Bataille de Fornoue 6 Juillet 1495

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 09/05/2019 à 11:06:06



Bataille Fornoue 6 Juillet 149
 
Le 22/02/1495 Charles VIII entra dans la ville de Naples après avoir obtenu la reddition de la forteresse de Castelnuovo, défendue par Alfonso de Avalos, marquis de Pescara Trois mois plus tard, le 12 mai, il fut couronné empereur et roi de Jérusalem.
 
 


Mais la réaction ne se fait pas attendre . Elle vient d ‘Espagne . En effet les monarques catholiques, craignant l'ambition de Charles VIII commencent par envoyer une escadre dirigée par l'amiral Galcerán de Requesens,

 

 

comte de Palamós, vers la Sicile afin de porter secours au vice-roi de Sicile, Hernando de Acuña et mettent en alerte une deuxième escadre en Galice et de Vizcaya afin de transporter un corps expéditionnaire sous le commandement de Don Gonzalo Fernández de Córdoba vers la Sicile.
En parallèle, la diplomatie espagnole réussi à former la
ligue de Venise contre le roi de France

avec l autorisation de A.Houot


Suite aux mariages des princes Juan et Juana de Castilla avec la princesse Marguerite et l'archiduc Don Felipe, les ambassadeurs Antonio de Fonseca et Juan de Albión font entrer dans la Ligue de l'empereur Maximilien. Ensuite les diplomates  Garcilaso de la Vega et son frère réussissent aussi à mettre de leur cote le pape Alexandre VI. Dans le nord de la péninsule Juan de Deza a fait de même avec Ludovic Sforza, duc de Milan, et pour finir Lorenzo Suárez de Figueroa réussi à faire entrer Venise dans la coalition

Ludovic Sforza Alexandre VI


 Le 31 mars 1495, le traité est signé. Sa négociation se fit avec un tel secret que, lorsque le traité fut rendu public, Charles VIII eut peur d'être piègé en Italie.
Se rendant compte que le pape Alexandre VI  ne reconnaît pas l'annexion de Naples et sous la la menace de se retrouver piégé dans Naples il quitte celle-ci le le 20 mai 1494 en laissant à Gilbert de Bourbon, duc de Montpensier, vice-roi de Naples, des troupes pour tenir des garnisons dans les places les plus importantes

Artillerie de siège
Artillerie légère française


Il pouvait donc compter sur 6 000 piquiers suisses de la cavalerie lourde et de l’ artillerie.
 Une escadre pouvait leur amener des renforts et des provisions si nécessaire.


Arrivé à Sienne, Charles VIII apprend que le duc d'Orléans futur Louis XII, à désobéi à ses ordres qui prévoyaient devenir à sa rencontre . Au lieu de cela il prend la ville de Novara, et il se trouve ensuite assiégé par les armées de la Ligue .
La retraite se passe très mal A Pise,il fait la jonction avec la garnison française . Mais le sentiment anti-français est très vif suite aux exactions des fantassins suisses ivres (massacre de civils à Pontremoli vers Milan, ) et destruction par une escadre géno-vénitienne de la flotte de transport française, ce qi oblige les Français à transporter les canons par voie terrestre. .Les Français ont décidé de quitter la Méditerranée et de traverser les Apennins par le passage de Cisa, entre Pontremoli et Parme, sachant que les seigneurs locaux étaient francophiles


Ils franchirent le col les 3 et 4 juillet.Les troupes suisses en punition du massacre de Pontremoli. durent ouvrir la voie aux 18 canons de siège, normalement tirés par 16 chevaux,Pour aider les suisses chaque homme doit obligatoirement porter un boulet un seau de la poudre etc tout ce qui est nécéssaire pour l'usage du canon
Une fois le passage effectué les Français débouchent dans la vallée de Cisa et pensèrent traverser le fleuve Taro à Fornoue afin d'éviter la forteresse de Giarola.
Le 4 juillet, Charles s’empare de Barceto grâce à la traîtrise de
Bertrando de  Rossi, un renégat milanais,qui livre aussi 'autres châteaux, dont celui de Carona, juste devant Fornoue.

 

Francesco II Gonzague, capitaine général vénitien, se trouvait sur la rive ouest du fleuve Taro, là où la vallée s'élargissait juste en aval de Fornoue

Il dispose de 23 000 hommes, dont 4 500 cavaliers lourds, 2 500 cavaliers légers (principalement stradiotti albanais). au service des Vénitiens), 2 000 archers et arbalétriers à bras, 10 000 fantassins professionnels et 3 000 fantassins de milice légère .
Les généraux français sont sous la menace d’arrivée permanente de renforts chez
l’ennemie alors que leurs propres forces n'avaient aucun espoir de renfort
Ils poussent donc Charles VIII à faire un premier pas diplomatique.

Le roi de France demanda alors le droit de passage à travers les lignes vénitiennes. En retour, les Vénitiens demandèrent l ‘abandon par la France de toutes ses conquêtes
Cette proposition est bien entendu inacceptable et Charles VIII se prepare au combat
Alors pressé par ses lieutenants le Roi se décide à forcer le passage
Nous somme le 5/07/1495

Une avant garde de 40 cavaliers envoyée, en reconnaissance est mise en déroute par des stradiotti, cavaliers légers de Dalmatie et d'Albanie vétérans des guerres entre l'Albanie et la Turquie (1443-1478).
Les victuailles des Français continuèrent à baisser alors qu’en farce les forces italiennes augmentaient Aussi le 6 juillet, Charles VIII décida de combattre frontalement ses ennemis
La position occupée par les Français sur la rive ouest de la rivière Taro, est bonne car elle domine l’autre rive et peut être mieux défendue
De plus les pluies des jours précédents, avaient rendu les rives du fleuve impraticables pour la cavalerie et fait augmenter le débit de la rivière
L armée de Charles comptait 1 400 chevaliers, 1 700 archers et arbalétriers à cheval,
5 000 fantassins lourds, dont 3 000 Suisses, 600 cavaliers légers, 2 000 fantassins légers et 1 000 artilleurs qui ont servi 14 bombardes de siège et 28 pièces d'artillerie légère
Nous avons donc environ 12 000 soldats.
De coté ennemi On trouve une route au nord de Fornoue longeant la rivière Taro A L est de cette rivière se trouvait le camp de François II de Gonzague C est l'oncle de Gonzague, Rodolfo, un ancien combattant des guerres franco-bourguignonnes, qui possédait une vaste expérience de la tactique française.qui élabore le plan tactique  Il avait l'intention de résister au centre et d attaquer les français sur les flancs.
Déploiement initial
Les Français ont décidé de maintenir l'avantage tactique en restant sur la rive ouest du TaroILs divisent leurs forces en trois groupes.
L'aile gauche commandée par
Jacque de Trivulce est composée de 400 cavaliers lourds, 200 fantassins légers italiens, 500 archers à cheval et 2 000 fantassins suisses et un petit nombre d'infanteries légères munies d'armes à feu et d'autres à haches.
Jacques de Trivulce Louis de Tremoile


Le centre sous les ordres du Roi avec 600 chevaliers lourds, 500 archers et arbalétriers à cheval et 2 000 fantassins. C ‘était le corps rassemblant les troupes d'élite de l'armée française, y compris l'entourage personnel du roi.
L'aile droite, commandée par Gaston de Foix, comprenait 400 chevaliers lourds, 600 archers et arbalétriers à cheval et 1 000 fantassins.
Ensuite nous avons l’artillerie commandée par
Louis de Tremoille protégeant l’aile gauche et le centre vers la rivière,
le train à bagages était placé sous le commandement du capitaine Odet, disposait de 650 cavaliers de réserve et infanterie légère et archers.qui se trouvait Mais il y règne une indiscipline notoire
Le plan italien consistait à fixer l'armée française sur son centre pour ensuite l'attaquer du flanc en traversant le Taro pour la désorganiser
La réserve des Italiens devait donner asséner le coup de grâce aux Français en retraite.
Ils sont donc déployés comme suit:
1 000 stradotti dalmatiens et albanais légers, commandés par Pedro Duoto, ont pour mission de traverser la rivière Taro et de se placer face aux français de manière à ce qu'ils ne puissent avancer, une fois la bataille engagée
L’aile droite de l'armée italienne commandée par
Gian Francesco Sanseverino, comte de Caiazzo, avait 800 Cavaliers et 1 700 fantassins milanais , 300 piquiers allemands, 500 archers et arbalétriers à cheval, 500 cavaliers légers et le peu d'artillerie disponible,


Sa mission était de traverser le fleuve et d’attaquer l’aile gauche française Ils étaient accompagnés par de l'infanterie légère afin d’aider les blessés, achever les ennemis tombés au combat.
Le centre commandé par François II de Gonzague, duc de Mantoue, avec 500 Cavaliers, 600 archers et archers montés, 500 cavaliers légers et 5 000 vénitiens
Il devait traverser la rivière et attaquer le centre français
L'aile gauche commandée par le comte
Giampaolo Manfrone dit Fortebraccio, commandant des forces vénitiennes, avait en plus 800 cavaliers, 1 500 fantassins, 500 archers et arbalétriers à cheval et 500 cavaliers légers

 

 

 

 


En appui on trouve une réserve derrière chaque groupe avec environ 500 hommes d'armes. Sous les ordres de Bentivoglio à l'aile droite, Antonio Montefeltro au centre et Coneschi l’aile gauche.
Le camp protégé par 1 000 fantassins et 600 hommes d'armes se trouvait à proximité
La bataille

 


Vu l ‘état du terrain la ligue a attendu jusqu'à midi, mais Pedro Duoto avec les 1000 stradotti avait pris les devants pour traverser la rivière pour fixer les français.

Les canons commencent à tonner et les alliés traversent le fleuve Taro. La cavalerie lourde suivie par la cavalerie légère et les archers à cheval et derrière l'infanterie, l'aile droite attaqué la gauche française, mais est arrêtée par l'infanterie suisse qui a repoussé d'abord à la cavalerie lourde et plus tard à l'infanterie milanaise qui sera rejetée avec de grandes pertes,avant se regrouper à Giarola.

Le centre et l'aile droite devaient traverser le canal, mais ils ont dû renoncer à cause de la profondeur et doivent trouver un gué plus éloigné . Ce mouvement a permis aux Français de déplacer des forces pour modifier leur déploiement afin de les affronter à nouveau.
L'artillerie française a tiré, mais suite aux conditions climatiques elle ne peut donner pleinement , la poudre à canon était humide et d'autre part le sol humide, empêchait aux boulet de rebondir car ils s’enfonçaient dans le sol
Les Italiens font traverser par de nouvelles troupes afin d’appuyer leurs centre.
Mais les temps qu’il a fallu à ces unités pour traverser la rivière gonflée par les pluies a permis au centre et à l'arrière-garde française de se déplacer et d'attendre l'attaque.
Aussi Gonzague se heurte au flanc droit du centre français au lieu de s'opposer au centre où se trouvait la division du Roi
Cependant, il mena sa charge de façon impétueuse qui brise la ligne française alors qu’au même moment l'aile gauche de Fortinbras charge l'aile droite française, l'infanterie avait été gênée par la rivière et le canal Acqualada, et son moulin à eau près de Felegara.
Pendant ce temps, deux groupes à l'extrême droite du centre de Gonzague se heurtent au centre Français où se trouvait le roi de France. 


Le combat se été transforme en un combat au corps à corps auquel participe le Roi, qui a eu son casque endommagé par un coup. 
Quelques seigneurs sont capturés, et ils sont confondus avec le roi,dont
Mathieu de Bourbon, parent illégitime du roi.


 Rodolphe de Gonzague commandant des réserves, est tué lors de ce combat
 La chaîne de commandement de la Ligue est donc brise brisée.

Le groupe de stradiotti de Pedro Duato, qui avait fixé l'aile droite des Français attaquent le train de bagages français au lieu d'attaquer l'arrière-garde

La cavalerie légère française a tenté de les en empêcher ,sont repoussés
Bien qu’ils soient en infériorité numérique et aient subi des pertes considérables, les soldats de la Ligue maintiennent la discipline.
 Mais on ne pouvait pas en dire autant des archers à cheval et des cavaliers légers de l'aile gauche. Ces hommes voyant la situation quittent la ligne de bataille pour aller piller le train à bagages,
La pluie redouble de violence et les hommes de Gonzague et Fortebraccio commencent à se retirer
Une partie commandée par Acqualada, résistent aux Français Certaines unités de la Ligue se sont retirées par le gué de Fornoue, tandis que la majorité a effectué une retraite ordonnée par le gué de Gualatico.
De nombreuses unités sont alors attaquées par des hommes d'armes français alors qu'ils tentaient de traverser.

En effet des unités commandées par Philippe de Commyens se sont dispersées dans les broussailles épaisses situées au bord de la rivière. 
Malgré la leur supériorité numérique Les troupes de la Ligue, n’ont pu battre les Français car les troupes en réserves n'avaient jamais reçu l'ordre de traverser le fleuve.
 Les seules réserves qui ont fait mouvement sont celles de Montefeltro, qui a rejoint la division de Bentivoglio pour couvrir le retrait du comte de Caiazzo et qui a peut-être empêché la gauche française de lancer une contre-attaque sur le Taro.


Du coté français les troupes étaient épuisées et Charles a dû arrêter les combat non sans avoir eu une grande frayeur
En effet une patrouille milanaise du comte de Caiazzo le reconnut et l attaque défendu par ses 7 gardes du corps et son intendant le roi monté sur son cheval, peut résister le temps que la garde royale arrive et le roi s'échappe et se réfugie à l'aile gauche
Dans l'après-midi, les deux armées avaient perdu contact et se trouvaient sur les deux rives du fleuve Taro. 


Les suites
Après avoir perdu la plupart de leurs bagages, de nombreux Français ont passé la nuit sans tentes, sans vêtements secs et sans nourriture. 
Les morts et les blessés ont presque tous été abandonnés sur le champ de bataille, les Français n'ayant pas, contrairement aux armées italiennes, de services sanitaires.
Les stradiotti revinrent avec un butin estimé à 180 000 ducats d'or, comprenant l'épée et le heaume du roi, des éléments de la chapelle royale et un livre avec des illustrations pornographiques.Profitant de la nuit, Charles retraite vers les Alpes accompagné de sa garde.

 

 

Le lendemain 7 juillet un accord de cessez-le-feu a été trouvé pour recueillir et enterrer les morts, tandis que Philippe de Commynes reprend les négociations.
François II de Gonzague assure à Commynes que le prisonnier Matthieu de Bourbon était bien traité et a demandé le même traitement à son oncle Rodolphe


 Le représentant français souligne que les Français traitaient bien leurs prisonniers mais que Rodolphe était mort.
Le 13 août, Gonzague renvoit le casque et l'épée de cérémonie au roi et discrètement le livre érotique. Le 16 août, Charles est à Asti, où il a appris que Novare était assiégée par les troupes vénitiennes. La place forte capitule le 21 septembre.
Les Français signent la paix avec Ludovic Sforza le 10 octobre, et franchissant le Mont Genèvre le 25 Octobre
Les Français ne retirèrent rien de cette expédition et perdirent leur prestige devant les autres puissances.


Ils revinrent en Italie en 1499 avec le nouveau roi français Louis XII, ce qui donna lieu à une guerre franco-espagnole en Italie.
Les pertes s'élèvent à 4 000 victimes françaises dont 1 200 sont tuées (60 cavaliers légers, 140 hommes d'armes, 200 archers de la Garde royale et 800 fantassins).
 La ligue a perdu 6 000 hommes , dont 2 000 tuées
Les forces de la Ligue ne se sont déplacées que le 10 lorsqu'elles ont pris position près de Pavie pour observer les mouvements des Français à Asti et à Novara.
Conclusion
C ‘est une victoire stratégique française car les troupes françaises continuent leur retraite vers la France mais c’est une victoire tactique de la Ligue car l’ Armée française dit quitter le champs de Bataille
Mais cette bataille a confirmé qu’en cette période les faits suivants
La tactique des piquiers suisses
La puissance de l'artillerie de campagne mobile
La force de la cavalerie lourde
Ceci n’est valable que durant une période de 50 ans avant l’ apparition sur les champs de batailles d’une cavalerie légère équipée d'armes à feu portatives.

 

le roi de France signa un accord avec ses vainqueurs, après quoi il repasse les Alpes, mettant fin aux hostilités dans cette région, mais conservant les forces qu'il avait laissées à Naples
 
 
   


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