Rome Bataille des Champs Catalauniques 451 Ap JC

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 05/09/2021 à 10:48:31



La bataille des Champs Catalauniques
 
Fin juin 451 après JC. J.-C., une alliance de Romains, de Goths et d'Alamans a réussi à vaincre la redoutable horde des Huns commandée par Attila dans une bataille qui a eu lieu dans les plaines de la Champagne
Cette bataille connue sous le nom des champs Catalauniques est également connue sous le nom de champs de Mauriacus ou, plus communément, la bataille de Châlons

 

 

 Cavalier hongrois et guerrier ostrogoth de l'armée d'Attila, image de couverture originale de l' éveil antique et médiéval Ferro n° 0 :
La bataille des champs catalans . © José Daniel Cabrera Peña.
 

 

 
 
Il y a très peu de documents pour identifier avec certitude où c’est déroulé cette bataille capitale,. Nous n avons pratiquement aucune preuve archéologique et les chroniques contemporaines sont fragmentaires. La principale source principale dont nous disposons est Jordanes qui, est d’origine Goth et donc de par ses origines va glorifier les actions guerrières de ses semblables et va ignorer pratiquement le rôle joué par les autres.
Comme on le voit dès lors, toute tentative de reconstitution devient difficile
La seule chose que nous sachions c’est que la bataille s'est déroulée en Champagne, entre l'actuelle Chalons et Troyes, mais on n'en connaît pas le lieu exact ; Nus savons quelles nations prirent part à la bataille, mais nous ne savons pas le nombre ni les proportion
Deux emplacements peuvent prétendre à avoir abriter le siège de cette bataille
 L'un est Méry-sur-Seine, à environ 30 km. au nord de Troyes, simplement parce que Méry pourrait être dérivé de Mauriacus, nom donné par Jordanes pour nommer la bataille.
 L'autre est Pouan-les-Vallées, à l'est de Méry, où fut retrouvée en 1842 la tombe d'un riche guerrier allemand du Ve siècle. Certains historiens du XIXe siècle pensaient qu'il pourrait s'agir de la dépouille du roi wisigoth Théodore, tué au combat, bien que la plupart des historiens contemporains soient sceptiques à ce sujet.
Antécédents
Au Ve siècle , la Gaule romaine connaît une période très trouble . Le Limes s'était effondré et les barbares tels que les Vandales, Alains, Francs, Alamans, Wisigoths, Sarmates et Bourguignons ont déferlé et occupé le pays,
 

 

 

Ils vont s’octroyer des terres soit par la force, soit en recevant des terres de Rome pour s'y installer en échange de services surtout militaires. 
 
il faut toutefois faire un petit rappel sur la vie des esclaves et des colons en au IVème et au début du Vème siècles dans les cités,
Ils sont domestiques, artisans ou ouvriers des manufactures d'Etat, dans les mines, dans les villae, souvent casés ou tout au moins dotés de portiunculae, de jardinets produisant leur propre nourriture, parfois encore travaillant en chiourme qu'ils soient logés dans les dortoirs et nourris dans le réfectoire de la villa, ou qu'ils dorment ou mangent dans leur "case".



Durant cette période les maîtres craignent ces bandes d'esclaves et de colons révoltés. Ils craignaient même souvent pour leur vie. Sidoine Apollinaire raconte la mort de son ami Lampridius, attaqué et étranglé par ses esclaves et il n'est pas étonnant que par exemple le Code Théodosien prévoit le bûcher pour les esclaves qui attaquent leurs maîtres Les périodes troublées des invasions, des grandes Bagaudes, virent les villae brûler, les esclaves gagner en masse les maquis, sans doute après avoir réglé quelques comptes avec les intendants et "contre-maîtres".


En effet le plus souvent les esclaves ne subissent pas directement les mauvais traitements de la main de leur maître, mais ils sont à la merci des intendants, des contremaîtres, des dénonciateurs, des "petits chefs", esclaves eux aussi qui font fonctionner la villa
Des esclaves torturent d'autres esclaves, appliquent la terreur pour le compte d'un maître parfois absent, et qui peut même apparaître comme le suprême recours des esclaves suppliciés par les "kapos" 
On est loin de la vision idyllique des relations maîtres-esclaves telles que certains historiens les imaginent à partir d'améliorations juridiques du statut servile qui n'étaient - en fait - appliquées qu'à certaines catégories urbaines privilégiées. Ces esclaves affamés, terrorisés, torturés, s'ils le peuvent, deviennent forcément fugitivi. Notons que Salvien, écrivant pour convaincre les maîtres, prête aux esclaves de "bons sentiments" d'esclaves fidèles. Seules les tortures qu'infligent les "petits (et grands) chefs" (peut-être "dans le dos des maîtres") forcent les esclaves à déserter
En temps ordinaires, les esclaves devaient se contenter de la fuite solitaire vers d'autres maîtres ou vers les groupes déjà formés de résistance armée des zones "sauvages". La répression publique contre ces bandes Bagaudes, fut certainement féroce.à la hauteur de la peur provoquée
La répression "familiale" contre les esclaves qui, restés sur place, sabotent ou s'apprêtent à fuir, semble l'avoir été tout autant. Rien ne pouvait alors empêcher cet exode massif des servi ou des coloni vers les zones forestières ou montagneuses, vers les régions provisoirement libérées socialement. Ainsi cette révolte des Bagaudes regroupant des esclaves en fuite, des serfs et tous ceux qui voulaient se libérer du joug fiscal écrasant -vont aboutir parfois à la création de principautés comme celle de Tibatto en Armorique qui, frappe ses propres pièces.

D'autres esclaves tentaient de trouver une place de colon dans une grande propriété, allaient "traîner" dans les villes, mendiants, voleurs souvent, voire allaient défricher un coin de clairière
Coté colons
Mais à coté se trouve les colons et il faut savoir que la condition des colons s'était considérablement dégradée, au point qu'ils étaient considérés comme des esclaves, voire que les esclaves étaient considérés comme des colons 
La majeure partie de la paysannerie était attachée au sol, "esclave de la terre" et donc contrôlée par le maître de cette terre.
A la base il a le système fiscal qui permet à quelques-uns de considérer "les contributions publiques comme leur proie"
On sait que les curiales, responsables sur leurs propres biens du rendement de l'impôt, avaient une situation intermédiaire pas toujours enviable. Souvent soumis à la pression des Puissants qui élèvent les charges, ils doivent ruiner leurs concitoyens pauvres, prendre jusqu'aux biens des veuves, des orphelins, de l'Église
Plus généralement, les Grands font fonctionner le système fiscal exclusivement à leur profit et comme un moyen d'expropriation des pauvres, voire de réduction de ceux-ci en quasi-esclavage. Et les clercs se taisent, épouvantés, craignant de rendre les Puissants pires encore.
Que peuvent faire ces pauvres, libres, mais ayant tout perdu, leurs terres, leurs maisons, endettés et craignant pour leur vie et leur liberté ?
ils choisissent soit de fuir à la recherche de la protection des grands propriétaires terriens, soit de se soulever ( Bagaudes) voire ils émigrent chez les Barbares
Au milieu de ce chaos, le patricien Flavius Aetius s'empare du pouvoir grâce au soutien des Huns, parmi lesquels, enfant, il a vécu en otage.
Les dix premières années du règne de Galla Placidia (423-432), sous la minorité de Valentinien III, connaissent peut-être un calme social relatif. En fait le pouvoir est entre les mains d'Aetius
En effet à cette date 423, Flavius
Aetius débute une brillante carrière militaire.Mais ses ambitions. faillirent lui coûter très cher.


À cette date, Honorius, l’empereur d’Occident, mourut sans enfant ni successeur désigné. La route du trône était donc ouverte à la cour de Ravenne.
Un haut dignitaire, Jean, profita le premier de l’occasion. Il se fit couronner empereur et il f est connu sous le nom de Jean l’Imposteur ou de l’Usurpateur.
Mais
Galla Placidia, sœur du défunt, n’entendait pas laisser bafouer les droits de Valentinien, à l’empire.
Celui ci était le plus proche parent d’Honorius et le fils de l’ ancien co-empereur, Constance
Il résulta une guerre civile en Italie durant laquelle. Flavius Aetius choisit le camp de Jean II contre celui de la dynastie légitime et Jean. En effet il pouvait lui fournir une force de 60 000 guerriers
Mais Galla ne resta pas inactive et obtint l’aide de son neveu, l’empereur d’Orient Théodose II. Constantinople va envoyer en Italie à la tête de nombreuses légions.. Galla à la tête de celles ci revint à Ravenne avant Aetius et les Huns . Ceux ci implantés en Pannonie Europe centrale
Elle fit arrêter l’Usurpateur et l’expédia à Aquileia, ou il jugé et décapité en 425.
son fils fut proclamé empereur sous le nom de Valentinien III et la régence fut attribuée à Galla.


Elle paya un tribut aux Huns arrivés trop tard. Pour qu’ils retournent chez eux Aetius les suit pour ne pas subir le même sort que Jean.
Mais il fut vite rappelé à Ravenne. Il était difficile de se passer des bons soldats en cette époque troublée. Il reçut le commandements des légions stationnées en Gaule avec la mission de défendre cette province contre tout envahisseur.
Il ramena le calme et l ordre et redevient possible de circuler sur les grandes routes avec une certaine sécurité ; les villae et les villes, la plupart des vici, les campagnes "utiles" sont à nouveau mieux tenues en main.
Sans doute les Bagaudes se sont-elles simplement temporairement repliées vers les clairières des maquis et des forêts. Comme d'habitude lorsque se rétablit - même très imparfaitement - le fonctionnement des appareils d’état.

 La seconde partie du règne de Galla Placidia (434-450)
Durant cette période où Aetius est encore plus puissant Elle est marquée par un renouveau de la guerre sociale en Gaule. Il semblerait qu'il y ait eu des soulèvements Bagaudes, des révoltes populaires massives, et qu'ils furent successivement réprimés.
Il est possible que ces soulèvements soient surtout résistance au retour à l'ordre dans des zones qui s'étaient socialement libérées. La répression parait avoir été sans pitié : on n'entendra plus parler de Bagaudes.
La guerre est provisoirement terminée par le massacre des révoltés servi et coloni, paysans plus ou moins dépendants, par le maintien plus ferme des survivants dans leurs montagnes ou leurs forêts : si les Bagaudes disparaissent, le brigandage social continue à l'état endémique. Mais cette répression, voire parfois ce massacre, accompagne une mutation des rapports sociaux, un nouveau pas en avant vers la fin de l'esclavagisme.
L'histoire des Bagaudes ressemble à celle de l'hydre de Lerne car écrasées ici, elles reprennent là, réprimées aujourd'hui, elles flambent à nouveau demain.
Nous savons pourquoi. Lorsque l’État est en crise, que les invasions semblent appelées par cette faiblesse, les Bagaudes quittent les maquis pour se répandre dans les campagnes, pénètrent dans la Gaule civilisée, coupant les grandes routes, attaquant les villae ou les harcelant, voire assiégeant plus ou moins les villes.
La répression les fait retourner vers leurs bases forestières plus ou moins impénétrables. Pourtant, ces cycles courts où alternent soulèvements et répressions s'inscrivent dans des cycles beaucoup plus longs Ainsi nous allons trouver la crise du IIIe siècle, la première moitié du IVe siècle, puis, beaucoup plus tard, les soulèvements qui accompagnent l'effondrement carolingien.
Pour chaque cycle long, on voit aussi alterner une période de flux et une période de reflux. A partir des années 420, malgré les soulèvements successifs, la répression paraît s'organiser. Au point que l'on peut se demander si les grandes crises de 435-437 (soulèvement de Tibatto) et de 441-448 ne sont pas plutôt des moments intenses de la résistance à la répression.
Mais qui est Aetius ?


En effet pour comprendre cette période, il faut dire quelques mots d'Aetius On connaît ce général romain entouré de ses alliés, que sont les rois barbares, et de chefs gallo-romains, faisant face aux Huns d'Attila, "le fléau de Dieu", à la bataille des Champs Catalauniques en 451
Mais cela n ‘est pas vrai car au tout début Aetius fut l allié des Huns
Aetius, en effet, avait été élevé chez les Huns durant une partie de sa jeunesse (il y avait été emmené en otage vers 406), il était lié avec toute l'aristocratie hunnique et y avait découvert l’art nouveau de la guerre. Lorsqu'il est en disgrâce, en 432-433, il retourne chez les Huns. Il leur fait même rendre, en 439, la Pannonie occidentale
Aetius, général romain, est en fait un chef de bandes guerrières hunniques. Si l'Occident, jusqu'en 451 du moins, n'est que peu concerné par la nation hun, il l'est par les très nombreux contingents auxiliaires qui servent l'Empire, et directement Aetius.
Il s'agit de détachements de cette cavalerie hunnique qu'admirait Aetius, encadrée par ses propres chefs, mais le commandement supérieur restant "romain" comme Aetius lui-même, Litorius.
Cette cavalerie, très rapide, nombreuse, résistante, était spécialisée dans l'utilisation de l'arc à l'orientale, de l'arc réflexe à flèche triangulaire. Elle savait manier aussi le fouet, le lasso, l'épée à un ou deux tranchants.
C'est cette cavalerie qui permet à Aetius, après sa défaite lors de la guerre "civile" qui l'oppose à Boniface et son exil, de revenir pratiquement invincible.
Surtout, ce sont les cavaliers Huns qui vont donner à Aetius l'arme de la soumission des Barbares. En 427, il bat les Wisigoths. En 428, il attaque les Francs et leur reprend les terres qu'ils avaient occupées près du Rhin
En 436 les Burgondes qui tentent de s'étendre en Belgique sont écrasés par Aetius et de ses Huns ; c'est un massacre : le roi Guntarius et toute la maison royale, une fraction importante de l'aristocratie et peut-être du peuple guerrier lui-même sont anéantis, les survivants sont contraints d’émigrer vers la Sapaudia nom latin moderne désignant l'"Allobrogie" et la partie occidentale de l'
Helvétie, ce qui correspond au territoire où vivaient les Allobroges et les Helvètes et où se sont installés les Burgondes en 4431.

 

 


Aetius les y installe, peut-être pour contenir les Alamans
A la même date (436), Aetius envoie Litorius et des contingents Huns délivrer Narbonne qu'assiégeaient les Wisigoths. Cette histoire-là finira moins bien pour les Huns : Litorius entreprit le siège de Toulouse, mais l'attaque qu'il lança échoua et les Huns furent exterminés
i nous parlons longuement des cavaliers Huns, c'est parce qu'ils jouèrent un rôle décisif dans l'écrasement de la Bagaude de Tibatto en 437. Comme d'ailleurs les Alains, dans la répression des mouvements autonomistes armoricains et des Bagaudes de l'ouest en 441-448.
Dans les pays de Loire, la répression anti-bagaude continue sans doute après 439. Peut-être parce que les Huns de Litorius furent massacrés par les Wisigoths sous Toulouse ou parce que ceux directement commandés par Aetius en Belgique restaient nécessaires dans la région pour bloquer les Francs ou les Alamans, le patrice dût utiliser les auxiliaires Alains que commandaient le roi Goar en Gaule centrale, puis dans le Tractus armoricanus.

Vandales et  Alains

 

Dès 441, Aetius installe ces auxiliaires Alains sur la Loire moyenne au nord d'Orléans, et peut-être ailleurs en Gaule ultérieure.
Il s'agit d'une part de maintenir l'expansion des Wisigoths vers le nord, d'autre part de surveiller l'Armorique pour contrer le mouvement autonomiste et pour contrôler les zones des Bagaudes.
Le type d'installation, comme d'habitude, était l'hospitalité, les Alains devant s'installer dans les villae selon le principe du logement des troupes, et donc devant bénéficier d'une fraction des terres et des esclaves (ils pouvaient installer leurs propres esclaves également : ce ne sont pas les guerriers Alains qui cultivent 
Les Alains, semble-t-il, ne respectèrent pas la convention (le foedus) et, éliminant par les armes toute résistance, ils expulsèrent les maîtres et s'attribuèrent la totalité des terres
Cette action ne semble pas avoir gêné Aetius, puisqu'il va continuer à utiliser ces guerriers. On peut penser que les propriétaires expulsés ne devaient pas être en excellents termes avec le pouvoir central, c'est-à-dire avec le patrice Aetius.
Vers 446-447 cependant, l’Armorique à nouveau se révolte. On ne sait - a priori - s'il s'agit de la reprise du mouvement sécessionniste ou d'une nouvelle poussée des Bagaudes.
On est un peu renseigné sur cette révolte par la Vie de Saint Germain de Constance de Lyon Germain avait été gouverneur d'une province gauloise dans sa jeunesse En 429 il va en Bretagne lutter contre le pélagianisme et paraît diriger les opérations des Bretons contre les incursions des Saxons, des Pictes et des Scots.
Il les aurait conduits à la victoire de "l’Alléluia" (Pâques 429). Il y retourne en 440-444, alors que s'y opposent un parti pélagien, donc hostile aux évêques et mené par le Celte Vortigern, et l'aristocratie catholique et "romaine", le "camp" de Germain par conséquent qui fait des appels (sans succès) à Aetius
En 446, Germain est en Armorique. Il ne peut qu'être appelé par les aristocrates et citadins "romains" dissidents ; sans doute ceux-ci ont-ils besoin d'un homme bien introduit auprès d'Aetius et de la Cour de Ravenne.
En effet Aetius avait envoyé les bandes guerrières de Goar, probablement pour mater la rébellion sécessionniste armoricaine (il se pourrait aussi que Goar et ses Alains aient été envoyés par Aetius pour écraser une rébellion Bagaude et que ceux-là, du même mouvement, risquaient de s'en prendre aux villes, d'où l'intervention de Germain
La Vita nous décrit le saint, un vieillard, arrêtant seul les Alains en marche, en prenant par la bride le cheval de Goar alias Eochar puis entamant avec eux une négociation, se portant garant de la grâce qu'accorderont Aetius et l'empereur (en fait l'impératrice Galla Placidia).
La paix, est signée et les Alains retournent vers leurs cantonnements de la Loire moyenne. Il reste à Germain à gagner l'Italie pour transmettre sa demande de grâce pour les aristocrates et les cités sécessionnistes et sans doute garantir leur soumission
105. Fin du premier épisode !
1En 448, la révolte reprend en Armorique. La Vita nous explique que la perfidie de Tibatto ( ?) avait ramené ce peuple instable et indiscipliné à sa révolte passée. Dès lors, la médiation de l'évêque n'avait plus de sens, l'empereur avait été trompé et les perfides audacieux furent rapidement châtiés Le fait que Constance de Lyon parle de Tibatto, le chef de la Bagaude gauloise de 435-437 (exécuté après sa défaite), de l'indiscipline et de l'instabilité du peuple, la forte probabilité d'une rude répression menée par les Alains de Goar font penser que le sens du combat avait sans doute changé et que la guerre sociale était devenue première, éclipsant la guerre sécessionniste.
La répression dut être sévère, voire "définitive" (“grâce" aux Alains ?) puisqu'après 450, on n'entend plus parler d'actions des badaudes en Armorique ou en Gaule ultérieure (ni, du moins pendant longtemps, de troubles sociaux).
Passons du coté des Huns

Les Huns avaient établi un vaste empire dans la Hongrie actuelle, s'étendant dans les steppes orientales, battant ou s'alliant avec les populations de la région. 
Les Huns sont apparus brutalement en Ukraine à partir de 375. Le déplacement vers l’Ouest de ce peuple nomade venu d’Asie provoqua d’importants mouvements de populations fuyant devant les assauts des cavaliers huns.
À ce moment-là, ils avaient déjà eu un impact considérable sur la politique romaine. 
Rua, roi des Huns fut l’ ami et l’allié d'Aetius
Rua était un des oncles d’Attila. Il devint roi après la mort du père de celui-ci, Mundzuc, sans doute vers 401.
Désireux d’entretenir de bons rapports avec l’empire d’Occident, Rua accueillit des Romains à sa cour. Parmi eux se trouvait Flavius
Aetius. C’est ainsi que naquit, selon la légende, l’amitié d’enfance du jeune Romain et de du neveu du roi, Attila.
Par contre ces rapports avec l’empire romain d’Orient furent beaucoup plus tendus. Rua conclut avec l’empereur Théodose II un traité par lequel il s’engageait à ne commettre aucun acte d’agression en échange du paiement d’un tribut annuel de 350 livres d’or. Mais en 434, il s’aperçut que Constantinople cherchait à soulever contre les
Huns leurs alliés du Danube. Rua menaça les Romains orientaux d’une guerre. Ceux-ci n’étaient pas état de soutenir une lutte armée. Ils cherchèrent à négocier. Ils crurent avoir de la chance: avant la fin de l’année, Rua mourut foudroyé au cours d’un orage. Il fut remplacé par ses neveux Bleda et Attila . Ce dernier régnera ensuite seul Malheureusement pour tous les Romains, ce fut Attila qui lui succéda.
Attila était né vers 395, est mort en 453, Mais il est connu encore tout le monde connaît un barbare sanguinaire, et son surnom de “Fléau de Dieu”.
En effet les chroniques postérieures. font quasiment disparaître l’homme derrière la légende. Noire née de ses expéditions contre les empires romains d’Orient et d’Occident et à la terreur déclenchée chez ses contemporains.
On s’aperçoit que les relations avec Rome et Constantinople se sont rapidement se détériorer
Attila interdit aux Huns de servir de mercenaires pour Rome - un coup dur pour Aetius En 6 ans entre 441 et 447, Attila a détruit 70 villes de l’empire d’Orient et son armée arriva même en vue des murs de Constantinople, la capitale impériale orientale jusque-là inviolée Il négocie la paix avec un lourd tribut annuel à Constantinople. Cependant, en 450, ses yeux se tournent vers l'Occident.
Pourquoi ce changement d'attitude ?
Certains historiens mettent en avant l’influence du médecin Eudoxe, l’un des chefs de la révolte des Bagaudes, réfugié auprès d’Attila en 448.
Ce que l’on a appelé l’affaire des vases d’or de l’évêque de Sirmium, qui remonte à 441/442, a aussi contribué à détériorer les relations entre Attila et la cour impériale de Ravenne.
À l’époque où, contre tout droit, les Huns étaient venus assiéger Sirmium, et l’évêque de cette ville prévoyant l’issue du siège contacta un certain Constancius, Gaulois de naissance, secrétaire d’Attila et employé aux opérations du siège. et lui remit les vases en lui disant « Si je deviens votre prisonnier, lui dit-il, vous les vendrez pour me racheter ; si je meurs auparavant, vous les vendrez encore, et avec leur prix vous rachèterez d’autres captifs. » Il mourut pendant le siége, et le dépositaire s’appropria le dépôt.
Constantius engagea les vases pour une certaine somme qu’il ne paya pas à l’échéance ; le délai expiré, Sylvanus vendit les vases à un évêque d’Italie, ne voulant ni les briser ni les employer à un usage profane.
Cette histoire arriva aux oreilles d’Attila au bout de quelque temps. Il commença par crucifier, son secrétaire et il réclama, près de l’empereur Valentinien, Sylvanus ou les vases. En arguant le fait suivant
 Il me faut une chose ou l’autre, écrivait-il ; ces vases m’appartiennent comme ayant été soustraits par l’évêque au butin de la ville ; mon secrétaire les a volés, je l’ai puni ; je demande maintenant le receleur ou la restitution de mon bien. » V
L’’empereur répondit que Sylvanus n’était pas un receleur, attendu qu’il avait acheté de bonne foi et que, quant aux vases eux-mêmes, affectés à une destination religieuse, ils ne pourraient pas lui être remis sans profanation amis il offrit d’en paver la valeur en argent 
: Attila, refuse et déclare « Mes vases ou le receleur, sinon la guerre. »
Ravenne, décide donc de lui envoyer une ambassade avec 3 nobles romains qui seront le comte Romulus, beau-père d’Oreste, un officier-général, et Promotus, commandant de la Pannonie.

L affaire se solda par le paiement d’un tribut par l’ Empire d’Orient .
Arriva l ‘affaire d’Honoria qui compromise dans un complot contre son frère, envoie au printemps 450 à Attila son eunuque Hyacinthe porteur de son anneau et d’un message sollicitant son aide.
Attila considère qu’il s’agit d’une demande en mariage  aussi en août 450, il demande à Valentinien III sa sœur, ainsi que la moitié des territoires occidentaux de l’Empire romain comme dot, ce que l’empereur ne peut que refuser.
Mais en parallèle la situation se déteriorer en Occident avec le nouveau empereur Marcien, arrivé au pouvoir en juillet 450. qui décide de ne plus payer le tribut annuel très élevé imposé aux Romains d’Orient par Attila lors de la paix de 448.Or, Attila a besoin d’argent, et les Gaules, qui sont un territoire riche mais divisé, lui paraissent une proie facile
De plus, les Francs étaient en désaccord entre eux pour le leadership et les deux princes rivaux ont respectivement fait appel à Attila et Aetius pour obtenir de l'aide. En revanche, les Vandales incitèrent les Huns à attaquer les Wisigoths, d’autant quil ne faut aps oublier qu’Attila avait accueilli un membre important des Bagaudes
 Cette étrange combinaison d'événements a poussé Attila à attaquer le Monde Romain.
Mais Attila était indécis sur sa cible à attaquer en premier, l'Empire d'Orient ou d'Occident. 
Il fit le choix de marcher contre l'Occident, puisque sa campagne ne serait pas seulement contre les Italiens, mais aussi contre les Goths et les Francs. 
Contre les Italiens pour se marier avec Honoria et mettre la main sur sa dot contre les Goths pour gagner la reconnaissance de Genseric, le roi vandale.
Contre les Francs pour mettre de l ordre dans la succession au trône entre les fils du roi défunt
L'armée Hunnique
Il ne fait aucun doute que l'armée avec laquelle Attila a traversé la Germanie et la Gaule était très importante pour l'époque. Certains soutiennent qu'elle était forte de 500 000 hommes

Mais l’armée devait être forte de 40 000 à 50 000 hommes. Les troupes d’Attila sont constituées de ses propres hommes, les cavaliers Huns des cavaliers légers armés d’un arc composite, et de ses alliés. Ces derniers sont pour l’essentiel des Ostrogoths sans doute 18 000 à 20 000 hommes qui forment la cavalerie lourde, tout comme les Alains) et des Gépides au moins 10 000 hommes), ainsi que de nombreux autres peuples, dont des Hérules constituent l’infanterie légère, et d’ autres peuples comme les Suèves et Thuringiens qui fournissent cavalerie et infanterie.
Cela semble se corroborer avec les chiffres des pertes de la batailles de Champs Catalauniques donnés par Jordanes qui affirme que les pertes des deux côtés durant la bataille vont avoisiner 165 000 hommes
. Cependant, ces chiffres sont sûrement faux car entretenir une telle armée sur le terrain est une véritable prouesse logistique,
Il était donc rare qu’à cette époque les armées dépassent les 20 000 hommes.
 Des expéditions plus importantes, comme celle que Julien a menée contre la Perse un siècle plus tôt, nécessitait une préparation minutieuse et un emplacement préalable des fournitures et du fourrage. 
D'un autre côté, le nombre réel de guerriers que toute tribu barbare du Ve siècle pouvait lever fut sans cesse revu à la hausse par des chroniqueurs romains effrayés.
 Le seul chiffre raisonnable que nous ayons est celui du peuple vandale lorsqu'il passa en Afrique en 429, dont le total s'élevait à 80 000 âmes. 
Cela donnerait au mieux, 10 000 à 15 000 hommes guerriers
 Il est possible que les Huns puissent compter sur plus de guerriers, mais la question logistique restait un obstacle et il est fort peu probable qu'Attila amène avec lui toutes ses troupes disponibles à une époque où les relations avec l'Empire d'Orient étaient encore assez hostiles. Il fallait se garder contre Byzance
Cependant, les Huns n'étaient pas seuls. Selon Sidoine Apollinaire ecrit :
Soudain, le monde barbare, déchiré par un puissant soulèvement, laissa tomber tout le nord de la Gaule. Après le rugissement belliqueux vient le féroce gépide , suivi de près par le gelón ; le Burgonde presse le Scirus ; se précipitent le Hun, le Belovaques, le Nervien le Bastarna, le Thuringien, le Bructere et le Franc ». ( Poèmes 7, pp. 319 et suiv.)
Il y a beaucoup de licence poétique dans cette description car beaucoup des tribus mentionnées avaient disparu depuis longtemps et d’autres sont purement fictives. 
Mais il est clair qu'un grand nombre de sujets et d'alliés allemands ont marché aux côtés des Huns.
 Il est fort probable que le groupe de Francs qui, embourbé dans une querelle dynastique, et ayant demandé l'aide à Attila,soient présent à ses cotés
 Il y avait aussi quelques Burgondes qui vivaient encore à l'est du Rhin et qui ont peut-être été persuadés ou contraints de se joindre à l'armée hunnique
 Des contingents de Thuringiens et de Rugiens ont presque certainement servi aux côtés des Gépides sous Ardarico, qui commandait de l'aile droite lors de la bataille Fait intéressant, Sidoine ne mentionne pas les Ostrogoths,
Donc on peut penser que l'effectif de l'armée d'Attila pouvait se compter en dizaines, voire en centaines, de milliers d'hommes. 
Si l'on admet que le nombre total de guerriers du peuple vandale s'élève à 10 000 à 15 000 hommes, il est hautement improbable que même en plaçant le curseur vers le haut les contingents de chaque présent lors de la batailles, totalise plus que ça.
De plus il s'agissait d'une armée d'invasion, pas d'un peuple migrateur, donc seuls des guerriers parfaitement entraînés étaient présents car ils avaient laisser leurs familles et les hommes peu valides sur les terres afin de protéger leurs maisons. 
Dans le cas des petits contingents allemands, leur effectif ne dépasserait probablement pas quelques milliers, voire plusieurs centaines. 
Cela peut donc donner environ 20 000 à 50 000 hommes au total
Les Huns étaient des archers combattant à cheval .Ils sont équipés d’uns arc puissant et ils tiraient des nuées de flèches sur leurs ennemis, évitant tout contact avec eux jusqu'à ce qu'ils les aient sérieusement entamé la cohésion de la formation ennemi
 
 

 Certains auraient été équipés en lanciers, capables de charger au corps à corps une fois que les archers aient affaibli l’adversaire.

 Les peuples germaniques étaient plus adeptes de charge soit à cheval comme les Gépides et des Ostrogoths - soit à pied. 
Les Huns et les Alamans avaient vécu pendant des générations au contact des Romains, et récemment les Huns avaient infligé des défaites écrasantes à l'Empire d'Orient, donc en 451, la plupart d'entre eux avaient des vêtements et des équipements romains, en plus de leurs propres armes. .
L'armée romano-wisigothique
Lors qu’Attila franchit le Rhin au printemps 451, Aetius était en Italie. Il revient immédiatement en Gaule, selon Sidoine Apollinaire, avec seulement « une maigre force d'auxiliaires sans légion» ( Carminia VII).
 On ne sait pas pourquoi davantage de troupes de type légionnaire stationnées en Italie ne l'ont pas accompagné ,
Peut-être que l'empereur ne voulait pas laisser la péninsule sans surveillance. 
D'un autre côté, une famine récente qui avait touché l ‘Empire D’occident avait pu réduire la taille et la capacité opérationnelle de l'armée. 
Cependant, on peut supposer sans risque que les auxiliaires qui accompagnaient Aetius n'étaient pas des troupes de second rang mais 
des unités auxiliaires palatines ., capables de fournir une troupe aguerrie apte aux batailles en fournissant une ligne de bataille solide, ainsi que d'exécuter des opérations mobiles. En termes de statut et de formation, ils étaient en tout point supérieurs à nombreux de légions
 Il est probable que quelques unités de cavalerie faisaient partie de cette force, m
ais, bien qu'elles auraient pu être de bonnes troupes, elles seraient très peu nombreuses,
L’Infanterie romaine était une armée équipée pour la défensive complète,
 
un exemple du type de soldat qui composerait les premiers rangs des formations de combat sur les Champs Catalans. 

 

Au début du combat, les premiers rangs « se tiennent immobiles » tandis que les arrières «lancent sur l'ennemi des lances et des flèches » (Vegecio III.14).
Des manœuvres diplomatiques avaient persuadé le roi wisigoth Théodoric de s'allier avec les Romains au lieu de rester sur la défensive en surveillant son royaume dans le sud de la Gaule. 

Cela a dû être une décision difficile pour les Goths, qui avaient été les ennemis d'Aetius au cours des décennies précédentes, mais il était clair qu'ils étaient autant la cible d'Attila que les Romains eux-mêmes.
Les Wisigoths étaient les descendants de ces hommes qui avaient écrasé l'armée romaine à Andrinople en 378 et saccagé Rome en 410.
Installés dans le sud de la Gaule, ils constituaient une aristocratie guerrière qui dominait les natifs gallo-romains. 
Après plusieurs générations ayant eu accès aux techniques romaines notamment dans la fabrication d’armes les Wisigoths devaient être très bien équipés par rapport aux autres peuples germaniques. 
Bien qu'à l'origine la majorité des Wisigoths combattaient à pied, à cette époque de nombreux guerriers auraient acquis des chevaux, ce qui leur permettrait de combattre à pied ou à cheval,
Leurs tactiques de cavalerie étant plus souples que celles de leurs cousins ​​Ostrogoths. 
 
 

Suivant les modèles romains, ils pouvaient adopter à la fois des tactiques de harcèlement avec un barrage de javelots et éviter le contact - et le choc en chargeant avec des lances et des épées - si leur ennemi semblait affaibli. 
La Campagne
Une fois ses forces réunies avec les Wisigoths, Aetius se consacre à rassembler le dernier soldat disponible en France. Selon Jordanes :
« … Il rassembla des guerriers de partout et marcha contre une masse infinie d'ennemis féroces avec une force égale. En effet, les Romains furent rejoints comme troupes auxiliaires par les Francs, les Sarmates, les Armoricains, les Lyitaniens, les Burgondes, les Saxons, les Ripariens et les Olibrions, qui avaient été autrefois soldats romains, mais qui n'étaient alors appelés qu'en tant qu'auxiliaires, ainsi que quelques autres peuples celtes et germaniques. » (XXXVI.191)
Fait intéressant, les troupes romaines de Gaule ne sont pas du tout mentionnées . 
Y en aurait-il ? Selon la 
Notitia Dignitatum , la liste des positions et unités de l'Empire d'Occident au début du Ve siècle, mentionne que l'armée de campagne du Magister Equitum Intra Gallias se composait
de 12 vexillationes de cavalerie (300 hommes chacune),
10 légions (1 000 hommes chacun),
15 auxilia palatina (500 hommes chacun)
10 légions pseudocomitatensis(Unités formées avec d'ancienn
es garnisons frontalières de force inconnue, probablement entre 500 et 1 000 hommes). Sur le papier, cette armée pouvait compter 25 000 hommes. De plus, des contingents importants défendaient la frontière rhénane.
La frontière du Rhin à vue après la migration des Suèves, des Vandales et des Alains le 01/01/406 arriver ensuite les Francs, Alamans et Burgondes qui vont s’établir le long de la rive ouest du fleuve.
Entre 430 -440, Aetius s'était appuyé sur les Huns, plutôt que sur l'armée de campagne gauloise, pour tenir à distance les Wisigoths, les Francs, les Bourguignons et les Bagaudes
Il est fort probable que certains soldats gallo-romains avaient de la sympathie pour les ces derniers, s'ils ne les rejoignaient pas directement. 
Aussi en 451, l'armée romaine de Gaule aurait pu être réduite à la fois en quantité et en qualité
La facilité avec laquelle Attila a vaincu de nombreuses populations gauloises qui ont très peu résisté , malgré l'absence d'armes de siège - atteste du très mauvais état de ces troupes.
 Cela dit, on peut pense qu’il restait toutefois encore des troupes aptes à combattre, qui ont renforcé les Romains qu’Aetius avait fait venir d'Italie. Mais celles ci étaient nettement insuffisantes pour arrêter Attila. Étaient nettement insuffisantes pour
arrêter Attila. .
Pour les Francs ils vont combattre aux côtés d'Aetius.

 L'ancienneté et peut-être le statut social du guerrier de gauche sont évidents dans sa panoplie, dans laquelle se détachent sa cotte de mailles et le casque spangenhelm caractéristique. Son compagnon, exemple du guerrier ordinaire, doit se contenter de son bouclier comme toute défense. Cependant, tous deux portent les armes typiques de leur peuple, l'angón (javelot en forme de « protopilum ») et la francisca, une hache de jet mortelle. © José Daniel Cabrera Peña

 

 
Les Francs mentionnés par Jordanes étaient les partisans du prince qui avait choisi les Romains et non les Huns pour demander de l'aide,
Les Sarmates, cité par Jordanes sont en fait des Alains. Les Armoricains qui ont pu être présents devaient être d'anciens membres des Bagaudes, ou peut-être des réfugiés récemment arrivés de Bretagne (Ile)
Les Burgondes installés en France étaient ceux qui avaient survécu aux campagnes d'Aetius. Bien qu'ils n'aient eu d'autre raison que les Wisigoths de soutenir Aetius ils vont choisir tout simplement le moindre des deux maux. 
Les Saxons étaient ceux qui s'étaient installés au nord de la Loire. Nous ne savons pas qui sont les Licitanes, mais ce sont peut-être des colons militaires laeti , germaniques ou sarmates qui ont reçu des terres en échange d'avantages militaires.
 Il est également très probable que les armées d'Aetius puissent être complétées par des armées privées - bucelarii- des puissants propriétaires terriens gaulois. Ce sont peut-être les olibriones énigmatiques de Jordanes.
Contrairement aux Wisigoths, ces contingents étaient des foederati , des hommes d'origines différentes qui avaient obtenu des terres en échange de leur service dans l'armée. Bien qu'ils aient combattu selon leurs méthodes traditionnelles, ils n'étaient techniquement pas des alliés indépendants, mais une partie intégrante de l'armée romaine du Bas-Empire . Ils auraient sûrement reçu des fournitures des usines d'armement impériales, de sorte que leur apparence ne différerait pas trop des troupes romaines régulières.
L'armée alliée était peut-être plus nombreuse que celle d'Attila, qui, bien que distingué par son agressivité dans le passé, a opté pour une stratégie plus défensive à l'approche des hôtes romains-wisigoths.
La bataille des Champs Catalauniques
 
Quand Attila a traversé le Rhin, il a rencontré peu d'opposition. Certaines villes lui ouvrirent leurs portes sans résistance, tandis que d'autres furent attaquées et saccagées, comme Trêves, Worms, Strasbourg, Metz et Reims. 

La stratégie d'Attila consistait à ne pas arrêter son avance, réduisant ainsi ses problèmes logistiques et obligeant l'empire occidental à négocier pour obtenir la paix s'il ne voulait pas voir la Gaule dévastée.
 Tandis qu’Aetius rassemblait ses forces, Sangiban, roi des Alains s'installe près d'Orléans, et il promet de livrer la ville à Attila. 
Les Huns atteignirent Orléans début juin 451 et l'encerclèrent. Cependant, Sangiban ne tient pas sa promesse,
En effet il a appris qu’Aetius et Théodoric s’approchaient rapidement. Dès l'arrivée des Romains et des Wisigoths, Attila lève le siège et se dirige à l'est vers les plaines champenoises où ses cavaliers auront un plus grand avantage. Face à cette nouvelle situation, les Alains de Sangiban rejoignent Aetius et l'armée alliée entame une poursuite acharnée. Selon Jordanes, une féroce action d'arrière-garde a eu lieu entre les Gépides d'Ardaric et les Francs de l'avant-garde d'Aetius.
 Carte de l'invasion d'Atila de l'an 451 qui s'est terminée par la bataille des Champs Catalans. © Éditions Desperta Ferro

 

 
 
Cette bataille Attila ne la voulait pas car sa stratégie consistait à forcer l'empire occidental à demander la paix, via ses raids destructeur. Mais il sous estimé et il s’est trompé en considérant que l'inimitié antique entre les Romains et les Wisigoths ferait avorter toute alliance potentielle entre eux. 
De plus il doutait et avait perdu sa confiance habituelle,
Mais il se devait d’aller de l avant avec son armée qui le suivait car elle lui avait toujours apporté victoires et richesses. Abandonner et amorcer une retraite aurait considérablement miné sa position.
 Bien que les plaines de Champagne soient un terrain idéal pour la tactique de son peuple, il hésite avant d'offrir la bataille. Jordanes parle d’Attila
Se méfiant de ses propres troupes, [Attila] craignait de déclencher l'affrontement. Pensant cependant que la fuite pourrait être plus malheureuse que la mort elle-même, il décida de consulter ses diseuses de bonne aventure sur l'avenir qui l'attendait. 
Elles examinèrent les entrailles des animaux comme d'habitude et virent que certaines veines apparaissaient sur les os brisés, ce qui était de mauvais augure pour les Huns. 
Cependant, leurs prédictions apportaient une petite consolation : que le chef suprême des ennemis du camp adverse succomberait dans la bataille et avec sa mort éclipserait la victoire qu'ils remporteraient…
[Attila] était préoccupé par ces prédictions et… commença par une certaine peur du combat vers la neuvième heure du jour, pour avoir la protection de la nuit au cas où les choses ne se passeraient pas comme il le voulait ». (XXXVII.195)
Aetius a déployé les Wisigoths sur son aile droite et le peu fiable Sangiban avec ses Alains au centre, tandis qu'il se positionnait avec ses forces "romaines" sur l'aile gauche.
Cette stratégie de double flanc consistait à attirer les Huns vers le centre et ensuite faire rabattre les ailes des deux côtés. 
Cela empêcherait la cavalerie légère ennemie, d'une grande mobilité, de pouvoir également flanquer ses ailes. 
 
Attila, contraint, plaça ses Huns au centre, les Gépides à sa droite, face aux Romains, et les Ostrogoths à sa gauche, face aux Wisigoths.

 On ne sait pas où étaient déployés les plus petits contingents allemands, il est possible qu'ils aient été répartis entre les deux ailes ou qu'ils se soient concentrés sur le flanc droit pour renforcer les Gépides, qui seraient numériquement inférieurs aux Ostrogoths.
« Le terrain du champ de bataille avait une légère pente qui s'est agrandie jusqu'à former une petite colline. Les deux armées voulaient s'en emparer car la bonne situation du lieu conférait un avantage non négligeable. (Jordanes XXXVIII.197)
Aetius a commencé la bataille en envoyant un contingent de Wisigoths, commandé par Thorismon, le fils de Théodoric pour occuper la colline, qui serait vraisemblablement à l'extrême droite de l'armée alliée puisque les Goths étaient chargés de la prendre. .
"Attila a ordonné à ses hommes d'occuper le sommet de la montagne, mais Thorismon et Aetius l'ont rattrapé, qui a réussi avec beaucoup d'efforts à gagner le sommet et de là a facilement repoussé les attaquants." (Jordanes. XXXVIII.201)
Cela peut nous amener à croire que certaines des meilleures troupes romaines ont également participé à cette opération de flanc et même qu'Aetius a pu la diriger personnellement, bien qu'il soit peu probable qu'Aetius ait fait confiance au reste de ses forces hétérogènes pour tenir bon sans l'autorité de sa présence.
 Les combats pour la possession du sommet de la colline furent les précurseurs de la vraie bataille, et vont forcer Attila à accepter le combat.

Selon l’historien antique Jordanes, il y aurait eu 90 000 morts dans cette seule rencontre préliminaire !
 Les détails de ce qui s'est passé ensuite sont imprécis. Au centre, les Huns mettent les Alains en fuite, puis se retournent pour soutenir les Ostrogoths dans leur assaut sur la position wisigoth.
 Bien que de nombreux Wisigoths aient pu être des cavaliers, il est fort probable que, compte tenu de leur stratégie défensive, ils auraient mis pied à terre pour rejoindre le solide mur de boucliers d'infanterie.
 De cette façon, ils seraient moins vulnérables aux flèches des Huns. Bien que Jordanes ne raconte pas ce qui s'est passé sur l'autre flanc, il est raisonnable de penser que les Gépides et les autres Alamans n'ont pas réussi à repousser les Romains.
Le combat fut selon Jordanès: "atrox, multiplex, immane, pertinax" c'est-à-dire atroce, multiple, monstrueux, acharné.

Bien que sa position ait été compromise après la fuite des Alains, il semble que la ligne wisigoth ait résisté aux attaques. "Le roi Théodore, alors qu'il passait en revue son armée pour lui donner du courage, tomba de son cheval et fut piétiné par les siens... mais il y a ceux qui disent qu'il a été tué par une flèche lancée par Andagis, roi des Ostrogoths." Cette éventualité aurait pu se terminer par un désastre sans Thorismon , qui avec ses hommes avait défendu la colline. Ceux-ci "sont lancés contre les masses des Huns et s'apprêtent à tuer Attila, mais il s'en rend compte et agit rapidement, réussissant à s'échapper avec les siens et à se cacher dans l'enceinte de leur camp qu'ils avaient clôturé avec des charrettes". (Jor. XL.209-210)
Au crépuscule, les combats sont devenus encore plus confus.
«[Thorismon]… alors qu'il croyait retourner dans ses rangs au milieu de l'obscurité de la nuit, il atteignit sans le savoir les chars ennemis. Là, il a été forcé de se battre courageusement, mais quelqu'un l'a frappé à la tête et l'a fait tomber de son cheval. Ses hommes le sauvèrent avec une grande prévoyance et il dut abandonner le combat… Aussi Aetius, qui, séparé de son peuple par la confusion de la nuit, errait au milieu de ses ennemis, craignant qu'un malheur ne soit arrivé aux Goths, enfin arriva au camp de ses compagnons et passa le reste de la nuit protégé par ses boucliers. (Jor. XL.211)
Cela semble indiquer que les Romains avaient prévalu sur le flanc gauche, de sorte qu'Aetius aurait eu les mains libres pour tourner son attention ailleurs dans la bataille. Il semble également suggérer qu'après la mort de Théodoric le gros du contingent wisigoth se serait retiré dans leur camp.
Le lendemain, aucun assaut n'a été lancé sur le camp Hun, permettant à Attila de se retirer sans opposition. Il y a bon nombre d'hypothèses qui tentent d'expliquer cela : peut-être les alliés étaient-ils épuisés, ou il se pourrait que leur alliance fragile ait été rompue une fois la menace immédiate annulée. Il est également possible qu'Aetius soit encore plus préoccupé par les Wisigoths car Son fils aîné devait retourner à Toulouse, sa capitale, pour faire valoir ses droits au trône. Il partit immédiatement avec ses hommes c'est-à-dire la plus grande partie de l'armée d'Aetius. Aussi Aetius choisi de ne pas attaquer pour détruire les troupes ennemies repliées dans leur camp Aetius maintient le blocus autour du camp Quand Attila se rendit compte du départ des Wisigoths, il repartit sans hésiter vers le Rhin. Le patrice le suivit à distance jusqu’au fleuve, avec les soldats qui lui restaient, pour éviter d’autres pillages.

Il n’essaya pas de l’achever. Son attitude provoqua la stupeur à la Cour ; pourquoi une telle attitude ??
Aetius peut encore nourrir le désir de les avoir à nouveau comme alliés pour contrer le pouvoir croissant des Wisigoths et on va voir que ses prémonitions vont se révéler justes.           En été 452, Attila lance une campagne contre l’Italie. Avec le siège d Aquileia , passent par Milan et ravagent d’autres villes.
Attila a pour objectif de prendre Rome mais, à la suite d’une entrevue avec le pape Léon Ier, son armée se retire d’Italie
Attila meurt en 453, lors de sa nuit de noce avec Ildico et l’Empire Hun s’écroule du fait de la mésentente des fils d’Attila mais aussi de la révolte des peuples vassaux dirigés par le roi des Gépides, Ardaric
Les Huns sont défaits par les anciens vassaux d’Attila à la bataille de Nedao (vers 454-455). Ellac, fils aîné d’Attila, meurt au cours de cette bataille. Les Huns, à la suite de cela, ne mirent plus en péril l’Occident.
On peut donc considérer cette campagne comme un échec pour les Huns. Les royaumes barbares prennent davantage d’importance du fait de l’effritement de l’Empire romain d’Occident. Les Gépides fondent un royaume indépendant en marge de l’Empire comme d’autres peuples anciens vassaux des Huns. Les Ostrogoths obtiennent la Pannonie. L’armée romaine recrute des mercenaires d’anciens peuples soumis : Alains, Hérules, Skires et comme les armées romaines sont en train de défendre l’Italie, les Wisigoths en profitèrent pour gagner des territoires des Alains stationnés près de la Loire.
Les Champs Catalans furent-ils alors l'une des batailles décisives de l'histoire européenne ? 
Après elle, les Huns continuent d'être une menace temporaire pour les intérêts de l'Empire car ils envahissent l'Italie l'année suivante. 
Cependant, si Aetius avait été vaincu, l'Empire d'Occident aurait dû plaider pour une paix qui aurait fait des Huns maîtres et seigneurs de la Gaule, et il est probable qu'une grande partie de l'héritage classique qui a survécu à la chute de Rome aurait alors péri. .
Aetius sera bien recompensé!!! Car il sera assassiné par son propre empereur
 

 

   


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