Allemagne Semi-chenillés allemands

Article écrit par : Loïc Charpentier et Patrice Gris

Mis en ligne le 29/04/2013 à 22:17:08



Les semi-chenillés allemands 
Loïc Charpentier et Patrice Gris


Note liminaire
Cet article est disponible aussi sur les Colleurs de Plastiquemais sous formet de feuilleton  ave des commentaires . Ici il est présenté d'un seul tenant Voici le le lien pour les Colleurs de plastique  Je remercie les auteurs de m 'avoir donné l'autorisation de faire paraitre cet article sur Maquetland
Avant-propos :
Contrairement aux chars, sujet favori des dessinateurs, la quantité de profils de ces tracteurs, à l’exception d’une variante particulièrement gâtée, le Sd.kfz.10/4, est loin d’être pléthorique. Il faut peut-être rapprocher ce constat de la gamme relativement réduite de maquettes traitant du sujet. Une maquette de Tigre aura assurément plus de succès auprès de jeunes colleurs que celle d’un Sd.kfz.8 et pour les bouquins, c’est du même tabac. Ainsi , un bouquin plus que trentenaire, " German Half-tracked of WW2 " de John Milsom, dont nous nous sommes largement inspirés, Patrice et moi, est d’une lecture indigeste et n’offre pas la queue du moindre profil couleur. Il faut être un peu cinglé pour s’intéresser à ce genre de publication !
En parlant de livres anciens, bien que je n’ai pas exploité ses planches, pour ce poste, en raison de la petitesse de ses profils, le Panzer Colors N°1 reste une valeur sûre pour appréhender l’évolution des livrées et les méthodes d’application, au cours du conflit. D’ailleurs, les parutions ultérieures réalisées par Tornado (russe) et Militaria Wydawnictwo (polonais) ne sont que les reprises " in extenso " des trois volume de Panzer Colors…et, pour la plupart d’entre nous, c’est quand même plus facile de lire en anglais qu’en cyrillique !…y compris quand vous avez la malchance d’être le compagnon d’une tendre moitié russophone qui fait preuve de mauvaise volonté évidente, sous le fallacieux prétexte qu’elle ne pige que pouic aux termes techniques ! …hein, mon Lolo des villes ?…c’est qui le chef ?
Mais d’abord, çà sert à quoi le camouflage ?
Disons que, jusqu’au milieu du XIXème siècle, les armées arboraient des tenues particulièrement voyantes, dignes d’opérettes célèbres. Hormis un souci d’élégance, rappelant le coûteux investissement financier consenti par les chefs de corps qui payaient, de leurs propres deniers, les uniformes de leurs troupes, sous l’Ancien Régime, il existait un motif beaucoup plus prosaïque…reconnaître les siens au milieu des nuages de fumées, générés par la poudre noire, pour éviter, si possible, de leur tirer dessus. La piétaille çà ne vaut pas grand-chose mais, dans certains cas, çà peut aider à gagner une bataille !. D’où les bannières et étendards brandis à l’envie, de préférence, au-dessus du rideau de fumées, et les uniformes voyants !

Mais les chercheurs développèrent la poudre sans fumée, la portée des armes s’allongea considérablement, les appareils optiques s’améliorèrent et, à la veille de la Première Guerre Mondiale, les Etats-majors découvriront l’utilité de l’aéroplane et de la photographie pour obtenir une moisson de renseignements sur les mouvements de l’ennemi, loin à l’arrière de la ligne de bataille. Bref, il était temps de faire quelque chose et essayer de passer inaperçu!
Le camouflage a deux objectifs primordiaux, la dissimulation et/ou la confusion.
La dissimulation, réalisée à l’aide de peintures adéquates, de filets, de pièces de tissus et d’éléments naturels tels que branchages ou buissons, consiste à rendre le plus invisible possible aux yeux de l’ennemi, un ouvrage, un point stratégique ou un matériel.
La confusion, elle, est destinée à empêcher ou à retarder l’identification d’une cible en " déguisant " son aspect générale. Observez les camouflages des navires de guerre, au cours des deux conflits. Ce sont des exemples typiques de la recherche de confusion. Si la dissimulation, en haute mer, - à moins d’en faire un sous-marin ! - était impossible pour un bâtiment de surface, les schémas de camouflage utilisés modifiaient totalement son aspect visuel et transformait un croiseur de bataille en vedette portuaire !…mais c’était avant la généralisation des radars.
Les livrées allemandes.
De tous les belligérants du conflit 39/45, les Teutons remportent, sans conteste, la palme dans le domaine du camouflage. De nombreuses études furent menées sur le choix des couleurs, débouchant sur le développement de plusieurs schémas à teinte unique pour aboutir, finalement, courant 1943, à la célèbre livrée à trois tons, affectionnée par les Colleurs.
Pour plagier Picasso, je développerai le présent sujet par périodes. Nous pouvons partager le conflit en deux périodes principales, la période " GRISE " et la période " JAUNE ".
Les périodes :

En 1922, la Reichwehr mit en place une gamme de livrées en fonction de la classe de véhicules. Ces dispositions restèrent en vigueur jusqu’aux années 1933/1934. Ainsi, pour les véhicules de remorquage et tracteurs d’artillerie, elles prévoyaient une livrée " trois tons " à base de gris, vert et brun foncés, comme on peut le constater sur le profil ci-dessous d’un Sd.kfz.8 (12 tonnes), version tôtive DB s 7, reconnaissable à son train à quatre roues de route.

 

Sd.Kfz.8 (DB s 7) – 1933/1934



A partir de 1935, la nouvelle Wermacht standardisa un nouveau schéma de camouflage bicolore (2/3 gris et 1/3 brun foncés) pour l’ensemble du parc de véhicules. Ce camouflage était appliqué sous forme de nuages à bords nets. Ces couleurs avaient été choisies car elles permettaient aux véhicules, en stationnement, de se fondre facilement dans l’ombre des sous-bois ou des bâtiments. La poussière et la boue, déposées sur les carrosseries, éclaircissaient la teinte générale et , ainsi, les engins se confondaient mieux avec l’environnement local.
Fin 1939, pour des raisons de simplicité industrielle, une nouvelle spécification réglementa l’application d’une seule couleur pour l’ensemble du parc, le fameux Gris foncé ou Gris Panzer.

La période " GRISE " (1940 - 1943)]
1) 1940 - 1941
En réalité, même si , au printemps 1940, la plupart des véhicules étaient revêtus de la livrée gris foncé, l’ordonnance officielle d’application de cette couleur unique ne sera publiée que le 31 Juillet 1940 (HM 1940/864). Ultérieurement, il lui sera attribué la classification RAL, sous le numéro de code (RAL) 7027. Officiellement, la période " GRISE " perdura jusqu’au 18 février 1943.

 

 Sd.Kfz.10


 

Sd.Kfz.8  Sd.kfz.7 – Eté 1941


 

 Sd.Kfz.9


Comme rien n’est simple avec la " rigueur " teutonne, on rencontre déjà des véhicules qui arborent des livrées personnalisées, comme ce Sd.kfz. 10/4, de la 61ème Div. Infanterie, durant l’été 1941.
 

 Sd.Kfz.10/4.


Les influences du climat et de l’environnement:
Toute peinture a tendance à se détériorer avec le temps, sous l’influence de la froidure, de la chaleur, des rayons du soleil et de l’humidité. Sous l’effet de forte chaleur, les peintures s’écaillent, se cloquent, se fendillent et se ternissent très rapidement. Si en zone climatique tempérée les peintures ont une durée de vie beaucoup plus importante, les extrêmes froidures et les fortes présences d’humidité ou de condensation sont toutes aussi agressives et accélèrent la détérioration du revêtement.
Les effets de la poussière et la boue sont beaucoup plus spectaculaires. Lors de la Campagne de France, particulièrement ensoleillé, l’absence de pluie favorisa, certes, le dépôt de poussière sur les véhicules mais l’importance du réseau routier goudronné en minimisa aussi les effets. A contrario, les pluies diluviennes de Juillet 1941, sur le front russe, et les pistes sablonneuses détrempées (il n’y avait qu’une seule route goudronnée, l’autoroute à destination de Moscou !), transformèrent rapidement les véhicules teutons en vrais tas de boue ambulants !
2) Hiver 1941/1942 :
Le 18 Novembre 1941, un mémorandum de la Heer (HM1941/1128) autorisa, sur le Front de l’Est, l’utilisation d’un enduit blanc lavable, dilué à l’eau, à appliquer sur tout les véhicules dès la présence de neige sur le sol. Malheureusement, en raison d’un hiver particulièrement précoce, l’ordre arriva trop tard , le fameux enduit tarda à être livré et, de surcroît, en quantité insuffisante. Tout y passa, les draps, la craie, les paquets de neige sur la carrosserie…bref, le système débrouille. Cependant, à l’arrière des lignes de front, de nombreux véhicules conservèrent, tout l’hiver, leur livrée gris foncé, particulièrement visible sur fond neigeux.


 

Sd.Kfz.10/4 – 83ème Flak Abt. – 3ème PD – Octobre 1941.  Sd.Kfz.10/5 5 cm Pak 38 – unité Waffen SS – Hiver 41/42


3) 1942
Au printemps, l’enduit blanc fut entièrement nettoyé pour faire à nouveau place à la livrée grise initiale. Cependant, avec l’aval des chefs d’unités, des camouflages à deux teintes commencèrent à fleurir au sein des unités, renouant avec les schémas d’avant-guerre. Sur la livrée grise originale, apparurent des applications, généralement en vert foncé, parfois en brun foncé.
 

 Sd.Kfz.8 – Russie - Début de printemps 1942  Sd.Kfz.10/4 - Div. H. Goering - 1942
 Sd.Kfz.10/4 – Div. LSSAH – 1942  Sd.Kfz.10/4 – 283ème Flak Abt. – 24ème PD – Août 42


 

 Sd.Kfz.10/5 5 cm Pak 38 – 1942


Dans les zones opérationnelles Sud (Caucase et Crimée), fort similaires aux conditions climatiques et de terrain de l’AFN, certaines unités adoptèrent également des schémas de camouflage inspirés, plus ou moins, directement des camouflages " tropicaux ".
 

Sd.Kfz.7/1 - Luftwaffe Flak Abt. – Eté 1942  Sd.Kfz.9 – Russie Sud – Eté 1942


4) Hiver 1942/1943 :
Le second hiver sur le front de l’Est fut la réplique de l’hiver précédent sauf que, ce coup-çi, les stocks de peinture blanche étaient à peu près suffisants et disponibles dans les temps. Cependant, certaines unités durent encore recourir à des solutions de dépannage pour " blanchir " leurs véhicules…le ravitaillement en munitions et le renouvellement des hommes et des véhicules étant prioritaires à la livraison de pots de peinture blanche !…la bataille de Stalingrad battait son plein, à cette époque-là. Innovation importante, tous les véhicules neufs livrés en Finlande ou en Russie, durant l’hiver 42/43 bénéficiaient d’une surcouche d’enduit blanc, lavable à l’eau, appliquée en usine avant expédition et ce, jusqu’à fin février 1943.
 L’Africa Korps…Heil, Safari !]
En Février 1941, aucune livrée particulière n’avait été définie pour des opérations éventuelles en zone tropicale. Du coup, les premières livraisons, effectuées dans l’urgence, étaient constituées de véhicules entièrement peints en gris foncé qui, en zone désertique, se voyaient comme le nez au milieu de la figure ! Coup de bol, la poussière et le sable libyens offrirent rapidement une livrée naturelle plus adaptée à l’environnement local ! Suivit une période de système " démerde ", durant laquelle, les bains de boues connurent un franc succès.
Le 17 Mars 1941, le HM1941/281 (mémo de la Heer) stipula que, pour les matériels utilisés en Afrique, le gris foncé serait remplacé par une base jaune brun (RAL 8000) et des applications de peinture gris-vert (RAL 7008), dans un rapport 2/3 – 1/3, pour réaliser des camouflages à deux tons (a l’exception des roues et des petits accessoires).
Vu de Berlin, sur papier, tout çà était parfait mais dans le djebel libyen c’était une autre paire de manches ! Du coup, la débrouille fut de règle, offrant ainsi, à nous, humbles colleurs, une superbe palette de livrées unies ou de camos à base de gris foncé, gris-vert, jaune brun ou même jaune sable anglais - les Allemands, à la prise de Tobrouk en Juin 42, ayant fait main basse sur des stocks de peinture, couleur sable, aimablement abandonnés par les Anglais durant leur retraite ! – sans oublier les stocks de peinture italienne !

 

 Sd.Kfz.11 – Libye – printemps 1941 – La livrée initiale grise est recouverte de boue séchée…Non, ce n’est pas de la peinture ! Sd.Kfz.11 – 115ème Rgt Art. Motorisée – 21ème PD – Libye – début 1942.





 

7,62 FK 296(r) auf Zg.Kw. 5t – Pz.Jg. 605 – Tel el Eisa – Juillet 1942
Ce bidouillage réalisé en Allemagne à quelques exemplaires fut envoyé à la DAK pour renforcer ses bataillons antichars. Initialement peint en gris foncé, le véhicule avait reçu une finition en jaune brun (RAL 8000). A noter la bande blanche de repérage aérien sur le capot moteur.

 



Le 25 Mars 1942, Berlin se rappela au bon souvenir de la DAK en pondant un énième mémo, le HM1942/315, qui stipulait un nouveau schéma de couleurs pour les véhicules stationnés en AFN. Dorénavant, le bon vieux gris foncé, baptisé RAL 7027, reprenait du service comme base et serait associé avec un nouveau colori, un sable foncé dénommé brun (RAL 8020), dans le rapport de 1/3 de Gris pour 2/3 de Brun - rapport sur lequel tout le monde s’est allègrement assis !…Faut dire qu’ils n’étaient pas trop dérangés par les visites du grand état-major berlinois, à l’Afrika Korps !

 

Sd.Kfz.8 – DAK – Printemps 1943


Petite particularité : Quelques temps plus tard, la HM 1942 N°600 autorisa les troupes basées en Crète à utiliser un schéma de camouflage " tropical " bicolore à base de Brun et de Gris foncés.
 

Sd.Kfz.2 – Kettenkraftrad – Brigade parachutiste Ramke



La période " JAUNE " - 1943/1945]
Mais on cause, on cause et le temps s’écoule inexorablement…
En parlant de causer, çà commençait à râler ferme dans les unités mécanisées car si la livrée gris foncé était adaptée pour les sombres sous-bois bavarois ou tyroliens, elle ne valait pas un pet de lapin comme teinte de camouflage dans les vastes steppes russes.
Du coup, vers la fin de l’hiver 1942/1943, L’OKH se fendit d’un nouveau mémorandum et, sous la référence HM 1943/181 du 18 Février 1943, décréta que, dorénavant, la couleur de base de tous les véhicules serait le jaune foncé. Cette peinture était, d’ailleurs, depuis fin 1942, à la disposition d’usines qui l’avaient déjà utilisé pour peindre des engins expédiés à la DAK, fin 42 /début 43. Tous les véhicules neufs arboreront désormais cette nouvelle couleur de base.
Dans ce même mémorandum, les dispositions avaient été prises pour un schéma de camouflage multicolore. En complément de la couleur de base générale jaune foncé, il retenait un vert olive (utilisé initialement pour la peinture des installations au sol de la Luftwaffe !) et un brun rouge codifié RAL 8017.
Ces deux couleurs complémentaires , concentrées sous forme de cirage en boites de 2 ou 20 kg, étaient livrées aux unités qui avaient, au préalable, à l’aide de tableaux indicatifs, défini leurs besoins en fonction de leurs parcs de véhicules. La base jaune , elle-même, fut conditionnée sous cette forme de pâte pour permettre les retouches, sur le terrain. Pour les périodes hivernales, un enduit blanc était également prévu. Selon le mode d’emploi fourni , ces couleurs se diluaient indifféremment à l’essence ou à l’eau.
Ce nouveau système avait été adopté pour offrir la plus grande souplesse possible aux unités dans le choix de leurs camouflages en fonction de l’environnement. L’application des couleurs complémentaires était laissés à la discrétion des chefs d’unités. Les cirages de couleurs devaient être également utilisés pour " teindre " les bâches et les capotes.
Sur le terrain, les véhicules déjà en service conservaient leur teinte gris foncé d’origine mais les unités et les échelons techniques régimentaires disposaient également des trois nouvelles teintes pour améliorer ou compléter le camouflage existant en fonction de l’environnement. La priorité était donné aux véhicules de première ligne et, selon leur utilisation, de nombreux véhicules de l’arrière restèrent avec leur livrée gris foncé.


 

Sd.Kfz.10/4 – 290ème Flak Abt. – 4ème PD – Kursk – Eté 1943 Sd.Kfz.11 – 49ème PzJg.Abt. – 4ème PD – Kursk – Eté 1943
Sd.Kfz.7/1 – 290ème Flak Abt. – 4ème PD – Printemps 1943 Sd.Kfz.7/2 – Russie – Eté 1943
Sd.Kfz.9 – 2ème SS PD – Eté 1943 Ford Maultier – Russie – 1943
 Sd.Kfz.9 – s.Abt 503 – Eté 1943


Comment çà, elle est pas chouette, ma peinture ? ?

Sur le papier, la nouvelle procédure est un vrai petit bijou ! Les usines appliquent la base jaune foncé sur les véhicules neufs et les unités fignolent, elles-mêmes, leurs camouflages et repeignent les véhicules en service. Si avec un truc aussi bien chiadé, certains ne prennent pas de la promotion, c’est à désespérer du genre humain !…Non, non, cette procédure est " sensass ", faites-moi confiance !
Heu…bon…y’a quand même un problème, Chef !…Et quand je dis un, je suis gentil !
D’abord, à l’époque , il y avait deux milles bornes qui séparaient les unités combattantes de la Mère Patrie – et je ne parle de l’Africa Korps en train de faire ses valises. Du coup, les livraisons de peinture étaient tributaires de lignes de communications distendues et parvenaient plus où moins bien à leur destinataires, quand elles ne étaient pas carrément perdues ou détournées. Les usines étaient confrontées, en permanence, au casse-tête des appros de matières premières. Pour faire des peintures, il fallait des pigments, des solvants, bref, un tas de produits plus ou moins sensibles. Sans compter, ces insolents d’Anglo-américains qui venaient foutre la pagaille, avec leurs bombardements, dans la superbe organisation nazie.
En première ligne, c’était encore pire ! les russes n’organisant pas des promenades touristiques, les unités étaient sur la brèche vingt-quatre heures sur vingt-quatre et les chefs de corps passaient le plus clair de leur temps à essayer d’aligner, sur le terrain, le maximum de véhicules et de pinpins. Ils préféraient cannibaliser leur propre parc de véhicules plutôt que de renvoyer les engins pour réparations vers l’arrière, de crainte de voir un petit futé sans scrupule s’approprier leurs dotations. Bref, il n’y avait pas vraiment de temps pour des séances de coloriage. Surtout que l’état-major avait encore pondu une note pour l’application d’un nouveau produit " miracle ", la Zimmerit !…mais cà ne concernait que les chars, les Stug et les nouveaux Jagdpanzers.
Ah, et puis, y’a autre chose ! Ces cochonneries de peintures en cirage étaient sensées se diluer avec de l’eau. Ben, pas vraiment ! Avec de l’eau, çà se diluait mal, çà bouchait les diffuseurs des pistolets et, pire, à la première pluie, la peinture se diluait un peu plus et se barrait ! Oui, mais on vous a dit qu’elle se diluait aussi avec de l’essence ! C’est vrai que là, c’est beaucoup mieux mais je fais quoi, moi, avec mon essence ? Déjà que je n’ai pas de quoi à faire le plein de mes réservoirs, je ne vais pas foutre en l’air des litres d’essence pour que mes gars jouent les Rembrandt !
Résultat, les véhicules neufs se contentaient souvent de leur unique livrée jaune foncé, ce qui n’était pas du tout prévu par la circulaire de nomenclature et les applications de couleurs s’effectuaient un peu " à la va comme j’te pousse " et suivant l’humeur des équipages. Selon les méthodes d’application employées (pistolet, pinceau, brosse, chiffon, serpillière, etc.) et les dilutions, les teintes variaient à l’infini. Ainsi, le vert olive virait du vert noir au vert pistache et le brun rouge du chocolat au rouge brique !
Seules exceptions, à l’époque, les unités au repos ou en cours de reconstitution stationnées, par exemple, en France ou en Italie. Elles disposaient de temps, de stocks de carburant nettement moins sollicités, et réalisèrent des camos beaucoup plus orthodoxes.

Sd.kfz.10 /4 – 290ème Flak Abt. – 4ème PD – Front de l’Est – Hiver 1944
 
Opel Maultier – 4ème PD – Front de l’Est – Printemps 1944.
Sd.Kfz.6/2 – 290ème Flak Abt. – 4ème PD – Bielorussie – Juillet 1944  Sd.Kfz.8 – 1944
 2cm Flak 38 sur Opel Maultier – France – 1944 15 cm Panzerwerfer 42 Sf.Kfz.4-1 – Normandie – 1944


 

Sd.Kfz.11 (HL KL 6) – Ardennes 1944.



Conclusion :
Bon, là, bien que nos mémos ne soient pas exhaustifs, nous avons à peu près fait le tour du sujet.
Nous espérons, Patrice et moi-même, que notre petit tour d’horizon des tracteurs semi-chenillés teutons vous sera utile à l’occasion de vos travaux de collage futurs ou en cours.
Nous vous remercions également d’avoir consacré un peu de votre temps de loisir pour lire nos postes ainsi que nos modérateurs et administrateurs préférés pour avoir mis notre travail en exergue, en espérant, néanmoins, qu’ils aient pu trouver le sommeil.

Patrice & Lolo des Champs

Sources :

Concord N°7021 – l’Afrika Korps
Concord N°7025 – 4ème PD sur le Front de l’Est (1)
Concord N°7026 – 4ème PD sur le Front de l’Est (2)
Concord N°7034 – Les PD sur le Front de l’Est
Concord N°7047 – Les PD en Russie
Militaria Wydawnictwo N°69 – N°97 – N°134
Nuts & Bolts N°12 – Sd.Kfz.9
Nuts & Bolts N°16 – Sd.Kfz.8
…et quelques profils récoltés en surfant sur la Toile.

This article was originally published in forum thread: Les semi-chenillés allemands en ont vu de toutes les couleurs ! started by Loïc Charpentier View original post

 

 

   


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