Italie Char 1916 Ansaldo Torpedino

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 16/01/2022 à 08:43:37



Italie 1916 Projet de char lourd Ansaldo Torpedino

 

 

 

À la fin de 1916, les ingénieurs italiens ont commencé à travailler sur plusieurs projets de chars avancés. L'expérience étrangère en matière d'utilisation au combat a montré les avantages d'un tel équipement, raison pour laquelle nous avons commencé à créer nos propres échantillons. La plupart des premiers projets de développement italiens n'ont jamais dépassé le stade de la conception initiale pour une raison ou une autre. L'un de ces développements, qui est resté sur le papier, était le projet d'un char lourd fort par le major Magrini.ou celui de la testugina corrazata


Aux premiers stades du développement des véhicules blindés, le concept de «fort mobile» était particulièrement populaire.


On a supposé qu'un char prometteur devrait être un grand véhicule automoteur bien protégé avec une variété d'armes. Elle était censée pouvoir se déplacer sur un terrain accidenté et escorter l'infanterie en progression. Une caractéristique du char fort était d'être un poids de combat élevé à des vitesses maximales relativement faibles. Au fil du temps, les progrès dans le domaine des chars ont permis d'abandonner de telles idées, mais avant la fin de la Première Guerre mondiale, plusieurs projets de ce type ont été développés.
Dans les derniers mois de 1916, peu de temps après la première bataille impliquant des chars britanniques, l'Italie a commencé à créer ses propres modèles. Certains de ces travaux ont été réalisés par des ingénieurs de leur propre initiative et sans ordre de l'armée
Tous ces projets correspondent au concept du fort roulant et avaient un certain nombre de traits communs caractéristiques.
Il était prévu de créer des engins à grande mobilité sur des terrains accidentés, puiissment blinés et possédant une grande variété d'armes allant du canon à la mitrailleuse. Malgré tout l'optimisme des développeurs, aucun de ces projets n'a atteint ni le stade d'assemblage et encore moins celui du test du prototype,
Ces types de chars sont donc sont tous restés de curieuses bizarreries techniques.
L'une d’entre elles qui nous intéressent dan cet article est un projet Italien connu sous le nom officieux d'Ansaldo Torpedino.

 

 


Les informations exactes sur certaines caractéristiques du projet Ansaldo Torpedino ne sont pas connues avec certitude car les documents n’on pas été conservés.
On ne sait pas rien de l'initiateur ni de l’équipe qui a participé aux études sur cet véhicule blindé. à l'apparence inhabituelle du . On en connaît pas aussi le calendrier. On sait qu'au plus tard le projet initial de 1917-18 a été abandonné en raison des gros problèmes rencontrés
Aussi ce projet de char lourd n’est jamais entré dans la phase de production des prototypes et ensuite de masse et d'être mis en service Néanmoins, le projet présente un grand intérêt dans le cadre du développement des premiers véhicules blindés.
Le char Lourd Ansaldo Torpedino, était apparemment prometteur, Il devait ressembler à un land ship ou cuirassé terrestre doté d'un armement d'artillerie suffisamment puissant. Il posséde une forme de carène de bateau avec une proue et une poupe
Les raisons de cette silhouette étaient simples. À l'aide d'un allongement important, il était prévu d'améliorer la stabilité pour les déplacement en terrain accidenté, et la proue en en forme de coin pouvait améliorer les qualités de combat de l'armement principal. Le projet a également envisagé diverses autres idées pas communes
Le char se présentait donc comme un long fuseau blindé d'une longueur totale d'environ 20 m et d'une largeur ne dépassant pas 4 m. La hauteur du véhicule blindé était prévue à 4,5 m.
Une conception originale des parties avant et arrière de la coque a été proposée, conçue pour améliorer les caractéristiques de l'artillerie et des armes légères. Des dispositifs permettaient aussi une surveillance sur 360 ° de toute la zone environnante. Il a été prévu que la caisse soit en acier blindé de l'épaisseur requise, afin de fournir une protection contre les armes légères et les éclat d’obus d'artillerie.
Le char avait donc une proue en forme de coin Ici cela aurait obligé la réalisation d'une pièce courbe de forme complexe afin d’obtenir cette partie
Aussi il a été suggéré de monter une partie convexe plus petite au-dessus sur le nez. Au-dessus de serait placé une plaque de blindage incurvée de forme complexe avec plusieurs ouvertures pour l’observation et l’armement.
La partie arrière d'Ansaldo Torpedino devrait avoir une forme trapézoïdale.assemblée à partir de plusieurs plaques de blindage, . Des chenilles de secours du train de roulement devaient être fixées. Au-dessus de cette unité, il y avait une feuille En haut de cette structure iI était prevu de monter un armement sous rotule a La partie centrale de la coque avait des côtés verticaux et un toit convexe.

 


La majeure centrale du châssis permettait d’abriter un compartiment habitable ,et remplissant les fonctions du compartiment de combat.
Une partie du volume devait accueillir les éléments de la motorisation et de la transmission. On suppose que le moteur et la transmission auraient dû être situés dans la partie centrale de la coque. De part et d'autre d'eux on aurait trouver les passages nécessaires au déplacement autour du char et à l'utilisation d'armes.
Pour la propulsion de char il a été proposé d'utiliser huit trains de roulement distincts. Six devaient être placés en deux rangées le long de la coque avec pour ces trains de roulement des barbotins et une poulie de renvoie et sept galets de route de petit diamètre. Dans ce cas, les roues de guidage et d'entraînement ont également été utilisées pour tendre la chenille. Le type de suspension proposé est inconnu.
Mais en plus des 6 trains de roulement du châssis on aurait trouvé aussi à l’avant 2 trains de roulement placés sous la proue À l'arrière de la coque, deux unités similaires doivent être installées, mais n’ayant qu’un seul galet de roulement un peut comme sur le St Chamond faisant office de queue de franchissement
Les auteurs du projet pensaient que les six trains de roulement à chenilles seraient suffisant afin d’assurer la mobilité de l’engin sur différentes surfaces et zones. Pour surmonter les obstacles il a été prévu d'utiliser des trains de roulement supplémentaires placés à l’arrière. Avec leur aide, le char pouvait gravir sans problème certaines pentes et s’engager dans des devers. Pour surmonter les obstacles, le char pouvait compter sur la proue dans sa partie inférieure qui lui permettait de glisser sur le sol.
Ainsi ces 4 trains de roulement et le dessin de la proue, pouvaient fournir une mobilité et une maniabilité suffisamment élevées dans les paysages complexes caractéristiques des champs de bataille de la Première Guerre mondiale.
Mais le projet allait aussi plus loin car il proposait de transformer le char mobile en poste de tir fixe. Sur la partie inférieure de la coque, à l avant et arrière les trains de roulement entre eux on trouvait, huit vérins escamotables
Si nécessaire, l'équipage, après avoir atteint une position sur le terain, pourrait reposer le char sur des supports, ce qui en ferait un fort fixe avec des canons et des mitrailleuses. Après avoir terminé la mission de combat, les vérins seraient relevés et l ‘engin pouvait repartir.

 

 
 



Le char Ansaldo Torpedino pouvait transporter au moins six canons de différents types. Dans le projet initial, il était proposé d'équiper le véhicule avec deux postes de combat principaux à l avant et à l arrière Ici on trouverait des canons de gros calibre alors que les flanc recevraient d’un armement plus léger La partie supérieure de la poupe recevait un canon de petit calibre couvrant l’arriére du char .

 

 

 

L’armement principal était placé dans des sponsors dont le montage a été conçu de manière à ce que les canons puissent avoir un angle de tir le plus élevé possibles sur les cibles.
De plus, le projet n'excluait pas l'utilisation d'armes supplémentaires sous la forme de mitrailleuses La conception et l'aménagement de la coque blindée permettait cette option d’équiper d'installations supplémentaires pour les mitrailleuses chargées de tirer divers secteurs.
Ainsi, le futur char avait deux mitrailleuses supplémentaires sur les côtés, devant des canons de gros calibre.
L’observation
C’était un problème courant des premiers chars celui de surveiller la situation sur le champ de bataille et de rechercher des cibles. Pour résoudre ce problème, le char citadelle était censé recevoir trois tourelles avec des dispositifs de visualisation. Deux de ces unités ont été placées à l'avant et à l'arrière du toit, à côté des emplacement des canons Une autre tourelle était située au centre du toit, avec un décalage vers la poupe. Trois observateurs pouvaient donc l'occasion de surveiller conjointement la zone environnante, d'effectuer une recherche de cibles et également de donner une désignation de cible aux artilleurs ou aux mitrailleurs.
Selon diverses sources, la longueur totale du char Ansaldo Torpedino devait atteindre 18-20 m. La largeur de la coque était d'environ 4 m, la hauteur du véhicule pouvait atteindre 4,5 m. Le poids au combat d'un tel véhicule blindé pourrait être de 100 tonnes ,
Cette masse oblige d’avoir une motorisation puissante capable de fournir une mobilité acceptable. Nous n avons aucune élément de la vitesse ni de l autonomie du char
On estime qui ce char lourd était censé atteindre une vitesse ne dépassant pas quelques kilomètres à l'heure, permettant d'escorter l'infanterie.
Les auteurs du projet ont tablé que ce char pouvait surmonter divers obstacles . Grâce à son train de roulement à sa grande longueur et à sa proue incurvé, il était possible de franchir des fossés jusqu'à 5 m de large. Il était également prévu de gravir des pentes douces, des murets,
Pour les suites données à ce projet on ne sait pas si le projet Ansaldo Torpedino a été envisagé à être mis en service. Il n'y aucune informations à ce sujet car malheureusement, rien n’ été conservé d'autres détails du projet, sa chronologie des travaux ses données sur l'examen du développement d'un client potentiel.
Probablement, la direction d'Ansaldo et les chefs militaires après avoir examiné le projet initial, ont refusé son développement car sur la base des caractéristiques techniques et opérationnelles estimées, cette machine n'intéressait ni l'armée italienne ni d'autres clients.
Actuellement avec les informations qui subsistent on arrive à comprendre pourquoi le projet Ansaldo Torpedino n'a jamais quitté le stade de la conception.
Son principal problème était la complexité excessive de la conception et de la production.
Fabriquer une coque large et lourde ainsi qu'un train roulant basé sur huit chariots séparés pouvait devenir une tâche presque impossible pour l'industrie de l'époque.
En conséquence, ce char citadelle n'était pas réalisable pour des raisons à la fois économiques et industrielles à l’époque

 

 


Reconstruction moderne de l'apparence du char Ansaldo Torpedino. Figurine - Vollketten / Forum.WoT.com



Son châssis long avec trois paires de train de roulement aurait dû entraîner de sérieux problèmes de maniabilité. Prendre unvirage avec un véhicule à chenilles aussi long est presque impossible et, en outre, entraîne des charges excessives sur la coque et le châssis.
Ainsi, la complexité de la fabrication se serait ajoutée la complexité de l'exploitation sur le terrain
Il convient de noter que la maniabilité très limitée aurait eu aussi un effet négatif sur la capacité de survie du véhicule blindé, qui risquait de devenir une cible facile pour les artilleurs ennemis.
En effet la masse de combat de 100 T imposait des exigences particulières à la motorisation Probablement, le char devrait être équipé de plusieurs moteurs de la puissance maximale possible, ce qui a encore compliqué la conception de la transmission et du châssis.
De plus la complexité de l armement si il était innovant aurait posé des problème de coordination des feux
Conclusion
Le projet du fort-char lourd Ansaldo Torpedino n'était pas quelque chose d'inhabituel pour l'époque. Pendant la Première Guerre mondiale et au début de l'entre-deux-guerres, de nombreux concepteurs de différents pays ont proposé leurs versions de véhicules blindés prometteurs, y compris très audacieux et inhabituels.
Bien souvent, ces idées trop audacieuses et originales rendaient impossible l'utilisation pratique des équipements, c'est pourquoi nombre de projets ont été abandonnés.
À la fin de 1916, aucun pays au monde n'avait d'expérience dans le développement de chars, ce qui a conduit à l'émergence de conceptions très originales, dont une partie importante, pour une raison ou une autre, n'a même pas atteint la construction de prototypes. Dans le même temps, les militaires des principaux pays ont rapidement appris à déterminer les perspectives de certains projets. En particulier, l'armée italienne déjà au début de 1917 a réalisé l'inopportunité de construire des forts de chars lourds et super-lourds. Aucun de ces projets n'a reçu l'approbation de l'armée ; pas un seul de ces chars n'a été construit ou testé, sans parler de l'opération dans l'armée. De ce fait, les projet du major Magrini e celui ddu Torpedino sont restés dans l'histoire comme une curieuse curiosité technique, caractéristique de son époque.

 

   


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