France 1857 1958 Les Tirailleurs Sénégalais

Article écrit par : Charles Janier

Mis en ligne le 18/12/2020 à 22:54:28



  

Les Unités des Tirailleurs Sénégalais ( 1857-1958 )
par Charles JANIER

 
Si l’on considère que le débarquement en Algérie de 1830 et la pénétration au Sahara nécessitent d’être traités séparément, c’est à partir de la seconde moitié du XIXème siècle que la France a commencé à explorer les terres lointaines, pour la plupart inconnues, de l’Afrique noire et de l’Asie.
Depuis l’ancien régime de la monarchie l’exploration de nouveaux continents était l’apanage d’une infanterie embarquée sur des vaisseaux militaires. Une ordonnance royale de 1769 met sur pied un corps royal auquel on donne le nom d’Infanterie de Marine. Mais une fois débarquées sur les terres lointaines, les petites unités d’Infanterie de Marine ne sont pas suffisantes pour assurer à elles seules leur présence dans cette nouvelle contrée puis poursuivre leur pénétration à l’intérieur de ces nouveaux territoires. D’autre part le soldat de souche française supporte mal le climat Africain et se fait décimer par les maladies tropicales. Pour partir explorer l’intérieur des terres nouvelles il faut trouver un moyen de compenser la diminution des effectifs valides. Le commandement décide alors de faire appel aux volontaires autochtones. Ceux-ci présentent l’avantage d’être rustiques et habitués au climat comme aux mœurs du pays. Ainsi naissent en Afrique les Tirailleurs Sénégalais, à la seconde moitié du XIXème siècle. L’ordonnance impériale (Napoléon III) du 21 juillet 1857 est l’acte de naissance de la plus prestigieuse formation militaire de noirs Africains au service de la France, les Tirailleurs Sénégalais. Pourquoi ce titre de Sénégalais ? Parce que les traditions militaires au Sénégal sont à la mesure de l’ancienneté de la présence française dans cette région de l’Afrique sub-saharienne. Elles sont largement antérieures au Second Empire français. Si l’antériorité des troupes coloniales françaises revient sans conteste aux unités Sénégalaises, il faut toutefois reconnaître que la généralisation adoptée par l’armée française du qualificatif de Tirailleurs « Sénégalais » est beaucoup trop limitative. C’est bien à partir du Sénégal que les troupes françaises, renforcées de volontaires autochtones appelés Tirailleurs Sénégalais, ont lancé au cours de la seconde partie du XIXème siècle leurs expéditions d’exploration en direction d’autres contrées de l’Afrique de l’Ouest. Elles partaient découvrir d’autres pays jusque là inconnus des européens : Congo en 1876, Soudan en 1880, Niger en 1885, Dahomey en 1890, Tchad en 1898, etc., pays dans lesquels le com- mandement a enrôlé des volontaires pour grossir les Troupes Coloniales. Par conséquent le terme générique de Tirailleurs Sénégalais est trompeur. En réalité il couvre toutes les formations militaires autochtones qui ont été constituées en Afrique Occidentale et Equatoriale Françaises : Cameroun, Guinée, Somalie, Congo, Haute Volta, Soudan, Côte d’Ivoire, Niger, Tchad, Dahomey, Oubangui-Chari, Togo. Gabon, Sénégal,
Ne soyons donc pas étonnés si certaines des unités que nous étudierons ne sont pas identifiées comme « Sénégalaises » mais comme « … du Dahomey », « … du Niger », « … de Somalie », etc.
Retracer l’historique des Tirailleurs Sénégalais à la manière d’un livre scolaire en rendrait la lecture fastidieuse et ennuyeuse. A partir des années 1930 la mode des insignes dans l’armée française a permis de distinguer chacune des formations militaires. Cette mode a largement inspiré les Tirailleurs Sénégalais qui ont su harmonieusement utiliser les motifs originaux et variés de l’art Africain dans la figuration de leurs unités. C’est donc à travers leurs insignes que le lecteur va découvrir les unes après les autres toutes les unités des Tirailleurs Sénégalais. Ce sera plus agréable pour lui que de lire un texte qui finirait par le lasser.
In Memoriam Alain Houot
Gros plan AEF et AOF
Les Tirailleurs Sénégalais ont existé de 1857 jusqu’en 1958, date à laquelle un premier pays africain francophone devient indépendant et les troupes coloniales sont supprimées. L’unité tactique de base des Tirailleurs Sénégalais a toujours été le bataillon. Nul besoin de mouvoir de gros régiments pour explorer de nouvelles contrées. Ils auraient été trop lourds à manœuvrer. Une compagnie pouvait même suffire. Toutefois, pour assurer la présence française dans les territoires conquis, le commandement a éprouvé le besoin de former des régiments dont le nombre fut trois fois moins élevé que celui des bataillons.
Les unités des Tirailleurs Sénégalais sont présentées en deux chapitres : Chapitre I : les Régiments de Tirailleurs Sénégalais (RTS), et leurs insignes Chapitre II : les Bataillons de Tirailleurs Sénégalais (BTS), et leurs insignes.
Le premier chapitre des RTS et leurs insignes distingue deux périodes de leur histoire : 11- les RTS au XIXème siècle et au début du XXème siècle 12- les RTS dans les deux Guerres mondiales de 1914-1918 puis 1939-1945, et leurs insignes Comme les BTS furent plus nombreux que les RTS, le second chapitre se divise en trois parties : 21- les BTS au XIXème siècle et dans la première Guerre mondiale, et leurs insignes 22- les BTS dans la deuxième Guerre mondiale, et leurs insignes 23- les BTS dans les Guerres d’Indochine, et leurs insignes.

 
Chapitre I / Les Régiments de Tirailleurs Sénégalais (RTS) et leurs insignes :

 
Le premier Corps de Tirailleurs Sénégalais est créé par une ordonnance impériale du 21 juillet 1857. Ce n’est pas un régiment, ce n’est qu’un bataillon. Le premier Régiment composé uniquement de Tirailleurs Sénégalais (RTS) est mis sur pied le 31 août 1884 pendant la reconnaissance du fleuve Niger dans un territoire qui portera le nom de Soudan français.
 
11 / Les RTS au XIXème siècle et au début du XXème siècle :
Le Régiment de Tirailleurs Sénégalais de 1884 ne porte aucun numéro. Il est unique et comprend 1.080 Tirailleurs répartis en neuf compagnies actives.  En juin 1889 cet unique RTS passe à dix compagnies. Comme tous les Régiments de Tirailleurs Sénégalais créés au XIXème siècle ce RTS n’a pas eu d’insigne.
Au fur et à mesure de l’infiltration des expéditions militaires à l’intérieur des terres le commandement est amené à mettre sur pied quelques régiments qui assureront la présence française dans ces territoires.
En 1890 le nouveau roi du Dahomey, Béhanzin, renie les accords commerciaux que ses prédécesseurs avaient signés avec la France. Pour rétablir nos droits sur cette côte nos troupes débarquent à OUIDAH. La résistance de Béhanzin nécessite des renforts et la création en 1892 d’un RMTSD (Régiment de Marche de Tirailleurs Sénégalais du Dahomey).
En 1899 est formé le RMICAOF (Régiment Mixte d’Infanterie Coloniale) de l’AOF (Afrique Occidentale Française) qui sera dissous en 1914.
 
 
 
Puis à l’aube du XXème siècle, en 1900, la multiplication des unités qui interviennent dans les colonies imposent qu’elles soient dénommées les Troupes Coloniales. On distingue alors 
 l’Infanterie Coloniale ex-Infanterie de Marine, troupe européenne non traitée dans cette étude
Les Troupes Indigènes Coloniales que l’on appelle l e s Ti railleurs Sénégalais.
 
L’année 1900 sont créés les premiers Régiments de Tirailleurs Sénégalais : 1er, 2ème, 3ème et 4ème RTS.

 

6ème RTS

Ce fut le premier insigne créé pour les Tirailleurs Sénégalais


 
1er RTS (insigne réalisé en 1939) 2ème RTS 3e RTS  1e versions réalisée en 1939 3e RTS  2e version 

4ème RTS 1e version réalisée  en 1939

5ème RTS (1e version insigne de Tirailleurs Sénégalais ) 6ème RTS (premier insigne de Tirailleurs Sénégalais 6ème RTS 2e version 7ème RTS (réalisé en 1941) , 8ème RTS (réalisé en 1939) réalisé en 1932)

 
 
 
De 1902 à 1912 sont mis sur pied les : - Régiment Indigène du Congo - Régiment Indigène du Gabon - RTS de l’Oubangui.
A partir de 1907 la France entreprend la Campagne du Maroc. Cette intervention militaire demande des forces de plus en plus étoffées. Elle aboutit en 1913 à la naissance de cinq Régiments Mixtes d’Infanterie de Marine du Maroc , les : 2ème, 3ème, 4ème, 5ème et 6ème RMIMM.
En 1910, pour défendre le territoire du Tchad, est créé le RTST ( Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad ).
RTSTchad
 
12 / Les RTS dans les deux Guerres mondiales de 1914-1918 puis 1939-1945, et leurs insignes :
La première Guerre mondiale de 1914-1918 :
 
Au moment où l’Europe s’enfonce en 1914 dans une guerre meurtrière qui se déroulera principalement sur le territoire français, en Afrique les forces franco-britanniques mettent un terme à la colonisation du Cameroun par l’Allemagne. Cette intervention militaire engendre la création du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Cameroun (RTSC).
En septembre 1914 est formé le seul régiment de Tirailleurs Sénégalais qui prendra part à la Grande Guerre 1914-1918, le Régiment de Marche Sénégalais de l’AOF (RMSAOF). Affronté au climat glacial de l’hiver 1914 son comportement au feu n’est pas concluant au point que le commandement décide que jamais plus, au cours de la guerre, les Tirailleurs Sénégalais ne seront constitués en régiments homogènes. Cela ne veut par dire que les Tirailleurs Sénégalais n’ont pas participé à la Grande Guerre 1914-1918. Leur unité tactique reste le bataillon. Et nous découvrirons au chapitre II que plus d’une centaine de Bataillons de Tirailleurs Sénégalais (BTS) ont combattu sur le front français de 1914 à 1918.
A la fin de la Grande Guerre 1914-1918, la France reçoit mandat de la SDN (Société Des Nations) de « protéger les peuples du Levant (Liban et Syrie), libérés du joug ottoman, et les aider à accéder rapidement à l’indépendance ». Des soldats français interviennent au Levant dès 1919 pour assurer la paix et la sécurité dans cette région du monde. En 1919, six nouveaux Régiments de Tirailleurs Sénégalais sont créées pour le Levant : - le 10ème RTS pour le Levant - le 15ème RTS pour le Maroc - le 11ème RTS pour le Levant - le 16ème RTS pour le Levant - le 14ème RTS pour le Levant - le 17ème RTS pour le Levant.
suivis en 1920 par l’implantation de trois autres RTS : - le 12ème RTS pour le Levant, le 18ème RTS pour la Tunisie et le 19ème RTS pour le Sénégal.
10ème RTS

11ème RTS

12ème RTS 13ème RTS  14ème RTS 
 
 15ème RTS (insigne réalisé en 1939 16ème RTS 17ème RTS 18ème RTS (réalisé en 1939)  

 
 
 
La Campagne du Maroc se prolonge et nécessite de nouveaux renforts. La Guerre du Rif contre ABD-EL-KRIM éclate en 1921. On forme cette année 1921 quatre Régiments de Tirailleurs Sénégalais du Maroc et un RTS : le 1er, le 2ème, le 3ème, le 4ème RTSM et le 13ème RTS.
En 1923 plusieurs Régiments de Tirailleurs Sénégalais sont transformés en Régiments de Tirailleurs Coloniaux (RTC) : le 1er, le 2ème, le 4ème, le 8ème, le 10ème, le 12ème, le 13ème, le 15ème, le 16ème, le 18ème et le 24ème RTC. Puis en 1926 tous les Régiments de Tirailleurs Indigènes redeviennent des RTS. Cette même année 1926 le 6ème RTS est créé, et le 7ème RTS est à nouveau réactivé. Le 6ème RTS est la première unité de Tirailleurs Sénégalais à recevoir un insigne, en 1932.
6ème RTS 7ème RTS (réalisé en 1941) , 8ème RTS (réalisé en 1939) réalisé en 1932)
 
 
La deuxième Guerre mondiale de 1939-1945 :

En 1939, à la veille de la deuxième Guerre mondiale, il existe 18 RTS numérotés de 1 à 8, puis de 10 à 18, puis le 24 RTS. Deux nouveaux RTS sont créés en 1940, le 25ème et le 26ème RTS. Ces vingt RTS prennent part à la Campagne de France de mai-juin 1940. Après cette campagne désastreuse qui a vu des crimes de guerre commises par les troupes allemandes  , avec le  massacre des Tirailleurs Sénégalais  d'origine africaine  du 25ème RTS par les Troupes allemandes de la 10e Pz Division  ( il faut dire que certaines unités régulières de la WH vont agir comme les SS durant les campagnes de Pologne  de France  et dans le Balkans  se transformant en Nazis fanatiques )  et non de la part des troupes Waffen SS de la 3e division SS « Totenkopf » à CHASSELAY en juin 1940  ,les commissions d’armistice n’autorisent le maintien que de huit RTS : le 1er, le 2ème, le 6ème, le 7ème, le 13ème, le 15ème, le 17ème RTS et le RTS de la Côte Française des Somalis.

En 1943 renaissent neuf RTS : le 3ème, le 4ème, le 5ème, le 8ème, le 10ème, le 11ème, le 16ème, le 17ème et le 18ème RTS. En 1945 est formé le 9ème RTS. Il sera dissous en 1946. En 1946 sont recréés quatre RTS  : les 6ème, 7ème, 13ème et 24ème RTS.
Seuls deux RTS ont été engagés dans la Guerre d’Indochine (1945-1954) : le 13° RTS et le nouveau 24° RMTS (R. de Marche Tirailleurs Sénégalais)
Et cinq RTS ont participé à la Guerre d’ Algérie  ( 1954-1962 ): les 3ème, 5ème, 6ème, 13ème et 15ème RTS, dissous en décembre 1958.
24ème RTS (insigne réalisé en 1938)
 
 
Au cours de la Guerre d’Algérie la France commence à accorder leur indépendance aux pays d’Afrique noire. De ce fait, à partir du 1er décembre 1958, plus aucune unité des Troupes Coloniales ne porte le qualificatif de «colonial ». L’Infanterie Coloniale redevient l’Infanterie de Marine de 1769. Le 3ème RTS devient le 63ème RIMa (Régiment d’Infanterie de Marine)  le 5ème RTS devient le 65ème RIMa le 6ème RTS devient le 66ème RIMa le 13ème RTS devient le 73ème RIMa et le 15ème RTS devient le 75ème RIMa.
En définitive il y a eu au total 26 RTS, numérotés. Ce furent toujours les mêmes dont l’existence a été mouvementée, balancée entre leur création, leur dissolutions puis leur recréation au gré de leur engagement soit en Afrique, soit pendant les deux Guerre mondiales de 1914-1918 et 1939-1945, soit au cours de la Guerre d’Indochine, soit dans la Guerre d’Algérie. Si peu de RTS ont été formés c’est parce que l’unité tactique de base des Tirailleurs Sénégalais n’a pas été le régiment, mais le bataillon, le BTS.

 
Chapitre II / Les Bataillons de Tirailleurs Sénégalais (BTS) et leurs insignes :

 
Plus de 200 Bataillons de Tirailleurs Sénégalais (BTS) ont été mis sur pied dans les Troupes Coloniales. Leur historique est assez complexe à restituer. Mais c’est sans conteste au cours des deux Guerres mondiales, de 1914-1918 puis 1939-1945, qu’a été employé le plus grand nombre de BTS.
21 / Les BTS au XIXème siècle et dans la Grande Guerre 1914-1918, et leurs insignes :
L’acte de naissance des unités de Tirailleurs Sénégalais est l’ordonnance impériale du 21 juillet 1857 qui crée le Corps des Tirailleurs Sénégalais sous la forme d’un bataillon à six compagnies de 86 Tirailleurs chacune. Ce bataillon comprend 16 officiers et 516 hommes.
Pendant toute la seconde moitié du XIXème siècle nos troupes pénètrent à l’intérieur des terres africaines. Des compagnies à base de volontaires autochtones sont créées pour maintenir la présence française dans chacune des nouvelles contrées ainsi découvertes. L’une des côtes de l’Afrique, avec laquelle la France entretenait depuis 1670 des relations commerciales, était le Dahomey. Le nouveau roi du Dahomey, Béhanzin, déclare en 1890 ne plus reconnaître la validité du traité qui accordait à la France la liberté commerciale sur son littoral. Pour rétablir ses droits la France fait débarquer ses troupes à OUIDAh en janvier 1890. Béhanzin vaincu, nos soldats poursuivent leur exploration de l’arrière-pays du Dahomey jusqu’au Niger au Nord. En 1895 est mis sur pied un BTH (Bataillon de Tirailleurs Haoussas).
L’exploration de l’Afrique Occidentale et Equatoriale se poursuit jusqu’à la première décennie du XXème siècle. Au fur et à mesure de la pénétration de ses troupes dans de nouveaux territoires le commandement fonde de nouveaux bataillons régionaux à base de volontaires autochtones : - le BDZ (Bataillon De ZINDER) en 1902 au Sud du Niger - le BIC (Bataillon Indigène du Chari) en 1902 au Sud-est du Tchad - le BIG (Bataillon Indigène du Gabon) en 1903 - et, en 1907, le BDT (Bataillon De TOMBOUCTOU) au Soudan français le BDG (Bataillon De Guinée) le BDO (Bataillon De l’Oubangui) au Sud-est du Tchad ainsi que trois Bataillons de Tirailleurs Sénégalais : le 1er, le 2ème et le 3ème BTS.
Un nouveau théâtre d’opération s’ouvre au Maroc à partir de 1907. Dès 1908 les 1er et 2ème BTS sont envoyés au Maroc et le 3ème BTS rejoint l’Algérie en 1910. En 1911 les besoins en moyens que nécessite la Campagne du Maroc amènent le commandement à mettre sur pied neuf nouveaux BTS :
- le 4ème BTS qui est envoyé en Algérie,
- les 5ème, 6ème, 7ème, 8ème, 9ème, 10ème, 11ème, 12ème, 13ème et 14ème BTS vont renforcer les troupes au Maroc.
Tirailleur Sénégalais en 1913 
 
La première Guerre mondiale de 1914-1918 :
Lorsque la guerre avec l’Allemagne est déclarée en septembre 1914 sept, parmi les 14 BTS qui combattent en Afrique du Nord, sont envoyés en France. Ce sont les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 7ème, 8ème et 12ème BTS. Les sept autres restent à la disposition du commandement au Maroc.
L’usure rapide des BTS dans des actions rapides et énergiques menées en octobre et novembre 1914 provoque leur retrait général du front. Pour renflouer les effectifs des Tirailleurs Sénégalais on crée cinq nouveaux BTS en novembre 1914 : les 15ème, 16ème, 17ème, 18ème et 19ème BTS.
En février 1915 les alliés (britanniques et français) engagent une malheureuse expédition aux Dardanelles contre la Turquie pour rouvrir les communications avec la Russie par le Bosphore et la Mer Noire. Les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 7ème, 8ème et 12ème BTS entrent dans la composition du CEO (Corps Expéditionnaire d’ Orient) aux Dadanelles. La résistance farouche des Turcs réduit de moitié le potentiel militaire des français. Deux mois plus tard, en avril 1915, on met d’urgence sur pied en France quatre nouveaux BTS : les 20ème, 26ème, 27ème et 28ème BTS qui, avec le 9ème BTS du Maroc, servent de réservoir pour renflouer les effectifs des sept BTS des Dardanelles. En décembre 1915 les conditions hivernales auxquelles les Tirailleurs Sénégalais ne sont pas habitués et la résistance acharnée des Turcs laissent prévoir l’échec de l’expédition des Dardanelles. Les sept BTS sont évacués des Dardanelles pour hivernage.
La guerre en France s’éternise. Les effectifs fondent. Il faut de nouvelles troupes. A la fin de l’année 1915 on forme encore quatorze nouveaux BTS : les 31ème, 32ème, 33ème, 34ème, 35ème, 36ème, 37ème 39ème , 40ème, 41ème, 42ème, 43ème 45ème 46ème BTS, puis 42 en 1916 : les 29ème, 30ème 38ème 44ème 47ème, 48ème, 49ème, 50ème, 51ème, 52ème, 53ème, 54ème, 55ème, 56ème 61ème, 62ème, 63ème, 64ème, 65ème, 66ème, 67ème, 68ème, 69ème, 70ème 72ème, 73ème, 74ème, 75ème, 76ème, 77ème, 78ème, 79ème, 80ème, 81ème, 82ème, 83ème, 84ème, 85ème, 86ème, 88ème et 90ème BTS, ainsi que le 1er Bataillon de Tirailleurs Somalis,
 
dix-huit en 1917 : les 71ème 89ème 92ème, 93ème, 94ème, 95ème, 96ème, 97ème, 98ème, 99ème, 100ème, 101ème, 102ème, 103ème, 104ème, 105ème, 106ème et 107ème BTS.
et encore 31 en 1918 : les 108ème, 109ème, 110ème, 111ème, 112ème, 113ème, 114ème, 115ème, 116ème, 117ème, 118ème, 119ème, 120ème, 121ème, 122ème, 123ème, 124ème, 125ème, 126ème, 127ème, 128ème, 129ème, 130ème, 131ème, 132ème, 133ème 135ème, 136ème, 137ème, 141ème et 150ème BTS,
soit 105ème BTS sur quatre années.
Au total ce sont 117 BTS qui ont été engagés dans la Grande Guerre 1914-1918. Une bonne partie de ces bataillons prend part aux combats sur le front de France. Et une dizaine d’entre eux est employée comme « bataillons d’étapes » c'est-à-dire comme travailleurs sur les arrières du front et les lignes de ravitaillement ou bien comme « bataillons de dépôt ». Plusieurs BTS sont cités à l’ordre de l’Armée. Le 43ème BTS reçoit la fourragère jaune et verte pour quatre citations à l’ordre de l’Armée. Bien entendu aucun BTS de 1914-1918 n’a porté d’insigne.

 
22 / Les BTS dans la deuxième Guerre mondiale de 1939-1945, et leurs insignes :
L’entre-deux-guerres :
Durant tout l’entre-deux-guerres le contexte général est au désarmement et à la réduction de la durée du service militaire en France. Alors le commandement accroit le nombre d’engagés pouvant intervenir aussi bien sur les théâtres d’opérations extérieures que dans le cadre du corps de bataille en Europe. Le nombre d’unités de Tirailleurs Sénégalais, qui s’engagent en masse, représente le triple de la situation de 1914. Dorénavant les Tirailleurs Sénégalais sont stationnés non seulement en Afrique noire mais également dans toute l’AFN (Afrique Française du Nord) et participent activement aux deux Campagnes du Maroc et du Levant. Six RTS tiennent même garnison en France métropolitaine.A la fin de la première Guerre mondiale de 1914-1948 sont renvoyés en renfort au Maroc, où la Campagne se poursuit, les : 5ème, 6ème et 7ème BTS. Puis la Guerre du Rif contre ABD-EL-KRIM éclate en 1921. Pour éteindre ce feu sont créés : les 21ème, 22ème, 23ème, 24ème et 25ème BTS. Démarrée en 1907 la campagne du Maroc ne se terminera que l’année 1934 avec la pacification de l’Anti-Atlas.D’autre part les armistices de 1918 confient à la France un mandat de la SDN (Société Des Nations) sur le Levant (Liban et Syrie) fraîchement libéré du joug Ottoman-Turc. Le rétablissement de la paix dans cette région du monde nécessite l’envoi de forces armées. Sept régiments de Tirailleurs Sénégalais sont reformés et envoyés au Levant, ainsi que deux BTS, les 1er et 2ème BMTCL (Bataillon de Marche de Tirailleurs Coloniaux au Levant), créés en 1921.

 

2ème BMTSL
 
En Afrique on crée en 1922 un BTI n° 7 (Bataillon de Transition et d’Instruction). En 1923 est formé au Gabon le BTS de l’AEF (Afrique Equatoriale Française). Et en 1927 le BTS n° 8 est mis sur pied au Dahomey.
La deuxième Guerre mondiale de 1939-1945 :
Une vingtaine de Régiments de Tirailleurs Sénégalais participent à la Campagne de France de 1939-1940, et seulement quelques BTS isolés qui tenaient garnison en France. Après la défaire de juin 1940 les Troupes Coloniales Indigènes en garnison en Afrique sont partagées entre leur fidélité au nouveau régime ou leur ralliement aux FFL (Forces Françaises Libres). En définitive elles décident de se joindre aux FFL. Dès septembre 1940 elles sont restructurées en 19 Bataillons de Marche qui participeront aux opérations en Afrique, au Moyen-Orient, puis à partir de 1944 en Italie et en France : - Bataillon de Marche n° 1, créée en septembre 1940 pour le Levant - Bataillon de Marche n° 2, créé 1940 pour la Libye où il participe au Combat de BIR-HAKEIM - Bataillon de Marche n° 3, mis sur pied en octobre 1940 pour l’Erythrée - Bataillon de Marche n° 4, créé en janvier 1941 pour le Levant - Bataillon de Marche n° 5, formé en avril 1941 pour le Levant - Bataillon de Marche n° 6, mis sur pied en janvier 1942 pour le Levant - Bataillon de Marche n° 7, créé en août 1941 pour le Levant - Bataillon de Marche n° 8, formé en juin 1942 pour la Tripolitaine - Bataillon de Marche n° 9, mis sur pied en décembre 1942 pour le Levant - Bataillon de Marche n° 10, créé en janvier 1943 pour Madagascar - Bataillon de Marche n° 11, formé en octobre 1941 au Levant - Bataillon de Marche n° 12, mis sur pied en février 1943 pour l’AFL (Afrique Française Libre) - Bataillon de Marche n° 13, créé en septembre 1943 pour l’Algérie - Bataillon de Marche n° 14, formé en mars 1943 pour le Maroc - Bataillon de Marche n° 15, mis sur pied en mars 1943 pour l’Algérie - Bataillon de Marche n° 16, créé en avril 1945 au Levant - Bataillon de Marche n° 21, formé en novembre 1942 pour la Tripolitaine - Bataillon de Marche n° 22, mis sur pied en avril 1943 à Djibouti - Bataillon de Marche n° 24, créé en décembre 1942 à Djibouti.
 
 
 
 
 
Madagascar Madagascar Bataillon de Marche n° 24,Somali BM 20 BM 21
En Afrique, un BTSD (Bataillon de Tirailleurs Sénégalais du Dahomey) est créé en 1945.
 

BTS du DAHOMEY
Après la fin de la deuxième Guerre mondiale de 1939-1945 des troubles commencent à se manifester à Madagascar. Pour ramener l’ordre dans l’Île on crée et on envoie à Madagascar en 1945 trois Bataillons de Tirailleurs Sénégalais de Renfort, le BTSR 1, le BTSR 2, le BTSR 3 et le 1er BTS (Bataillon de Tirailleurs Somalis).
 
Dans les années 1950, en Afrique, on met sur pied dans tous les territoires coloniaux des Bataillons Autonomes de tirailleurs indigènes qui ont pour mission le maintien de l’ordre, sans vocation à faire campagne à l’extérieur de leur territoire :
- Bataillon Autonome de la Côte d’Ivoire, en 1946 - Bataillon Autonome du Soudan Occidental, en 1947 - Bataillon Autonome du Soudan Nord, en 1947 - Bataillon Autonome du Dahomey, en 1950 - Bataillon Autonome du Niger-Est, en 1950 - Bataillon Autonome du Niger-Ouest, en 1950 - Bataillon Autonome de Haute-Guinée, en 1955 - Bataillon Autonome de Basse-Guinée, en 1955 - Bataillon Autonome de Haute-Volta, en 1956 - Bataillon Autonome du Niger-Nord, en 1956 - Bataillon Autonome du Soudan-Est, en 1956
Bataillon Autonome du Soudan-Est
 
de même que des Bataillons de Tirailleurs :
- Bataillon de Tirailleurs Congo-Gabon, en 1946 - Bataillon de Tirailleurs de l’Oubangui, en 1946 - Bataillon de Marche de l’Oubangui-Chari, en 1946 - Bataillon de Tirailleurs Brazzaville, en 1947 - Bataillon de Tirailleurs de l’Oubangui-Chari, en 1954 - Bataillon Mobile n° 10 du Niger, en 1956.
Bataillon Mobile 10 NIGER Bataillon de tirailleurs sénégalais du Niger
 
En 1945 des troubles éclatent en Indochine.
23 / Les BTS dans la Guerre d’Indochine, et leurs insignes :
Pour faire face aux agitations qui commencent à secouer l’Indochine, on forme à partir de 1946, et jusqu’en 1951, treize Bataillons de Marche de Tirailleurs Sénégalais (BMTS) qui vont participer à la Guerre d’Indochine : - Bataillon de Marche (BM) du 13ème RTS, formé en février 1951 - Bataillons de Marche n° 26, 27, 28, 29, 30, 31 et 32, créés en mars 1949
 
26ème BMTS 28ème BMTS 29ème BMTS 30ème BMTS 31ème BMTS
 
- 104ème Bataillon de Tirailleurs Sénégalais, formé en juillet 1949 - BM 1 - AOF (Afrique Occidentale Française), créé en 1950 - BM 2 – ACF (Afrique Centrale Française), formé en 1950 - BM 3 – AOF, mis sur pied en 1951 - Détachement Africain AEF-Tonkin, créé en 1951.
La guerre d’Indochine prend fin le 1er août 1954.
Trois mois après, le 1er novembre 1954 démarre la Guerre d’Algérie. Seuls cinq RTS ont pris part à cette guerre dans laquelle aucun BTS n’a été employé.
Dans le contexte de l’époque l’heure est à la décolonisation. En 1958 la Guinée est le premier pays africain francophone à devenir indépendant. Il n’y a plus de colonies et le qualificatif de « colonial » est retiré du langage officiel français. Tout logiquement l’Infanterie Coloniale redevient l’Infanterie de Marine et les Troupes Coloniales Indigènes sont dissoutes le 1er décembre 1958.
 
Une page d’histoire, et de gloire, est tournée.

 
 

 
Etude réalisée en décembre 2020 à MONTPELLIER par Charles JANIER

 

  

   


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