France Anatomie d'un Fauve Char St Chamond

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 13/08/2019 à 14:04:45



France Anatomie d'un Fauve Char St Chamond


 


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Si le char français Schneider a été le premier char à être conçu et construit en France, sa conception a été confié à une entreprise privée et non au Service Technique Automobile (STA), en charge de superviser la production de chars pour l’armée. 
Aussi afin de reprendre la main le STA a travaillé sur la conception d’un char fourni par un organisme d’état afin de concurrencer le Schneider
Le résultat est un char étudié à la hâte Le Saint Chamond,dont le le premier prototype fut achevé au début de 1916.
Le châssis était basé sur le train de roulement du tracteur agricole US Holt Tractor, comme sur de nombreux chars primitifs,. Ce char avait un énorme porte à faux ce qui faisait du St. Chamond un véhicule très difficile à conduire sur un terrain accidenté et encore plus difficile à maîtriser sur tout terrain
Étant donné la compétition entre les deux entreprises les exigences posées pour ce char étaient de dépasser en tout point le Schneider,
Aussi on étudia un char armée d’un canon long et pouvant franchir les tranchées ce qui enduit cet énorme porte à faux
 La coque était de construction rivetée de plaques de 17 mm d'épaisseur. Avec son armement ( canon de 75 mm et quatre mitrailleuses de 8 mm ) il affichait sur la balance un poids de plus de 23 tonnes.
 Les premiers véhicules, possédaient des trappes style bidon pour le conducteur et le commandant à l'avant et le toit du char était plat ce qui s’est avéré dangereux car les grenades à main lancées par l'ennemi restaient sur le toit Les chars des versions ultérieures seront construits avec un toit en pente afin que les grenades glisser hors du toit avant d'exploser. 
Ces engins servirons dans l Armée Française en première ligne et après un usage intensif ils furent pour certains transformés en ravitailleurs
Ces chars furent aussi fournis aux Russes, aux Italiens et aux Américains
Mais seuls les russes vont les utiliser au combat alors que les Italiens et les Américains ne vont les utiliser uniquement à des fins de formation
 La première action des équipages de St. Chamond et de leurs blindés s'est déroulée le 5 mai 1917 à Moulin de Lafflaux
. Pendant l'attaque, Tous les 16 Saint-Chamond, sauf un, se sont retrouvés coincés dans la première ligne de tranchées allemandes
Au total, 400 chars furent construits; le dernier Saint-Chamond a été achevé en mars 1918.
Le char fut ensuite remplacé par le FT Renault char plus petit, plus rapide et plus mobile, destiné à devenir l’ancêtre de tous les chars actuels 



 



I

 

Cette photo retouchée montre la construction de char à l'usine de St. Chamond Elle permet de voit la disposition générale de l'espace intérieur du char
Le véhicule de gauche nous présente son canon de 75 mm orienté vers l'avant installé ainsi que le casier à munitions situé sur le côté droit du châssis. La porte d ‘accès est située à l arrière.
Sur le deuxième châssis à droite, se trouve un port pour la MG Hotchkiss  Une autre MG était monté juste à droite du canon de 75 mm, une troisième du côté gauche de la coque, et une quatrième à l'arrière, gauche du véhicule,
A l avant juste derrière et à gauche de la culasse du canon 75 se trouve un support vertical pour suspendre des boîtes en bois afin de stocker quelques-uns des obus du canon de 75 mm. 
On devine également dans le véhicule de droite les formes arrondies des moteurs électriques,
La coque est composée de plaques de blindage plates boulonnées sur un simple cadre Le char possède un poste de conduite avant et arrière afin de diriger le char
Les véhicules présent sur la photo appartiennent à la deuxième version (parfois appelée Mk.II) car ils possèdent au toit en pente, comme le montre la forme des panneaux de blindage latéraux et de la paroi arrière. 


 



 

 

Cette photo prise à l'usine métallurgique de Saint-Chamond de la Compagnie des Forges et des Acier de la Marine et de Homecourt. Montre la porte arrière ouverte avec la rotule supportant la MG,
Les ouvrières appliquent de la peinture camouflage sur la coque finie.Cette photographie de profil montre la silhouette caractéristique de ce char avec son porte à faux et le train de roulement caractéristique Holt
la coque a une forme de bateau
la motorisation de ce char était hybride à savoir un moteur à essence Panhard monté au centre de la coque, relié à une dynamo (génératrice) à l ‘arrière qui entraînait deux moteurs électriques, un pour chaque train de roulement L’échappement du moteur se faisait par le haut . En effet le silencieux et le tuyau d'échappement traversent le toit, puis se dirigent vers l'arrière droite.
Une porte à l'avant droit est également visible, de même que la rotule de la MG située juste derrière. 


 


 

 

Cette photo montre l'installation du moteur dynamo et radiateur
Il faut se remémore que le moteur thermique n ‘est pas relié directement relié aux arbres d’entraînement, mais fournissait de l électricité aux moteurs électriques de chaque côté de l’arrière, via des câbles
On aperçoit aussi le canon armement principal à gauche sur l'image et les deux casiers à munitions se trouvent de part et d'autre l'avant. 
Sur ce côté on distingue aussi le support de pivot du vérin MG et sa fente de vision à côté. 
Le moteur ici le gauche avec sa dynamo est fixée directement derrière et le radiateur et le ventilateur au-dessus de la dynamo.
La transmission Crochat Collardeau, qui est reliée aux moteurs électriques à l'arrière, n'est pas visible ici. Le moteur Panhard était un quatre cylindres en ligne développant 90 ch Il faut noter le peu de boulons maintenant ce moteur sur son support
Il faut s’imaginer le bruit les odeurs et les émanations lorsque le char était en mouvement plus les secousses  Notez les relativement peu de boulons qui maintiennent l’armure au cadre porteur. 


 


 


 

 

Ici nous avons une vue du moteur Panhard vue par l arriere
 Une fois installé, il n'y avait plus de protection entre le moteur central et l'équipage, Ce qjui était assez dangereux pour l’équipage lorsque le char tait en mouvement en Tout terrain
Pour refroidir le moteur l’air parvenait d’un radiateur via une grande ouverture sur le toit Dans le char la température de l'air intérieur dépassait allégrement les 38 degrés
Le système de refroidissement des chars britanniques étaient similaires
Le système d ‘aération plus complexe pour refroidir un char n'a été mis au point qu’ la fin de la guerre.
On voit les quatre cylindres sortant du carter moteur à gauche Et on devine les collecteurs d'échappement montent droit jusqu'au silencieux situé sur le toit. 
La dynamo électrique était reliée par des puissants câbles électriques aux moteurs situés de chaque côté du châssis à l'arrière,
Le radiateur est posé sur son cadre au-dessus de la dynamo (avec deux planches posées temporairement dessus. )
 Les moteurs d’entraînement électriques offrait une facilite de conduite au St. Chamond, très différente de celle qui est de mise pour les conducteurs des autres chars de l’époque


 




 

 

Cette photo a été prise de l'avant en regardant vers l arrière
Elle permet de voir le moteur Panhard Levassor qui fut le premier fabricant français de moteurs à combustion et ceci à compter de 1876.
Bien avant de construire des voitures civiles, Panhard eut une production de matériels destiné à l Armée dont des moteurs et cela continue de nos jours car après la disparition de la gamme civile de voitures les engins Panhard militaires dominent encore le secteur militaire des engins blindés légers
Le moteur du St. Chamond était un modèle de moteur de bus modifié que la société avait mis au point avant la guerre avec Daimler
Le point commun des moteurs Panhard était un moteur avec des blocs-cylindres en aluminium et ses cylindres en fer boulonnés.
La lubrification s'effectue ici via un carter sec avec des doubles pompes à huile à injection forcées
L'allumage se faisait par magnéto. La plupart des moteurs Panhard utilisaient des carburateurs Zénith. 
On aperçoit la manivelle du démarreur à droite, montée au-dessus du roulement de vilebrequin principal. O
n voit les quatre pistons noirs alignés et les collecteurs d'échappement montant jusqu'au toi
Les quatre câbles dans le coin supérieur droit sont les fils de la bougie d’allumage, passant de la magnéto en bas à droite aux cylindres en haut
Les tuyaux à gauche et au milieu en haut sont les tuyaux d’eau de refroidissement allant vers et depuis le radiateur.
Le réservoir d'huile est lui bas à gauche de l'image
Cet ensemble hybride permettait au St. Chamond de rouler à 5 km / h sur des routes plates sans obstacles avec une faible autonomie due aux petits réservoirs de carburant de 60 kms
Ce système de transmission sera repris par Porsche sur certains de ses engins blindés durant la deuxieme guerre mondiale


 




 

Cette photo permet de voir l’'emplacement de deux des huit membres de l'équipage.  Il y en a cinq visibles sur cette photo remarquable.
Nous sommes du côté droit du moteur, avec le canon principal, Le poste du mitrailleur avant droit est directement devant nous. 
L’autre poste se trouve à l'avant à côté du canon de 75 mm. 
À l'extrême gauche se trouve le conducteur assis sur son siège surélevé en utilisant les leviers à côté de son siège
. De l’autre côté du moteur à gauche se trouve le poste mitrailleur latéral  


 




 

 

Cette vue rapprochée du poste de mitrailleur droit montre quelques détails supplémentaires
 Le casier de stockage se trouve à l'extrême droite.
On peut apercevoir sous la mitrailleuse quelques munitions utilisées par les MG Mle 1914 Hotchkiss.
La main droite du mitrailleur est sur la gâchette alors que sa gauche stabilise l'arme. Un viseur est disponible dans la partie supérieure du support de pivot de cylindre pour la MG, juste au-dessus du canon. 
Les ingénieurs ont du faire une énorme travail pour caser tout cet armement dans le char
Le rôle des mitrailleurs était un rôle d’auto défense du char afin maintenir à distance l’infanterie ennemie
Il faut savoir que les Français ont initialement organisé leurs unités de chars à Saint-Chamond comme une branche d'artillerie avec comme unité de base opérationnelle la batterie (peloton dans d'autres armées) composée généralement d'un groupe de au moins quatre chars.
 Les uniformes des équipages se composaient de la tenue standard bleu horizon avec les pattes de collets de l'unité d'artillerie d'origine du soldat, cousues de fil bleu, vert ou blanc sur le fond rouge
Les soldats portent leurs casques Adrian et une ceinture en cuir marron «Sam Brown».


Le soldat le plus proche est arme d’un pistolet automatique Ruby mais il peut aussi avoir le revolver M1892) Ce pistolet Modèle d'Ordonnance 1892, fut le revolver officiel de 1892 à la veille de la Seconde Guerre mondiale. 
Cet armement est transporté dans une étui en cuir triangulaire, qui est en bandoulière sous le bras droit et repose sur le dos. 
La plupart des équipages de chars portaient également un manteau de cuir noir mi-cuisse pour se protéger à l’intérieur du véhicule
Il possédait en dotation le masque à gaz
Les équipages avaient aussi en dotation un sac à dos en toile non blanchie, pour transporter en général de la nourriture ou d’autres équipements personnels. 

 


 


 

 

Site

 

La mitrailleuse Hotchkiss de la Première Guerre mondiale, fait mise au point par l’entreprise du même nom fondée par un américain . Benjamin Berkely Hotchkiss (1826-1885)
Il a mis au point divers canon et mitrailleuse comme un canon revolver et le fusil Winchester-Hotchkiss adopté par l’armée et la marine américaines.
 La mitrailleuse qui porte son nom est probablement l'arme Hotchkiss la plus connue. Benjamin étant mort deux ans auparavant ses travaux furent terminés par un autre membre de sa société. La mitrailleuse Mle 1914 de base a été conçu pour tirer toutes les munitions, en dotation dans le monde
Pour les Français ce fut le 8 mm (.315cal)  
Cette MG était la seule mitrailleuse lourde à refroidissement par air et à gaz de la guerre.
Elle était aussi lourde et pesait C'était aussi le plus lourd, pesant 24 kilogrammes
Les concepteurs ont géré le problème de surchauffe du canon en ajoutant un énorme "radiateur" à anneau de refroidissement en acier entourant le canon afin de le refroidir
ainsi la MG avait une cadence de tir théorique de 200coups/ minute
L’alimentation se faisait via des bandes de munitions en métal pressée contenant 24 s cartouches


On pouvait aussi les assembler pour un tir continu. Ils étaient généralement transportés dans un coffret en bois contenant 12 bandes, soit un total de 288 cartouches pesant environ 12 kilos.
 Les bandes étaient insérées par le côté gauche Des courtes rafales de 600 étaient possible. 
Les Français et les Japonais ont adopté la première version de 1878 et, après une modification de la culasse,
les Britanniques et les Américains ont également utilisés la Mitrailleuse Hotchkiss Modèle 1897
Pour le char l’arme était fixée à une rotule blindée

Rotule de Char FT


Plus de 7 000 cartouches de 8 mm ont été transportées dans le char Les boîtes de munitions en bois étaient rangées dans les grands casiers de chaque côté du châssis et dans un grand bac à l'arrière et dans des bacs plus petits, à proximité des canons. 


 




 

 

Nous sommes à l avant du char.
 Le viseur de canon était le viseur d’artillerie standard, monté à gauche de l affût
Un petit volet a été ouvert sur la plaque de blindage avant pour utiliser ce viseur, ce qui permettait aussi à des balles perdues de pénétrer dans le véhicule, pouvant occasionner des pertes
Bien qu'il soit difficile de voir sur cette photo, la main droite du canonnier se trouve sur la manivelle d'élévation en site,


Au début les s chars Saint Chamond, était armé avec le canon Saint Chamond de 75 mm, mais ceux-ci furent rapidement remplacés par le canon de 75 M 1897 qui avait un tube plus long et avait de meilleures caractéristiques d’emploi
Le char pouvait emporter jusqu’à 106 obus de 75 mm dont dix prêtes à l ‘emploi  


Le canon de 75 M 1897 était une pièce révolutionnaire à l’époque qui donnait 10 ans d’avance sur d’autres pièces de campagne contemporaines.
L’arme peut tirer un obus à shrapnel de 7,2 kg à une vitesse de 539 m / s à plus de 6kms Un bon équipage peut tirer à une cadence de 30 coups / minute et le canon est assez précis à ce niveau.
 Bien sûr, les conditions d’emploi à l intérieur d’un char était autre  L'objectif principal du canon de 75 mm sur le St. Chamond était d'éliminer les canons de campagne ennemis, les nids de mitrailleuses et les concentrations d'infanterie.
Ce travail fonctionnait bien tant que le char ne s’embourbait pas
Le canon avait une élévation +20 ° en site et -/+ 5 degrés en azimut


 


 

 

Site

 

La culasse du canon Mod1897 était une culasse spéciale ce qui a fait le succès de cette arme qui est restée en service dans un certain nombre de pays jusqu’après la Seconde Guerre mondiale
Connu officiellement sous le nom de culasse de type Nordenfelt, il est plus communément appelé culasse à système de vis excentrique. 
La mise à fait se fait via une lanière attachée à l’anneau que l’on voie à l’arrière du levier du percuteur. Cette image montre l'ouverture de la culasse en bas, en position fermée et verrouillée. 
Pour faire pivoter la culasse en position ouverte, il suffit de pousser la poignée en bas à droite sur le dessus de la culasse jusqu'à la butée que vous voyez à l'extrême gauche de l'anneau de culasse.
 Lors de l'ouverture de la culasse un extracteur retire la douille.
Ce canon possède aussi un mécanisme de recul hydropneumatique qui permet une cadence de tir élevée et une précision accrue  La combinaison de l'excellent système de recul et de la culasse à vis à chargement rapide a fourni aux Français une véritable arme de "tir rapide", très recherchée par les unités d'artillerie de nombreux pays tout au long de la première moitié du XXe siècle et encore utilisée par certains d'entre eux jusqu'à Années 1970 


 


 

Ces photographies illustrent les  2 version du St. Chamond.
En haut la version initiale avec canon de  75 St Chamond et en dessous Version Finale avec Con de 75 M 1897 Voir aussi les différence sur l inclinaison du toit et les trappes avant
Les premières coupoles circulaires du conducteur et du commandant ont été retirées et remplacées par de simples trappes à rabat.
Le toit a également été incliné Le changement des coupoles cylindriques réduit la hauteur du véhicule et éliminer le problème de vulnérabilité des chars si la coupole venait à être emporté lors des combats laissant ainsi un trou béant dans le toit

 


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St Chamond Interieur
St Chamond Extérieur

Tenue AS 1916 Saumur
Tenue AS 1918 Paris

 


 

 

   


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