Rome Militaria Pilum

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 17/11/2013 à 15:51:01



Le Pilum Romain
Merci à Armae .com

Introduction

Le pilum est incontestablement l’arme que le grand public associe aux armées Romaines. Cette arme est une invention romaine qu’il ne faut pas  confondre avec  le javelot qui fut  également utilisé par les légionnaires
Déjà le javelot se traduit en latin en  telum  qui regroupe toutes les armes de jet ( javelot, javeline ) alors que le terme pilum ne désigne que cette arme .C’est l’arme par exellence du legionnaire romain modernisé par Marius lors de sa reforme qui fit remplacer  l’une des cheville metalliques  qui en maintenait  la pointe par une cheville en bois pour que celle ci se rompe a l’impact  tout en restant attachée à la hampe rendant l’arme très difficille à arracher  d’un bouclier
L’origine du  pilum a donné lieu à bien de supputations Tout d abords les chercheurs ont cru déceler  une origine ibérique ou Samnite ; Mais actuellement les chercheurs  sont sur que le Pilum a une origine  italique
En effet les découvertes archéologiques   ont apporté la preuve que le pilum date du  IX /VIIIe Les tombes de la nécropole d’ Ostéria dell Osa contiennent des restes de pilum .une fois les faits archéologiques posés voyons les  sources littéraires
Le pilum est fréquemment cité dans les sources antiques qui retracent les batailles  L’armée romaine  a utilisé cette arme depuis la Royauté
La description la plus ancienne  est faite par Polybe dans Histoires Livre VI datant de 150 Av JC
« En outre, il y a deux javelots, un casque de bronze et des jambières. Les javelots peuvent être soit épais soit minces. Dans les javelots lourds, les uns ont une section circulaire d’une palme de diamètre, les autres une section carrée d’une palme de côté ; quant aux javelots minces, qu’on porte en plus des précédents, ils ressemblent à un épieu de chasse, de taille moyenne. Tous ces javelots ont un bois d’environ trois coudées de long ; à chacun est ajusté un fer barbelé de la longueur du bois ; les Romains en assurent si bien la fixation et l’efficacité, en l’assujettissant dans le bois jusqu’au milieu de celui-ci et en l’y rivant à force de crochets, que dans l’action le fer se brisera plus tôt que l’attache ne se desserrera, bien qu’il ait un doigt et demi d’épaisseur à la base, du côté où il est attaché au bois. On voit quel soin attentif ils prennent de cette fixation. »
A vu de ce texte on se rend compte que  le pilum est l’arme des Hastati  et des Principes Par contre les vélites portent un javelot et les Triarii la lance  

 

Velites en blanc javelot Hastatii Principes( Centre) Pilum et Triarii (arriere) lance


Dans une légion  de 4200  hommes  Les vélites sont au nombre de 1200  les Hastati et les Principes représentent  2400 hommes (1200x 2) et les  Triarii  600 Donc dans une légion républicaine le pilum est porté par 2400 hommes  (qui en ont 2 en dotation)
 


Mais aussi le pilum est plus maniable qu’une lance et peut être utilisé comme arme de corps à corps aussi car sa taille et son poids  sont inférieurs à ceux d’une lance. Et de plus il permet une allonge  supérieure à celle d’un glaive ou d’une épée celtique.
Description  du Pilum
Les témoignages écrit est les découvertes archéologiques permettent de bien décrire cette arme
Le  pilum  a une longueur de 2.07 m pour un diamètre de  3cm

 


L’archéologie vient aussi au secours des textes .Les fouilles de Numance et d’Alésia sont assez riches
Pour Alésia fouillée en 1861  l’empereur Napoléon III a même fait procéder à des essais  d’armes reconstituées
Des pila  lancés d’une distance de 30 mètres percent une planche d’environ 3 centimètres, soit une épaisseur supérieure aux boucliers d’époque .De plus en 1991 on a découvert à Alésia un pilum  intact
Pourquoi  sur ce site nous n avons par retrouvés beaucoup d armes romaines ?
Pour la bonne raison que tout ce qui pouvait être réutilisé était ramassé  et seules les  pointes tordues des pila sont  restées place en plus des armes gauloises. 
Mais l’étude des restes archéologiques permet plusieurs constats
Le fer  ou pointe

 


il n’y a pas une seule et unique forme de pointe  mais plusieurs qui peuvent être pyramidale, foliacée ou lancéolée
 Le système d’attache
Il présente également plusieurs variantes avec une pointe pouvant être relié à la hampe de trois manières différentes :
Par une douille

 


Par un appendice linguiforme, pénétrant  dans la hampe, et fixé à celle-ci par plusieurs rivets ; par l’intermédiaire d’une soie, introduit dans la hampe et était fixée à l’aide d’une virole et d’un rivet, une plaque métallique assurait la jonction entre l’extrémité de la hampe et la tige du pilum
De plus la hampe était terminée  par une douille de fer ou  talon de lance  pointu. Outre un aspect pratique qui permet de planter l’arme plus facilement en terre lors d’une pause ou dans un campement, cela offre également la possibilité de combattre avec l’autre partie de l’arme, soit que la pointe ait manqué sa cible et qu’il faille faire pivoter l’arme pour frapper du talon, soit que l’on soit attaqué par devant et par derrière dans le cadre d’une mêlée

 


Arrivé à ce point on se pose la question  Le pilum était-il une arme à usage unique ?
La réponse est oui  car
  Le fer du pilum est très fin Cette finesse lui permet en effet de se plier à l’impact sur une surface protégée aussi cela éviter qu’une arme de jet qui aurait manqué sa cible ne soit ramassée par l’ennemi et renvoyée à l’expéditeur.
De plus la faiblesse du fer fait que la pointe se plie sur le bouclier adverse mais ne rompt pas . La présence  de cette arme fichée sur le bouclier  nuit considérablement à sa mobilité et aura tendance au vu du poids de l’arme à le faire dangereusement pencher en avant, ce qui l’exposera à un nouveau lancer ou à un coup porté par un glaive.
Le légionnaire peut aussi marcher sur la hampe pour faire pencher l’ensemble et découvrir le combattant, auquel il est par ailleurs impossible de retirer le pilum de son bouclier sans l’écarter de son corps et se retrouver ainsi à découvert.

De plus Marius à la fin du IIe siècle fait modifier les pila lourds  le léger restant muni d’un fer emboîté sur la hampe
Cette  anecdote est rapportée par Plutarque dans la vie de Marius chapitre XXV.
« On dit qu’en vue de ce combat Marius introduisit une innovation dans l’agencement du javelot : jusqu’alors la hampe de bois insérée dans le fer était maintenue par deux rivets de fer ; Marius en laissa un comme il était mais fit remplacer l’autre par une cheville en bois qui se brisait facilement. Grâce à ce changement, le javelot tombant sur le bouclier d’un ennemi ne restait pas droit ; la cheville de bois se rompant, la hampe se courbait à proximité du fer et traînait par terre, en restant attachée au bouclier par sa pointe tordue « 
Avec un tel  système, outre le fer plié et fiché dans le bouclier, la hampe pendrait tout en
  restant attachée ; l’arme deviendrait ainsi parfaitement inutilisable après un lancer et handicaperait d’autant plus le combattant ennemi.
Le pilum au combat

 

Caius Marius -157 Av JC  86 Av JC


Il faut savoir qu’un pilum lancé avec force et précision peut transpercer deux boucliers .De plus chaque le légionnaire porte généralement deux pila
Cette arme est d’autant plus terrible que  il fait des ravages dans les rangs de  guerriers mal équipés  défensivement notamment les Gaulois qui avaient souvent l’habitude de combattre  habillés de façon très légère . Les sources sont nombreuses à mentionner des guerriers nus au combat.

 


La bataille commence généralement par un lancer massif de pila avant que les légionnaires ne dégainent leurs glaives pour l’affrontement. on le lance sur l’ennemi pour faire le plus de dégât possible avant le combat au corps à corps, moment où le gladius  prend le relai.
Mais le maniement du pilum ne s’acquiert que par un entrainement précis. Pour être efficace il faut que le tir se fasse de façon coordonné  d’où son  mode de lancement par des légionnaires en formation serrée  doit être très calculé car un mouvement d’impulsion est nécessaire, soit par balancement du bras et du buste, soit en faisant un ou plusieurs pas d’élan. D'ou la nécessité d'avoir un Centurion expérimenté à la tété des troupes

Dans les deux dessins nous voyons le centurion donnant des ordres


Dans les deux cas, ce geste n’est pas réalisable si les légionnaires sont en rangs serrés les uns derrière les autres. Diverses manœuvres peuvent être imaginées (enchaînant avance, lancement, repli), toutes impliquant une forte coordination, Mais ile ne faut pas perdre de vue que  le lancer du pilum  peut casser l’élan des charges adverses, en transperçant les boucliers des attaquants, ou les clouant l’un à l’autre
 


Dans la famille des Pila nous trouvons aussi   
Pila de siègeI ls sont connus sous le nom de  pila Muralia à ne pas confodre avec les Sudes improprement appels aussi Pila MuraliaCette arme est différente du pilum classique . Elle doit  être depuis une position dominante, muraille d’où son nom afin de cumuler la force de la gravité et celle du légionnaire. L’assiégeant au pied du mur devait littéralement se retrouver cloué au sol lorsqu’il était frappé par une telle arme.Mais cette arme est une arme rare car il ne faut pas oublier que l’armée romaine n’est pas une
armée de siège  et donc ces armes sont des armes fabriquées à la demande 

Conclusion
L’arme connaîtra  bien sûr des modifications, changera un peu  d’aspect, mais le principe de base reste identique. Les techniques de combat républicaines restent globalement les mêmes sous l’Empire ; le pilum  continue d’être utilisé aussi bien pour la frappe directe que pour le lancer car l’atout principal du pilum vient de sa force de pénétration C’est un arme lourde qui  doit  frapper fort et à relativement courte distance contrairement aux javelots
Le soldat romain s’il possède 2 pilum doit en avoir un léger et un lourd( cf. la modification de Marius ne porte que sur le pilum lourd

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