps 1943, et la préparation au débarquement en Sicile, pour voir disparaître les étoiles jaunes des véhicules du NATOUSA (North African Theater of Operations)
Étoiles effacées
Lors de combats dans le feu de l action  l’étoile américaine pouvait être confondue avec une croix allemande à plus de 1 000 mètres. Les équipages de chars commencent à peindre par-dessus les étoiles pour éviter les tirs fratricides. L’ajout du cercle autour de l’étoile contribue à résoudre ce problème, bien que certaines unités expérimentées (comme la 2e Division blindée) aient conservé les étoiles effacées jusqu’au débarquement en Normandie.
Étoile et cercle et variantes 

Une étoile blanche entiére entourée d’un cercle blanc continu ou brisé entre en usage courant vers juillet 1943, principalement pour l’identification aérienne. De nombreuses plaintes des équipages aériens signalaient que l’étoile blanche sur fond sombre pouvait être confondue avec une croix. C’est à cette époque que naquit l’expression « American Luftwaffe ». Ce symbole fut adopté par toutes les forces alliées à partir de la Normandie. En juillet 1943, tous les véhicules prévus pour l’invasion de la Sicile reçoivent l’ordre d’élargir le cercle et de le peindre en jaune. Parfois, le cercle blanc était repeint en jaune ; parfois cela produisait une étoile blanche « élargie » avec un cercle blanc ou jaune. Sur les photographies, on constate que les étoiles n’étaient pas toujours appliquées avec soin, produisant des étoiles « de travers » ou « à l’envers ».
Numéros d’immatriculation
En 1929, l’Army Quartermaster Corps introduit un système de numérotation identifiant chaque véhicule. Le numéro était originellement précédé d’un « W » pour War Department. À partir de mi-1944, le « W » fut supprimé. Les véhicules à préfixe « K » étaient des véhicules spéciaux du US Signal Corps.
Les numéros étaient peints en chiffres de 3 pouces (si la place le permettait) sur chaque flanc du capot ou à l’arrière. Si le véhicule blindé transportait une radio, la lettre « S » (précédée d’un tiret) était ajoutée comme suffixe.
La peinture était  avant 1942 : peinture blanche ou jaune. puis de mi-1942 à mi-1943 : bleu terne mat au pochoir et à partir de mi-1943 : retour au blanc, parfois jaune ou noir.
Les premiers chiffres du numéro déterminaient le type de véhicule :

 
Type de véhicule
Préfixe
Camions légers
2
Camions reconnaissance & Jeeps
20
Camions moyens
3
Camions 2,5 à 5 tonnes
4
Camions 5+ tonnes
5
Chars
30
Véhicules chenillés & half-tracks (hors chars)
40
Automitrailleuses & véhicules de commandement
60
 
Les Jeeps avaient toujours le préfixe 20 (reconnaissance), suivi du numéro de série du véhicule. Pour les 99 999 premières Jeeps, c’était un numéro à 5 chiffres ; les Jeeps plus tardives avaient 6 chiffres.
Codes de pare-chocs (Bumper Codes)
Le règlement AR-850-5 a établi un système complet de codes permettant d’identifier rapidement un véhicule et son unité. Ils étaient peints en blanc mat et figurés sur les pare-chocs avant et arrière des véhicules légers, et sur la glacis avant et les « ailerons » arrière des chars. En zone de combat, l’ordre de les supprimer était souvent donné ; les soldats les recouvraient simplement de graisse ou de boue.
Le code était composé de trois groupes :
Groupe 1 Codes d’armée, de corps et de division
Armée  Numéro de l’armée suivi de la lettre « A »
Corps  Numéro en chiffres romains, suivi de « AB » pour les corps aéroportés ou « △ » pour les corps blindés
Division  Numéro de la division suivi de « AB » ou « △ » selon le type
Groupe 2 Régiment ou Bataillon Codes de régiment ou de bataillon
Groupe 3 Codes de compagnie et de numérotation de véhicule
Le numéro du régiment ou bataillon suivi du code d’arme ou de service :
Code
Arme / Service
AB
Aéroporté (Airborne)
AA (AAA)
Artillerie anti-aérienne
APH
Amphibie
Division blindée
C
Chimique
E
Génie
F
Artillerie de campagne
I
Infanterie
M
Médical
P
Police militaire
PI
Infanterie parachutiste
O
Ordonnance
Q
Intendance
S
Transmissions
T
Transport
TD
Détachement anti-char
Groupe 3 Compagnie et numérotation 
Les codes de compagnie :
code
Unité
A à I
Compagnie, escadron ou batterie
HQ
Quartier général
SV
Compagnie de services
Ce tableau concerne les codes des compagnies indépendantes — c'est-à-dire les unités non rattachées à un régiment, opérant directement sous commandement de division ou de corps d'armée.
V
 
Un détail intéressant : le code R (Reconnaissance) est le seul à n'avoir qu'une seule lettre — ce qui montre que la règle des "3 lettres maximum" était un plafond, pas une obligation. Et la liberté laissée aux unités d'inventer leurs propres codes explique pourquoi on trouve parfois des abréviations non répertoriées sur les photos de véhicules d'époque.
La numérotation de véhicule indiquait l’ordre de marche. Les véhicules 1 à 10 étaient attribués au PC de compagnie, 11 à 20 au 1er peloton, 21 à 30 au 2e peloton, etc. 
Exemples de codes complets

 
Code
Signification
2-I / 12E / HQ / 6
2e Infanterie, 12e Bataillon du Génie, 6e véhicule du QG
3A/8-I / 34-I / A / 11
3e Armée, 8e Infanterie, 34e Bat. d’Inf., 11e véh. de la Cie A
101 AB / 506PI / E / 3
101e Airborne, 506e Rgt. d’Inf. Para., 3e véh. de la Cie E
1A 2△ / 67△ / D / 5
1ère Armée, 2e Div. blindée, 67e Rgt. blindé, 5e véh. Cie D
VIII / 705TD / B / 9
VIIIe Corps, 705e Bat. anti-char, Cie B, 9e véhicule
17AB / 320F / B / 6
17e Airborne, 320e Bat. d’artillerie, Batterie B, 6e véhicule
Marquages divers
Marquages d’expédition
Appliqués avant l’expédition, ils indiquaient le poids et les dimensions du véhicule. Ils existaient également sous forme de plaques métalliques fixées au tableau de bord.
Marquages personnels
Bien que moins fréquents que sur les avions, de nombreux véhicules étaient décorés de « nose art » : noms, mascottes, symboles de division et pin-ups. La variété était limitée uniquement par l’imagination du GI.
Plaques de pont (Bridge plates)

Le règlement prescrivait un carré jaune indiquant le tonnage du véhicule. En pratique, la méthode britannique du disque métallique jaune fixé sur la calandre (ou peint) fut adoptée. Ces disques de 6 à 9 pouces de diamètre, jaunes avec des chiffres noirs, étaient situés sur l’aile avant droite. Les véhicules pouvant tracter des remorques portaient deux chiffres.
Véhicule
Classe (tonnes)
Camions légers
4
Jeeps & camions de reconnaissance
2
Camions 2,5 à 5 tonnes
10
Camions 5+ tonnes
21
Char Stuart
19
Char Sherman
30
Tank Destroyer Hellcat
18
Half-track M3
10

Origine du système
Le système de classification des ponts remonte à l'été 1940, quand le War Office britannique reconnut le risque croissant d'endommagement des ponts par des véhicules dépassant leur capacité de charge. Un système de classification fut alors adopté. En 1940, les classes initiales étaient 5, 9, 12, 18 et 24 ; elles s'étendront jusqu'à 70 en 1944
Apparence et dimensions
Le marquage se présentait sous la forme d'un disque circulaire jaune, typiquement de 6 à 9 pouces de diamètre, avec des chiffres noirs centrés indiquant la classe de poids du véhicule en tonnes.
Il s'agissait généralement d'un cercle jaune plein avec des chiffres noirs, mais il pouvait aussi être représenté comme un contour jaune avec des chiffres jaunes, blancs ou noirs.
Eplacement sur le véhicule
Les disques étaient généralement situés sur l'aile avant droite. Sur certains véhicules, le disque remplaçait même le phare avant droit. Les véhicules pouvant tracter des remorques portaient deux chiffres : l'un pour la classe du véhicule seul, l'autre pour la classe du véhicule avec remorque.
La question du camouflage
Sur le terrain, le signe jaune vif orienté vers l'avant était jugé trop visible. Il était souvent atténué, repeint en cercle jaune creux, ou simplement supprimé
Évolution en 1945
En février 1945, le règlement américain spécifia une plaque rectangulaire de 8×6 pouces à fond jaune avec chiffres noirs, fixée à droite du centre du pare-chocs avant. Pour les blindés, elle se trouvait au niveau du haut des chenilles ; pour les half-tracks et automitrailleuses, sur l'aile droiteImportant à retenir : la classification ne correspondait pas exactement au poids réel en tonnes — elle tenait compte de facteurs comme la charge par essieu, la distance entre essieux et le facteur d'impact dynamique. C'est pour cela qu'un Sherman classé 30 peut peser en réalité 32 à 36 tonnes selon la variante.
Drapeaux Stars & Stripes Tous les véhicules non blindés de l’US Army en théâtre européen (ETO) portaient un petit drapeau américain en papier collé dans le coin inférieur gauche du pare-brise. Au verso figuraient des instructions de guéage imprimées en rouge.
 


 

Autres marquages d’utilisation
« Prestone 44 » — Peint sur le capot au-dessus de la calandre (lettres de 1,5 à 2,5 cm), il indiquait que le liquide de refroidissement avait été remplacé, avec l’année (ici 1944).
« T.P.35 » (pression des pneus) — Peint sur le tableau de bord ou l’intérieur de la vitre, ou sur la face intérieure des passages de roue. Attention : la pression peinte sur le rebord supérieur des ailes est un marquage d’après-guerre ce qui incorrect 
D’autres marquages informels existaient : « No Smoking », vitesse maximale, Left Hand drive etc.
Peinture extérieure
Olive Drab (FS-34087) : il n’existe pas de teinte OD fixe. Chaque lot de peinture livré aux usines différait légèrement du précédent. L’essentiel est qu’elle soit OD et non verte. La peinture devait impérativement être mate/terne — aucun émail brillant n’était employé.
 
   


Copyright © 2003-2026 MaquetLand.com [Le Monde de la Maquette] et AMM- Tous droits réservés - Contactez l'Administrateur en cliquant ici

Ce site sans aucun but lucratif n’a pour but que de vous faire aimer l’ Histoire
Droit d’auteur
La plupart des photographies publiées sur ce site sont la propriété exclusive de © Claude Balmefrezol
Elles peuvent être reproduites pour une utilisation personnelle, mais l’autorisation préalable de leur auteur est nécessaire pour être exploitées dans un autre cadre (site web publications etc)
Les sources des autres documents et illustrations sont mentionnées quand elles sont connues. Si une de ces pièces est protégée et que sa présence dans ces pages pose problème, elle sera retirée sur simple demande.

Principaux Collaborateurs:

Gimeno Claude (+)
Brams Jean Marie
Janier Charles
Vincent Burgat
Jean Pierre Heymes
Marie Christophe (+)
Jouhaud Remi
Gris Patrice
Luc Druyer
Lopez Hubert
Giugliemi Daniele


Nb de visiteurs:9194872
Nb de visiteurs aujourd'hui:3993
Nb de connectés:76