Gloire et Empire N° 58 Janvier Février 2015

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 23/01/2015 à 19:56:54



Gloire et Empire N° 58 Janvier Février 2015

Pressé un peu tard par un terrible pressentiment au retour de son voyage à Florence, le colonel Campbell débarque dans le port déserté de Portoferraio. On imagine sa fureur lorsqu'il constate le départ de l'Empereur. Celui-ci est déjà en route non pas vers la proche Italie, où les Autrichiens n'auraient eu aucune difficulté à stopper sa route, mais vers les rivages du golfe Juan où, après une traversée à la barbe des Anglais, il débarque le 1er mars 1815.
Cette traversée a peut-être été l'étape la plus risquée du voyage car une mauvaise rencontre aurait pu mettre fin à l'aventure pourtant soigneusement préparée, dans la droite ligne de la tradition napoléonienne. Ainsi, l'extraordinaire remontée vers Paris ne se fait pas par la vallée du Rhône où Napoléon se souvient encore des humiliations qu'il a subies de la part d'une population hostile, mais par la route des Alpes qui lui paraît certes plus difficile mais plus sûre.
La réussite de cette opération tient autant du culot que de la chance. L'Empereur et ses maigres troupes profitent allégrement de l'un et de l'autre, notamment quand il s'agit de faire face à la détermination des garnisons royalistes. Là, des troupes sous-équipées ; ailleurs, l'appel enflammé aux anciens camarades : toutes les voies sont bonnes pour progresser, de préférence sans tirer un seul coup de feu. Sur des chemins étroits et enneigés, l'envahisseur doit renoncer à ses canons : il s'en débarrasse sans tergiverser. Dans l'épreuve, l'Empereur retrouve la fougue de ses jeunes années et n'hésite pas à s'exposer personnellement.
C'est peu de dire qu'il y a de l'épopée dans cette route ! Trompant les autorités par son parcours rapide quand elles hésitent sur la marche à suivre, déterminé face à l'indolence généralisée, Napoléon passe sans encombre Sisteron où il eût été facile de l'arrêter. Grâce au télégraphe Chappe qui fonctionne encore entre Lyon et Paris, Louis XVIII est avisé le 5 mars mais il faut attendre le six au soir pour que les premières mesures soient prises. Le 7 mars, au défilé de Laffrey, juste avant Grenoble, apparaît le premier véritable obstacle, tout aussi vite levé avec un exceptionnel brio par l'Empereur au meilleur de sa forme. Dès lors, ce ne sont plus que défections et ralliements qui grossissent l'armée impériale et accompagnent Napoléon vers Paris. Le 20 mars au soir, dans la capitale délaissée par le roi et où flotte désormais le drapeau tricolore, l'Empereur reprend le pouvoir.
Gloire & Empire se devait de vous conter cette incroyable histoire. Pour l'heure, qu'importe la fin des Cent-Jours qui débutent : cette marche forcée de 900 kilomètres en vingt jours est l'un des plus formidables exploits du premier Empire.

   


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